{"id":15906,"date":"2015-09-09T17:52:05","date_gmt":"2015-09-09T16:52:05","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15906"},"modified":"2015-09-09T17:52:05","modified_gmt":"2015-09-09T16:52:05","slug":"grece-pourquoi-la-capitulation-une-autre-voie-est-possible-par-eric-toussaint","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15906","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce : pourquoi la capitulation ? Une autre voie est possible. . .par Eric Toussaint"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><em>\u00c9ric Toussaint analyse de mani\u00e8re critique l\u2019attitude de Syriza en ce qui concerne la dette depuis 2010, pour expliquer comment le gouvernement grec en est venu \u00e0 signer l\u2019accord funeste du 13 juillet 2015. Une des explications fondamentales est la non prise en compte de l\u2019audit de la dette qui aurait pourtant permis, en suspendant son paiement, de ne pas se soumettre aux diktats des cr\u00e9anciers. \u00c9ric Toussaint pr\u00e9sente un plan B portant sur la dette, les banques, l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, la monnaie et la fiscalit\u00e9.<\/em><\/span><br \/>\n<a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/Drapeau-grec.jpg\" rel=\"lightbox[15906]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-15147 size-medium\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/Drapeau-grec-300x169.jpg\" alt=\"Drapeau grec\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/Drapeau-grec-300x169.jpg 300w, https:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/Drapeau-grec.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>La question de la dette grecque est absolument centrale. A partir de mai 2010 et du premier m\u00e9morandum et du moment o\u00f9 se constitue la Tro\u00efka entre le Fonds mon\u00e9taire international, la Banque centrale europ\u00e9enne et l\u2019Union europ\u00e9enne, cette question reste absolument centrale au cours des ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\">La Commission d\u2019audit citoyen de 2011<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nEn d\u00e9cembre 2010, la d\u00e9put\u00e9e Sofia Sakorafa intervient au Parlement en disant qu\u2019il faudrait cr\u00e9er une Commission d\u2019audit de la dette grecque s\u2019inspirant de l\u2019Equateur qui en avait constitu\u00e9 une en 2007-08. Cette d\u00e9put\u00e9e fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ma participation \u00e0 cette exp\u00e9rience et dit qu\u2019on pourrait faire appel \u00e0 mon aide. Il \u00e9tait clair que ce Parlement qui \u00e9tait domin\u00e9 par le PASOK et Nouvelle D\u00e9mocratie n\u2019avait aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire la clart\u00e9 sur la dette et cette proposition a donc \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e. Avec toute une s\u00e9rie de mouvements sociaux et cette d\u00e9put\u00e9e Sofia Sakorafa on a d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er une initiative d\u2019audit citoyen de la dette. \u00c7a a pris quelques mois pour \u00eatre lanc\u00e9.<\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">On a mis au point un dispositif de lancement par exemple en s\u2019appuyant sur la r\u00e9alisation d\u2019un documentaire \u00ab Debtocracy \u00bb par le cin\u00e9aste Aris Chatzistefanou qui allait jouer un r\u00f4le tr\u00e8s important dans la diffusion de cette proposition. Le documentaire a \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 par plus de 1,5 million de personnes en 6 semaines sur une population de 10 millions, c\u2019est donc un \u00e9cho extr\u00eamement important. Evidemment il n\u2019est pas pass\u00e9 sur les cha\u00eenes de TV priv\u00e9es ou publiques mais il a eu une r\u00e9sonnance extraordinaire. La population qui avait particip\u00e9 \u00e0 un grand nombre de gr\u00e8ves s\u2019est lanc\u00e9e dans la foul\u00e9e du mouvement des indign\u00e9s espagnols dans l\u2019occupation des places publiques d\u2019une multitude de villes \u00e0 commencer par Ath\u00e8nes et Thessalonique mais \u00e7a a touch\u00e9 des villes moyennes pendant les mois de juin et juillet 2011. Les membres du Comit\u00e9 d\u2019audit citoyen ont trouv\u00e9 un \u00e9cho extraordinaire \u00e0 une proposition pr\u00e9sentant les r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires de la remise en cause des dettes r\u00e9clam\u00e9es \u00e0 la Gr\u00e8ce et l\u2019explication de comment la Gr\u00e8ce avait accumul\u00e9 une telle dette qu\u2019on pouvait consid\u00e9rer comme ill\u00e9gitime.