{"id":16361,"date":"2015-11-02T10:26:21","date_gmt":"2015-11-02T09:26:21","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=16361"},"modified":"2015-11-02T10:26:21","modified_gmt":"2015-11-02T09:26:21","slug":"uruguay-un-processus-historique-de-recuperation-dentreprises-par-les-travailleur-se-s-par-richard-neuville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=16361","title":{"rendered":"Uruguay : un processus historique de r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprises par les travailleur-se-s, par Richard Neuville"},"content":{"rendered":"<div class=\"article-content entry-content\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/-BdcPL9k4he8\/VjcLrqGbcNI\/AAAAAAAANwU\/rouEYjb0Lms\/s1600\/autogestion-Uruguay-300x150.jpg\" rel=\"lightbox[16361]\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/-BdcPL9k4he8\/VjcLrqGbcNI\/AAAAAAAANwU\/rouEYjb0Lms\/s1600\/autogestion-Uruguay-300x150.jpg\" alt=\"\" border=\"0\" \/><\/a><span style=\"color: #808000;\">\u00ab\u00a0<em>Une partie des mouvements sociaux ne se limitent pas \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019emploi et \u00e0 l\u2019augmentation des salaires ou bien \u00e0 la consommation mais ils essaient d\u2019aller au-del\u00e0 et cherchent, soit par conviction ou par n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 d\u00e9passer le lien de subordination que leur a assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9<\/em> \u00a0\u00bb (Zibechi, 2010).<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Le mouvement des entreprises r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par les travailleurs uruguayens s\u2019inscrit dans une tradition de luttes pour \u00ab l\u2019\u00e9mancipation \u00e9conomique et sociale \u00bb1. Il puise ses racines dans l\u2019histoire du mouvement ouvrier qui, \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, a su articuler la formation de syndicats et la constitution d\u2019un mouvement coop\u00e9ratif puissant. Tout au long de son existence, le mouvement coop\u00e9ratif a su conserver une ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des pouvoirs publics. Il existe pr\u00e8s de 300 coop\u00e9ratives de travail en Uruguay2 <\/strong>(Guerra, 2013 : 28)<strong>.<\/strong><span id=\"more-5535\"><\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprises par les travailleur-e-s (ERT) sous la forme coop\u00e9rative n\u2019est pas une nouveaut\u00e9 dans l\u2019histoire \u00e9conomique uruguayenne. En remontant dans l\u2019histoire des coop\u00e9ratives, nous trouvons des ant\u00e9c\u00e9dents qui remontent au milieu du XXe si\u00e8cle. Il est donc possible de parler de processus historique dans ce pays, m\u00eame s\u2019il intervient principalement dans des p\u00e9riodes de crise.<\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Si le ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprises reste limit\u00e9 d\u2019un point de vue quantitatif, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un mouvement important avec des unit\u00e9s de production strat\u00e9giques dans la sph\u00e8re productive et l\u2019\u00e9conomie du pays. L\u2019importance de ces exp\u00e9riences autogestionnaires ne saurait se r\u00e9duire au nombre d\u2019entreprises et de travailleurs impliqu\u00e9s mais bel et bien dans la port\u00e9e symbolique que comporte l\u2019autogestion ouvri\u00e8re (Riero, 2012).<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">En coh\u00e9rence avec la culture ouvri\u00e8re uruguayenne, il est parvenu \u00e0 se structurer ces derni\u00e8res ann\u00e9es et \u00e0 devenir un interlocuteur des pouvoirs publics et \u00e0 nouer des relations \u00e9troites avec la centrale syndicale. Il a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 une tentative de f\u00e9d\u00e9rer les organisations autogestionnaires avec une vis\u00e9e de transformation sociale sur des bases de l\u2019autogestion<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il est de coutume de dire que l\u2019Uruguay vit au rythme du grand voisin argentin (dictatures, crises \u00e9conomiques, etc.). D\u2019ailleurs, quand survient la crise de 2002, les effets sont comparables et un nouveau processus de r\u00e9cup\u00e9rations d\u2019entreprises par les travailleurs s\u2019amorce. Mais le pays n\u2019en poss\u00e8de pas moins des particularit\u00e9s et cultive sa singularit\u00e9. En effet, le processus uruguayen se distingue historiquement de ses homologues argentin et br\u00e9silien et dans l\u2019approche politique et syndicale : il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, et tout particuli\u00e8rement dans la derni\u00e8re p\u00e9riode, d\u2019un soutien des pouvoirs publics et notamment de l\u2019\u00c9tat \u00e0 travers la mise en \u0153uvre de politiques publiques favorables ; les syndicats ont jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental, en \u00e9tant parfois \u00e0 l\u2019initiative et en soutien \u00e0 la cr\u00e9ation de coop\u00e9ratives.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #008000;\"><strong>Un processus historique<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les chercheurs Mart\u00ed, Thul &amp; Cancela, qui ont travaill\u00e9 \u00e0 partir des archives de la F\u00e9d\u00e9ration de coop\u00e9ratives de production d\u2019Uruguay (FPCU)3, distinguent trois \u00e9tapes historiques de la r\u00e9cup\u00e9ration. La premi\u00e8re est li\u00e9e \u00e0 la crise du mod\u00e8le d\u2019industrialisation confront\u00e9e aux importations, elle se situe entre le milieu des ann\u00e9es 50 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 70. La seconde r\u00e9sulte de la crise de la dette externe et de la politique d\u2019ouverture, elle se situe entre le d\u00e9but des ann\u00e9es 80 et les premi\u00e8res ann\u00e9es de la d\u00e9cennie 90. La derni\u00e8re est en relation avec la crise du mod\u00e8le n\u00e9olib\u00e9ral et se situe entre la fin des ann\u00e9es 90 et aujourd\u2019hui (Mart\u00ed y al, 2013). Dans cette version, nous nous limiterons \u00e0 d\u00e9crire cette derni\u00e8re \u00e9tape.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">A partir de 1998, l\u2019\u00e9conomie uruguayenne entre en r\u00e9cession et en 2002 la crise affecte l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie nationale. Dans ce contexte, plusieurs processus de r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprise s\u2019amorc\u00e8rent. Entre 1997 et 2004, une vingtaine d\u2019entreprises en faillite furent r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par les travailleurs et transform\u00e9es en coop\u00e9rative. Il s\u2019agissait principalement d\u2019entreprises du secteur industriel. Citons notamment : la COLASE (1997) dans le secteur de l\u2019alimentation, Uruven (1997) dans le cuir, Molino Santa Rosa (1998) et COFUESA (2000) dans l\u2019alimentation, COOPIMA (2000) et COOPDY (2001) dans le textile, FUNSACOOP (2002) dans le caoutchouc avec 240 travailleurs, INGRACO (2002) dans l\u2019imprimerie et Victoria (2004) dans les services.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\u00c9voquons deux cas significatifs de r\u00e9cup\u00e9ration au cours de cette \u00e9tape : la Cooperativa Niboplast et la Cooperativa de Trabajadores del Molino Santa Rosa. L\u2019entreprise NiboPlast SA fut fond\u00e9e en 1952 pour produire des objets en plastique. Dans les ann\u00e9es 90, la fabrication s\u2019orientait principalement vers le secteur industriel et approvisionnait 80% du march\u00e9. A l\u2019annonce de la fermeture d\u00e9finitive de NiboPlast par le patron, un conflit \u00e9clata car en plus de perdre leur emploi, les travailleurs ne per\u00e7urent pas leurs indemnit\u00e9s de licenciement. Le syndicat r\u00e9agit rapidement en occupant l\u2019usine et \u00e9vita son d\u00e9mant\u00e8lement. La cr\u00e9ation de la coop\u00e9rative re\u00e7ut le soutien actif du syndicat, l\u2019Union nationale des travailleurs de la m\u00e9tallurgie et branches assimil\u00e9s (UNTMRA), auquel une majorit\u00e9 des travailleurs \u00e9tait affili\u00e9e. La r\u00e9cup\u00e9ration fut impuls\u00e9e par une trentaine de travailleurs, qui se caract\u00e9risaient par un certain \u00e2ge et une longue anciennet\u00e9 dans l\u2019entreprise, crit\u00e8res qui compliquaient leur r\u00e9insertion sur le march\u00e9 du travail. La formation de la coop\u00e9rative se concr\u00e9tisa le 31 janvier 2000. Devant le risque de perdre les machines non gag\u00e9es de l\u2019ancienne fabrique, ils obtinrent un local dans le Parc technologique industriel du Cerro, attribu\u00e9 par la municipalit\u00e9 de Montevideo.