{"id":17325,"date":"2016-03-12T23:45:31","date_gmt":"2016-03-12T22:45:31","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=17325"},"modified":"2016-03-13T08:24:32","modified_gmt":"2016-03-13T07:24:32","slug":"travail-temps-de-travail-salaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=17325","title":{"rendered":"TRAVAIL, TEMPS DE TRAVAIL, SALAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"ob-section ob-section-html\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Temps de travail<\/strong><strong> et salaire paraissent intimement li\u00e9s\u2026 il n\u2019en est pourtant rien et l\u2019exacerbation actuelle de la crise entre employeurs et salari\u00e9s nous fait red\u00e9couvrir une r\u00e9alit\u00e9 qui, au fil des d\u00e9cennies, avait \u00e9t\u00e9 masqu\u00e9e par les conqu\u00eates sociales. Le mythe du lien entre temps de travail et r\u00e9mun\u00e9ration du salari\u00e9 est en train de voler en \u00e9clat.<\/strong><\/span><\/em><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/ob_2a9809_temps-travail-cadres.jpg\"  rel=\"lightbox[17325] attachment wp-att-17327\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-17327 size-medium\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/ob_2a9809_temps-travail-cadres-300x221.jpg\" alt=\"ob_2a9809_temps-travail-cadres\" width=\"300\" height=\"221\" srcset=\"https:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/ob_2a9809_temps-travail-cadres-300x221.jpg 300w, https:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/ob_2a9809_temps-travail-cadres.jpg 397w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>La mondialisation du capital et la dynamique de lib\u00e9ralisation qui en d\u00e9coule, c&rsquo;est-\u00e0-dire une d\u00e9r\u00e9glementation de tous les march\u00e9s et en particulier celui de la force de travail, am\u00e8nent les employeurs \u00e0 revenir aux principes du syst\u00e8me capitaliste.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Quand, au 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019employeur paie le salari\u00e9, ce n\u2019est pas le travail effectu\u00e9 qu\u2019il lui ach\u00e8te, mais il lui donne, en \u00e9change de son activit\u00e9, <em>l\u2019\u00e9quivalent mon\u00e9taire de ce dont il a besoin pour vivre<\/em>, autrement dit la <em>valeur de sa force de travail<\/em>. Ceci explique l\u2019extr\u00eame mis\u00e8re de la classe ouvri\u00e8re qui ne re\u00e7oit que le minimum pour vivre et travailler.<\/h2>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Les luttes des salari\u00e9s vont d\u00e8s lors, constamment revendiquer, pour mieux vivre, une augmentation du salaire et une r\u00e9duction de la dur\u00e9e du travail. Quand l\u2019employeur veut que le salari\u00e9 travaille plus, il le motive en le payant mieux. De m\u00eame, le salari\u00e9 qui veut, am\u00e9liorer son salaire accepte de travailler plus. Ainsi, au fil de cette pratique, de cet accord implicite entre les deux parties, <em>temps de travail<\/em> et <em>r\u00e9mun\u00e9ration<\/em> vont \u00eatre li\u00e9s. Ce consensus, souvent ren\u00e9goci\u00e9 au travers de multiples accords a dur\u00e9 des d\u00e9cennies et a m\u00eame \u00e9t\u00e9 codifi\u00e9. Il garantissait la stabilit\u00e9 du lien social salarial et finalement la paix sociale.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Cette relation entre temps de travail et salaire apparaissait comme quelque chose de logique, naturel, \u00e9quitable,\u2026d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00e7a fonctionnait bien. L\u2019Etat se portait le garant d\u2019un syst\u00e8me qui assurait une relative stabilit\u00e9 et paix sociale.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La mondialisation du capital a radicalement chang\u00e9 la port\u00e9e de ce type de relation\u00a0:<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">&#8211; le rapport de force, en faveur des salari\u00e9s, qui garantissait la stabilit\u00e9 de cette relation a, sinon disparu, du moins largement \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">&#8211; les exigences en mati\u00e8re de production (co\u00fbt, flexibilit\u00e9 de la main d\u2019\u0153uvre, rentabilit\u00e9 accrue du capital,\u2026) se sont accrues pour les employeurs.