{"id":9243,"date":"2013-08-26T21:00:44","date_gmt":"2013-08-26T20:00:44","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=9243"},"modified":"2013-08-26T21:00:44","modified_gmt":"2013-08-26T20:00:44","slug":"un-manifeste-que-faire-de-la-dette-et-de-leuro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=9243","title":{"rendered":"Un manifeste : Que faire de la dette et de l\u2019euro ?"},"content":{"rendered":"<header itemprop=\"headline\">\n<h2 itemprop=\"name\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><a class=\"ob-link-img\" href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/0\/67\/23\/22\/201308\/ob_f212d6abcb9ebe94f31112f544b334e5_euro.jpg\" target=\"_blank\"  rel=\"lightbox[9243] fancybox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-7337\" style=\"margin: 12px;\" alt=\"dettesnon-300x241\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/dettesnon-300x2411.jpg\" width=\"240\" height=\"193\" \/><span style=\"color: #808000;\"><strong>La crise<\/strong><\/span><\/a><\/span><\/h2>\n<\/header>\n<div class=\"entry\" id=\"yui_3_5_0_1_1377545025639_112\">\n<div class=\"ob-section ob-section-text\" id=\"yui_3_5_0_1_1377545025639_111\">\n<div class=\"ob-text\" id=\"yui_3_5_0_1_1377545025639_110\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Europe s&rsquo;enfonce dans la crise et la r\u00e9gression sociale sous le poids de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, de la r\u00e9cession et de la strat\u00e9gie de \u00ab r\u00e9formes structurelles \u00bb. Cette pression est \u00e9troitement coordonn\u00e9e au niveau europ\u00e9en, sous la direction du gouvernement allemand, de la Banque centrale europ\u00e9enne et de la Commission europ\u00e9enne. Il y a un large consensus pour dire que ces politiques sont absurdes et m\u00eame qu\u2019elles sont men\u00e9es par des \u00ab analphab\u00e8tes \u00bb: l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire ne r\u00e9duit pas la charge de la dette, elle engendre une spirale r\u00e9cessive, toujours plus de ch\u00f4mage, et s\u00e8me la d\u00e9sespoir parmi les peuples europ\u00e9ens.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ces politiques sont pourtant rationnelles du point de vue de la bourgeoisie. Elles sont un moyen brutal &#8211; une th\u00e9rapie de choc \u2013 de restaurer les profits, de garantir les revenus financiers, et de mettre en \u0153uvre les<!--more--> contre-r\u00e9formes n\u00e9olib\u00e9rales. Ce qui se passe est au fond la validation par les Etats des droits de tirage de la finance sur la richesse produite. C&rsquo;est pourquoi la crise prend la forme d&rsquo;une crise des dettes souveraines.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\"><strong>Le faux dilemme<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cette crise est un r\u00e9v\u00e9lateur : elle montre que le projet n\u00e9olib\u00e9ral pour l&rsquo;Europe n&rsquo;\u00e9tait pas viable. Ce dernier pr\u00e9supposait que les \u00e9conomies europ\u00e9ennes \u00e9taient plus homog\u00e8nes que ce n\u2019est le cas en r\u00e9alit\u00e9. Les diff\u00e9rences entre pays se sont creus\u00e9es en fonction de leur insertion dans le march\u00e9 mondial et de leur sensibilit\u00e9 au taux de change de l\u2019euro. Les taux d&rsquo;inflation n&rsquo;ont pas converg\u00e9, et les faibles taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat r\u00e9els ont favoris\u00e9 les bulles financi\u00e8re et immobili\u00e8re et intensifi\u00e9 les flux de capitaux entre pays.<br \/>\nToutes ces contradictions, exacerb\u00e9es par la mise en place de l&rsquo;union mon\u00e9taire, existaient avant la crise, mais elles ont explos\u00e9 avec les attaques sp\u00e9culatives contre les dettes souveraines des pays les plus expos\u00e9s.