Une forte envie de relire ce texte . . .
Publié le vendredi, 1 juillet 2016 dans Alternatives et Autogestion
. . . et de le partager avec chacun.e de nous. . . Savoir si, à la lumière de ce que nous vivons, de ce que nous faisons, dans nos luttes actuelles (Loi-travail, Nuit Debout, grands projets nuisibles et autres localement – ou nationalement – . . .), cela « correspond »? cela nous aide ? cela nous est étranger ? éloigné ?
Savoir si nous pourrions (devrions ?) le compléter? l’améliorer?
Bref tout un tas de questions qui s’adressent à chacun.e de nous, que nous soyons adhérent.e, sympathisant.e ou – parfois – compagne ou compagnon de route et de lutte. . .
A & A : Un Congrès pas comme les autres
Voilà en quelques mots le sentiment général que les participants ont retiré de ce congrès qui nous a rassemblé les 6 et 7 février 2016, 40 rue de malte à Paris.
L’ordre du jour était copieux et varié, les débats animés et respectueux et… se sont déroulés dans une ambiance à la fois sérieuse, conviviale et … joyeuse : nous étions tout simplement heureux d’être ensemble.
Des méthodes d’éducation populaire ont permis à toutes et tous de s’exprimer, de faire entendre leurs préoccupations, de prendre le temps d’écouter les autres et de participer à la construction d’un mouvement basé sur des valeurs fondamentales et qui se résument par ces quelques mots : solidarité, écologie, féminisme, vivre ensemble, autogestion.
Nous avons affiné en quelque sorte notre carte de visite dont vous trouverez le texte sur le site. Le texte de cette carte sera précédé d’un petit papillon qui résume notre démarche :
Résister – Proposer – Se Révolter –
Expérimenter – Coordonner
Et pour celles et ceux qui estiment que cette carte de visite est trop simpliste nous avons pris la décision de rédiger un manifeste qui sera en quelque sorte une trame d’une douzaine de thèmes énoncés de façon positive « nous sommes pour » et non pas « nous sommes contre » .
Il s’agira en quelque sorte de revendiquer des droits nouveaux, de dire ce qui fait sens pour nous, les articulations avec les luttes, les groupes et la société.
Par ailleurs nous poursuivrons notre travail au niveau du règlement intérieur.
Le groupe finances a également rendu compte (justificatifs à l’appui) d’une manière claire de la situation de trésorerie et des prévisions pour le futur. Les certificats de déductibilité fiscale ont été établis. Il a été notamment décidé de reverser 40% des cotisations aux fédérations constituées et qui le demanderaient.
Ces quelques éléments devraient nous permettre d’asseoir nos bases de travail et de militance.
A ce niveau nous avons pu constater que notre mouvement existe véritablement, qu’il s’appuie à la fois sur des bases sérieuses, des moyens à la fois humains et financiers certes modestes mais réels.
ET nous nous sommes rendus compte qu’il s’agit pour le futur de nous appuyer sur cette réalité pour poursuivre notre route et nous ouvrir à celles et ceux qui nous entourent.
La communication externe doit être un objectif important et même essentiel pour le futur.
Des idées, des propositions ont été émises qu’il s’agit maintenant de s’approprier et de mettre en pratique compte tenu de nos possibilités, mais aussi de nos limites. Il a notamment été proposé de :
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Faire des clips de présentation du mouvement.
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Dresser un répertoire d’expériences qui correspondent à nos valeurs.
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Recenser et relancer les personnes, collectifs et réseaux les plus proches et leur envoyer le journal.
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Reprendre les ventes militantes.
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Utiliser les outils de communication pour se faire connaitre : la presse régionale plus ouverte que la presse nationale, les radios locales.
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Utiliser et développer notre présence sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter).
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Créer et développer notre site internet
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Créer des évènements, des réunions, des forums sur des thèmes qui nous concernent.
Nous avons également pris le temps d’écouter certain-e-s qui n’ont pas participé au congrès…notamment un texte significatif de Marie Françoise :
« Je voulais vous faire part de ma réflexion personnelle sur deux points qui me tiennent à cœur plus particulièrement aujourd’hui :
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Les élections et notre participation aux institutions : dans le Tarn je fais partie des sceptiques qui ne croient plus aux élections. Je ne crois plus aujourd’hui au pouvoir de délégation et de représentation ; j’y ai longtemps cru, et je me suis longtemps battu pour aller voter, mais à force d’avaler des couleuvres et de voir que rien ne bouge aujourd’hui je n’ai plu envie d’aller voter. Quant à la question de notre présence dans nos institutions, pour moi la question n’est pas là. La question est : Où pouvons nous réellement agir pour construire un autre monde. Si nous pensons que nous pouvons faire bouger des choses en allant dans un conseil municipal ou départemental alors il faut y aller.