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le moulin de Santa Rosa \u00e9tait une minoterie cr\u00e9\u00e9e dans les ann\u00e9es 20. La Coop\u00e9rative des travailleurs du moulin de Santa Rosa fut cr\u00e9\u00e9e en 1999 en r\u00e9ponse \u00e0 la faillite de la firme Saltram SA, propri\u00e9taire du moulin depuis 1993. Au d\u00e9but, la coop\u00e9rative loua l\u2019usine \u00e0 l\u2019ancien propri\u00e9taire pour pouvoir travailler. A la suite d\u2019une expulsion judiciaire de cette firme, le contrat de location fut r\u00e9sili\u00e9 et la coop\u00e9rative obtint le droit d\u2019occuper l\u2019usine en qualit\u00e9 de d\u00e9positaire judiciaire. En 2002, un processus de n\u00e9gociation commen\u00e7a avec la BROU, principal cr\u00e9ancier de la firme ant\u00e9rieure, avec laquelle un compromis de cession des droits fut conclu en juin 2004. La coop\u00e9rative devint propri\u00e9taire de l\u2019usine en \u00e9change d\u2019une hypoth\u00e8que sur les machines. Actuellement, la coop\u00e9rative occupe 69 travailleurs, dont 57 associ\u00e9s et deux conseillers techniques.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cette \u00e9tape pr\u00e9sente quelques particularit\u00e9s. Tout d\u2019abord, la r\u00e9cup\u00e9ration des entreprises intervient dans un contexte de crise profonde, provoquant la fermeture de 35 \u00e0 40% des entreprises uruguayennes, ce qui a signifi\u00e9 une \u00ab crise du mode d\u2019accumulation bas\u00e9 sur les principes n\u00e9olib\u00e9raux \u00bb et une phase d\u2019augmentation importante du ch\u00f4mage qui a vu le taux passer de 10% en 1998 \u00e0 17% en 2002 (Riero, 2014 :124) ; ensuite, le processus b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une importante couverture m\u00e9diatique et il existe un \u00ab effet contagieux \u00bb (Mart\u00ed y al., 2013) ; enfin, le ph\u00e9nom\u00e8ne devient un objet politique et, \u00e0 ce titre, des politiques publiques sp\u00e9cifiques sont mises en \u0153uvre, comme l\u2019illustre le soutien apport\u00e9 \u00e0 la coop\u00e9rative de travailleurs de c\u00e9ramique (CTC).<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #808000;\"><strong>La lutte embl\u00e9matique de la CTC<\/strong><\/span><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Parmi les r\u00e9cup\u00e9rations r\u00e9centes, nous trouvons la plus importante ERT uruguayenne, la Coop\u00e9rative de travailleurs Cer\u00e1micos (CTC) \u00e0 Empalme Olmos, petite ville de 4 000 habitant-e-s situ\u00e9e \u00e0 40 kilom\u00e8tres au nord-est de Montevideo dans le d\u00e9partement de Canelones. L\u2019usine fut fond\u00e9e en 1937, elle appartenait \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Metzen y C\u00eda avant de devenir en 1945 Metzen y Sena S.A. A l\u2019origine, elle employait 40 travailleurs qui produisaient des carreaux de fa\u00efence de style, azulejos valencianos.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Par la suite, l\u2019usine \u00e9largit sa gamme de produits avec la fabrication d\u2019\u00e9quipements sanitaires en porcelaine (1958), de vaisselle en porcelaine (1960) et de carreaux de rev\u00eatements de sols sous la marque Olmos, qui fut cr\u00e9\u00e9e en 1942 4. Dans les ann\u00e9es 80, l\u2019entreprise employa jusqu\u2019\u00e0 2.800 travailleurs et fin 2009, lors du d\u00e9p\u00f4t de bilan, il en restait encore 700. D\u00e8s lors, une longue lutte s\u2019engagea pour \u00e9viter la liquidation. Les travailleurs continu\u00e8rent \u00e0 assurer la maintenance de l\u2019outil de travail et sollicit\u00e8rent \u00e0 quatre reprises l\u2019utilisation