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les alternatives progressistes \u00e0 cette crise passent par une profonde refondation de l&rsquo;Europe : la coop\u00e9ration est n\u00e9cessaire au niveau europ\u00e9en mais aussi international pour la restructuration de l\u2019industrie, la soutenabilit\u00e9 \u00e9cologique et le d\u00e9veloppement de l&#8217;emploi. Mais comme une telle refondation globale semble hors de port\u00e9e compte tenu<br \/>\ndu rapport de forces actuel, la sortie de l&rsquo;euro est pr\u00e9sent\u00e9e dans diff\u00e9rents pays comme une solution imm\u00e9diate. Le dilemme semble donc \u00eatre entre une sortie risqu\u00e9e de la zone euro et une hypoth\u00e9tique harmonisation europ\u00e9enne qui devrait \u00e9merger des luttes sociales. Il s&rsquo;agit \u00e0 notre avis d&rsquo;une fausse opposition : il est au contraire d\u00e9cisif d\u2019\u00e9laborer une strat\u00e9gie politique viable de confrontation imm\u00e9diate.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Toute transformation sociale implique la remise en cause des int\u00e9r\u00eats sociaux dominants, de leurs privil\u00e8ges et de leur pouvoir, et il est vrai que cette confrontation se d\u00e9roule principalement dans un cadre national. Mais la r\u00e9sistance des classes dominantes et les mesures de r\u00e9torsion qu\u2019elles peuvent exercer d\u00e9passent le cadre national. La strat\u00e9gie de sortie de l&rsquo;euro n\u2019int\u00e8gre pas suffisamment la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une alternative europ\u00e9enne et c\u2019est pourquoi il faut disposer d\u2019une strat\u00e9gie de rupture avec l\u2019\u00ab eurolib\u00e9ralisme \u00bb qui permette de d\u00e9gager les moyens d\u2019une autre politique. Ce texte ne porte pas sur le programme, mais sur les moyens de le mettre en \u0153uvre.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\"><strong>Que devrait faire un gouvernement de gauche?<\/strong> <\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Nous sommes plong\u00e9s dans ce que l\u2019on peut techniquement appeler une \u00ab crise de bilan \u00bb. Cette crise qui s\u2019installe dans la dur\u00e9e par le jeu combin\u00e9 du d\u00e9sendettement du secteur priv\u00e9 et des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire trouve son origine dans l&rsquo;accumulation pass\u00e9e d&rsquo;une \u00e9norme quantit\u00e9 d&rsquo;actifs fictifs, qui ne correspondaient \u00e0 aucune base r\u00e9elle. En termes pratiques, cela signifie que les citoyens doivent aujourd\u2019hui payer pour la dette, autrement dit valider les droits de tirage de la finance sur la production et sur les recettes fiscales actuelles ou \u00e0 venir. Les Etats europ\u00e9ens, par une action strictement coordonn\u00e9e au niveau europ\u00e9en &#8211; et m\u00eame au niveau mondial &#8211; ont d\u00e9cid\u00e9 de nationaliser les dettes priv\u00e9es en les transformant en dette souveraine et d&rsquo;imposer des politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et de transferts afin de payer ces dettes. C&rsquo;est le pr\u00e9texte pour mettre en \u0153uvre des \u00ab r\u00e9formes structurelles \u00bb dont les objectifs sont classiquement n\u00e9olib\u00e9raux : r\u00e9duction des services publics et de l&rsquo;Etat-providence, coupes dans les d\u00e9penses sociales et flexibilisation des march\u00e9s du travail, afin de baisser les salaires directs et indirects.<\/h3>\n<h3>Une strat\u00e9gie politique de gauche devrait selon nous \u00eatre centr\u00e9e sur la conqu\u00eate d\u2019une majorit\u00e9 en faveur d\u2019un gouvernement de gauche, capable de se d\u00e9barrasser de ce carcan.<\/h3>\n<h2><span style=\"color: #808000;\"><strong>Se lib\u00e9rer de l\u2019emprise des march\u00e9s financiers et contr\u00f4ler le d\u00e9ficit.<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\u00c0 court terme, l\u2019une des premi\u00e8res mesures d\u2019un gouvernement de gauche devrait \u00eatre de trouver les moyens de financer le d\u00e9ficit public ind\u00e9pendamment des march\u00e9s financiers. C&rsquo;est interdit par les r\u00e8gles europ\u00e9ennes et c\u2019est la premi\u00e8re rupture \u00e0 op\u00e9rer. Il existe un large \u00e9ventail de mesures possibles qui ne sont pas nouvelles et qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es dans le pass\u00e9 dans diff\u00e9rents pays europ\u00e9ens : un emprunt forc\u00e9 sur les m\u00e9nages les plus riches ; l&rsquo;interdiction d&#8217;emprunter aupr\u00e8s de non-r\u00e9sidents ; l&rsquo;obligation pour les banques d&rsquo;un quota d&rsquo;obligations publiques ; une taxe sur les transferts internationaux de dividendes et sur les op\u00e9rations en capital, etc. et bien s\u00fbr une r\u00e9forme fiscale radicale.