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Jan 11

Mort de Rémi FRAISSE : pas de responsables, pas de coupables ! Communiqué de la LDH

Publié le jeudi, 11 janvier 2018 dans Point de vue

   Au petit matin du 26 octobre 2014 mourrait Rémi Fraisse, militant écologiste pacifiste de 21 ans, frappé par le tir d’une grenade offensive lancée par un gendarme suite aux affrontements ayant eu lieu sur le site de Sivens.

La confusion qui avait suivi ce dramatique évènement, avec une succession d’informations contradictoires caractérisant une communication gouvernementale calamiteuse, avait conduit la Ligue des droits de l’Homme (LDH) à initier une enquête citoyenne visant à faire la lumière sur les faits ayant conduit à la mort de la jeune victime.

Au terme de ces travaux et des auditions des témoins sur le  terrain, rappelant que les pouvoirs publics sollicités avaient refusé d’y répondre, le rapport d’enquête souligne le climat de violence disproportionnée induit par une présence massive des forces de l’ordre sur le site, et les errements quant aux prises de décisions des autorités impliquées, conjugués à l’opacité des responsabilités dans les chaînes de commandement tant aux plans politique qu’administratif.

Ce 8 janvier 2018, les juges d’instruction de Toulouse ont rendu une ordonnance de non-lieu en faveur du gendarme auteur du tir de grenade ayant causé la mort de Rémi Fraisse et placé sous le statut de témoin assisté depuis 2016.

Ainsi, après cette dernière décision, encore susceptible d’appel, personne ni aucun niveau hiérarchique n’aura finalement été amené à assumer ses responsabilités quant aux décisions qu’il a pu prendre. Qui peut croire que la justice y trouvera son compte ?

Paris, le 10 janvier 2018

Communiqué de la famille de Rémi FRAISSE :

Mort de Rémi FRAISSE: permis de tuer ! 

      Lundi 08 janvier 2018, l’ordonnance de non lieu a été rendue par les juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Toulouse.

Pour les juges d’instruction, il ne résulte pas de l’information de charges suffisantes contre quiconque d’avoir, à Lisle sur Tarn, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, sur la personne de Rémi FRAISSE, commis le crime de violence ayant entrainé la mort sans intention de la donner ni le délit d’homicide involontaire.

Pour les juges d’instruction, aucune faute caractérisée n’a été commise et les obligations de prudence et de sécurité ont été respectées. La grenade OF-F1 qui a tué Rémi a dû être utilisée en raison de l’impérieuse nécessité de mettre à distance les opposants les plus virulents. Les gendarmes ne pouvaient défendre le terrain autrement.

Ayant respecté le cadre légal, le gendarme n’est pas pénalement   responsable car il a accompli un acte prescrit par loi, autorisé par des dispositions législatives, ou commandé par l’autorité légitime.

Nous accusons réception du non lieu ordonné par les juges d’instruction, tristement sans surprise mais non sans un sentiment un peu plus fort aujourd’hui encore que les juges d’instruction et l’Etat ne veulent pas traiter ce dossier avec justice.

Comment le «maintien de l’ordre» peut-il tuer quelqu’un sans qu’aucune faute n’ait été commise ?

Tuer quelqu’un est illégal. Donner l’ordre de jeter des grenades sur des manifestants ne peut pas être considéré comme légal et la mort d’un jeune pacifiste parmi ces manifestants, comme un accident. Cela revient à donner un permis de tuer aux forces de l’ordre.

      Toute personne qui sait lire, verra dans le dossier, les incohérences, les zones à exploiter, les manquements dans les responsabilités de l’autorité civile.

Toute personne découvrira aussi, les contradictions dans les auditions des gendarmes : contradictions entre eux, contradictions entre eux et leur hiérarchie, voire même contradictions dans une même audition.

Les juges ne s’en sont pas saisies !