provisoire de l\u2019unit\u00e9 productive. Dix mois plus tard, en septembre 2010, 450 travailleurs, r\u00e9unis en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, constitu\u00e8rent la coop\u00e9rative avec 62 associ\u00e9s fondateurs et la volont\u00e9 d\u2019int\u00e9grer progressivement l\u2019ensemble des travailleurs5. Par la suite, ils r\u00e9ussirent \u00e0 obtenir des financements pour remettre l\u2019usine en activit\u00e9. En d\u00e9cembre 2010, ils organis\u00e8rent un campement de 19 jours face au parlement dans le but d\u2019obtenir un pr\u00eat de la BROU, action qui allait d\u00e9boucher sur la cr\u00e9ation du Fonds de d\u00e9veloppement (FONDES)6. En novembre 2012, le juge leur accorda l\u2019utilisation provisoire de l\u2019usine et des carri\u00e8res. Au cours de l\u2019ann\u00e9e 2013, la CTC re\u00e7ut un pr\u00eat de 10,8 millions de dollars du FONDES pour r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019usine et obtenir un fonds de roulement. La production d\u00e9marra le 1er juillet 2013 \u00e0 l\u2019issue d\u2019un arr\u00eat de pr\u00e8s de quatre ann\u00e9es. Pour Andr\u00e9s Soca, secr\u00e9taire de la CTC, il y avait un an plus tard 362 travailleurs-coop\u00e9rateurs (dont un tiers de femmes) et seulement 10 employ\u00e9s. Le recrutement s\u2019effectue \u00e0 partir d\u2019une bourse de travail dans laquelle sont inscrits tous les anciens travailleurs7. Le d\u00e9veloppement des march\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation a \u00e9t\u00e9 fondamental pour maintenir la production. La coop\u00e9rative a introduit des changements importants dans le mode de production en passant d\u2019une \u00e9nergie gazog\u00e8ne, bois brul\u00e9 au gaz naturel, \u00e0 un syst\u00e8me de gaz liqu\u00e9fi\u00e9 (GPL). L\u2019\u00e9nergie repr\u00e9sente 40 % des co\u00fbts de production.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">De nombreux travailleurs de la CTC restent affili\u00e9s au syndicat SUNCA (Syndicat unique de la construction). La coop\u00e9rative est active au sein de l\u2019association nationale des entreprises r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par ses travailleurs (ANERT)8 et participe aux activit\u00e9s de la FPCU (F\u00e9d\u00e9ration des coop\u00e9ratives de production d\u2019Uruguay) et de l\u2019INACOOP (Institut national du coop\u00e9rativisme) (IEEM, 2014). Andr\u00e9s Soca repr\u00e9sentait la CTC et l\u2019ANERT \u00e0 l\u2019occasion de la Ve rencontre internationale de l\u2019Economie des travailleurs au Venezuela en juillet 2015.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #008000;\"><strong>L\u2019ampleur du processus et quelques caract\u00e9ristiques<\/strong><\/span><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il existe diff\u00e9rentes sources pour analyser l\u2019impact r\u00e9el des ERT en Uruguay. Lors de la IVe rencontre internationale de l\u2019 \u00ab \u00c9conomie des travailleurs \u00bb en 2013 au Br\u00e9sil, la sociologue Anabel Rieiro \u00e9voquait les chiffres de 30 ERT actives et plus de 3 000 travailleurs (Rieiro, 2014: 124) et (Rieiro, 2012). Lors du deuxi\u00e8me relev\u00e9 national des coop\u00e9ratives r\u00e9alis\u00e9 en 2008 par l\u2019Institut national de la statistique (INE), 30 coop\u00e9ratives \u00e9taient recens\u00e9es comme issues de processus de r\u00e9cup\u00e9ration (INE, 2010). Les trois-quarts employaient moins de 50 associ\u00e9s. La grande majorit\u00e9 r\u00e9sultait de la crise de 2002 : 20 ERT l\u2019avaient \u00e9t\u00e9 entre 1998 et 2008, dont 17 avant 2002. En termes d\u2019activit\u00e9, 9 ERT avaient une activit\u00e9 manufacturi\u00e8re, 6 dans le transport et 5 dans l\u2019enseignement. Un recensement r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la demande du minist\u00e8re du Travail et de la S\u00e9curit\u00e9 sociale (MTSS) en 2009 en comptabilisait \u00e9galement 30 (Mart\u00ednez, 2012). Les ERT repr\u00e9sentaient 10,6% des 284 coop\u00e9ratives de production du pays (Guerra, 2013).