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le moyen le plus simple serait que la banque centrale nationale finance le d\u00e9ficit public, comme c&rsquo;est le cas au Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Japon, etc. Il serait possible de cr\u00e9er une banque sp\u00e9ciale autoris\u00e9e \u00e0 se refinancer aupr\u00e8s de la banque centrale, mais qui aurait comme principale fonction d\u2019acheter des obligations publiques (c\u2019est d\u2019ailleurs une chose que la BCE a d\u00e9j\u00e0 faite en pratique).<\/h3>\n<h3>Bien s\u00fbr, le probl\u00e8me n\u2019est pas vraiment technique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une rupture politique avec l&rsquo;ordre europ\u00e9en. Sans une telle rupture, toute politique susceptible de ne pas \u00ab rassurer les march\u00e9s financiers \u00bb serait imm\u00e9diatement contrecarr\u00e9e par une augmentation du co\u00fbt du financement de la dette publique.<\/h3>\n<h2><span style=\"color: #808000;\"><strong>Se lib\u00e9rer de l\u2019emprise des march\u00e9s financiers et restructurer la dette.<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cette premi\u00e8re s\u00e9rie de mesures imm\u00e9diates ne suffit pas pour r\u00e9duire le fardeau de la dette accumul\u00e9e et des int\u00e9r\u00eats sur cette dette. L\u2019alternative est alors la suivante : soit une aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire \u00e9ternelle soit un moratoire imm\u00e9diat sur la dette publique suivi de mesures d&rsquo;annulation de la dette. Un gouvernement de gauche devrait dire : \u00ab Nous ne pouvons pas payer la dette en ponctionnant les salaires et les pensions, et nous refusons de le faire. \u00bb Apr\u00e8s la mise en place du moratoire, il devrait organiser un audit citoyen afin d\u2019identifier la dette ill\u00e9gitime, qui correspond en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 quatre \u00e9l\u00e9ments:<br \/>\n\u2022 les \u00ab cadeaux fiscaux \u00bb pass\u00e9s accord\u00e9s aux m\u00e9nages les plus riches, aux entreprises et aux \u00ab rentiers \u00bb ;<br \/>\n\u2022 les privil\u00e8ges fiscaux \u00ab ill\u00e9gaux \u00bb : \u00e9vasion fiscale, optimisation fiscale, paradis fiscaux et amnisties ;<br \/>\n\u2022 les plans de sauvetage des banques depuis l&rsquo;\u00e9clatement de la crise ;<br \/>\n\u2022 la dette cr\u00e9\u00e9e par la dette elle-m\u00eame, par l&rsquo;effet boule de neige cr\u00e9\u00e9 par la diff\u00e9rence entre les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et les taux de croissance du PIB rogn\u00e9s par les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et de ch\u00f4mage.<br \/>\nCet audit ouvre la voie \u00e0 l&rsquo;imposition d&rsquo;un \u00e9change de titres de la dette permettant d\u2019en annuler une grande partie. C\u2019est la deuxi\u00e8me rupture.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mais les dettes souveraines sont \u00e9galement totalement entrem\u00eal\u00e9es avec le bilan des banques priv\u00e9es. C&rsquo;est pourquoi le plan de sauvetage d&rsquo;un pays est en g\u00e9n\u00e9ral un plan de sauvetage des banques. Une troisi\u00e8me rupture par rapport \u00e0 l&rsquo;ordre n\u00e9olib\u00e9ral est n\u00e9cessaire, qui passe par le contr\u00f4le des mouvements internationaux de capitaux, le contr\u00f4le du cr\u00e9dit et la socialisation des banques. C&rsquo;est le seul moyen rationnel de d\u00e9m\u00ealer l&rsquo;\u00e9cheveau de dettes. Apr\u00e8s tout, cela a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;option retenue en Su\u00e8de dans les ann\u00e9es 1990 (m\u00eame si les banques ont \u00e9t\u00e9 ensuite reprivatis\u00e9es). Pour r\u00e9sumer, l&rsquo;ouverture d&rsquo;une voie alternative n\u00e9cessite un ensemble coh\u00e9rent de trois ruptures:\u2022 le financement de ces \u00e9missions de dette souveraine, pass\u00e9es et \u00e0 venir\u2022 l&rsquo;annulation de la dette ill\u00e9gitime\u2022 la socialisation de banques pour le contr\u00f4le de cr\u00e9dit. Ce sont les moyens d\u2019une v\u00e9ritable transformation sociale. Comment s\u2019y prendre ?