{"id":4269,"date":"2012-01-15T17:44:19","date_gmt":"2012-01-15T15:44:19","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=4269"},"modified":"2012-01-15T17:44:19","modified_gmt":"2012-01-15T15:44:19","slug":"que-les-hommes-et-les-femmes-soient-belles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=4269","title":{"rendered":"Que les hommes et les femmes soient belles !"},"content":{"rendered":"<div>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/6.jpg\" rel=\"lightbox[4269]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-4270\" title=\"_6\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/6.jpg\" alt=\"\" width=\"107\" height=\"226\" \/><\/a>\u00a0 <a title=\"Genre, le d\u00e9saccord\" href=\"http:\/\/alternatifs0726.over-blog.com\/article-genre-le-desaccord-97149094.html\">Genre, le d\u00e9saccord <\/a><\/h2>\n<\/div>\n<div>\n<div><strong><a href=\"http:\/\/www.petitions24.net\/regleproximite\" target=\"_blank\">Que les hommes et les femmes soient belles ! &#8211; Petitions24.net<\/a><\/strong><\/div>\n<div><strong>\u00a0<\/strong><\/div>\n<div><strong>AGN\u00c8S AUDRAS<\/strong><\/div>\n<div id=\"po-ti2\"><strong><em>Dans la grammaire, le masculin l&#8217;emporte sur le f\u00e9minin. Cette r\u00e8gle qui r\u00e9git l&rsquo;accord de l&rsquo;adjectif exasp\u00e8re les f\u00e9ministes. L&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise acceptera-t-elle de la r\u00e9former ?<\/em><\/strong><\/div>\n<div><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/div>\n<div id=\"po-ti2\" style=\"text-align: justify;\">La France est sans doute l&rsquo;un des seuls pays au monde o\u00f9 les esprits s&rsquo;\u00e9chauffent sit\u00f4t que l&rsquo;on \u00e9voque une r\u00e9forme<!--more-->, m\u00eame prudente, de la grammaire ou de l&rsquo;orthographe. En 1990, la disparition de certains accents circonflexes &#8211; voute ou paraitre &#8211; et la soudure de quelques mots compos\u00e9s &#8211; portemonnaie ou pingpong &#8211; avaient fait fr\u00e9mir les puristes : l&rsquo;aval de la prestigieuse Acad\u00e9mie et du Conseil sup\u00e9rieur de la langue fran\u00e7aise n&rsquo;avait pas suffi \u00e0 apaiser la sainte col\u00e8re des d\u00e9fenseurs de l&rsquo;orthodoxie. Une petite d\u00e9cennie plus tard, la f\u00e9minisation des noms de titres et de m\u00e9tiers avait plong\u00e9 la France dans une bataille linguistique sans merci : lorsqu&rsquo;Elisabeth Guigou ou Martine Aubry s&rsquo;\u00e9taient fait appeler \u00a0\u00bb Madame la ministre \u00ab\u00a0, les Acad\u00e9miciens avaient solennellement demand\u00e9 l&rsquo;aide du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique <em>\u00a0\u00bb en une affaire qui, dans les hauteurs de l&rsquo;Etat, porte atteinte \u00e0 la langue fran\u00e7aise \u00ab\u00a0<\/em>.<\/div>\n<div id=\"po-ti2\" style=\"text-align: justify;\">\n<div id=\"ar-txt\">\n<div>\n<p>En France, on ne plaisante pas avec la langue. Elle a son histoire, bien s\u00fbr, mais aussi son gardien : quai Conti, quarante acad\u00e9miciens dot\u00e9s d&rsquo;un bicorne, d&rsquo;une cape, d&rsquo;un habit vert et d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e veillent sur le bon usage du fran\u00e7ais avec une attention jalouse. Cette compagnie de lettr\u00e9s tient son mandat du cardinal de Richelieu : les lettres patentes de Louis XIII consacrant son existence ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es par le Parlement en 1637. Dans ce texte, Louis, roi de France et de Navarre, appel\u00e9 par Dieu \u00e0 la conduite de l&rsquo;Etat fran\u00e7ais, proclame sa volont\u00e9 d&rsquo;enrichir la langue <em>\u00a0\u00bb de tous les ornements convenables \u00e0 la plus illustre et \u00e0 la plus ancienne de toutes les monarchies qui soient dans le monde \u00ab\u00a0<\/em>. L&rsquo;Acad\u00e9mie, conclut-il, aura pour mission de <em>\u00a0\u00bb rendre le langage fran\u00e7ais non seulement \u00e9l\u00e9gant mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences \u00ab\u00a0<\/em>.