{"id":7470,"date":"2013-01-08T10:30:39","date_gmt":"2013-01-08T09:30:39","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=7470"},"modified":"2013-01-08T10:30:39","modified_gmt":"2013-01-08T09:30:39","slug":"abattre-la-dictature-de-la-dette-pour-liberer-la-tunisie-par-fathi-chamkhi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=7470","title":{"rendered":"Abattre la dictature de la dette pour lib\u00e9rer la Tunisie ! par Fathi CHAMKHI*"},"content":{"rendered":"<div>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/IMG_5316.jpg\" rel=\"lightbox[7470]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7471\" style=\"margin: 12px;\" title=\"IMG_5316\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/IMG_5316.jpg\" alt=\"\" width=\"238\" height=\"159\" \/><\/a><a title=\"Abattre la dictature de la dette pour lib\u00e9rer la Tunisie !\" href=\"http:\/\/alternatifs0726.over-blog.com\/article-abattre-la-dictature-de-la-dette-pour-liberer-la-tunisie-114145241.html\">\u00a0<\/a><em><span style=\"color: #808000;\">Nous publions ce texte, emprunt\u00e9 au blog des Alternatifs 07:26, \u00a0sur le probl\u00e8me de la dette en Tunisie. Il nous a \u00e9t\u00e9 adress\u00e9 par Fathi Chamkhi, qui \u00e9tait notre invit\u00e9 lors de la derni\u00e8re universit\u00e9 d&rsquo;\u00e9t\u00e9 des Alternatifs en ao\u00fbt dernier \u00e0 M\u00e9audre.<\/span><\/em><\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\u00a0La dette constitue, depuis la seconde moiti\u00e9 du 19e si\u00e8cle, la pierre angulaire de la domination \u00e9trang\u00e8re en Tunisie ; en ce sens, elle est une donn\u00e9e fondamentale de son histoire contemporaine. Elle y joue un r\u00f4le antinational, antid\u00e9mocratique et antisocial !<br \/>\nCette domination a fini par pousser les classes populaires \u00e0 la r\u00e9volte. Il<!--more-->\u00a0ne leur a fallu que 29 jours pour venir \u00e0 bout du dictateur, garant de la stabilit\u00e9 de l\u2019ordre capitaliste, il leur faut maintenant en finir avec le r\u00e9gime de domination lui-m\u00eame, pour pouvoir disposer librement d\u2019eux-m\u00eames et lib\u00e9rer leur propre avenir.<br \/>\nMais, un an et demi apr\u00e8s la fuite du dictateur, la t\u00e2che s\u2019av\u00e8re aussi complexe que difficile du fait, notamment, de la faiblesse de la conscience en soi des classes opprim\u00e9es, de l\u2019\u00e9miettement des organisations r\u00e9volutionnaires, de la virulence de l\u2019ennemie de classe et de l\u2019importance des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et strat\u00e9giques en jeux et qui d\u00e9passent largement le cadre de la Tunisie.<\/p>\n<p><strong>La dette rime avec domination colonialiste<\/strong><br \/>\nLa dette constitue l\u2019un des piliers du r\u00e9gime de domination ; elle est le couteau sous la gorge qui oblige la Tunisie \u00e0 se soumettre aux int\u00e9r\u00eats du capital globalis\u00e9 et de la finance mondiale. Briser le m\u00e9canisme de la dette constitue donc l\u2019une des t\u00e2ches r\u00e9volutionnaires essentielles sur la voie qui m\u00e8ne au d\u00e9passement de l\u2019ordre de domination capitaliste \u00e9tabli.<\/p>\n<p><strong>1864-1881 : La dette comme pr\u00e9alable \u00e0 la colonisation<\/strong><br \/>\nLa r\u00e9volte populaire de 1864 contre la d\u00e9cision du Bey de doubler l\u2019imp\u00f4t, et la f\u00e9roce r\u00e9pression qui s\u2019en suivit, ont aggrav\u00e9 les probl\u00e8mes de tr\u00e9sorerie de l\u2019Etat beylical. Apr\u00e8s avoir conduit la Tunisie \u00e0 la ruine, le r\u00e9gime beylical se tourna vers les cr\u00e9anciers \u00e9trangers, notamment fran\u00e7ais, pour se financer.<br \/>\nEn 1869, les cr\u00e9anciers \u00e9trangers, profitant de la premi\u00e8re crise de la dette en Tunisie, ont mis en place une \u00ab\u00a0Commission financi\u00e8re\u00a0\u00bb tripartite (fran\u00e7aise, italienne et britannique), qui a soumis les finances de l\u2019Etat \u00e0 leur contr\u00f4le direct.<\/p>\n<p><strong>1881-1856 : La colonisation : un r\u00e9gime de domination d\u2019exploitation et de pillage<\/strong><br \/>\nUn demi-si\u00e8cle avait \u00e9t\u00e9 suffisant pour que la Tunisie tombe, comme un fruit m\u00fbr, entre les mains de l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais. La dette a \u00e9t\u00e9 le principal outil \u00e9conomique de ce processus colonial.