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">La position de la direction de Syriza vis-\u00e0-vis du Comit\u00e9 d\u2019audit citoyen de 2011<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nDu c\u00f4t\u00e9 des forces politiques constitu\u00e9es \u00e0 la gauche, il y avait tr\u00e8s peu d\u2019enthousiasme pour soutenir cette initiative. Du c\u00f4t\u00e9 de Syriza, des personnes comme Lafazanis qui est par la suite devenu ministre du gouvernement Tsipras \u00e0 partir de janvier 2015 ou une autre ministre du gouvernement Tsipras, Nadia Valavani, sont des personnes qui, d\u00e8s le d\u00e9but, c\u2019est \u00e0 dire depuis 2011 se sont engag\u00e9es dans le soutien \u00e0 cette Commission, mais du c\u00f4t\u00e9 de la majorit\u00e9 de Syriza il n\u2019y avait pas v\u00e9ritablement d\u2019enthousiasme. Par exemple le ministre des Finances du gouvernement Tsipras, Yanis Varoufakis, a d\u00e9clar\u00e9 quand nous l\u2019avons contact\u00e9 en 2011 qu\u2019il ne pouvait pas soutenir cette initiative d\u2019audit citoyen car si il s\u2019agissait de proposer \u00e0 la suite de l\u2019audit une suspension de paiement cela ram\u00e8nerait la Gr\u00e8ce \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la pierre disait-il dans une lettre publique. Ce qui permet de comprendre des choses qui se sont pass\u00e9es en 2015 et le type de positionnement de quelqu\u2019un comme Varoufakis.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">Le programme de Syriza aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de mai-juin 2012<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nCette initiative d\u2019audit citoyen a trouv\u00e9 finalement un \u00e9cho dans Syriza malgr\u00e9 les difficult\u00e9s de d\u00e9part et Syriza a repris la proposition dans son programme en cinq points pour les \u00e9lections de mai puis de juin 2012 pour lesquels les cinq points \u00e9taient :<br \/>\n1. L\u2019abrogation des mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 ;<br \/>\n2. La suspension de paiement de la dette jusqu\u2019au retour de la croissance &#8211; ce qui impliquait \u00e9videmment une toute autre politique &#8211; et lier la suspension de paiement \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un audit ;<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">3. La socialisation des banques ;<br \/>\n4. La lev\u00e9e de l\u2019immunit\u00e9 parlementaire des responsables ;<br \/>\n5. Des mesures fiscales importantes pour faire payer ceux qui avaient profit\u00e9 de la crise et qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019abri de la fiscalit\u00e9 ;<br \/>\nAvec un tel programme radical Syriza a accompli une perc\u00e9e \u00e9lectorale tr\u00e8s importante puisqu\u2019elle est pass\u00e9e de 4% en 2009 \u00e0 27% en 2012 devenant ainsi le second parti apr\u00e8s Nouvelle D\u00e9mocratie avec une diff\u00e9rence de seulement 2 points. A partir de ce moment-l\u00e0, Syriza est apparu comme une force capable d\u2019acc\u00e9der au gouvernement dans les mois qui suivaient ou quelques ann\u00e9es plus tard.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\">Fin 2012 : La direction de Syriza mod\u00e8re ses propositions<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nCe qui est vraiment interpellant c\u2019est qu\u2019alors que Syriza d\u00e9montre par son r\u00e9sultat que sa radicalit\u00e9 trouve un \u00e9cho dans la population grecque notamment avec la proposition de suspension du paiement de la dette, la position de la majorit\u00e9 de Syriza et d\u2019Alexis Tsipras est de mod\u00e9rer ces propositions avec l\u2019id\u00e9e qui d\u2019apr\u00e8s moi est fausse que si Syriza acc\u00e9dait au gouvernement il lui serait tr\u00e8s difficile de les appliquer en pratique alors que ces cinq points \u00e9taient des \u00e9l\u00e9ments absolument cl\u00e9s dans la solution \u00e0 apporter \u00e0 la crise. On ne peut pas imaginer d\u2019abandonner les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 si on ne r\u00e9sout pas d\u2019une mani\u00e8re radicale la question de la dette. Il est impossible de revenir sur une s\u00e9rie de mesures si on ne r\u00e9duit pas radicalement la dette. C\u2019est ainsi qu\u2019il fallait combiner l\u2019abrogation d\u2019une s\u00e9rie de mesures dict\u00e9es par la Tro\u00efka \u00e0 la mise en place d\u2019une suspension de paiement et \u00e0 la r\u00e9duction radicale d\u2019une partie de la dette et il fallait \u00e9galement trouver une r\u00e9ponse du c\u00f4t\u00e9 des banques et de la fiscalit\u00e9. Or, en octobre 2012, alors que je suis invit\u00e9 \u00e0 donner une conf\u00e9rence au 1er festival de la jeunesse de Syriza, je me retrouve dans une discussion en t\u00eate \u00e0 t\u00eate avec Alexis Tsipras et en fait je me rends compte qu\u2019il est en train de revenir sur la proposition de suspension de paiement et d\u2019audit de la dette et il s\u2019oriente plut\u00f4t vers une n\u00e9gociation pour obtenir une r\u00e9duction de la dette de la part des cr\u00e9anciers sans recourir \u00e0 la suspension de paiement et je lui fais part de mon \u00e9tonnement.