<\/h3>\n<h2><span style=\"color: #808000;\"><strong>Pour un gouvernement de gauche<\/strong> <\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ces trois grandes ruptures n\u00e9cessaires pour r\u00e9sister au chantage financier ne peuvent \u00eatre men\u00e9es \u00e0 bien que par un gouvernement de gauche. Bien que les conditions sociales et politiques d&rsquo;une strat\u00e9gie de convergence et de lutte pour un tel gouvernement varient largement d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre, toute l&rsquo;Europe s\u2019est concentr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2012 sur la possibilit\u00e9 pour Syriza de gagner les \u00e9lections et de constituer l&rsquo;axe d&rsquo;un tel gouvernement en Gr\u00e8ce. Depuis cette p\u00e9riode, Syriza m\u00e8ne une campagne sur les th\u00e8mes essentiels que nous d\u00e9fendons dans ce manifeste: un gouvernement de gauche est une alliance pour d\u00e9noncer le m\u00e9morandum de la Tro\u00efka et de restructurer la dette afin de pr\u00e9server les salaires, les pensions, les services publics de sant\u00e9 et d&rsquo;\u00e9ducation et la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Notre approche est en phase avec celle de Syriza : \u00ab pas de sacrifice pour l&rsquo;euro. \u00bb<\/h3>\n<h2><span style=\"color: #808000;\"><strong>Une sortie de l&rsquo;euro n&rsquo;est pas une garantie de rupture avec l\u2019\u00ab eurolib\u00e9ralisme \u00bb<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e9vident qu&rsquo;un gouvernement de gauche qui prendrait de telles mesures doit \u00eatre d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 appliquer un programme socialiste et disposer d&rsquo;un large soutien populaire. Ce dernier ne peut \u00eatre obtenu que si ce programme se fixe clairement comme objectifs prioritaires la lutte contre les int\u00e9r\u00eats de la finance, la reconstruction d\u2019une \u00e9conomie de plein emploi et la gestion collective des biens communs. Il ne faut pas d\u00e9vier de cette strat\u00e9gie : si l&rsquo;annulation de la dette est le but, on ne doit pas s&rsquo;\u00e9carter de cet objectif. La coh\u00e9rence et la clart\u00e9 politiques sont les conditions pour gagner &#8211; et m\u00e9riter de gagner. La premi\u00e8re mesure d\u2019un gouvernement de gauche doit donc \u00eatre la lutte contre la dette et l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Pour que cette politique contre soit efficace, un gouvernement de gauche doit s\u2019appuyer sur un large soutien populaire et \u00eatre pr\u00eat \u00e0 utiliser tous les moyens d\u00e9mocratiques n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 la pression des int\u00e9r\u00eats financiers, y compris des mesures de nationalisation des secteurs strat\u00e9giques et une confrontation directe avec le gouvernement Merkel, la BCE et la Commission europ\u00e9enne. La bataille pour la d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie et des acquis sociaux doit \u00eatre \u00e9largie au niveau supranational. Mais si la politique de Bruxelles s&rsquo;y oppose, cette bataille devra finalement \u00eatre men\u00e9e \u00e0 partir des cadres nationaux d\u00e9j\u00e0 existants. Dans cette confrontation, il ne devrait pas y avoir de tabou sur l\u2019euro, et toutes les options devraient rester ouvertes, y compris la sortie de l&rsquo;euro si aucune autre solution n&rsquo;est possible dans le cadre europ\u00e9en, ou si les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes y contraignent un pays. Mais cela ne devrait pas \u00eatre le point de d\u00e9part.