<br \/>\nDe 1881 jusqu\u2019en 1956, l\u2019Etat fran\u00e7ais s\u2019est appropri\u00e9 la Tunisie pour le compte du capital fran\u00e7ais. L\u2019administration coloniale qu\u2019il a mise sur place avait pour mission essentielle : le maintien par la force arm\u00e9e de l\u2019ordre colonial, l\u2019am\u00e9nagement de l\u2019espace local et l\u2019organisation de la soci\u00e9t\u00e9 selon les besoins de l\u2019exploitation et le pillage capitalistes. Le co\u00fbt financier du r\u00e9gime colonial a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement port\u00e9 \u00e0 la charge de la Tunisie. La soci\u00e9t\u00e9 colonis\u00e9e paye les frais de sa propre exploitation.<\/p>\n<p><strong>\u00c9chec du processus de d\u00e9colonisation<\/strong><\/p>\n<p><strong>1956-1987 : tentative de transition nationaliste d\u00e9mocratique<\/strong><br \/>\nLe nouvel Etat, issu d\u2019un long processus historique combinant lutte politique, voire arm\u00e9e, et n\u00e9gociations, s\u2019\u00e9tait attel\u00e9 au \u2018parach\u00e8vement de la souverainet\u00e9 nationale\u2019 : promulgation du \u2018Code du statut personnel\u2019 en 1956, proclamation de la r\u00e9publique en 1957, \u00e9mission d\u2019une monnaie nationale en 1958, cr\u00e9ation de la BCT (Banque centrale de Tunisie) et du dinar et promulgation d\u2019une constitution en 1959, \u00e9vacuation de la base militaire fran\u00e7aise de Bizerte en 1963, promulgation de la loi dite de l\u2019\u00e9vacuation agricole en 1964 et de l\u2019adoption de mesures \u00e9conomiques d\u2019inspiration socialistes.<br \/>\nCette volont\u00e9 manifeste d\u2019ind\u00e9pendance a \u00e9t\u00e9 assez souvent une source de tensions, plus ou moins violents avec l\u2019Etat fran\u00e7ais :<br \/>\n&#8211; D\u2019abord, lors de la cr\u00e9ation de la BCT et du dinar ;<br \/>\n&#8211; Ensuite, lors de la demande de r\u00e9trocession des terres agricoles que les colons s\u2019\u00e9taient appropri\u00e9s en masse sous le r\u00e9gime colonial. La mani\u00e8re dont cette question fut r\u00e9gl\u00e9e illustre bien les limites des revendications nationalistes du pouvoir petit bourgeois local. En effet, face aux atermoiements, voire le refus, de l\u2019Etat fran\u00e7ais de donner satisfaction \u00e0 Bourguiba, ce dernier a fini par accepter les conditions fran\u00e7aises : acheter progressivement les terres tunisiennes avec l\u2019argent de la dette qu\u2019il lui accorde.<br \/>\n&#8211; Ou bien encore en f\u00e9vrier 58, lorsque l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise a lanc\u00e9 un raid a\u00e9rien sur la ville frontali\u00e8re de Sakiet Sidi Youssef en repr\u00e9sailles contre le soutien de la Tunisie aux combattants alg\u00e9riens du FLN. Le bilan fut de 75 morts et 148 bless\u00e9s parmi les civils, dont une douzaine d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves d&rsquo;une \u00e9cole primaire ;<br \/>\n&#8211; Enfin, lors de la crise de l\u2019\u00e9t\u00e9 1961, autour de la base navale militaire que l\u2019Etat Fran\u00e7ais a maintenu \u00e0 Bizerte, qui s\u2019est transform\u00e9e en conflit arm\u00e9e qui a entra\u00een\u00e9 la mort d\u2019un millier de personnes, notamment des civils tunisiens et l\u2019\u00e9vacuation de cette base par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise le 15 octobre 1963.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette tension, l\u2019Etat tunisien n\u2019a jamais r\u00e9ellement remis en cause la soumission de la Tunisie \u00e0 l\u2019ancienne m\u00e9tropole coloniale. Ces rapports dominant\/domin\u00e9s sont rebaptis\u00e9s \u2018rapports d\u2019amiti\u00e9s et de coop\u00e9ration\u2019 ; l\u2019Etat fran\u00e7ais fournit l\u2019aide financi\u00e8re et \u00e9conomique, d\u2019une part, et l\u2019Etat tunisien sollicite, \u00e0 son tour, cette aide pour les besoins du d\u00e9veloppement national, d\u2019autre part.