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Si il r\u00e9pond que le programme en cinq points est maintenu, je me rends compte que ce n\u2019est pas la perspective pratique de Tsipras.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">Octobre 2013 : Alexis Tsipras souhaite une conf\u00e9rence europ\u00e9enne sur la dette publique<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nUn an plus tard, Tsipras m\u2019invite \u00e0 nouveau et me demande de collaborer \u00e0 la mise en place d\u2019une grande conf\u00e9rence europ\u00e9enne sur la dette pour r\u00e9duire la dette de la Gr\u00e8ce \u00e0 l\u2019image de ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 avec la conf\u00e9rence de Londres de 1953 lorsque les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ont conc\u00e9d\u00e9 une r\u00e9duction de dette tr\u00e8s importante \u00e0 l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest. Nous avons eu alors une discussion o\u00f9 je lui ai dit que \u00e7a me paraissait parfaitement l\u00e9gitime qu\u2019il interpelle les opinions publiques europ\u00e9ennes et les institutions europ\u00e9ennes pour leur dire qu\u2019il faudrait une conf\u00e9rence europ\u00e9enne sur la dette mais que cela n\u2019avait aucune chance d\u2019aboutir. Il faut absolument combiner cette id\u00e9e avec celle d\u2019un audit avec une suspension de paiement. La discussion se termine sur la proposition que je participe \u00e0 un noyau de pr\u00e9paration d\u2019une conf\u00e9rence europ\u00e9enne sur la dette qui devait se tenir en mars 2014 mais entre temps cette proposition n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 soutenue sous cette forme l\u00e0 par le parti de la gauche europ\u00e9enne qui finit par convoquer une conf\u00e9rence \u00e0 Bruxelles au printemps 2014. Lors de cette conf\u00e9rence \u00e0 laquelle j\u2019ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 avec Alexis Tsipras et d\u2019autres dirigeants de la gauche europ\u00e9enne j\u2019ai redis clairement qu\u2019il fallait un plan B car la premi\u00e8re proposition de conf\u00e9rence europ\u00e9enne n\u2019est pas suffisante. Je me retrouve dans un panel qui discute de cela avec Euclide Tsakalotos qui est aujourd\u2019hui ministre des Finances en remplacement de Varoufakis et je me rends compte d\u00e8s ce moment qu\u2019il n\u2019est absolument pas favorable \u00e0 mettre au point un plan B portant sur la dette, les banques, la fiscalit\u00e9 et que le plan est de n\u00e9gocier \u00e0 tout prix avec les institutions europ\u00e9ennes pour obtenir une r\u00e9duction de l\u2019effort d\u2019aust\u00e9rit\u00e9.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">Syriza devient le premier parti de Gr\u00e8ce aux \u00e9lections europ\u00e9ennes de mai 2014<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nSyriza obtient une victoire \u00e9lectorale et devient le premier parti grec. Pour ceux qui luttaient sur la question de la dette c\u2019\u00e9tait une double victoire car sur les six d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus au Parlement europ\u00e9en, cinq \u00e9taient favorables \u00e0 une politique forte en mati\u00e8re de dette et \u00e0 l\u2019audit. C\u2019\u00e9tait ainsi le cas de Manolis Glezos, de Georges Katrougalos qui est devenu plus tard ministre, de Sofia Sakorafa qui \u00e9tait une des initiatrices avec moi de l\u2019audit citoyen en 2011, mais aussi de Kouvenas et d\u2019un d\u00e9put\u00e9 provenant du PASOK. On a eu \u00e0 plusieurs reprises des r\u00e9unions au Parlement europ\u00e9en avec \u00e9galement des d\u00e9put\u00e9s de Podemos et d\u2019Izquierda Unida pour avancer l\u2019id\u00e9e de l\u2019action unilat\u00e9rale et de la suspension de paiement, mais en m\u00eame temps je me suis rendu compte que la ligne officielle de Tsipras soutenu par des personnes comme Katrougalos \u00e9taient d\u2019aller vers la n\u00e9gociation. Ce qui est fondamental pour eux, c\u2019est la conf\u00e9rence europ\u00e9enne pour la restructuration de la dette sur le mod\u00e8le allemand.