Révoltes. Point de vue de Philippe ZARIFIAN
Publié le mercredi, 10 février 2016 dans Point de vue
La France est actuellement secouée par de nombreux mouvements de révolte, mouvements dont certains sont récurrents : ils reviennent périodiquement, rien n’ayant été réglé.
Ces révoltes sont des révoltes : il serait vain d’y chercher l’ébauche d’un désir révolutionnaire. Elles demandent formellement le dialogue, cherchent des interlocuteurs, attendent des rencontres. Néanmoins, on sent bien que ces révoltes n’en attendent rien. Elles expriment plutôt le fait qu’elles n’ont plus d’interlocuteurs possibles. Elles se situent au-delà de tout « dialogue ».
Une révolte n’est pas, en prime abord, une construction intellectuelle. C’est une attitude qui se dresse, s’affirme au-delà même des mots. Ou plutôt : elle parle par elle-même. Pour ceux qui se révoltent, leur attitude a la force et le mutisme d’une évidence. On affiche sa révolte, on demande qu’elle soit prise en compte. Mais on ne demande pas (plus) un quelconque dialogue, un quelconque geste d’apaisement ou un compromis.
Derrière la révolte, souvent, un sentiment d’injustice, mais une injustice qui est allée au-bout d’elle-même, qui n’attend plus aucune réparation; une forme de désespoir, mais encore soutenue par la volonté d’exister et de l’afficher.
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