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les implications d\u2019une sortie de la zone euro pour un gouvernement de gauche doivent \u00eatre explicit\u00e9es. Premi\u00e8rement, elle ne permettrait pas forc\u00e9ment de restaurer la souverainet\u00e9 d\u00e9mocratique : certes le financement du d\u00e9ficit public \u00e9chapperait au contr\u00f4le des march\u00e9s financiers, mais ce contr\u00f4le pourrait \u00eatre exerc\u00e9 par la sp\u00e9culation contre la nouvelle\/ancienne monnaie d\u2019un pays qui aurait un d\u00e9ficit ext\u00e9rieur.<br \/>\nPar ailleurs, la charge de la dette ne serait pas r\u00e9duite. Elle serait au contraire augment\u00e9e en proportion du taux de d\u00e9valuation, puisque la dette est libell\u00e9e en euros.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Dans ces conditions, le gouvernement serait conduit \u00e0 convertir la dette publique dans la nouvelle monnaie, ce qui \u00e9quivaudrait \u00e0 une annulation partielle : il est du pouvoir d\u2019un Etat de prendre une telle d\u00e9cision, m\u00eame si un conflit judiciaire international est \u00e0 pr\u00e9voir. Mais les entreprises priv\u00e9es et les banques ne disposent pas de ce m\u00eame pouvoir souverain et par cons\u00e9quent, la valeur des dettes priv\u00e9es et financi\u00e8res augmenterait dans la monnaie nationale. Dans ce cadre, une nationalisation des banques serait en fin de compte n\u00e9cessaire tout simplement pour \u00e9viter la faillite de tout le secteur du cr\u00e9dit, ce qui impliquerait une nouvelle augmentation de la dette publique vis-\u00e0-vis de la finance internationale.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ensuite, la d\u00e9valuation de la nouvelle monnaie d\u00e9clencherait un processus inflationniste qui conduirait \u00e0 une hausse des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et \u00e0 une aggravation de la charge de la dette et des in\u00e9galit\u00e9s de revenus.<\/h3>\n<h3>Enfin, la sortie de l&rsquo;euro est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sent\u00e9e comme une strat\u00e9gie visant \u00e0 gagner des parts de march\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une d\u00e9valuation comp\u00e9titive. Ce type d&rsquo;approche ne rompt pas avec la logique de la concurrence de tous contre tous et tourne le dos \u00e0 une strat\u00e9gie de lutte commune europ\u00e9enne contre l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Au total, en menant la lutte sans faire de la sortie de l&rsquo;euro et de l&rsquo;Union europ\u00e9enne un pr\u00e9alable, un gouvernement de gauche pourrait augmenter ses marges de man\u0153uvre et renforcer son pouvoir de n\u00e9gociation, en s\u2019appuyant sur la possible extension des r\u00e9sistances \u00e0 d&rsquo;autres pays de l&rsquo;UE. Il s\u2019agit donc d\u2019une strat\u00e9gie progressiste et internationaliste, qui s\u2019oppose \u00e0 une strat\u00e9gie isolationniste et nationale.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\"><strong>Pour une strat\u00e9gie de rupture et d&rsquo;extension unilat\u00e9rale<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les solutions progressistes s\u2019opposent au projet n\u00e9olib\u00e9ral de concurrence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<br \/>\nElles sont fondamentalement coop\u00e9ratives et fonctionneront d\u2019autant mieux qu\u2019elles seront \u00e9tendues \u00e0 un plus grand nombre de pays. Par exemple, si tous les pays europ\u00e9ens r\u00e9duisaient le temps de travail et instauraient un imp\u00f4t uniforme sur les revenus du capital, cette coordination permettrait d&rsquo;\u00e9viter le retour de b\u00e2ton que cette m\u00eame politique subirait si elle \u00e9tait adopt\u00e9e dans un seul pays. Pour ouvrir cette voie coop\u00e9rative, un gouvernement de gauche devrait suivre une strat\u00e9gie unilat\u00e9rale :<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les \u00ab bonnes \u00bb mesures sont unilat\u00e9ralement mises en place comme, par exemple, le rejet de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 ou la taxation des transactions financi\u00e8res.<br \/>\nElles sont accompagn\u00e9es de mesures de protection comme par exemple un contr\u00f4le des capitaux.