<br \/>\nBourguiba a toujours cru \u00e0 l\u2019id\u00e9e que la Tunisie ne peut pas se d\u00e9velopper sans l\u2019aide financi\u00e8re et \u00e9conomique de la France et de l\u2019occident en g\u00e9n\u00e9ral ! Dans son esprit, le maintien de \u00ab\u00a0rapports \u00e9troits\u00a0\u00bb avec l\u2019ancienne m\u00e9tropole coloniale, voire leur renforcement, n\u2019est pas en contradiction avec le processus de parach\u00e8vement de la d\u00e9colonisation. C\u2019est ce qui explique le fait que malgr\u00e9 sa volont\u00e9 manifeste d\u2019ind\u00e9pendance nationale, il s\u2019est peu \u00e0 peu accommod\u00e9 de la tutelle de l\u2019Etat fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 1956, la dette reprend du service sous une nouvelle forme ! Elle n\u2019est plus g\u00e9r\u00e9e directement par l\u2019Etat colonial, mais devient du ressort de l\u2019Etat national. D\u2019un outil de mise en valeur coloniale au profit du capital fran\u00e7ais, elle se transforme en outil pr\u00e9sum\u00e9 du financement du d\u00e9veloppement. Cette l\u00e9gitimation a \u00e9t\u00e9 assur\u00e9e, en grande partie, par l\u2019\u00e9conomie du d\u00e9veloppement, qui a souvent servi de couverture id\u00e9ologique au n\u00e9ocolonialisme.<br \/>\nSelon cette th\u00e9orie, la Tunisie souffre d\u2019un mal chronique d\u00fb \u00e0 une carence en \u00e9pargne locale. De ce fait, elle est incapable de financer elle-m\u00eame son propre d\u00e9veloppement. La dette est pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00e9tant le rem\u00e8de id\u00e9al au mal du \u00ab\u00a0sous-d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb !<br \/>\nEntre 1956 et 1987, le co\u00fbt de la dette demeure supportable ; les transferts nets financiers1 au titre de la DEPMLT (dette ext\u00e9rieure publique \u00e0 moyen et long terme) ont \u00e9t\u00e9 positif pour la Tunisie d\u2019environ 5 MD (milliards de dinars2). Enfin, tout au long de cette p\u00e9riode elle la dette a gard\u00e9 un r\u00f4le \u00e9conomique relativement limit\u00e9, et par cons\u00e9quent n\u2019a pas beaucoup pes\u00e9 sur la nature du financement global de l\u2019\u00e9conomie locale. Mais, son r\u00f4le politique consistait surtout \u00e0 garder l\u2019\u00e9conomie tunisienne dans l\u2019orbite de celle de la France.<br \/>\nAu cours des ann\u00e9es 60\u2019, et surtout les ann\u00e9es 70\u2019, le processus de \u2018transition nationale d\u00e9mocratique\u2019 a commenc\u00e9 \u00e0 montrer des signes \u00e9vidents d\u2019essoufflements. Cette tendance s\u2019est confirm\u00e9e par la suite, suscitant du m\u00eame coup les tensions sociales et acc\u00e9l\u00e9rant les d\u00e9rives dictatoriales et la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence bureaucratique de l\u2019Etat bourguibien : r\u00e9pression violente de la premi\u00e8re tentative de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale nationale en 1978, de la \u2018r\u00e9volte du pain\u2019 en 1984, suite \u00e0 la premi\u00e8re tentative de mise en place d\u2019une politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale et mise sous scell\u00e9e de la centrale syndicale ouvri\u00e8re en 1985, etc.<br \/>\nLa crise s\u2019est transform\u00e9e, au cours de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 des ann\u00e9es 80\u2019, en faillite du syst\u00e8me, sous l\u2019effet combin\u00e9 de ses propres contradictions, inh\u00e9rentes \u00e0 sa nature de classe petite bourgeoise d\u2019un pays sous domination imp\u00e9rialiste, et des pressions qu\u2019exerce la mondialisation capitaliste n\u00e9olib\u00e9rale.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cet \u00e9chec, la bourgeoisie locale jette l\u2019\u00e9ponge et passe les commandes aux IFI3 et \u00e0 la CE4. Dans le nouveau contexte de la mondialisation capitaliste n\u00e9olib\u00e9rale, le capital global use, de plus en plus, d\u2019armes \u00e9conomiques dans sa guerre contre les peuples du sud mais aussi, de plus en plus, contre ceux du Nord. La dette devient un outil \u00e9conomique et politique majeur de domination, de pillage et d\u2019exploitation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire.<br \/>\nLa p\u00e9riode qui s\u2019\u00e9tend de janviers 1984 (r\u00e9volte du pain) jusqu\u2019au 7 novembre 1987 (coup d\u2019Etat de Ben Ali) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante pour l&rsquo;\u00e9volution \u00e9conomique, sociale et politique de la Tunisie durant le quart de si\u00e8cle suivant. La faillite du mod\u00e8le capitaliste d\u00e9pendant et planifi\u00e9 par un Etat-patron a \u00e9t\u00e9 sans appel.<br \/>\nUne position renti\u00e8re et un endettement ext\u00e9rieur appuy\u00e9s par une orientation \u00e9conomique semi-lib\u00e9rale, ont permis \u00e0 ce mod\u00e8le de conna\u00eetre, durant les ann\u00e9es 70, une relative prosp\u00e9rit\u00e9. Mais, sa crise globale a mis \u00e0 nu les limites du syst\u00e8me, et l\u2019incapacit\u00e9 de la bourgeoisie locale et de sa bureaucratie d&rsquo;Etat \u00e0 rompre les liens de domination.