De la même façon, toutes les demandes d’acte ont toutes été refusées. Absence de reconstitution, d’appel à témoins, d’auditions du préfet du TARN, du directeur de cabinet, refus de visionnage des vidéos, non prise en compte des témoignages évoquant des équipes hors du grillage, en offensive..

Le Procureur avait précisé : « Rien (…) dans le dossier n’autorise à dire que, ce soir-là,[Rémi Fraisse] ait à quelque moment que ce soit commis un acte violent« . Au contraire, « c’est mû par des convictions pacifistes (…) qu’il avait imaginé (…) se rendre pour la première fois sur le site de Sivens « .

Rémi FRAISE avait les mains levées en signe d’apaisement.

A nouveau, les juges n’ont mené aucune investigation et sont restées silencieuses sur ce point.

Combien de Rémi, militants pacifistes et écologistes vont devoir se faire tuer pour que l’Etat français arrête de faire usage de telles armes dans le cadre d’opération de maintien de l’ordre.

La grenade offensive OF F1 a été interdite.

Il y a donc bien des responsables au niveau de l’Etat qui ont tranché en décidant que l’usage de cette arme était dangereux, disproportionné, inutile.

Restent encore en circulation la grenade GLI-F4, la grenade de désencerclement.

De nombreux suicides sont enregistrés au sein des forces de l’ordre. Leur demande t on trop souvent d’agir à l’inverse de leurs valeurs ou pour des objectifs qui outrepassent le cadre légal du maintien de l’ordre ?

Les gendarmes défendaient un terrain qui était vide. Rémi a été tué.

Nous ne souhaitons pas montrer du doigt telle ou telle personne, ni poursuivre à tout prix un gendarme plutôt qu’un autre. Notre souhait aujourd’hui est celui de mettre en lumière les dysfonctionnements d’un système qui préfère mener jusqu’au bout une mission illégale au point de mettre en danger manifestants et forces de l’ordre, plutôt que de se mettre autour d’une table et discuter.

Nous irons jusqu’à porter ces faits devant la Cour européenne des droits de l’homme et demanderons à ce que la responsabilité de l’État soit engagée.

La famille de Rémi FRAISSE

 

Déc 27

Chasse à courre à Pôle Emploi. . .Tribune libre de Dédé, membre MNCP Mulhouse

Publié le mercredi, 27 décembre 2017 dans Point de vue, Social

      Pour celles et ceux qui ne se tiendraient pas au courant de l’actualité, et ils ont des excuses, car nous sommes entrés dans le viaduc qui conduit des réjouissances de Noël aux festivités de la Nouvelle Année, ( quoique la culture de l’excuse, hein ? ), je m’en vais vous conter une petite anecdote qui est arrivée à un chômeur privé d’emploi toucheur de subventions en pleine villégiature dans les bois de Bonneuil-En-Valois…

Alors que ce profiteur de la manne publique se prélassait en broutant du gui et en se gavant de houx en veux-tu en Valois, un fier équipage de traqueurs de fainéants vint à passer par là…

Superbes dans leur costume traditionnel, veste sable (noire pour ceux qui ne parlent pas l’héraldique) à boutons d’or, pantalon de gueules, rouge pour les ignorants ),  coiffés de la bombe de même et harnachés de leur gibecière à ordonnances, ils patrouillaient à la recherche de ces parasites qui mettent en danger tout le bel ordonnancement de notre société si civilisée, si policée, si douce aux faibles et aux laborieux, pourvu qu’ils enlèvent leur casquette quand sonne la trompe à vilains et que claquent les sabots des chevaux surmontés d’un gyrophare…

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Oct 13

Un texte inédit de Jean-Marie Le Clézio

Publié le vendredi, 13 octobre 2017 dans Point de vue

      Nous publions ici ce texte inédit de Jean-Marie Le Clézio, texte qui entre en résonance profonde avec la phrase ci-contre. Avec la phrase et avec l’illustration qui va avec. . .