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\">La victoire de janvier 2015<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nDes \u00e9lections anticip\u00e9es sont convoqu\u00e9es pour le 25 janvier. Le 2 janvier, je suis contact\u00e9 par un envoy\u00e9 de Tsipras qui me demande si je pourrais conseiller le gouvernement en mati\u00e8re de dette. J\u2019accepte imm\u00e9diatement et je fais une s\u00e9rie de propositions dans la lign\u00e9e de ce qui avait \u00e9t\u00e9 mis en avant depuis 2011. Mais quelques jours avant les \u00e9lections alors que j\u2019avais fait ces propositions, le contact se perd. Suite \u00e0 l\u2019\u00e9lection, je me rends \u00e0 Ath\u00e8nes et une des personnes que je rencontre c\u2019est Georges Katrougalos devenu ministre de la r\u00e9forme administrative qui avait soutenu \u00e0 fond l\u2019audit et qui lorsqu\u2019il \u00e9tait d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en soutenait d\u2019une certaine mani\u00e8re les propositions que je faisais et il me met en contact avec la nouvelle pr\u00e9sidente du Parlement, Zoe Konstantopoulou, avec qui le contact est pass\u00e9 directement. A l\u2019issue d\u2019une discussion d\u2019une heure elle a rendu publique les r\u00e9sultats de cette discussion en disant qu\u2019elle faisait appel \u00e0 mon concours pour lancer une commission d\u2019audit de la dette grecque.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\">L\u2019accord funeste du 20 F\u00e9vrier avec les cr\u00e9anciers institutionnels<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nSuite \u00e0 trois semaines de n\u00e9gociations, un premier pr\u00e9accord intervient le 20 f\u00e9vrier entre les cr\u00e9anciers, la Commission europ\u00e9enne, la Banque centrale europ\u00e9enne et le gouvernement grec, qui marque d\u2019apr\u00e8s moi une \u00e9tape d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s pr\u00e9occupante. Il s\u2019agit d\u2019un accord par lequel le gouvernement grec s\u2019engage \u00e0 respecter le calendrier des paiements et les sommes \u00e0 rembourser \u00e0 chaque cr\u00e9ancier. Il d\u00e9clare aussi que le gouvernement grec fera une s\u00e9rie de propositions \u00e0 l\u2019Eurogroupe, qui rempla\u00e7ait la Tro\u00efka, en mati\u00e8re de r\u00e9formes. \u00c9videmment pour l\u2019Eurogroupe, il s\u2019agissait de r\u00e9formes qui poursuivaient le programme en cours, tout en reportant \u00e0 la fin juin 2015 les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 n\u00e9goci\u00e9es avec les cr\u00e9anciers.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">Une autre politique \u00e9tait souhaitable et possible<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nPour ma part, je pense que le gouvernement grec aurait d\u00fb adopter une autre politique. Il \u00e9tait d\u00e9montr\u00e9 d\u00e8s d\u00e9but f\u00e9vrier que les cr\u00e9anciers n\u2019\u00e9taient pas pr\u00eats \u00e0 permettre \u00e0 Syriza de r\u00e9aliser son programme (\u00e0 savoir : revenir sur l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et obtenir une r\u00e9duction de la dette). Alors, comme moyen de pression sur les cr\u00e9anciers, Tsipras aurait d\u00fb dire : \u00ab J\u2019applique le r\u00e8glement europ\u00e9en adopt\u00e9 le 21 Mai 2013 qui pr\u00e9voit la r\u00e9alisation d\u2019un audit, pour voir dans quelles conditions on a accumul\u00e9 une dette qui devient insoutenable, et pour d\u00e9celer d\u2019\u00e9ventuelles irr\u00e9gularit\u00e9s \u00bb. C\u2019est le texte exact du r\u00e8glement europ\u00e9en. \u00ab En tant que gouvernement, je l\u2019applique, et je suspends le paiement de la dette pendant la r\u00e9alisation de l\u2019audit \u00bb.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Si vous suspendez le paiement de la dette, vous changez le rapport de force avec les cr\u00e9anciers. Face \u00e0 un refus de paiement, ce sont eux qui vont devenir demandeurs de la n\u00e9gociation. Tandis que jusque-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait le gouvernement qui \u00e9tait \u00e0 la recherche de la n\u00e9gociation face \u00e0 des cr\u00e9anciers qui ne voulaient pas vraiment n\u00e9gocier, ou alors \u00e0 condition de poursuivre les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qui avaient \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es par la population grecque. Donc il aurait bien fallu suspendre le paiement, r\u00e9aliser l\u2019audit, prendre des mesures fortes sur les banques. Il faut savoir qu\u2019on a inject\u00e9 de mani\u00e8re permanente des dizaines de milliards dans les banques grecques en augmentant ainsi la dette publique grecque, sans tout autant r\u00e9soudre le probl\u00e8me des banques. Il aurait fallu aussi prendre des mesures fortes en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 pour augmenter les recettes fiscales et pouvoir mener cette politique anti-aust\u00e9ritaire. Je pense que si le gouvernement grec le 20 f\u00e9vrier n\u2019avait pas sign\u00e9 cet accord n\u00e9faste, il aurait pu r\u00e9ellement s\u2019engager dans un processus int\u00e9ressant pour la Gr\u00e8ce.