<br \/>\nDurant p\u00e9riode d\u00e9cisive, le r\u00f4le des classes populaires et, plus particuli\u00e8rement, celui de la classe ouvri\u00e8re n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisif. Ce fut le cas aussi des organisations politiques de gauche. La bourgeoisie locale a pu donc troquer avec les forces imp\u00e9rialistes son maintien au pouvoir, contre le peu de souverainet\u00e9 nationale qui a \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9 si durement depuis 1956.<br \/>\nLe maintien du r\u00e9gime capitaliste d\u00e9pendant en Tunisie, et sa restructuration au profit des transnationales et de la finance internationale, a n\u00e9cessit\u00e9 l\u2019\u00e9largissement et l\u2019approfondissement de la nature dictatoriale du r\u00e9gime, qui a \u00e9t\u00e9 rendu possible gr\u00e2ce au coup d\u2019Etat de 1987.<\/p>\n<p><strong>1987-2010 : la recolonisation de la Tunisie<\/strong><br \/>\nProfitant de la faillite de la transition nationaliste d\u00e9mocratique, les IFI et la CE ont impos\u00e9 la dictature des march\u00e9s en Tunisie : aust\u00e9rit\u00e9 pour les classes populaires et profit maximum pour le capital mondial et son auxiliaire local. Concr\u00e8tement cela signifie la capitulation politique de la bourgeoisie locale, la r\u00e9appropriation coloniale d\u2019un pan entier de l\u2019\u00e9conomie tunisienne et la saign\u00e9e du corps social. Au cours des 23 derni\u00e8res ann\u00e9es, Ben Ali a \u00e9t\u00e9 le chien de garde de cette \u00e9conomie.<br \/>\nSur le plan \u00e9conomique, la restructuration capitaliste n\u00e9olib\u00e9rale de l\u2019\u00e9conomie locale a permis un \u00e9largissement sans pr\u00e9c\u00e9dent de la sph\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie coloniale. Sur les 8107 entreprises5 actives dans les secteurs de l\u2019industrie et des services en 2011, 51% sont plus ou moins sous le contr\u00f4le direct du capital mondial. 21,3% d\u2019entre-elles ont un capital \u00e0 100% \u00e9tranger et emploient 35% de l\u2019ensemble des actifs occup\u00e9s dans les deux secteurs. Le capital fran\u00e7ais vient largement en t\u00eate avec 42,4% des entreprises totalement \u00e9trang\u00e8res op\u00e9rant en Tunisie, ensuite le capital italien avec 26,4%, viennent apr\u00e8s le capital allemand (6,4%) et belge (5,9%). Ils d\u00e9tiennent \u00e0 eux quatre, 81,1% du capital \u00e9trangers op\u00e9rant en Tunisie dans l\u2019industrie et les services. Leur sp\u00e9cialisation est la sous-traitance, notamment, dans les activit\u00e9s du textile et du cuir et les activit\u00e9s m\u00e9caniques et \u00e9lectriques. Cette \u00e9conomie coloniale orient\u00e9e presque exclusivement vers le march\u00e9 ext\u00e9rieur, a r\u00e9alis\u00e9 63,4% de la valeur totale des exportations dites \u2018tunisiennes\u2019 au cours des sept premiers mois de 2012. La Tunisie est une affaire juteuse pour le capital \u00e9tranger : co\u00fbts d\u2019exploitation r\u00e9duits au maximum et b\u00e9n\u00e9fices exon\u00e9r\u00e9s \u00e0 100% de l\u2019imp\u00f4t avec libert\u00e9 de leur transfert total vers le pays d\u2019origine.<br \/>\nLes conditions d\u2019existence, de stabilit\u00e9 et d\u2019extension de l\u2019\u00e9conomie coloniale en Tunisie sont la cause de graves probl\u00e8mes politiques, \u00e9conomiques, sociaux, culturels et environnementaux. Pour cacher ce drame social et \u00e9cologique, beaucoup de subterfuges, de parades et de stratag\u00e8mes sont mis en \u0153uvre :<br \/>\n&#8211; D\u2019abord, la propagande du r\u00e9gime qui vante les m\u00e9rites d\u2019une \u00e9conomie dynamique, ouverte et qui r\u00e9alise une moyenne de croissance de 5% depuis le d\u00e9but de la contre-r\u00e9volution capitaliste n\u00e9olib\u00e9rale en 1987. Ce discours, qui focalisait sur les performances en termes de comp\u00e9titivit\u00e9, d\u2019ouverture et de croissance \u00e9conomique, a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur par les repr\u00e9sentants des int\u00e9r\u00eats imp\u00e9rialistes, notamment la CE et les IFI.