Des désaccords existent dans différentes organisations et au sein du mouvement féministe sur la façon d’articuler les combats antiraciste et féministe, la place de la lutte contre l’islamophobie dans ce combat, les cadres d’action, etc. Ils sont réapparus dernièrement, en particulier à l’occasion du meeting du 6 mars intitulé « Contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire ». Nous souhaiterions que le débat puisse se poursuivre sereinement sur cette question car il nous semble que les enjeux sont décisifs pour l’avenir de nos luttes. Nous sommes particulièrement inquiètes de la montée du racisme en général, et des attaques contre des populations décrites comme « dangereuses ». Ces attaques s’inscrivent dans une période de crise sociale et de politiques d’austérité particulièrement dures pour les personnes et les groupes les plus fragilisés, mais aussi dans un climat idéologique – celui du « choc des civilisations » – qui, au nom de la « guerre contre le terrorisme » entretient la haine contre ceux et celles qui sont décrits, en tous les cas traités, comme « étrangers et étrangères » et représenteraient une menace pour la République, pour la sécurité, la laïcité, les droits des femmes, etc.
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Ces dernières semaines nous ont remplies d’images choquantes. De la place Tahrir, au Caire, aussi bien que dans les rues de Pampelune, nous avons vu des femmes agressées par une foule d’hommes, tripotées, violées, humiliées. Dans un cas, c’était une foule manipulée à des fins politiques; dans l’autre, plus prosaïquement, un groupe d’ivrognes. Mais tous étaient convaincus d’exercer un droit ancestral sur le corps des femmes, tous sentaient qu’à travers la possession de ces corps, ils affirmaient leur puissance et leur importance, voire leur plaisir, attestant ainsi de leur identité ou blessant leurs ennemis…
En 1933 eurent lieu les premières grandes marches de chômeurs face à la crise qui sévissait en France et dans toute l’Europe. Ils furent arrêtés par l’armée à l’entrée de Paris… Cette grave crise économique et sociale a débouché sur la catastrophe de la Deuxième Guerre mondiale.
En hommage aux femmes révolutionnaires du monde arabe, le FSM s’est ouvert ce 26 mars 2013 par l’Assemblée des femmes. L’amphithéâtre qui les accueillait n’avait pas assez d’espace pour contenir l’énergie de toutes ces femmes et hommes venant des quatre coins du monde. Plus de 3000 personnes y ont exprimé leurs revendications, mobilisations et enthousiasme. Des drapeaux, des pancartes, des foulards mais aussi de nombreux t-shirts emplis de couleurs laissaient présager de la multiplicité des luttes menées par toutes ces femmes réunies ce matin-là à Tunis.