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ce qui est aussi int\u00e9ressant, c\u2019est que la pr\u00e9sidente du Parlement grec a dit \u00e0 Alexis Tsipras, avec d\u2019autres ministres, comme Lafasanis qui est un des ministres les plus importants \u00ab Pas question de soumettre l\u2019accord du 20 f\u00e9vrier pour approbation au Parlement grec. Une s\u00e9rie des parlementaires grecs ne pourront pas approuver cet accord qui est contraire au mandat que Syriza est all\u00e9 chercher le 25 janvier. \u00bb En effet, cet accord du 20 f\u00e9vrier est rest\u00e9 un accord sign\u00e9 par le gouvernement, mais sans l\u2019accord du Parlement, et c\u2019est un point tr\u00e8s important.<br \/>\nLancement de la Commission pour la v\u00e9rit\u00e9 sur la dette grecque par la pr\u00e9sidente du Parlement Hell\u00e9nique.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le 4 avril 2015 commence effectivement les travaux de cette Commission pour la v\u00e9rit\u00e9 sur la dette grecque, institu\u00e9e par la pr\u00e9sidente du Parlement grec, et dont la coordination des travaux m\u2019incombe. Les travaux sont lanc\u00e9s par une s\u00e9ance publique qui dure toute une journ\u00e9e \u00e0 laquelle participent le premier ministre Alexis Tsipras, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, la majorit\u00e9 des ministres, une s\u00e9rie de parlementaires et une participation citoyenne tr\u00e8s importante : des mouvements sociaux grecs sont pr\u00e9sents. Cet audit est con\u00e7u comme un audit \u00e0 participation citoyenne. Nous nous lan\u00e7ons dans des travaux qui nous ont demand\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de travail. Pendant deux mois et demi, nous avons recouru \u00e0 des auditions, nous avons fait venir un n\u00e9gociateur grec au FMI pour la p\u00e9riode 2010-2011, nous avons fait venir un ancien conseiller de Barroso, le pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne, pour la p\u00e9riode 2010-2011-2012, nous avons \u00e9tudi\u00e9 toutes les dettes telles qu\u2019elles sont r\u00e9clam\u00e9es par les cr\u00e9anciers actuels de la Gr\u00e8ce, dans quelles conditions elles ont \u00e9t\u00e9 contract\u00e9es etc., et nous avons d\u00e9fini les crit\u00e8res que nous allions utiliser pour identifier les dettes ill\u00e9gitimes, ill\u00e9gales, insoutenables ou odieuses. Sur la base de ces crit\u00e8res et de l\u2019analyse rigoureuse des dettes r\u00e9clam\u00e9es, nous avons produit un rapport pr\u00e9liminaire que nous avons pr\u00e9sent\u00e9 les 17 et 18 juin. Il conclut que les dettes r\u00e9clam\u00e9es par les cr\u00e9anciers publics : la Tro\u00efka, sont \u00e0 nos yeux des dettes ill\u00e9gitimes, ill\u00e9gales, insoutenables ou odieuses. Quand je dis \u00ab \u00e0 nos yeux \u00bb, c\u2019est bien entendu d\u2019apr\u00e8s des crit\u00e8res scientifiques et d\u2019apr\u00e8s des crit\u00e8res du droit international et du droit interne.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\">Le gouvernement Grec ne s\u2019appuie pas sur l\u2019audit.<\/span><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nAlors qu\u2019Alexis Tsipras avait apport\u00e9 son soutien aux travaux de la Commission, en r\u00e9alit\u00e9, au cours de la n\u00e9gociation avec les cr\u00e9anciers, il ne s\u2019est pas appuy\u00e9 dessus de mani\u00e8re explicite. Alexis Tsipras et Yannis Varoufakis ont poursuivi leur plan qui \u00e9tait d\u2019obtenir la conclusion du programme d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 pour la fin du mois de juin, en renouvelant un nouveau programme avec ces cr\u00e9anciers, mais dans des conditions largement d\u00e9termin\u00e9es par eux-m\u00eames. Sans mettre la pression sur eux, en renon\u00e7ant donc \u00e0 la suspension de paiement. Cela a men\u00e9 \u00e0 l\u2019impasse que l\u2019on connait. Les cr\u00e9anciers ne faisaient aucune concession au gouvernement grec, et ils pr\u00e9sentaient m\u00eame \u00e0 l\u2019opinion publique international le gouvernement grec comme incapable de pr\u00e9senter des propositions s\u00e9rieuses. Cela a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un hiatus profond entre cette initiative de l\u2019audit et une situation dans laquelle, poursuivant la n\u00e9gociation, le gouvernement grec utilisait tous les fonds disponibles pour payer les cr\u00e9anciers. Sept milliards ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour rembourser le FMI, la BCE, les cr\u00e9anciers priv\u00e9s. Alors que les d\u00e9penses pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de la crise humanitaire (les probl\u00e8mes de sant\u00e9, les probl\u00e8mes pos\u00e9s aux retrait\u00e9s, les 300 000 familles qui n\u2019avaient plus de raccordement \u00e9lectrique) se sont \u00e9lev\u00e9es \u00e0 200 millions d\u2019euros. 