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">C\u2019est donc, tout \u00e0 fait logiquement que le patronat, le MEDEF en France, peut impun\u00e9ment d\u00e9tacher le temps de travail du salaire et exiger par exemple, sous menace de liquidation de l\u2019entreprise, <em>une augmentation du temps de travail sans augmentation du salaire<\/em>. Le chantage marche car le rapport de force est d\u00e9sormais invers\u00e9.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">On retrouve donc ainsi le principe originel du capitalisme d\u2019antan qui faisait du salaire la <em>r\u00e9mun\u00e9ration correspondant \u00e0 la valeur de la force de travail<\/em>, autrement dit le revenu de subsistance, compl\u00e8tement d\u00e9tach\u00e9 de la valeur produite par le travail. Ceux que certains appellent improprement la \u00ab\u00a0fin du salariat\u00a0\u00bb est au contraire la red\u00e9couverte de ce qu\u2019il est en r\u00e9alit\u00e9.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><em>La force de travail, dans le capitalisme a toujours \u00e9t\u00e9, et est toujours, une marchandise<\/em> qui se n\u00e9gocie sur le \u00ab\u00a0<em>march\u00e9 de la force de travail<\/em>\u00a0\u00bb et non du travail. Le d\u00e9veloppement r\u00e9cent du fonctionnement du Capital nous le rappelle. Il n\u2019y a donc pas \u00ab\u00a0fin du salariat\u00a0\u00bb, mais au contraire <em>r\u00e9affirmation<\/em><em> de son principe<\/em>.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<h3><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 12 mars 2016-03-09\u00a0\u00a0\u00a0<\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Patrick MIGNARD<\/span><\/h3>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><strong>LE TRAVAIL EN QUESTION (3)<\/strong><\/h1>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Le salaire r\u00e9mun\u00e8re-t-il le travail ?<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>C\u2019est une question th\u00e9orique qui a pas mal pr\u00e9occup\u00e9 \u00e9conomistes et philosophes et, comme toujours en cette mati\u00e8re, les avis sont partag\u00e9s. La question n\u2019est pourtant pas seulement th\u00e9orique, en effet elle permettrait de savoir dans le cas d\u2019une baisse ou d\u2019une augmentation du temps de travail si l\u2019on doit, s\u2019il est l\u00e9gitime, s\u2019il est logique, s\u2019il est juste, s\u2019il est acceptable\u2026 de baisser ou d\u2019augmenter le salaire.<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La question est implicitement pos\u00e9e lorsque l\u2019on allonge la dur\u00e9e de travail sans augmentation de salaire &#8211; voir l\u2019article \u00ab LE TRAVAIL EN QUESTION (2).<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le premier r\u00e9flexe du salari\u00e9, dans cette situation, est de vouloir \u00ab <em>gagner plus<\/em> \u00bb puisqu\u2019il \u00ab<em> travaille plus <\/em>\u00bb\u2026 Il fait donc un lien direct entre salaire et quantit\u00e9 de travail fourni\u2026 D\u2019ailleurs la pratique courante dans l\u2019entreprise est de payer plus si l\u2019on travaille plus, comme dans le cas des heures suppl\u00e9mentaires par exemple. Le r\u00e9flexe correspond bien \u00e0 une pratique sociale couramment admise. Pourtant \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s la chose est moins \u00e9vidente qu\u2019il n\u2019y para\u00eet.<\/h2>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><strong>COMMENT SE FIXE LE SALAIRE ?<\/strong><\/h1>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Question : <strong>Est ce le travail effectu\u00e9 qui est pay\u00e9 par le salaire ?<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Imaginons que ce soit le cas. Toute la valeur produite est distribu\u00e9e sous la forme de salaires. Dans ce cas, l\u2019employeur ne gagne rien par la vente de sa production. Il n\u2019y a pas de profit, \u00e0 moins que le profit ne soit que sp\u00e9culatif c&rsquo;est-\u00e0-dire obtenu en vendant syst\u00e9matiquement le produit au dessus de sa valeur. Cette hypoth\u00e8se, m\u00eame si elle peut s\u2019envisager conjoncturellement, ne peut pas expliquer l\u2019accumulation r\u00e9elle de richesses dans la soci\u00e9t\u00e9. Il faut donc que toute la valeur cr\u00e9\u00e9e dans l\u2019acte de production ne soit pas int\u00e9gralement distribu\u00e9e aux salari\u00e9s. Les salari\u00e9s ne re\u00e7oivent donc qu\u2019une partie de la valeur qu\u2019ils ont cr\u00e9\u00e9 par leur travail.