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, certaines f\u00e9ministes r\u00eavent pourtant de bousculer ce bel ordonnancement linguistique r\u00e9gi par une institution vieille de bient\u00f4t quatre si\u00e8cles. Le monde a chang\u00e9, proclament-elles, il serait bon que la langue fran\u00e7aise en prenne acte. L&rsquo;objet de leur courroux est une r\u00e8gle de grammaire dont l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 leur semble provenir d&rsquo;un autre monde : <em>\u00a0\u00bb Le masculin l&#8217;emporte sur le f\u00e9minin. \u00ab\u00a0<\/em> Au nom de ce principe, l&rsquo;adjectif qui qualifie plusieurs noms de genres diff\u00e9rents s&rsquo;accorde automatiquement au masculin : les gar\u00e7ons et les filles sont ainsi pr\u00eats pour l&rsquo;\u00e9cole, de la m\u00eame mani\u00e8re que les hommes et les femmes sont beaux. L&rsquo;adjectif se met en effet au <em>\u00a0\u00bb genre indiff\u00e9renci\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire au masculin \u00ab\u00a0<\/em>, r\u00e9sume <em>Le Bon Usage<\/em> de Maurice Grevisse. <em>\u00a0\u00bb Dans les repr\u00e9sentations, cette r\u00e8gle fait des femmes et du f\u00e9minin les invisibles de la langue \u00ab\u00a0<\/em>, s&rsquo;insurge Clara Domingues, docteure \u00e8s lettres et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;association L&rsquo;\u00e9galit\u00e9, c&rsquo;est pas sorcier.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour tenter de <em>\u00a0\u00bb r\u00e9volutionner les \u00e9crits, les correcteurs d&rsquo;orthographe et nos habitudes \u00ab\u00a0<\/em>, L&rsquo;\u00e9galit\u00e9, c&rsquo;est pas sorcier, la Ligue de l&rsquo;enseignement, Le monde selon les femmes et Femmes solidaires ont lanc\u00e9 une p\u00e9tition &#8211; \u00a0\u00bb Que les hommes et les femmes soient belles ! \u00a0\u00bb -, qui demande \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise de r\u00e9former l&rsquo;accord de l&rsquo;adjectif<\/strong> (Petitions24.net). <em>\u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Cette r\u00e8gle de grammaire apprise d\u00e8s l&rsquo;enfance sur les bancs de l&rsquo;\u00e9cole fa\u00e7onne un monde de repr\u00e9sentations dans lequel le masculin est consid\u00e9r\u00e9 comme sup\u00e9rieur au f\u00e9minin \u00ab\u00a0<\/em>, affirme ce texte, qui a d\u00e9j\u00e0 recueilli plus de 3 300 signatures. Les p\u00e9titionnaires demandent l&rsquo;application d&rsquo;un nouveau principe, la r\u00e8gle de proximit\u00e9 : lorsque les noms sont de genres diff\u00e9rents, l&rsquo;adjectif s&rsquo;accorderait avec le mot le plus proche. Par la gr\u00e2ce de ce dispositif \u00e9galitaire, les manteaux et les vestes seraient blanches et non plus blancs, tandis que les gar\u00e7ons et les filles nous sembleraient gentilles, et non plus gentils. <em>\u00a0\u00bb Cette r\u00e8gle serait souple,<\/em> note Clara Domingues. <em>Il suffirait de l&rsquo;enseigner \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et de laisser ensuite vivre la langue. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Les signataires savent bien que leur requ\u00eate sera le plus souvent accueillie par des soupirs de lassitude et des haussements d&rsquo;\u00e9paules exasp\u00e9r\u00e9s. Que de simagr\u00e9es, diront certains. Est-ce une priorit\u00e9 en ces temps de crise mondiale, se demanderont d&rsquo;autres. L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 hommes-femmes se joue ailleurs que dans les r\u00e8gles de l&rsquo;accord de l&rsquo;adjectif, concluront les moins malveillants. Mais les associations tiennent bon. <em>\u00a0\u00bb D\u00e8s l&rsquo;enfance, cette r\u00e8gle inscrit dans le symbolique l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;un des sexes est sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;autre<\/em>, souligne Henriette Zoughebi, vice-pr\u00e9sidente (PCF) charg\u00e9e des lyc\u00e9es au conseil r\u00e9gional d&rsquo;Ile-de-France. <em>Je le dis en songeant \u00e0 ma carri\u00e8re professionnelle de biblioth\u00e9caire et \u00e0 mon amiti\u00e9 pour les livres : c&rsquo;est la langue qui permet de dire le r\u00e9el, c&rsquo;est elle qui transforme, ou non, les choses. Si l&rsquo;on veut donner de la visibilit\u00e9 aux femmes dans l&rsquo;espace social, il faut adopter la r\u00e8gle de proximit\u00e9, qui est \u00e0 la fois simple et souple : elle redonne de la libert\u00e9 et du jeu \u00e0 la langue. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce que certains pourraient penser, la r\u00e8gle de proximit\u00e9 n&rsquo;a rien d&rsquo;une \u00e9lucubration f\u00e9ministe du XXIe si\u00e8cle. En grec ancien, l&rsquo;adjectif \u00e9pith\u00e8te qualifiant des noms de genres diff\u00e9rents ne se mettait pas syst\u00e9matiquement au masculin, comme il le fait aujourd&rsquo;hui en fran\u00e7ais : il s&rsquo;accordait avec le nom le plus proche, en vertu de la fameuse r\u00e8gle de proximit\u00e9. <em>Le Grand Dictionnaire des lettres<\/em> (Larousse) souligne qu&rsquo;en latin il en \u00e9tait de m\u00eame : <em>\u00a0\u00bb Au latin remonte l&rsquo;accord de l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te, s&rsquo;il y a plus d&rsquo;un nom support, avec le plus rapproch\u00e9<\/em>, pr\u00e9cise l&rsquo;ouvrage. <em>Cet usage domine (irr\u00e9guli\u00e8rement) en ancien fran\u00e7ais. \u00ab\u00a0<\/em> Et de citer la <em>Chanson de Roland<\/em>, qui applique, lorsqu&rsquo;elle raconte la mort du chevalier \u00e0 Roncevaux, la r\u00e8gle de proximit\u00e9 d\u00e9fendue par les f\u00e9ministes de 2012. <em>\u00a0\u00bb La langue du Moyen Age pratiquait ordinairement l&rsquo;accord avec le donneur le plus proche<\/em>, confirme l&rsquo;ouvrage de Grevisse. <em>Les auteurs du XVIIe et m\u00eame ceux du XVIIIe suivaient encore assez souvent l&rsquo;ancien usage. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>A cette \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise voit le jour, la r\u00e8gle de proximit\u00e9 est encore tr\u00e8s pr\u00e9sente mais elle fait l&rsquo;objet de d\u00e9bats : elle chagrine le po\u00e8te Fran\u00e7ois de Malherbe (1555-1628) mais elle ne d\u00e9pla\u00eet pas au grammairien Claude Favre de Vaugelas (1585-1650) &#8211; l&rsquo;un des premiers membres de l&rsquo;Acad\u00e9mie ! -, qui recommande d&rsquo;\u00e9crire <em>\u00a0\u00bb le coeur et la bouche ouverte \u00ab\u00a0<\/em> ou <em>\u00a0\u00bb des travaux et des chaleurs excessives \u00ab\u00a0<\/em>. Dans ses <em>Remarques nouvelles sur la langue fran\u00e7aise<\/em> (1675), l&rsquo;abb\u00e9 Bouhours estime cependant que ces phrases ont, <em>\u00a0\u00bb ce me semble, quelque chose qui fait de la peine \u00ab\u00a0<\/em> : il avoue n&rsquo;avoir <em>\u00a0\u00bb jamais pu se r\u00e9soudre \u00ab\u00a0<\/em> \u00e0 appliquer une r\u00e8gle qui <em>\u00a0\u00bb laisse ainsi un substantif en l&rsquo;air \u00ab\u00a0<\/em> &#8211; le malheureux nom masculin, auquel l&rsquo;adjectif ne fait plus \u00e9cho. Racine, lui, utilise tour \u00e0 tour les deux constructions, \u00e9crivant, par exemple, dans <em>Athalie<\/em> (1691) : <em>\u00a0\u00bb Surtout j&rsquo;ai cru devoir aux larmes, aux pri\u00e8res, consacrer ces trois jours et ces trois nuits enti\u00e8res. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>La r\u00e8gle pr\u00e9cisant que le masculin l&#8217;emporte sur le f\u00e9minin finit par s&rsquo;imposer au XVIIIe pour des raisons qui ne doivent pas grand-chose \u00e0 la linguistique : \u00e0 cette \u00e9poque, la sup\u00e9riorit\u00e9 masculine va tout simplement de soi. <em>\u00a0\u00bb Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l&#8217;emporte \u00ab\u00a0<\/em>, affirme l&rsquo;abb\u00e9 Bouhours en 1675. <em>\u00a0\u00bb Le genre masculin est r\u00e9put\u00e9 plus noble que le f\u00e9minin \u00e0 cause de la sup\u00e9riorit\u00e9 du m\u00e2le sur la