200 millions d\u2019euros face \u00e0 7 milliards utilis\u00e9s pour rembourser les cr\u00e9anciers ! On mesure bien l\u2019importance du foss\u00e9. En tant que coordinateur de la Commission, et avec tous ses membres, nous sommes plong\u00e9s dans une profonde frustration, une profonde inqui\u00e9tude. Nous nous demandions comment il \u00e9tait possible que l\u2019on continue \u00e0 rembourser cette dette, alors que nous \u00e9tions en train de prouver qu\u2019elle est ill\u00e9gitime. Nous commen\u00e7ons maintenant \u00e0 le dire publiquement : il y a un probl\u00e8me ! Je suis all\u00e9 rencontrer Dimitris Statioulis, le ministre en charge des retraites, alors qu\u2019il annon\u00e7ait qu\u2019il refusait de nouvelles mesures de r\u00e9duction des retraites, pour lui apporter publiquement mon soutien. Oui il faut r\u00e9sister aux exigences des cr\u00e9anciers. Pour nous, il est fondamental de montrer qu\u2019il existe un lien entre nos travaux et les pr\u00e9occupations de la population grecque. J\u2019ai pu mesurer que nous rencontrions un \u00e9cho extraordinaire dans la population grecque. Personnellement comme coordinateur de la Commission, ma photo et mes d\u00e9clarations apparaissaient dans les m\u00e9dias, et lorsque je me d\u00e9pla\u00e7ais dans les rues \u00e0 Ath\u00e8nes, ou lorsque je prenais le m\u00e9tro, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement arr\u00eat\u00e9 par des citoyens grecs me remerciant pour les travaux que je r\u00e9alisais et pour l\u2019aide que j\u2019apportais au pays. Alors que les m\u00e9dias dominants qui repr\u00e9sentent 80% de l\u2019audimat d\u00e9nigraient les travaux de la Commission, la population grecque d\u00e9codait la politique de discr\u00e9dit qui \u00e9tait lanc\u00e9e par les m\u00e9dias, et nous appuyait. Elle montrait une attente tr\u00e8s importante \u00e0 l\u2019\u00e9gard de nos travaux.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">Du r\u00e9f\u00e9rendum du 5 Juillet \u00e0 l\u2019accord du 13 Juillet 2015<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nQuelques jours apr\u00e8s la pr\u00e9sentation publique de nos travaux, la Gr\u00e8ce \u00e9tait en \u00e9tat de suspension de fait \u00e0 l\u2019\u00e9gard du FMI (m\u00eame si ce n\u2019\u00e9tait pas encore une suspension officielle, elle \u00e9tait bien en retard de paiement). L\u2019\u00e9ch\u00e9ance de paiement \u00e9tait un moment critique. Ainsi les cr\u00e9anciers ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019augmenter leurs exigences \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Alexis Tsipras. Il a donc \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 convoquer un r\u00e9f\u00e9rendum le 5 juillet 2015. Alors qu\u2019il y avait une pression maximale des cr\u00e9anciers, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019intervention de Junker disant au peuple grec qu\u2019il fallait voter pour les propositions qu\u2019ils avan\u00e7aient eux-m\u00eames, (et donc pour le OUI au r\u00e9f\u00e9rendum), 62% de la population grecque a dit NON aux propositions des cr\u00e9anciers. Cela ouvrait \u00e0 nouveau une situation par laquelle le gouvernement de Tsipras aurait pu, sur la base de son mandat du 25 janvier, et sur la base de son nouveau mandat renforc\u00e9 : 62% de NON aux exigences des cr\u00e9anciers, ouvrir une nouvelle orientation. Celle consistant \u00e0 dire : \u00ab nous avons fait toutes les concessions possibles et imaginables, nous avons rembours\u00e9 7 milliards, et vous, vous cr\u00e9anciers, vous ne faites aucune concession. Nous sommes amen\u00e9s \u00e0 prendre des mesures d\u2019auto-d\u00e9fense. Nous suspendons le paiement de la dette, nous r\u00e9solvons le probl\u00e8me des banques en les mettant en faillite mais tout en prot\u00e9geant les d\u00e9p\u00f4ts des d\u00e9posants, nous prenons des mesures fiscales tr\u00e8s fortes pour faire payer les riches, et surtout ceux qui sont responsables de la crise. Et nous nous engageons dans un plan B parce que le plan A n\u2019a pas fonctionn\u00e9. \u00bb<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Au lieu de faire cela, le gouvernement de Tsipras qui avait pourtant un mandat tr\u00e8s clair le 25 juillet, est all\u00e9 rencontrer les dirigeants des trois partis qui avaient appel\u00e9 au OUI et qui avaient subi une d\u00e9faite terrible : le parti POTAMI, le parti PASOK et le parti Nouvelle D\u00e9mocratie. Il leur propose un accord. Cet accord, tr\u00e8s n\u00e9faste, est soumis au parlement le 13 juillet. Une proposition \u00e9mane d\u2019une sorte d\u2019union sacr\u00e9e entre Tsipras et la droite (d\u00e9faite lors du r\u00e9f\u00e9rendum) et Tsipras se rend \u00e0 Bruxelles le 12 juillet avec cette proposition. Les cr\u00e9anciers, qui veulent obtenir la capitulation d\u00e9finitive de Tsipras, disent : \u00ab ce que vous nous proposez n\u2019est pas suffisant, nous durcissons nos positions. \u00bb Et apr\u00e8s 17 heures de n\u00e9gociations, le 13 juillet, Tsipras signe un accord absolument funeste. Non seulement, de nouvelles mesures vont affecter les retrait\u00e9s (une fois de plus), mais elles vont aussi affecter toutes la population avec l\u2019augmentation du taux de TVA sur une s\u00e9rie de produits de consommation courante, et il y a en plus ce fameux fonds de privatisation qui va s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer et aboutir \u00e0 50 milliards d\u2019euros. Il s\u2019agit ni plus ni moins d\u2019une vente aux ench\u00e8res de tout ce qui n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9. Cet accord est funeste, sign\u00e9 par Tsipras le 13 juillet et soumis au parlement grec le 15 juillet. Pour moi, c\u2019est la capitulation.