<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Selon les investigations men\u00e9es en 2013 par Pablo Guerra, il y avait 40 ERT, dont 4 entreprises sous statut de soci\u00e9t\u00e9 anonyme (Ebigold SA, Urutransfor SA, Noblemark SA et Dyrus SA) et 36 sous statut coop\u00e9ratif (Guerra, 2013: 29). En novembre 2014, \u00e0 l\u2019occasion du sommet international des coop\u00e9ratives au Qu\u00e9bec, l\u2019auteur \u00e9voque le chiffre de 41 ERT dont 37 sous statut coop\u00e9ratif (Guerra, 2014: 541). Nous retiendrons donc ce dernier nombre qui est le plus r\u00e9cent, m\u00eame si nous relevons qu\u2019aucune enqu\u00eate n\u2019est exhaustive, ainsi l\u2019exp\u00e9rience d\u2019ABC Cooperativa (Service de transport en car \u00e0 Colonia do Sacramento) ne figure sur aucune liste. (Renvoi article Neuville)<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les 37 ERT sous statut coop\u00e9ratif sont majoritairement repr\u00e9sent\u00e9es dans le secteur de l\u2019industrie (59%). Elles se r\u00e9partissent dans l\u2019alimentation (7), le textile et la confection (6), la m\u00e9tallurgie (3), l\u2019imprimerie (2), le cuir (2), la c\u00e9ramique (1) et le caoutchouc (1) avec Funsacoop qui a longtemps \u00e9t\u00e9 la plus importante avec 240 travailleurs, d\u00e9pass\u00e9e en 2013 par la CTC qui compte 360 travailleurs. Le reste des ERT se trouve dans le secteur des services (41%) : l\u2019enseignement (8), services divers (3) le transport (2), Librairie (1) et la sant\u00e9 (1)9.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Aucune \u00e9tude, \u00e0 notre connaissance, n\u2019indique pr\u00e9cis\u00e9ment le nombre de travailleurs impliqu\u00e9s dans le ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprises par les travailleurs. Selon une d\u00e9claration de Daniel Placeres, directeur de l\u2019ANERT en mai 2014, il y aurait plus 3 000 travailleurs dans les ERT uruguayennes10. Ce chiffre corrobore celui \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment par Anabel Rieiro (Rieiro, 2014 :124). De part la loi, la culture ouvri\u00e8re et la volont\u00e9 des ERT, s\u2019il on excepte le secteur de l\u2019\u00e9ducation, le taux de travailleurs-associ\u00e9s et de participation est globalement \u00e9lev\u00e9.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Comme en Argentine et au Br\u00e9sil, l\u2019appropriation des moyens de production ne se produit pas dans une optique id\u00e9ologique mais r\u00e9sulte d\u2019actions collectives en r\u00e9ponse \u00e0 la menace d\u2019exclusion symbolis\u00e9e par la fermeture du lieu de travail dans un contexte de crise g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. En s\u2019appropriant l\u2019entreprise, les travailleurs initient un processus d\u2019apprentissage de pratiques d\u00e9cisionnelles collectives en assembl\u00e9e qu\u2019ils ne connaissaient pas dans leur culture ant\u00e9rieure. Les entreprises industrielles r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es se caract\u00e9risent par une existence moyenne de 40 ans, dans lesquelles il y avait une pr\u00e9sence syndicale forte (60% des travailleurs \u00e9taient syndiqu\u00e9s avec une moyenne d\u2019anciennet\u00e9 dans l\u2019entreprise de 18 ans), avec des revendications classiques telles que la d\u00e9fense du salaire et des conditions de travail. Selon les cas, il existe des nuances dans le mode de gestion car le \u00ab processus est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne mais la r\u00e9cup\u00e9ration est toujours un processus dynamique qui d\u00e9pend du nombre de travailleurs, du secteur d\u2019activit\u00e9, de la coh\u00e9sion du groupe, de l\u2019histoire de l\u2019entreprise, etc. \u00bb (Rieiro, 2014 :125).