femelle \u00ab\u00a0<\/em>, compl\u00e8te \u00e9l\u00e9gamment, en 1767, le grammairien Nicolas Beauz\u00e9e. <em>\u00a0\u00bb Cette r\u00e8gle grammaticale qui instaure la domination du masculin sur le f\u00e9minin est historiquement tr\u00e8s dat\u00e9e : elle nous renvoie \u00e0 la monarchie absolue, au Roi-Soleil et au catholicisme triomphant<\/em>, regrette Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherches au CNRS. <em>La langue, c&rsquo;est l&rsquo;architecture de la pens\u00e9e. Nous sommes au XXIe si\u00e8cle : adoptons donc la r\u00e8gle de proximit\u00e9, qui est plus simple et plus esth\u00e9tique. Elle sonne mieux \u00e0 l&rsquo;oreille, elle offre plus de libert\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9criture, et surtout, elle est plus \u00e9galitaire. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>I<strong>l existe un endroit o\u00f9 cette r\u00e8gle, que beaucoup d&rsquo;enfants utilisent spontan\u00e9ment pour des raisons d&rsquo;euphonie, est appliqu\u00e9e : les \u00e9ditions Cogito ergo sum, une toute petite maison qui a publi\u00e9 quatre ouvrages depuis sa fondation, en avril 2011. Au d\u00e9but de chaque livre, une note de l&rsquo;\u00e9diteur indique que, pour l&rsquo;accord de l&rsquo;adjectif, il applique la r\u00e8gle de proximit\u00e9.<\/strong> <em>\u00a0\u00bb On ne peut pas parler d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 hommes-femmes sans poser la question de la langue, car la grammaire porte l&#8217;empreinte de la domination masculine<\/em>, affirme le fondateur de Cogito ergo sum, Fr\u00e9d\u00e9ric Seaux. <em>C&rsquo;est un d\u00e9tail, mais un d\u00e9tail symbolique d&rsquo;une importance incroyable ! Je sais, bien s\u00fbr, que la langue est un h\u00e9ritage, mais il ne faut pas h\u00e9siter \u00e0 la bousculer, il faut qu&rsquo;elle soit vivante. Nous essayons d&rsquo;apporter notre petite pierre \u00e0 l&rsquo;\u00e9difice de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, mais c&rsquo;est une goutte d&rsquo;eau dans la mer : il faudra sans doute plusieurs g\u00e9n\u00e9rations pour que la r\u00e8gle de proximit\u00e9 finisse par \u00eatre r\u00e9introduite. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Car l&rsquo;Acad\u00e9mie veille. Et l&rsquo;Acad\u00e9mie n&rsquo;aime gu\u00e8re les r\u00e9volutions. En pr\u00e9sentant les ajustements orthographiques de 1990, le secr\u00e9taire perp\u00e9tuel de cette v\u00e9n\u00e9rable assembl\u00e9e, Maurice Druon, avait fermement \u00e9cart\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une <em>\u00a0\u00bb r\u00e9forme bouleversante qui e\u00fbt alt\u00e9r\u00e9 le visage familier du fran\u00e7ais \u00ab\u00a0<\/em> : il pr\u00e9conisait au contraire de <em>\u00a0\u00bb sages \u00ab\u00a0<\/em> am\u00e9nagements correspondant \u00e0 <em>\u00a0\u00bb l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;usage \u00ab\u00a0<\/em>. Autant dire que la r\u00e8gle de proximit\u00e9 ne correspond pas \u00e0 ces crit\u00e8res. <em>\u00a0\u00bb La r\u00e8gle de l&rsquo;accord de l&rsquo;adjectif est d&rsquo;un usage constant depuis trois si\u00e8cles, et je n&rsquo;ai pas l&rsquo;impression qu&rsquo;elle fasse l&rsquo;objet de d\u00e9bats chez les grammairiens, ni que l&rsquo;usage, chez les Fran\u00e7ais, soit h\u00e9sitant<\/em>, note Patrick Vannier, charg\u00e9 de mission au service du dictionnaire de l&rsquo;Acad\u00e9mie. <em>L&rsquo;Acad\u00e9mie ne c\u00e8de pas aux modes, elle s&rsquo;inscrit dans la dur\u00e9e. Et c&rsquo;est normal : nous sommes tous attach\u00e9s \u00e0 la langue que nous avons apprise. Les r\u00e9formes de l&rsquo;orthographe demandent toujours du temps pour s&rsquo;installer dans l&rsquo;usage. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, qui a attendu 1980 pour accueillir sa premi\u00e8re Immortelle &#8211; Marguerite Yourcenar -, sait ce que patience veut dire : bien que les femmes aient massivement investi le monde du travail, la derni\u00e8re \u00e9dition de son dictionnaire consid\u00e8re encore qu&rsquo;une pr\u00e9sidente n&rsquo;est pas une femme qui exerce les fonctions de pr\u00e9sident mais l&rsquo;\u00e9pouse d&rsquo;un pr\u00e9sident, comme la pr\u00e9sidente de Tourvel dans <em>Les Liaisons dangereuses<\/em>.<\/p>\n<p>Cette touche surann\u00e9e qui ram\u00e8ne les femmes plus de deux si\u00e8cles en arri\u00e8re est un peu la marque de fabrique de l&rsquo;Acad\u00e9mie : lors du d\u00e9bat sur la f\u00e9minisation des noms, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, elle avait \u00e9labor\u00e9 une distinction acrobatique entre la fonction &#8211; qui fait abstraction du sexe et qui ne peut \u00eatre f\u00e9minis\u00e9e &#8211; et l&rsquo;activit\u00e9 &#8211; qui peut l&rsquo;\u00eatre car elle rel\u00e8ve d&rsquo;une identit\u00e9 personnelle. Elle recommandait donc tr\u00e8s s\u00e9rieusement d&rsquo;\u00e9crire : <em>\u00a0\u00bb Le m\u00e9decin des h\u00f4pitaux, Mme Isabelle Martin, est nomm\u00e9 directeur de l&rsquo;h\u00f4pital d&rsquo;Alen\u00e7on. Dans sa nouvelle activit\u00e9 de directrice, elle n&rsquo;exercera plus son m\u00e9tier de chirurgienne. \u00ab\u00a0<\/em> L&rsquo;Acad\u00e9mie a pour mission de rendre la langue <em>\u00a0\u00bb pure \u00ab\u00a0<\/em>, pr\u00e9cisait le statut de 1635&#8230;<\/p>\n<p>Dans un vieux pays comme la France, la langue peine \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;immense r\u00e9volution qu&rsquo;a repr\u00e9sent\u00e9e, depuis les ann\u00e9es 1960, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 hommes-femmes. D&rsquo;autres contr\u00e9es se sont laiss\u00e9 plus facilement bousculer par l&rsquo;\u00e9volution des moeurs : c&rsquo;est le cas du Qu\u00e9bec, o\u00f9 l&rsquo;on emploie couramment les termes \u00a0\u00bb auteure \u00a0\u00bb ou \u00a0\u00bb \u00e9crivaine \u00ab\u00a0. <em>\u00a0\u00bb Comme quoi le ph\u00e9nom\u00e8ne social que constitue l&rsquo;accession des femmes au march\u00e9 du travail peut r\u00e9ellement affecter la structure de la langue \u00ab\u00a0,<\/em> conclut Genevi\u00e8ve Prevost, universitaire \u00e0 Paris-V, dans <em>La F\u00e9minisation des noms de m\u00e9tiers<\/em> (L&rsquo;Harmattan, 1998). Le tr\u00e8s s\u00e9rieux Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise \u00e9voque d&rsquo;ailleurs, pour l&rsquo;accord de l&rsquo;adjectif, deux constructions : la r\u00e8gle <em>\u00a0\u00bb habituelle \u00ab\u00a0<\/em>, qui veut que le masculin l&#8217;emporte sur le f\u00e9minin, et la r\u00e8gle de proximit\u00e9, qui n&rsquo;est pas <em>\u00a0\u00bb incorrecte grammaticalement \u00ab\u00a0<\/em>. <em>\u00a0\u00bb A quand la France ? \u00ab\u00a0<\/em>, demandent malicieusement les p\u00e9titionnaires d&rsquo;Internet.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Anne Chemin<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Genre, le d\u00e9saccord Que les hommes et les femmes soient belles ! &#8211; Petitions24.net \u00a0 AGN\u00c8S AUDRAS Dans la grammaire, le masculin l&#8217;emporte sur le f\u00e9minin. Cette r\u00e8gle qui r\u00e9git l&rsquo;accord de l&rsquo;adjectif exasp\u00e8re les f\u00e9ministes. L&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise acceptera-t-elle de la r\u00e9former ? \u00a0 La France est sans doute l&rsquo;un des seuls pays au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[149],"tags":[50,400,190],"class_list":["post-4269","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-feminisme","tag-discriminations","tag-feminisme","tag-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4269","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4269"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4269\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4269"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4269"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4269"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}