<br \/>\n&#8211; Ensuite, la propagande du r\u00e9gime qui avait r\u00e9ussi \u00e0 diffuser l\u2019image d\u2019un pays stable, s\u00fbre et moderne. Elle fut facilit\u00e9 par la faiblesse de la contestation sociale du r\u00e9gime, le soutien quasi inconditionnel de la bureaucratie syndicale \u00e0 la dictature, l\u2019acceptation de la quasi-totalit\u00e9 de l\u2019opposition politique de la perspective d\u2019une transition d\u00e9mocratique lente et n\u00e9goci\u00e9e du pouvoir politique et l\u2019image d\u2019un pays stable, o\u00f9 se rendent chaque ann\u00e9e des millions de touristes europ\u00e9ens, dans une \u2018r\u00e9gion \u00e0 risque\u2019.<br \/>\n&#8211; Enfin, la gravit\u00e9 de la crise sociale et environnementale est astucieusement occult\u00e9e par des statistiques falsifi\u00e9es, et un discours officiel qui proclamait son attachement aux droits de l\u2019Homme et aux acquis sociaux (\u00e9ducation, sant\u00e9, logement, droits des femmes\u2026).<\/p>\n<p>Quand Ben Ali a pris le pouvoir en 1987, la Tunisie avait une dette d\u2019environ 5 MD, quand il en a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9, elle devait plus de 30 MD. Les flux financiers totaux au titre de la dette, qui ont transit\u00e9 \u00e0 travers une administration locale corrompue, ont atteint 150 MD6. A quoi a servi tout cet argent ?<br \/>\nLa dette sert exclusivement les int\u00e9r\u00eats de l\u2019\u00e9conomie coloniale qui lui assure des flux suffisants de devises \u00e9trang\u00e8res7 pour garantir, notamment : le paiement du service de la dette, le financement du rapatriement des dividendes r\u00e9alis\u00e9s sur le march\u00e9 local, le paiement des infrastructures et des importations d\u2019\u00e9quipements et de mati\u00e8res premi\u00e8res n\u00e9cessaires au bon fonctionnement de cette \u00e9conomie et le financement du pouvoir despotique.<br \/>\nEntre 1987 et 2010, les transferts nets financiers, au titre de la seule DEPMLT, a \u00e9t\u00e9 n\u00e9gatif de plus de 7 milliards de dinars. Autrement dit, la Tunisie a rembours\u00e9 plus qu\u2019elle n\u2019a re\u00e7u. Elle a \u00e9t\u00e9 exportatrice nette de capitaux d\u2019emprunts. En cons\u00e9quence, l\u2019Etat s\u2019est vu contraint d\u2019affecter une partie, sans cesse croissante, de ses recettes fiscales au paiement du service de la dette.<br \/>\nCet endettement n&rsquo;a pas am\u00e9lior\u00e9 les conditions de vie de la grande majorit\u00e9 des tunisiens, et la fortune colossale accumul\u00e9e par le clan Ben Ali en 23 ans de pouvoir d\u00e9montre que d&rsquo;importants d\u00e9tournements ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s avec la complicit\u00e9 de certains cr\u00e9anciers. A cela s&rsquo;ajoute tous les remboursements effectu\u00e9s par la Tunisie sur sa dette ext\u00e9rieure publique.<br \/>\nLa charge financi\u00e8re de remboursement de cette dette est essentiellement support\u00e9e par les seules classes laborieuses, sans pour autant qu\u2019ils puissent b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019argent de cette dette. La r\u00e9gression de la Tunisie de la 78\u00e8me place en 1993 \u00e0 la 94\u00e8me en 2011 dans le classement mondial selon l\u2019IDH8 le confirme. Mais, l\u2019aspect le plus manifeste de cette r\u00e9gression sociale est sans conteste l\u2019extension de la pauvret\u00e9,9 du fait notamment, de l\u2019aggravation de la crise de l\u2019emploi10 et de l\u2019\u00e9rosion du pouvoir d\u2019achat des masses populaires.<\/p>\n<p>Le 17 d\u00e9cembre 2010, un drame personnel met le feu aux poudres. Les masses d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es font \u00ab\u00a0une irruption violente dans le domaine o\u00f9 se r\u00e8glent leurs propres destin\u00e9es\u00a0\u00bb en prenant magistralement de court le pouvoir politique, ses commanditaires \u00e9trangers et l\u2019\u00e9lite locale. La premi\u00e8re r\u00e9volution tunisienne est en marche.<br \/>\nCette tendance \u00e0 la pr\u00e9carisation contraste avec l\u2019accroissement substantiel des revenus du capital, dop\u00e9s par un syst\u00e8me combinant lib\u00e9ralisme \u00e9conomique , dictature politique, et enrichissement rapide et illicite d\u2019un certain nombre de familles li\u00e9es au couple pr\u00e9sidentiel.<br \/>\nLa crise sociale s\u2019aggrave \u00e0 partir de 2008, du fait des retomb\u00e9es de la crise financi\u00e8re internationale. Les prix des produits de consommation courante connaissent alors une hausse significative, accentuant par la m\u00eame les effets d\u00e9sastreux de la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et la soumission des services publics \u00e0 la logique marchande.