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L’autogestion : L’autogestion reste pour moi quelque chose qui
n’est pas évident à mettre en place. En effet il me semble que nous avons été tous formatés, nous n’avons pas appris au cours de notre vie à devenir autogestionnaire…..Tous au cours de notre vie nous votons pour confier le pouvoir politique à quelqu’un d’autre, vous avouerez que cela n’ rien de véritablement autogestionnaire. Fonctionner en autogestion est pour moi quelque chose de difficile. En effet comment faire en sorte que chacun trouve sa place. Comment faire en sorte que chacun puisse s’investir à son rythme ? Comment faire en sorte que chacun puisse faire un travail sans se trouver obligé de faire en plus celui du voisin ? Pour moi dans un mouvement comme le nôtre chacun peut apporter sa pierre. »
Ce texte résume bien des questions que nous nous posons mais nous montre également des pistes de réflexions et d’actions qui en découlent.
Ce texte était d’ailleurs en phase avec le questionnaire qui nous a été proposé par le groupe du Tarn et qui se résume par un certain nombre de questions auxquelles nous avons apporté quelques éléments de réponses :
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Pourquoi je fais de la politique ?
Dans ce monde ou toute activité humaine est dominée par l’argent, ou les richesses sont concentrées dans les mains de quelques uns, ou la nature est peu à peu détruite, ou presque tout est marchandisé, la nécessité et la volonté individuelle et collective de renverser l’ordre capitaliste nous conduisent à réfléchir comment construire une alternative globale sociale et politique.
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Pourquoi ai-je besoin d’un mouvement politique nouveau et différent des autres ?
Pour faire vivre et développer des idées construites par les alternatifs en s’appuyant sur des valeurs et leur mise en œuvre.
Il faut créer un lieu plutôt qu’une organisation, un projet de transformation sociale et écologique ; un manifeste plutôt qu’un programme, un intellectuel collectif.
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Comment je définis chacun des piliers qui sont les nôtres ?
Solidarités – Ecologie – Féminisme – Vivre ensemble – Autogestion
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Quel rôle doit avoir dans notre société une organisation autogestionnaire ?
Faire connaitre les apports théoriques et expérimentaux d’hier et d’aujourd’hui sur l’autogestion : par ex. Collectivités d’Aragon avec des centaines de villages collectivisés dans l’Espagne franquiste, pratiques communales autogestionnaires comme à Saillan, reprise par les travailleurs de leur outil transformé en coopérative..
S’appuyer sur l’unité populaire, les mouvements d’éducation
populaire pour co-organiser et co-construire des alternatives dans les quartiers : conseils de quartier citoyens, budget participatif, café repaire …
Participer à l’institution locale à condition de pouvoir s’appuyer sur l’expression populaire et avoir des relais militants dans les quartiers.
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Quel fonctionnement pour permettre l’expression de chacun d’entre nous ?
Rotation des fonctions, mandats, commissions thématiques.
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Piège à éviter pour rester fidèle à nos objectifs ?
Ne pas reproduire une organisation « métropolitaine parisienne »
Refuser toute professionnalisation de l’outil politique y compris par des néo retraités omniprésents.
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Quelles relations aux autres organisations ?
Participer à de collectifs thématiques locaux, front de luttes.
Faire connaitre nos orientations et les mettre en pratique avec eux.
On a également tenté de répondre à une question fondamentale, comment changer le monde ? en marchant tout simplement sur nos deux jambes, luttes sociales et présence dans les institutions.
Des pistes d’action très concrètes ont été proposées :
1er niveau : l’individu/le groupe
– Travailler sur soi même pour s’insérer dans l’action commune
– le groupe fait bouger l’individu
2è niveau : Changer la culture (les mentalités)
– valoriser
– la coopération plutôt que le pouvoir
– le « Tous capable « plutôt que l’élitisme
– les biens communs plutôt que la propriété privée
Montrer NOUS-MÊME que l’on peut FAIRE AUTREMENT
Mais ne pas rester entre nous et développer UNE ÉDUCATION POPULAIRE.
3è niveau ; la politique c’est :
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Donner du sens aux expériences
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Les articuler entre elles
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Agir sur les règles (lois)
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