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Mais alors, s\u2019il en est ainsi, le salaire ne peut pas \u00eatre la r\u00e9mun\u00e9ration du travail, il ne correspond qu\u2019\u00e0 une partie de la valeur cr\u00e9\u00e9e\u2026 mais \u00e0 quoi correspond cette partie ?<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Supposons qu\u2019il n\u2019y ai pas de salaire minimum, de conventions collectives, bref qu\u2019il y ai un \u00ab <em>march\u00e9 du travail<\/em> \u00bb non r\u00e9glement\u00e9\u2026Lorsqu\u2019un demandeur d\u2019emploi sollicite une embauche, ce qui l\u2019anime au premier abord c\u2019est de gagner une somme d\u2019argent lui permettant de vivre dans des conditions socialement acceptables. Ce qui int\u00e9resse l\u2019employeur c\u2019est d\u2019avoir un salari\u00e9, possesseur d\u2019un \u00ab <em>savoir faire<\/em> \u00bb, et qui puisse vivre pour pouvoir travailler\u2026. Cela est vrai ind\u00e9pendamment de la dur\u00e9e du travail qui n\u2019intervient que dans un second temps.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Ainsi, ce qu\u2019ach\u00e8te l\u2019employeur c\u2019est la capacit\u00e9 de travail du salari\u00e9, directement li\u00e9e \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 se procurer une partie des richesses produites\u2026 c\u2019est le salaire qui y pourvoi. R\u00e9ciproquement ce que vend le salari\u00e9 c\u2019est sa capacit\u00e9 de travail qu\u2019il ne peut assurer que s\u2019il a les moyens de vivre. Autrement dit, <strong>ce qui se vend et s\u2019ach\u00e8te sur le \u00ab <em>march\u00e9 du travail <\/em>\u00bb, ce n\u2019est pas du travail, mais de la capacit\u00e9 de travail pour l\u2019employeur et une capacit\u00e9 de vie sociale pour le salari\u00e9<\/strong>. C\u2019est \u00e0 celle l\u00e0 que correspond le salaire.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">L\u2019apparence de r\u00e9mun\u00e9ration du travail par le salaire n\u2019est qu\u2019illusoire. Ce n\u2019est donc pas ce qu\u2019il produit qui lui est pay\u00e9 au salari\u00e9 mais la valeur de sa capacit\u00e9 de travail\u2026 ce qui est compl\u00e8tement diff\u00e9rent.<\/h2>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><strong>LE STATUT \u00ab <em>MARCHANDISE<\/em> \u00bb DE LA CAPACIT\u00c9 DE TRAVAIL<\/strong><\/h1>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Cette capacit\u00e9 de travail que vend le salari\u00e9 sur le \u00ab <em>march\u00e9 du travail<\/em> \u00bb et qu\u2019ach\u00e8te l\u2019employeur moyennant salaire fait l\u2019objet d\u2019une transaction. L\u2019employeur n\u2019ach\u00e8te que s\u2019il en a besoin et ce besoin est d\u00e9termin\u00e9 par le calcul \u00e9conomique (c\u2019est rentable ou pas ? telle est la question d\u00e9terminante ). C\u2019est ce qui explique qu\u2019une capacit\u00e9 de travail ne trouve pas forc\u00e9ment un emploi ; encore faut-il que l\u2019employeur en ai besoin. S\u2019il n\u2019en a pas besoin, il ne l\u2019ach\u00e8te pas\u2026 c\u2019est le ch\u00f4mage. S\u2019il trouve mieux ailleurs et moins cher il ira ailleurs\u2026 comme dans le cas des d\u00e9localisations.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Ainsi la capacit\u00e9 de travail acqui\u00e8re un statut de marchandise, elle se n\u00e9gocie sur un march\u00e9 comme tout autre marchandise. Son prix, le salaire est fix\u00e9 par \u00ab <em>ce qu\u2019a besoin l\u2019individu pour vivre socialement<\/em> \u00bb et fluctue en fonction de l\u2019offre et de la demande. Elle peut\u2013\u00eatre achet\u00e9e, comme d\u00e9laiss\u00e9e, par l\u2019employeur, en cas de sur abondance. C\u2019est \u00e0 ces fluctuations qu\u2019est soumis le salari\u00e9. L\u2019employeur est libre d\u2019acheter ou pas comme tout intervenant sur un march\u00e9. On notera que c\u2019est la capacit\u00e9 de travail de l\u2019individu qui est marchandise et pas lui-m\u00eame en tant qu\u2019individu. (voir \u00e0 ce propos l\u2019article \u00ab MARCHANDISE CONTRE CITOYENNETE \u00bb)<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Les salari\u00e9s ont \u00e9videmment, par la lutte, depuis le 19e si\u00e8cle, impos\u00e9 des garanties de stabilit\u00e9 et de progression de leurs salaires (salaire minimum, primes, conventions collectives, grilles de salaires en