<br \/>\nCette situation d\u00e9clenche plusieurs mouvements sociaux, un peu partout dans le pays, notamment dans le bassin minier de Gafsa, o\u00f9 toutes les villes, plus particuli\u00e8rement celle de Redeyef, s\u2019insurgent durant plusieurs mois.<br \/>\nLa r\u00e9volution se nourrit aussi de la crise politique, r\u00e9sultat de 23 ans de dictature. A la fin de son long r\u00e8gne, Ben Ali avait r\u00e9ussi \u00e0 confisquer toutes les libert\u00e9s et \u00e0 corrompre la quasi-totalit\u00e9 de ses adversaires politiques. Les perspectives d\u2019un assouplissement politique paraissent tout aussi improbables. A cela s\u2019ajoute une d\u00e9rive mafieuse du pouvoir sous l\u2019impulsion des clans constitu\u00e9s autour des deux familles Ben Ali et Trabelsi (famille de l\u2019\u00e9pouse du dictateur). Dans toutes les classes sociales, notamment les plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es, la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence mafieuse des clans Ben Ali\/Trabelsi est autant exasp\u00e9rante qu\u2019humiliante pour des masses populaires et une jeunesse accabl\u00e9es par la crise sociale. Mais, pour elles, l\u2019heure de la d\u00e9livrance a sonn\u00e9 !<\/p>\n<p><strong>17 d\u00e9cembre 2010-25 f\u00e9vrier 2011 : la premi\u00e8re r\u00e9volution tunisienne<\/strong><br \/>\nCe n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que les masses populaires se r\u00e9voltent en Tunisie11, mais c\u2019est la premi\u00e8re de leur histoire qu\u2019ils r\u00e9clament et obtiennent, toutes et tous unis dans un mouvement r\u00e9volutionnaire, la chute du pouvoir12.<br \/>\nCette r\u00e9volution n\u2019est pas la cons\u00e9quence d\u2019une quelconque crise \u00e9conomique. L\u2019\u00e9conomie locale a m\u00eame r\u00e9alis\u00e9 une croissance \u00e9conomique de 3,7%, et ce malgr\u00e9 une conjoncture \u00e9conomique mondiale d\u00e9favorable, notamment dans la zone euro, principal partenaire \u00e9conomique de la Tunisie. Elle est avant tout le retour de manivelle de l\u2019\u00e9conomie coloniale qui surexploite la soci\u00e9t\u00e9, pille ses ressources naturelles et rapatrie la totalit\u00e9 des profits.<br \/>\nSeul, un pouvoir despotique est capable d\u2019imposer un tel r\u00e9gime \u00e0 un peuple. L\u2019id\u00e9ologie, seule, ne suffit pas. Ici, comme disait Gramsci : \u00ab\u00a0Le pouvoir ne dirige pas, il domine, il r\u00e8gne en maitre absolu\u00a0\u00bb.<br \/>\nAvec la chute de Ben Ali, l\u2019\u00e9conomie coloniale perd un alli\u00e9 strat\u00e9gique. Mais, elle n\u2019entend pas se laisser d\u00e9poss\u00e9der de ses int\u00e9r\u00eats, loin s\u2019en faut ! Pour les forces imp\u00e9rialistes il faut d\u2019urgence contenir le processus r\u00e9volutionnaire gr\u00e2ce au maintien des structures et des m\u00e9canismes de la domination. Autrement dit, de la dictature !<br \/>\nUne nouvelle fois, la dette est l\u2019outil id\u00e9al pour maintenir la Tunisie en laisse. Avec une corde au cou, il est plus facile d\u2019\u00e9touffer toute vell\u00e9it\u00e9 de rupture avec l\u2019ordre dominant ! Pour brouiller les pistes, ils r\u00e9ussissent, non seulement, \u00e0 faire porter toute la responsabilit\u00e9 de la crise \u00e0 Ben Ali et \u00e0 son clan, mais, surtout, \u00e0 se pr\u00e9senter comme le \u00ab\u00a0sauveur supr\u00eame\u00a0\u00bb de la Tunisie.<\/p>\n<p>Durant plus de deux d\u00e9cennies, le pouvoir despotique a servi d\u2019\u00e9cran de fum\u00e9e, derri\u00e8re lequel op\u00e9rait tranquillement l\u2019\u00e9conomie coloniale, apr\u00e8s la r\u00e9volution, ce pouvoir est devenu son bouc \u00e9missaire.<br \/>\nLa premi\u00e8re mesure politique de la contrer\u00e9volution fut le maintien en place du gouvernement du dictateur et le contr\u00f4le direct de la BCT par les IFI, pour tenir le couteau sous la gorge de la r\u00e9volution. Le soir m\u00eame de la fuite de Ben Ali, un haut responsable de la Banque Mondiale, ancien ministre de celui-ci, est parachut\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te \u00e0 partir de Washington. Le d\u00e9cret de sa nomination est paru au journal officiel du lundi 17 janvier 2011 avec le d\u00e9cret qui a instaur\u00e9 le couvre-feu en Tunisie13 ! Aussit\u00f4t, il affirme que : \u00a0\u00bb La Tunisie s&rsquo;acquittera de ses dettes (\u2026) dans les d\u00e9lais14&Prime;.