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">Les le\u00e7ons de la capitulation du 13 Juillet 2015<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nIl faut tirer les le\u00e7ons de la capitulation de 13 juillet 2015. Si l\u2019on ne recourt pas \u00e0 des mesures unilat\u00e9rales d\u2019auto-d\u00e9fense face aux cr\u00e9anciers, notamment la suspension de la dette, il est impossible d\u2019obtenir des concessions fortes de la part des cr\u00e9anciers. Il faut que les forces politiques et sociales europ\u00e9ennes comprennent qu\u2019une n\u00e9gociation dans le cadre europ\u00e9en actuel respectant les r\u00e8gles dict\u00e9es par la Commission europ\u00e9enne, la BCE, ou le FMI ne peut pas marcher. Il faut d\u00e9sob\u00e9ir aux cr\u00e9anciers. Ce n\u2019est qu\u2019en d\u00e9sob\u00e9issant aux cr\u00e9anciers qu\u2019on peut leur imposer de faire des concessions. Bien s\u00fbr il n\u2019y a pas que la question de la dette. Il faut r\u00e9p\u00e9ter qu\u2019aujourd\u2019hui, il existe des mesures cl\u00e9s d\u2019alternatives : \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la suspension de la dette, il faut l\u2019abandon des mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et l\u2019adoption de lois prot\u00e9geant les personnes qui ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es par ces politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Il faut aussi une solution du c\u00f4t\u00e9 des banques. Il faut une socialisation du secteur bancaire. Il faut que ces banques priv\u00e9es passent dans le secteur public et r\u00e9pondent \u00e0 des crit\u00e8res de service public pour servir les int\u00e9r\u00eats de la population. Il faut une toute autre politique fiscale. Il faut que le pourcent le plus riche, les grandes entreprises, paient r\u00e9ellement des imp\u00f4ts, et que l\u2019on baisse les imp\u00f4ts sur la charge de la majorit\u00e9 de la population : il faut baisser les taux de TVA, il faut que l\u2019on exon\u00e8re de certains imp\u00f4ts ceux d\u2019en bas en fixant un seuil de revenu. C\u2019est donc la combinaison d\u2019une politique qui porte sur la dette, sur les banques, sur la fiscalit\u00e9, mettant fin \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et cr\u00e9ant des emplois qui permet de mettre en place une alternative. Cette alternative est tout \u00e0 fait possible. La population est pr\u00eate. Elle soutient. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi 62% des grecs, alors qu\u2019ils \u00e9taient menac\u00e9s du chaos s\u2019ils votaient NON, pourquoi, malgr\u00e9 ce matraquage, ce chantage, la fermeture des banques grecques, pourquoi ils ont vot\u00e9 contre la proposition des cr\u00e9anciers.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La conclusion est qu\u2019un mouvement qui veut assumer des responsabilit\u00e9s gouvernementales doit \u00eatre \u00e0 la hauteur du soutien populaire. Il doit \u00eatre pr\u00eat. Si l\u2019on propose \u00e0 la population de rejeter les propositions des cr\u00e9anciers, si l\u2019on propose de r\u00e9aliser un autre programme, il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 prendre les mesures qui permettent de r\u00e9aliser ce programme. Nous avons besoin des forces sociales et politiques qui sont concr\u00e8tement pr\u00eates \u00e0 affronter les cr\u00e9anciers. Et \u00e0 d\u00e9sob\u00e9ir aux cr\u00e9anciers.<br \/>\nLa le\u00e7on fondamentale \u00e0 tirer est que la mod\u00e9ration ne permet pas de trouver une solution. Il faut s\u2019appuyer sur la population et prendre des mesures tr\u00e8s fortes.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\">Une monnaie compl\u00e9mentaire dans le cadre d\u2019un plan B.