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cette mise en oeuvre au niveau national de politiques en contradiction avec les r\u00e8gles europ\u00e9ennes repr\u00e9sente un risque politique qu\u2019il faut prendre en compte. La r\u00e9ponse se trouve dans une logique d\u2019extension, afin que ces mesures &#8211; par exemple la relance budg\u00e9taire ou la taxe sur les transactions financi\u00e8res &#8211; soient adopt\u00e9es par d\u2019autres Etats membres.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cependant la confrontation politique avec l&rsquo;UE et les classes dirigeantes d&rsquo;autres Etats europ\u00e9ens, en particulier le gouvernement allemand, ne peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9e et la menace de sortie de l&rsquo;euro ne doit pas \u00eatre exclue a priori des options possibles. Ce sch\u00e9ma strat\u00e9gique reconna\u00eet que la refondation de l&rsquo;Europe ne peut pas \u00eatre une condition pr\u00e9alable \u00e0 la mise en \u0153uvre d&rsquo;une politique alternative. Les \u00e9ventuelles mesures de r\u00e9torsion contre un gouvernement de gauche doivent \u00eatre neutralis\u00e9s par des contre-mesures qui impliquent effectivement un recours \u00e0 des dispositifs protectionnistes. Mais cette orientation n&rsquo;est pas protectionniste au sens habituel du terme, car elle prot\u00e8ge un processus de transformation sociale port\u00e9e par le peuple et non les int\u00e9r\u00eats des capitaux nationaux dans leur concurrence avec d&rsquo;autres capitaux.<br \/>\nC\u2019est donc un \u00ab protectionnisme d&rsquo;extension \u00bb appel\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre une fois que les mesures sociales pour l&#8217;emploi et contre l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 auront \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es \u00e0 travers l&rsquo;Europe.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La rupture avec les r\u00e8gles de l&rsquo;Union europ\u00e9enne ne repose pas sur une p\u00e9tition de principe, mais sur la l\u00e9gitimit\u00e9 de mesures justes et efficaces qui correspondent aux int\u00e9r\u00eats de la majorit\u00e9 et qui sont \u00e9galement propos\u00e9es aux pays voisins. Cette orientation strat\u00e9gique peut alors \u00eatre renforc\u00e9e par la mobilisation sociale dans les autres pays et donc s\u2019appuyer sur un rapport de forces capable de remettre en cause les institutions de l&rsquo;UE. L&rsquo;exp\u00e9rience r\u00e9cente des plans de sauvetage n\u00e9olib\u00e9raux mis en oeuvre par la BCE et la Commission europ\u00e9enne montre qu&rsquo;il est tout \u00e0 fait possible de contourner un certain nombre de dispositions des trait\u00e9s de l&rsquo;UE, et que les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 le faire, pour le pire. C\u2019est pourquoi nous revendiquons le droit de prendre des mesures allant dans le bon sens, y compris l&rsquo;instauration d\u2019un contr\u00f4le des capitaux et de tout dispositif permettant de pr\u00e9server les salaires et les pensions. Dans ce sch\u00e9ma, la sortie de l&rsquo;euro, encore une fois, est une menace ou une arme de dernier recours. Cette strat\u00e9gie s&rsquo;appuie sur la l\u00e9gitimit\u00e9 des solutions progressistes qui d\u00e9coulent de leur nature de classe. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une strat\u00e9gie coop\u00e9rative de rupture avec le cadre actuel de l&rsquo;UE, au nom d&rsquo;un autre mod\u00e8le de d\u00e9veloppement fond\u00e9 sur une nouvelle architecture pour l&rsquo;Europe : un budget europ\u00e9en \u00e9largi aliment\u00e9 par une taxe commune sur le capital qui finance des fonds d&rsquo;harmonisation et des investissements socialement et \u00e9cologiquement utiles. Mais nous n&rsquo;attendons pas que ce changement vienne tout seul et nous mettons \u00e0 l\u2019ordre du jour la lutte imm\u00e9diate contre la dette et l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et les justes mesures de d\u00e9fense des salaires et des pensions, de la protection sociale et des services publics. Telle est notre orientation strat\u00e9gique pour un gouvernement de gauche.