<\/p>\n<p>Pourtant, la r\u00e9volution venait de r\u00e9v\u00e9ler que la Tunisie \u00e9tait tr\u00e8s intoxiqu\u00e9e par la dette ! Deux options s\u2019offrent alors \u00e0 elle : d\u2019une part, celle que rend possible la r\u00e9volution, qui consiste \u00e0 commencer d\u2019urgence une cure de d\u00e9sintoxication, d\u2019autre part, celle que d\u00e9fend le nouveau gouverneur de la BCT ; \u00e0 savoir le maintien de la soumission au diktat imp\u00e9rialiste, qui consiste \u00e0 poursuivre dans la m\u00eame voie de l\u2019endettement.<br \/>\nAu cours de 2012, ann\u00e9e mise sous le signe de la \u00ab\u00a0transition d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb et la \u00ab\u00a0r\u00e9alisation des revendications de la r\u00e9volution\u00a0\u00bb, le gouvernement d\u00e9tourne 2,5 MD de l\u2019argent public, via le budget de l\u2019Etat, pour payer la dette de la dictature. Dans le m\u00eame temps il ne consacre que 0,7 MD au d\u00e9veloppement r\u00e9gional, 1,2 MD \u00e0 la sant\u00e9 publique, 0,8 MD \u00e0 l\u2019emploi et la formation professionnelle et 0,6 MD pour les affaires sociales.<\/p>\n<p>En fait, tous les gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 au pouvoir depuis le 14 janvier, qu\u2019ils soient autoproclam\u00e9s ou bien issu des \u00e9lections du 23 octobre, se sont attach\u00e9s \u00e0 faire du remboursement de la dette du dictateur leur priorit\u00e9. L\u2019ANC (Assembl\u00e9 Nationale Constituante), issue elle aussi des m\u00eames \u00e9lections, a, \u00e0 son tour, valid\u00e9 le budget qui oriente l\u2019\u00e9quivalent du cinqui\u00e8me des recettes de l\u2019Etat au paiement de la dette.<br \/>\nCette d\u00e9cision, en plus du fait qu\u2019elle prive la Tunisie de moyens financiers tr\u00e8s pr\u00e9cieux \u00e0 un moment tr\u00e8s critique de son histoire, aggrave son endettement ext\u00e9rieur. En fait, la Tunisie n\u2019a pas de quoi payer la dette. Alors, elle doit s\u2019endetter davantage. Il est clair que le gouvernement local n\u2019a pas la permission de chercher d\u2019autres alternatives. Les emprunts nouveaux correspondent exactement au montant du d\u00e9ficit budg\u00e9taire record de 2012 ; soit 6,6% par rapport au PIB.<br \/>\nDe plus, reconna\u00eetre la dette du dictateur, en d\u00e9cidant de poursuivre son remboursement et d&#8217;emprunter davantage, ne constitue pas seulement un acte antinational, antid\u00e9mocratique, une complicit\u00e9 de fait avec la dictature et la reconnaissance de ses crimes, mais renforce, du m\u00eame coup, la soumission de la Tunisie aux diktats des puissances imp\u00e9rialistes.<br \/>\nEnfin, la poursuite du paiement de la dette maintient l&rsquo;Etat dans la logique de l&rsquo;ajustement structurel et de la mondialisation capitaliste n\u00e9olib\u00e9rale et l\u2019oblige de rester dans la logique de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et de la priorit\u00e9 donn\u00e9e aux int\u00e9r\u00eats capitalistes \u00e9trangers.<br \/>\nEnfin, nous comprenons mieux maintenant pourquoi, depuis la chute de Ben Ali, tous les gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 au pouvoir ont \u00e9t\u00e9 d\u2019accord sur un principe : le caract\u00e8re intangible, voire sacr\u00e9 de la dette ext\u00e9rieure, m\u00eame quand elle est le fait de dictature. Cette r\u00e8gle ne figure nulle part, pourtant elle se place au-dessus de toute autre consid\u00e9ration !<\/p>\n<p>Nous comprenons aussi que le fait d\u2019accepter de se plier \u00e0 cette r\u00e8gle inique, on doit se soumettre \u00e0 tout le reste. Dans le cas de la Tunisie postr\u00e9volutionnaire, cela explique pourquoi tous ces gouvernements continuent d\u2019appliquer \u00e0 la lettre les directives de la CE et des IFI. Deux faits confirment cette affirmation :<br \/>\n&#8211; D\u2019une part, le lancement de n\u00e9gociations secr\u00e8tes avec la CE, depuis f\u00e9vrier 2012, en vue d\u2019aboutir rapidement \u00e0 une \u2018zone de libre-\u00e9change compl\u00e8te et approfondie\u2019. Ces n\u00e9gociations sont men\u00e9es, c\u00f4t\u00e9 tunisien, selon les pratiques de l\u2019ancien pouvoir ; c\u2019est-\u00e0-dire dans le dos du peuple tunisien. Le libre-\u00e9change n\u2019est qu\u2019une partie d\u2019un plan plus g\u00e9n\u00e9ral contenant en tout 11 points. Du c\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en, cette nouvelle offensive imp\u00e9rialiste europ\u00e9enne contre la Tunisie a re\u00e7u l\u2019aval du Parlement europ\u00e9en le 10 mai 2012.