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L’internement psychiatrique comme arme politique coercitive

Publié le mercredi, 18 avril 2012 dans Alter'actu, Libertés, No Pasaran !, POLEMIQUE-s

Jean-Pascal M est un copain, Faucheur Volontaire d’OGM habitant une petite commune du département de l’Hérault. Comme tous les Faucheurs Volontaires d’OGM, il est partisan d’actions de désobéissance civile et civique. Par désobéissance il entend la mise en pratique de l’exemplarité gandhienne, j’y rajouterai celle de Henry David Thoreau.

Fin mars 2012, Jean-Pascal annonce publiquement et à qui veut bien l’entendre qu’il manifestera son désaccord avec le projet de déclassement d’une zone protégée « natura 2000 » de la commune de Loupian (34) dont il a eu écho.

Après avoir rencontré le maire qui refuse de confirmer ou d’infirmer cette rumeur de déclassement de la zone naturelle, il décide de s’enchaîner, à l’aide d’un cadenas pour moto, à la grille en fer recouvrant un puit proche de la mairie de Loupian.

Après l’intervention de la gendarmerie et des pompiers, Jean-Pascal sera « libéré » ! Pensant qu’on le conduisait pour une garde-à-vue, c’est devant l’hôpital de la Colombière à Montpellier qu’il comprend qu’il vient d’être victime d’un internement sous contrainte de la part du maire de Loupian avec la complicité du médecin des pompiers.

C’est la loi 2011-803 du 5 juillet 2011* qui permet à un maire avec l’aide d’un médecin d’interner une personne. C’est donner une arme terrible aux élu-e-s : comment transformer une affaire politique en affaire médicale d’ordre psychiatrique !?

Ainsi, un conflit politique avec le maire d’une commune peut être évacué à l’aide d’une procédure qualifiant le désaccord politique en trouble de la santé mentale ! C’est pratique, il fallait y penser et légiférer. C’est maintenant chose faite !

Arrivé à l’hôpital de Montpellier, Jean-Pascal sera soumis à une injection médicamenteuse, certainement destinée à lui venir en aide ! Il entre donc en grève de la faim et de la soif. On le mettra 4 jours à l’isolement.

Libéré après 10 jours d’internement (grâce à la mobilisation de proches et de militant-e-s de défense des droits humains), Jean-Pascal gardera encore quelques jours les séquelles physiologiques des médications forcées (troubles du sommeil, problèmes de coordination des gestes…). Maintenant, il va chercher à sensibiliser l’association des maires de France avec l’espoir de les mobiliser contre l’ignoble pouvoir que ce décret leur confère afin de leur faire modifier le contenu de cette loi liberticide de juillet 2011.

À Loupian, nombreux sont les habitant-e-s qui se disent choqué-e-s par cette affaire. Le maire quant à lui, préfère ne pas répondre ! On serait honteux pour moi que ça !

La LDH profite de cette mise en lumière pour rappeler le cas d’Alain Paya-Poirel** qui croupit toujours en internement et pour engager des actions permettant à terme d’abolir cette loi inique.

Patrice K

* Pour en savoir plus, voir sur ce site : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024312722&dateTexte&categorieLien=id

  ** Le cas d’Alain Paya-Poirel, un berger du Gard interné en psychiatrie depuis  plus de 10 mois (à l’heure où j’écris) fera l’objet d’un prochain article dans le journal Confluence 81. Mais si d’ores et déjà vous voulez en savoir plus voici quelques contacts :

Un site : http://psychiatrie.crpa.asso.fr/

Une adresse mail : contact@crpa.asso.fr

Un numéro de téléphone : 01.47.63.05.62

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