La vérité, c’est que chaque drame de la migration en provenance des pays pauvres pose la question qui s’est posée jadis aux habitants de Roquebillière, lorsqu’ils ont offert l’asile à ma mère et à ses enfants : la question de la responsabilité.

Dans le monde contemporain, l’histoire ne répartit plus les populations entre factions guerrières. Elle met d’un côté ceux qui,   par le hasard de leur situation géographique, par leur puissance économique acquise au long des siècles, par leur expériences, connaissent les bienfaits de la paix et de la prospérité. Et de l’autre, les peuples qui sont en manque de tout, mais surtout de démocratie

La responsabilité, ce n’est pas une vague notion philosophique, c’est une réalité.

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Oct 7

CAPRICIEUSE, ANTIGONE ?

Publié le samedi, 7 octobre 2017 dans Point de vue

Tremblement de terre à Thèbes ! Antigone a désobéi. Faisant fi des vœux de Créon, auteur et protecteur des lois de la cité, Antigone a rendu – tâché de rendre, pauvre Antigone – à la dépouille de son frère Polynice le triste hommage que l’on doit aux défunts. Il ne fallait pas. La loi l’avait interdit. Et voici Antigone traduite devant Créon. Créon tempête. Antigone résiste.

Capricieuse, Antigone ? L’inverse de cela… Obéissante. Très obéissante Antigone. Mais à des principes supérieurs. Antigone sait, sent, qu’au-delà des lois de circonstances, des promulgations rageuses, des jupitériennes fulminations, qui dureront ce qu’elles dureront, changeantes, contingentes, dérisoires, auxquelles obéir serait faire de soi un être changeant, contingent, dérisoire, il existe un ordre du monde auquel nul ne peut déroger. On doit rendre aux défunts, quels qu’ils soient, et quelles que soient leurs fautes (Polynice a fauté), l’hommage que la nature impose. La nature qui n’est pas un législateur comme les autres, mais un législateur dont le Code de référence n’est rien d’autre qu’un code de conduite. Ni Dalloz, ni Litec, ni Journal Officiel, ses prescriptions s’inscrivent au plus profond de ceux qui les respectent simplement parce qu’ils les respectent. Parfois sans même savoir pourquoi. Parce qu’il y a des principes qui vont de soi, qui vont d’eux-mêmes. Et qu’il faut, parce qu’on ne peut pas faire autrement, devant ceux-ci, qu’aucune plume n’a  jamais tracés, et la vigueur de leur évidence, baisser la tête en toute humilité (s’humilier n’est pas infamant) et dire, pour se grandir soi-même : « oui ».

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Oct 6

ADEU SABADELL… Billet d’humeur de Jérôme VIALARET

Publié le vendredi, 6 octobre 2017 dans Point de vue

     Sabadell, la Caixa… les banques sont parties les premières. Indépendance ou pas, d’autres suivront. Si savoureux. Si triste, hélas. Mais si symptomatique. Charles Péguy, fils d’une rempailleuse de chaise, disait déjà, avant de se faire faucher par une balle prussienne aux premiers jours de la Grande Guerre : « les patries sont toujours défendues par les gueux, et livrées par les riches ». Les vérités sont éternelles. Celle qui prévalait autrefois, quand les capitaux Krupp se réfugiaient hors d’Allemagne qu’elle avait surarmée, vaut encore aujourd’hui. Ce sont les les peuples qui se battent. Ce sont ses fils qui meurent. Ce sont sont ses filles qui accouchent, pour alimenter les fronts à venir. L’Histoire se nourrit de leur chair. L’Histoire a l’odeur de leur sang.

Les capitaux, eux, n’ont pas d’odeur.