<br \/>\n&#8211; D\u2019autre part, des discussions sont en cours avec le FMI15 pour la mise en place en Tunisie d\u2019un nouveau plan d\u2019ajustement structurel et d\u2019un plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, qui sont voulus, l\u00e0 aussi, complets et approfondies.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la faillite globale du r\u00e9gime et son rejet par la r\u00e9volution, les forces imp\u00e9rialistes ayant \u00e0 leur service les nouveaux laquais, n\u2019ont de r\u00e9ponses que l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et le libre-\u00e9change, \u00e0 la mani\u00e8re de la m\u00e9decine populaire de jadis qui avait pour rem\u00e8de universel de saigner le patient, parfois jusqu\u2019\u00e0 la mort ! Il est temps de nous d\u00e9barrasser d\u00e9finitivement de ce r\u00e9gime ; les masses populaires et la jeunesse nous ont ouvert la voix, \u00e0 nous de leur \u00e9clairer le chemin qui m\u00e8ne vers la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, il est primordial, pour ouvrir des perspectives r\u00e9elles devant le processus r\u00e9volutionnaire, de lutter pour :<br \/>\n&#8211; La suspension imm\u00e9diate du remboursement de la dette ext\u00e9rieure publique accumul\u00e9e sous le r\u00e9gime de la dictature (avec gel des int\u00e9r\u00eats) ;<br \/>\n&#8211; la mise en place d&rsquo;un audit de cette dette, qui devra associer des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile et des experts internationaux ind\u00e9pendants, pour permettre de faire la lumi\u00e8re sur la destination des fonds emprunt\u00e9s, les circonstances qui entourent la conclusion des contrats de pr\u00eats, la contrepartie de ces pr\u00eats (les conditionnalit\u00e9s) ainsi que leurs impacts environnementaux, sociaux et \u00e9conomiques.<br \/>\n&#8211; annuler la dette odieuse que d\u00e9terminera l\u2019audit de la dette.<\/p>\n<p><em><span style=\"color: #0000ff;\">Tunis, le 10 septembre 2012<\/span><\/em><br \/>\n<strong>Fathi Chamkhi<\/strong> <strong>est universitaire, porte parole de RAID (ATTAC-CADTM) Tunisie<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #008080;\">Ce texte a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur la revue internationale de Solidaires, consacr\u00e9e \u00e0 la Tunisie.<\/span><\/span><\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Notes :<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em><span style=\"color: #0000ff;\">1Le solde des entr\u00e9es nettes de capitaux d\u2019emprunts est le r\u00e9sultat des emprunts nouveaux ou bien tirages (c\u00f4t\u00e9 entr\u00e9e en +) moins le paiement du service de la dette (c\u00f4t\u00e9 sortie en -).<br \/>\n21 dinar vaut actuellement 0,5 euro<br \/>\n3Institutions financi\u00e8res internationales<br \/>\n4Commission Europ\u00e9enne<br \/>\n510 employ\u00e9-e-s et plus<br \/>\n6Environ 100 milliards de dollars am\u00e9ricains<br \/>\n7Le dinar tunisien est une monnaie locale, non \u00e9changeable \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur<br \/>\n8Indice de d\u00e9veloppement humain \u00e9labor\u00e9 par le PNUD<br \/>\n9L\u2019actuel gouvernement provisoire reconna\u00eet un taux de 25% de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvret\u00e9, alors que la dictature pr\u00e9tendait que la pauvret\u00e9 ne touchait que 3,8% de tunisiens.<br \/>\n10Un taux de ch\u00f4mage persistant \u00e9lev\u00e9 \u00e0 environ 15% coupl\u00e9 \u00e0 une extension ph\u00e9nom\u00e9nale du sous-emploi qui concerne environ 60% des actifs occup\u00e9es.<br \/>\n11La derni\u00e8re r\u00e9volte remonte \u00e0 1984 ; plus connue sous le nom de \u2018r\u00e9volte du pain\u2019<br \/>\n12En plus de la chute du dictateur, la r\u00e9volution obtient l\u2019interdiction du parti au pouvoir (RCD) et l\u2019abrogation de la constitution<br \/>\n13Il est toujours en vigueur !<br \/>\n14Conf\u00e9rence de presse du 21 janvier 2011<br \/>\n15Fonds mon\u00e9taire international<\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Nous publions ce texte, emprunt\u00e9 au blog des Alternatifs 07:26, \u00a0sur le probl\u00e8me de la dette en Tunisie. 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