<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #808000;\"><strong>Un champ social autogestionnaire en construction<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Entre 2002 et 2007, plusieurs ERT \u00e9taient regroup\u00e9es dans le secteur de l\u2019industrie au sein de la centrale syndicale PIT-CNT11. A partir de 2003, certaines ERT commencent \u00e0 se regrouper dans des instances nationales et des rencontres sont organis\u00e9es en 2003 et 2004 en lien avec le d\u00e9partement de l\u2019industrie et de l\u2019agroalimentaire de la centrale syndicale PIT-CNT. Elles d\u00e9veloppent \u00e9galement des \u00e9changes d\u2019information et participent \u00e0 des rencontres r\u00e9gionales (Argentine, Br\u00e9sil et Venezuela). A la fin 2005 le Venezuela et l\u2019Uruguay signent un accord de coop\u00e9ration qui pr\u00e9voit que le gouvernement v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien apportera un soutien financier pour la r\u00e9activation de trois entreprises r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es embl\u00e9matiques uruguayennes : FUNSA, URUVEN et ENVIDRIO.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">En octobre 2007, les entreprises r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es cr\u00e9ent l\u2019Association nationale des entreprises r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par les travailleurs (ANERT), une association autonome du mouvement syndical m\u00eame si elle entretient des liens \u00e9troits avec lui. Son but est de relever un certain nombre de d\u00e9fis concernant des questions l\u00e9gales, politiques et \u00e9conomiques. Pour autant, les entreprises restent affili\u00e9es \u00e0 la FCPU. L\u2019ANERT devient rapidement un interlocuteur reconnu par le pouvoir politique. Elle f\u00e9d\u00e8re aujourd\u2019hui une vingtaine d\u2019entreprises r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Au cours de l\u2019ann\u00e9e 2010, dans un contexte politique favorable, la Table pour l\u2019autogestion et la construction collective (MEPACC) est cr\u00e9\u00e9e dans le but de transformer la r\u00e9alit\u00e9 sociale \u00e0 travers l\u2019autogestion. Elle regroupe la F\u00e9d\u00e9ration uruguayenne de coop\u00e9ratives de logements par aide mutuelle (FUCVAM) (Renvoi article FUCVAM), la FCPU, l\u2019ANERT, le R\u00e9seau d\u2019\u00e9conomie sociale et solidaire (RESS) et l\u2019universit\u00e9 de la R\u00e9publique (UdelaR). Les organisations sont partie du \u00ab postulat que l\u2019autogestion ne sert pas uniquement \u00e0 d\u00e9velopper des entreprises mais qu\u2019elle peut \u00eatre une mani\u00e8re de g\u00e9rer la r\u00e9alit\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral \u00bb. Mais cet espace ouvert de r\u00e9flexion et d\u2019action ne se maintient pas longtemps et \u00e9choue suite \u00e0 un d\u00e9saccord sur la forme de structuration et de conception politique.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Si les pratiques d\u2019autogestion analys\u00e9es \u00e9mergent comme des strat\u00e9gies de lutte contre le ch\u00f4mage, elles ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019organiser dans le mouvement syndical pour ensuite opter pour un regroupement ind\u00e9pendant. L\u2019\u00e9volution du ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9montre que des alliances ressurgissent et qu\u2019il existe des possibilit\u00e9s pour que ces exp\u00e9riences trouvent leur place dans le mouvement syndical (Rieiro, 2012).<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #008000;\"><strong>L\u2019utilit\u00e9 ind\u00e9niable du Fonds de d\u00e9veloppement (FONDES)<\/strong><\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Plus de dix ans apr\u00e8s la crise \u00e9conomique et avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir du Frente Amplio12, le ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprises par ses travailleurs, sorti de son contexte d\u2019urgence, s\u2019est accru lentement. En Uruguay, il existe des politiques publiques orient\u00e9es vers le secteur, \u00e0 travers notamment le FONDES, dont le but est d\u2019assister et de soutenir financi\u00e8rement les projets productifs impuls\u00e9s par des collectifs de travailleurs qui d\u00e9tiennent les capitaux et la direction des entreprises et en particulier celles g\u00e9r\u00e9es selon les principes de l\u2019autogestion.