<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nA c\u00f4t\u00e9 des mesures fortes comme la suspension unilat\u00e9rale de la dette et la socialisation des banques, il existe des mesures tr\u00e8s concr\u00e8tes comme la cr\u00e9ation d\u2019une monnaie compl\u00e9mentaire qui peut avoir des effets extr\u00eamement int\u00e9ressants. Pour un pays qui se retrouve en manque d\u2019euros comme la Gr\u00e8ce, parce qu\u2019elle est asphyxi\u00e9e par la BCE, il est parfaitement possible de cr\u00e9er une monnaie compl\u00e9mentaire par la voie \u00e9lectroniq<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">ue. C\u2019est par exemple ce qu\u2019a fait l\u2019\u00c9quateur depuis deux ans. En tant que banque centrale du pays, il s\u2019agit d\u2019ouvrir un cr\u00e9dit via le t\u00e9l\u00e9phone portable, par exemple de 100 euros, permettant aux personnes qui re\u00e7oivent ce cr\u00e9dit (comme les retrait\u00e9s qui recevraient une partie de leur retraite, les salari\u00e9s de la fonction publique, les personnes qui re\u00e7oivent une aide publique) de payer par exemple la facture d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, la facture d\u2019eau, les transports publics\u2026 Ils pourraient aussi utiliser ce cr\u00e9dit pour faire des achats dans des supermarch\u00e9s, puisqu\u2019il faut comprendre que m\u00eame si les supermarch\u00e9s priv\u00e9s ne seraient pas enthousiastes \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une monnaie compl\u00e9mentaire, ils finiront bien par l\u2019accepter pour ne pas perdre les clients qui partiront acheter chez les commerces qui l\u2019accepteront ! Les autorit\u00e9s du pays seront alors en capacit\u00e9 d\u2019octroyer des augmentations de salaires, des augmentations de retraites, sans d\u00e9pendre directement de la monnaie officielle.<\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\">La perspective d\u2019une sortie de la zone euro.<\/span><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nPour des pays comme la Gr\u00e8ce, ou le Portugal, la sortie de la zone euro devient une perspective tout \u00e0 fait justifi\u00e9e. Pour reprendre la maitrise de l\u2019\u00e9conomie et appliquer des politiques qui r\u00e9pondent aux int\u00e9r\u00eats du pays, il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 revenir \u00e0 une monnaie nationale. Mais d\u2019apr\u00e8s moi, ce n\u2019est valable que si cela va de pair avec la socialisation des banques, avec une r\u00e9forme fiscale favorable \u00e0 ceux d\u2019en bas, avec une solution radicale \u00e0 la dette. Sinon on aura une sortie de droite \u00e0 la zone euro. C\u2019est bien pourquoi une partie de l\u2019extr\u00eame droite soutient de fa\u00e7on souverainiste cette sortie. Il faut l\u2019\u00e9viter. Il faut une sortie progressiste, favorable au peuple. Pour retrouver le contr\u00f4le de sa propre monnaie, pour mener une politique mon\u00e9taire favorable au march\u00e9 local, notamment aux producteurs locaux, il ne faut pas avoir comme objectif de vendre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, mais bien de se baser sur les forces productives du pays pour r\u00e9pondre aux besoins de la population et ainsi diminuer les importations et donc les besoins en devises fortes.<\/h3>\n<h3><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Retranscription effectu\u00e9e par Charlotte G\u00e9hin et Virginie de Romanet<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>27 ao\u00fbt<\/em><\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">\nAuteur<\/p>\n<p><span style=\"color: #008080;\"><em>Eric Toussaint est ma\u00eetre de conf\u00e9rence \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Li\u00e8ge, est le porte-parole du CADTM International et est membre du Conseil scientifique d\u2019ATTAC France. Il est auteur des livres Proc\u00e8s d\u2019un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d\u2019\u0153il dans le r\u00e9troviseur. L\u2019id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale des origines jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden\/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a re\u00e7u le Prix du livre politique octroy\u00e9 par la Foire du livre politique de Li\u00e8ge Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la V\u00e9rit\u00e9 sur la dette publique de la Gr\u00e8ce cr\u00e9\u00e9e le 4 avril 2015.<\/em><\/span><\/h3>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ric Toussaint analyse de mani\u00e8re critique l\u2019attitude de Syriza en ce qui concerne la dette depuis 2010, pour expliquer comment le gouvernement grec en est venu \u00e0 signer l\u2019accord funeste du 13 juillet 2015. Une des explications fondamentales est la non prise en compte de l\u2019audit de la dette qui aurait pourtant permis, en suspendant [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[232],"tags":[103,117,16,205,23],"class_list":["post-15906","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notre-economie-et-la-leur","tag-demarche-citoyenne","tag-democratie","tag-economie","tag-grece","tag-luttes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15906","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15906"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15906\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}