Alors Sabadell déménage. Et la Caixa s’en va ailleurs. Pensez… De grosses – d’énormes- banques d’affaires, faire corps avec le peuple dont elle ne connaissent rien, dont elles n’utilisent la langue, comme enseigne publicitaire, que pour grossir le nombre de leurs clients et feindre, vis-à-vis d’eux, une fraternité hypocrite, mais duquel elles assistent aujourd’hui, stupéfaites, à la révolte furieuse et pacifique, au refus immémorial de subir, une fois encore, le knout immémorial… Que voulez-vous qu’elles fassent ? Ce que font les banques depuis toujours : fuir, se cacher, se protéger… Au détriment de tout. Au détriment de tous. Si ce n’est de ses actionnaires. Au mépris de toute cause. Si ce n’est de la sienne.

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Août 26

« Réforme ». . . ou « Révolution » ? Tribune libre de Patrick MIGNARD

Publié le samedi, 26 août 2017 dans Point de vue

Mai 17

Proposition de bulletins pour les législatives.

Publié le mercredi, 17 mai 2017 dans Elections, Point de vue

D’autres façons de réagir par rapport au comportement suicidaire d’organisations de la gauche existent et s’exprimeront certainement à travers d’autres propositions – à venir –  de « bulletins de vote ». . .

Première rafale de propositions :

 

Mai 14

Tiens. . .voilà le nouveau président ! Dessins de Mathieu COLLOGHAN

Publié le dimanche, 14 mai 2017 dans Elections, Point de vue

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Avr 29

LE DÉSESPOIR EST LA LAISSE DE LA SOUMISSION.. . Tribune libre, Mars Le Rouge

Publié le samedi, 29 avril 2017 dans Point de vue

   Pour le 2ème tour, chacun.e agira en fonction de son analyse. Nous proposons d’utiliser nos bulletins   A&A pour voter blanc ou nul. Tout.e adhérent.e dispose d’un « droit d’objection » et peut refuser d’appliquer une décision (à laquelle il a/elle a pris part) avec laquelle il/elle n’est pas en accord. Plus que jamais, pas de résignation : nous devons continuer d’œuvrer au rassemblement des initiatives !

Un point de vue de Mars, adhérent d’Alternatives et Autogestion Paris :

    Le résultat du premier tour des élections présidentielles a été sans réelle surprise mais pas sans déception pour certains d’entre nous. Reste au deuxième tour Macron, le social-libéral, continuateur de la politique de Hollande-Valls que nous rejetons fortement et LePen, la fasciste, qui nous est étrangère.

Les deux sont insupportables et inacceptables, leurs politiques sont à combattre. Mais sont-ils pour autant à renvoyer dos à dos ?

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Mar 17

L’identité est un projet politique . Paul ORIOL

Publié le vendredi, 17 mars 2017 dans Non classé, Point de vue

Les prochaines élections se feront en partie sur la notion d’identité nationale, de défense de l’identité nationale. Thème, depuis des années, de l’extrême droite et de la droite, sur lequel la gauche n’apporte pas de contribution satisfaisante.

 

Le débat sur l’identité nationale.

  La première contribution est simple. Il suffit que l’extrême droite dise l’Angleterre est une île, pour entraîner une réponse fulgurante, l’Angleterre n’est pas une île ! Cette fausse réponse n’a pas plus d’effet sur la montée de l’extrême droite et de ses idées que sur les moyens de communication entre le continent et les Îles britanniques.

Répondre à une question en la niant. Malheureusement, la droite martèle sa réponse et, comme aucune réponse claire ne vient de la gauche, la seule entendue, de droite, devient l’évidente vérité.

En suivant cette voie, certains croient résoudre le problème en affirmant : l’identité nationale, ça n’existe pas. Parce que l’identité n’existe pas. Parce que la nation n’existe pas. Ce ne sont que des constructions historiques. Déconstruire, disent-ils, et l’identité et la nation. Sans rien proposer de positif. Par de longs articles et de gros livres qui n’atteignent en rien le cœur qu’ils visent : le sentiment national reste intact dans la grande masse des gens. Peut-être même quelquefois, négligé, brocardé, ce sentiment national en est-il exacerbé.

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