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9cup\u00e9ration uruguayen va donc b\u00e9n\u00e9ficier de politiques publiques plus favorables qu\u2019en Argentine. Ainsi, en juillet 2004, une loi innovante sur les coop\u00e9ratives de travail est promulgu\u00e9e. Elle donne la possibilit\u00e9 au juge d\u2019accorder l\u2019utilisation de l\u2019infrastructure de l\u2019entreprise ant\u00e9rieure \u00e0 la coop\u00e9rative cr\u00e9\u00e9e par les travailleurs et, pour palier \u00e0 l\u2019absence de capital, elle permet aux travailleurs de solliciter l\u2019avance du montant global de leurs indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage pour constituer le capital social.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Par la volont\u00e9 personnelle de Pepe Mujica13, souvent contre des secteurs influents du Frente Amplio et de la PIT-CNT, son mandat a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par des avanc\u00e9es incontestables et la mise en \u0153uvre de politiques sp\u00e9cifiques pour les ERT. Celui qui a qualifi\u00e9 l\u2019autogestion de \u00ab plus belle des utopies \u00bb fait une distinction claire entre les ERT et l\u2019entreprise capitaliste dans laquelle les \u00ab travailleurs travaillent pour d\u2019autres \u00bb et o\u00f9 il y a une \u00ab exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme \u00bb. Et, entrevoyant un projet de long terme \u00e0 partir de ces exp\u00e9riences, il ajoute qu\u2019 \u00ab un jour les travailleurs devront bien administrer la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb14 .<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le 27 septembre 2011, Mujica cr\u00e9e par d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel le Fonds pour le d\u00e9veloppement (FONDES), dont la possibilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 rendue possible par une loi de d\u00e9cembre de 2010. Ce fonds est destin\u00e9 \u00e0 promouvoir des secteurs strat\u00e9giques \u00ab avec une attention particuli\u00e8re aux projets autogestionnaires dans lesquels se conjuguent la propri\u00e9t\u00e9 du capital, le management et le travail \u00bb (Art.1) et le d\u00e9cret est sans ambig\u00fcit\u00e9, il s\u2019agit de privil\u00e9gier \u00ab les entreprises \u00e9conomiques avec participation des travailleurs dans la direction et le capital en particulier les cas d\u2019autogestion\u2026 \u00bb (Art.3)15. Cet outil permet de soutenir un secteur alternatif qui \u00e9prouve des difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit. En 2012, quatre entreprises (dont 3 ERT) ont pu b\u00e9n\u00e9ficier du FONDES et en 2013, elles \u00e9taient treize, notamment la CTC (principale b\u00e9n\u00e9ficiaire) et Alas-U (exp\u00e9riences \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus). Selon Guerra, les \u00ab principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires ont \u00e9t\u00e9 des entreprises autog\u00e9r\u00e9es qui, en situation difficile, ont pu obtenir des cr\u00e9dits avec un impact positif du point de vue du travail et de l\u2019emploi g\u00e9n\u00e9r\u00e9 \u00bb (Guerra, 2014).<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Avec le retour de Tabar\u00e9 Vasquez \u00e0 la pr\u00e9sidence en mars 201516, les lignes budg\u00e9taires et les priorit\u00e9s du FONDES, principalement destin\u00e9es au secteur autogestionnaire, sont s\u00e9rieusement d\u00e9battues \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du gouvernement et certains services de l\u2019\u00c9tat. Pour autant, l\u2019outil ne serait pas remis en cause car il a \u00e9t\u00e9 consolid\u00e9 juridiquement par le pouvoir pr\u00e9c\u00e9dent.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Bien que r\u00e9cent, le FONDES appara\u00eet comme un outil important pour les entreprises autog\u00e9r\u00e9es, il a permis la r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprises comme les ex Metzen y Sena ou Paylana (qui emploient plusieurs centaines de coop\u00e9rateurs). Alors que des ERT pr\u00e9c\u00e9dentes, telles que Molino Santa Rosa ou la FUNSA, avaient du passer par des chemins politiques et financiers complexes pour obtenir un soutien, les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations d\u2019ERT peuvent compter sur un nouvel instrument concret qu\u2019elles peuvent solliciter pour amorcer et consolider la r\u00e9cup\u00e9ration de leur outil de travail.