fonction de la formation, de la comp\u00e9tence, sur\u00e9valuation de la r\u00e9mun\u00e9ration de certaines heures de travail,\u2026). Certaines de ces mesures ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es par l\u2019employeur pour diviser les salari\u00e9s et les affaiblir dans leurs revendications (hi\u00e9rarchie des salaires, primes). Tout cela a fait perdre peu \u00e0 peu, dans la conscience collective, ce qu\u2019\u00e9tait v\u00e9ritablement le rapport salarial et l\u2019origine du salaire. Or, ces acquis sont entrain de tomber les uns apr\u00e8s les autres et la v\u00e9ritable nature du syst\u00e8me marchand r\u00e9appara\u00eet au grand jour.<\/h2>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><strong>LE \u00ab <em>RETOUR AUX SOURCES<\/em> \u00bb<\/strong><\/h1>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">On reconna\u00eetra, en effet, dans ce qui est entrain de se passer \u2013 voir l\u2019article \u00ab LE TRAVAIL EN QUESTION (2) \u00bb concernant l\u2019allongement de la dur\u00e9e du travail sans augmentation de salaire un v\u00e9ritable retour aux \u00ab fondamentaux \u00bb de la marchandise. C\u2019est \u00ab tout naturellement \u00bb que le patronat propose un allongement de la dur\u00e9e du travail sans toucher au salaire avec l\u2019air de dire aux salari\u00e9s : \u00ab <em>Vous avez de quoi vivre, votre salaire, et c\u2019est l\u2019essentiel, si vous voulez le conserver il faut travailler plus<\/em> \u00bb. Autrement dit \u00ab <em>Je vous paye \u00e0 votre valeur, j\u2019ai le droit d\u2019utiliser la marchandise achet\u00e9e(votre force de travail), comme bon me semble<\/em> \u00bb. D\u00e9marche purement marchande et qui correspond bien \u00e0 ce qu\u2019est le rapport salarial : un rapport marchand.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Devant l\u2019alternative qui lui est impos\u00e9e, travailler plus ou \u00eatre licenci\u00e9, le salari\u00e9 tient sym\u00e9triquement, le m\u00eame raisonnement : \u00ab <em>L\u2019essentiel pour moi c\u2019est le salaire, j\u2019accepte que le patron m\u2019utilise comme bon lui semble<\/em> \u00bb. Il vit cette situation comme une r\u00e9gression, mais il sauve l\u2019essentiel, son salaire.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le tour est jou\u00e9 et est imparable.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">On comprendra que cette situation est une extraordinaire victoire pour l\u2019employeur qui trouve ainsi le moyen d\u2019\u00e9radiquer peu \u00e0 peu deux si\u00e8cles de conqu\u00eates sociales ; et cette \u00e9radication se fait avec l\u2019 \u00ab <em>accord <\/em>\u00bb des salari\u00e9s qui n\u2019ont pas le choix et en faisant un extraordinaire \u00ab pied de nez \u00bb aux syndicats qui se voient ainsi \u00ab mis sur la touche \u00bb et d\u00e9savou\u00e9s si ils insistent.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un v\u00e9ritable \u00ab <em>coup d\u2019\u00e9tat social<\/em> \u00bb qui est entrain de s\u2019effectuer sous nos yeux et dans une indiff\u00e9rence \u00e0 peu pr\u00e9s g\u00e9n\u00e9rale. Deux si\u00e8cles de conqu\u00eates ouvri\u00e8res sont entrain de \u00ab passer \u00e0 la trappe \u00bb. Les strat\u00e9gies traditionnelles de luttes syndicales sont aujourd\u2019hui totalement obsol\u00e8tes et impuissantes \u00e0 enrayer cette nouvelle offensive anti sociale. C\u2019est tout le syst\u00e8me marchand, avec sa puissance d\u2019organisation qui passe \u00e0 l\u2019offensive pour faire sauter les \u00ab entraves \u00bb que des d\u00e9cennies de luttes ont mis sur sa route (service public, protection sociale, l\u00e9gislation du travail,\u2026) \u2013 voir l\u2019article \u00ab N\u00c9GOCIER ? MAIS N\u00c9GOCIER QUOI ? \u00bb.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Septembre 2004\u00a0\u00a0\u00a0<\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Patrick MIGNARD<\/span><\/h2>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Temps de travail et salaire paraissent intimement li\u00e9s\u2026 il n\u2019en est pourtant rien et l\u2019exacerbation actuelle de la crise entre employeurs et salari\u00e9s nous fait red\u00e9couvrir une r\u00e9alit\u00e9 qui, au fil des d\u00e9cennies, avait \u00e9t\u00e9 masqu\u00e9e par les conqu\u00eates sociales. 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