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>&#8212; signataires :<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u039a\u03cd\u03c0\u03c1\u03bf\u03c2<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Stavros Tombazos<\/em><\/span><br \/>\n<strong>Britain<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Giorgos Galanis, \u00d6zlem Onaran<\/em><\/span><br \/>\n<strong>Estado espa\u00f1ol<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Daniel Albarrac\u00edn, Nacho \u00c1lvarez, Bibiana Medialdea, Manolo Gar\u00ed, Antonio Sanabria, Jorge Fonseca, Teresa P\u00e9rez del R\u00edo, Lidia Rekagorri Villar (Euskal Herria), J\u00e9r\u00f4me Duval, Andreu Tobarra, Ander Gorro\u00f1o Bidaguren (Euskal Herria), Jorge Alaminosder Gorro\u00f1o Bidaguren (Euskal Herria), Jorge Alaminos, Pedro A. Garc\u00eda<\/em><\/span><br \/>\n<strong>Portugal<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Francisco Lou\u00e7\u00e3, Mariana Mortagua<\/em><\/span><br \/>\n<strong>France<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Gilles Orzoni, Jacques Rigaudiat, Philippe Zarifian, Gilles Raveaud, Jacques Cossart, Nicolas B\u00e9ni\u00e8s, Marc Bousseyrol, Mathieu Montalban, Samy Johsua, Catherine Samary, Dany Lang, Bruno Th\u00e9ret, Claude Calame, Jean-Marie Harribey, Ozgur Gun, Patrick Saurin, Antoine Math, Pierre Khalfa, Marc Mangenot, Jean Gadrey, Mireille Bruy\u00e8re, Henri Philipson, Pierre Bitoun, Patrick Saurin, Pierre Khalfa, Bernard Guibert, Robert Kissous, Guillaume Etievant, Jean-Marie Roux, Jakes Bortayrou (Pays Basque), Thomas Coutrot, Philippe L\u00e9g\u00e9, Olivier Lorillu, Boris Bilia, Christiane Marty, Bertrand Roth\u00e9, Philippe Enclos, Xavier Girard, G\u00e9rard Streletski, Christophe P\u00e9barthe, Pierre Cours-Salies, Yvette Krolikowski, C\u00e9line Martin, Michel Br\u00e9hier, Yann Merlevede, Dany Lang, Chantal Frattaruolo, Yves Chassin, Martial Picot, Gustave Massiah, Catherine Harmant, Christian ZanneMichel Br\u00e9hier, Yann Merlevede, Dany Lang, Chantal Frattaruolo, Yves Chassin, Martial Picot, Gustave Massiah, Catherine Harmant, Christian Zanne, Antoine Cantais, Genevi\u00e8ve Morenas, Jean-Michel H\u00e9risson, Jean-Claude Salomon, Julien Sardou , Stephen Bouquin, Jo\u00ebl Marseille<\/em><\/span><br \/>\n<strong>Belgique Belgi\u00eb<\/strong><br \/>\n<em><span style=\"color: #0000ff;\">Eric Toussaint, Pierre Vermeire, Gunter Breugelmans, Maurice Cramers, Filip De Bodt, Eric Goeman, Herman Michiel, Georges Spriet, Daniel Tanuro, Thomas Weyts, Helena Van der Vorst, David Dessers<\/span><\/em><br \/>\n<strong>Sverige<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Rodolfo Garcia, \u00d6rjan Appelqvist<\/em><\/span><br \/>\n<strong>Nederland<\/strong><br \/>\n<em><span style=\"color: #0000ff;\">Willem Bos, Corrie van Willegen<\/span><\/em><br \/>\n<strong>Suisse<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Jean Batou, Pierre Vanek, Juan Tortosa<\/em><\/span><br \/>\n<strong>Italia<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Valter Erriu (Sardinya)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Page web : <a id=\"yui_3_5_0_1_1377545025639_108\" href=\"http:\/\/tinyurl.com\/euro13\">http:\/\/tinyurl.com\/euro13<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/gesd.fr\/euromani.htm\">http:\/\/gesd.fr\/euromani.htm<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<section class=\"item-tags\"><\/section>\n<\/div>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise L&rsquo;Europe s&rsquo;enfonce dans la crise et la r\u00e9gression sociale sous le poids de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, de la r\u00e9cession et de la strat\u00e9gie de \u00ab r\u00e9formes structurelles \u00bb. Cette pression est \u00e9troitement coordonn\u00e9e au niveau europ\u00e9en, sous la direction du gouvernement allemand, de la Banque centrale europ\u00e9enne et de la Commission europ\u00e9enne. 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