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">En Uruguay, le mouvement de r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprises par les travailleurs se caract\u00e9rise par trois \u00e9tapes concomitantes avec les principales crises survenues au long des six derni\u00e8res d\u00e9cennies. Il s\u2019inscrit donc dans un processus historique qui puise profond\u00e9ment dans la culture et la m\u00e9moire ouvri\u00e8re de ce pays. La troisi\u00e8me \u00e9tape, issue de la crise de 2002, a \u00e9t\u00e9 la plus importante, elle a notamment permis de structurer le mouvement et d\u2019instaurer une nouvelle forme d\u2019articulation avec la centrale syndicale, conjuguant dans une d\u00e9marche dialectique, \u00e0 la fois l\u2019autonomie et l\u2019int\u00e9gration \u00e0 celle-ci. Cette configuration n\u2019est pas pour autant exempte de discordance mais elle se distingue nettement des processus argentin et br\u00e9silien ou plus g\u00e9n\u00e9ralement de la tension permanente entre le syndicalisme et l\u2019autogestion. Cette derni\u00e8re \u00e9tape intervient \u00e9galement dans un contexte politique plus favorable et porteur de nouvelles opportunit\u00e9s, dans lequel l\u2019appr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne contraste avec les pays voisins. En effet, les politiques publiques ne peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es uniquement comme le r\u00e9sultat d\u2019une accumulation de forces du secteur autogestionnaire, elles ont aussi \u00e9t\u00e9 impuls\u00e9es par l\u2019\u00c9tat.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans un pays historiquement r\u00e9formiste, tr\u00e8s centr\u00e9 sur l\u2019\u00c9tat et amortisseur des conflits sociaux, comme peut l\u2019\u00eatre l\u2019Uruguay, \u00ab la r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019entreprise productive \u00e9merge dans un premier temps comme une forme d\u2019action directe, ce qui signifie que le conflit n\u2019est pas institutionnalis\u00e9 et qu\u2019il r\u00e9nove le r\u00e9pertoire des luttes existantes \u00bb. L\u2019importance de ces exp\u00e9riences autogestionnaires dans la sph\u00e8re productive ne peut se r\u00e9duire au nombre d\u2019entreprises et de travailleurs impliqu\u00e9s mais dans l\u2019impact symbolique que comporte l\u2019autogestion ouvri\u00e8re en tant qu\u2019ouverture de r\u00e9alit\u00e9 et de possibilit\u00e9. Ces \u00ab ruptures culturelles laissent \u00e9merger certaines contradictions latentes en portant de nouveaux d\u00e9bats que repr\u00e9sente un potentiel de r\u00e9novation politique dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb (Rieiro, 2012).<\/strong><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Richard NEUVILLE<\/span> <em>(Septembre 2015)<\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\"><em>NB : Cet article est une version courte de celui qui sera publi\u00e9 dans l\u2019Encyclop\u00e9die internationale de l\u2019autogestion qui para\u00eetra en format num\u00e9rique \u00e0 l\u2019automne 2015 aux \u00e9ditions Syllepse.<\/em><\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0<a href=\"http:\/\/www.autogestion.asso.fr\/?p=5535\">http:\/\/www.autogestion.asso.fr\/?p=5535<\/a><\/em><\/h3>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Une partie des mouvements sociaux ne se limitent pas \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019emploi et \u00e0 l\u2019augmentation des salaires ou bien \u00e0 la consommation mais ils essaient d\u2019aller au-del\u00e0 et cherchent, soit par conviction ou par n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 d\u00e9passer le lien de subordination que leur a assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00a0\u00bb (Zibechi, 2010). 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