{"id":15832,"date":"2015-08-31T13:27:13","date_gmt":"2015-08-31T12:27:13","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15832"},"modified":"2015-08-31T13:27:13","modified_gmt":"2015-08-31T12:27:13","slug":"la-bataille-de-grece-un-episode-dune-guerre-mondiale-prolongee-par-gustave-massiah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15832","title":{"rendered":"La bataille de Gr\u00e8ce, un \u00e9pisode d\u2019une guerre mondiale prolong\u00e9e, par Gustave Massiah."},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #0000ff;\">Les d\u00e9bats sur la crise grecque et sur la crise ouverte de l\u2019Union Europ\u00e9enne ont suscit\u00e9 de tr\u00e8s nombreux commentaires et de tr\u00e8s nombreuses analyses. Ce d\u00e9bat va se prolonger d\u2019autant que l\u2019\u00e9volution, en Gr\u00e8ce et en Europe, est loin d\u2019\u00eatre achev\u00e9e. Voici dix pistes de r\u00e9flexions lapidaires sur le d\u00e9bat en cours.<\/span><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\"><a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/gustave-Massiah.jpg\" rel=\"lightbox[15832]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-15834 size-full\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/gustave-Massiah.jpg\" alt=\"gustave-Massiah\" width=\"200\" height=\"131\" \/><\/a>1. La bataille de Gr\u00e8ce s\u2019est termin\u00e9e par une d\u00e9faite de ceux qui refusaient les plans aust\u00e9ritaires.<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Une d\u00e9faite et une reddition pour Syriza qui avait d\u00e9fendu cette position. Une d\u00e9faite qui va peser lourd, d\u2019abord pour le peuple grec.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cette bataille a donn\u00e9 lieu \u00e0 une d\u00e9monstration de force du pouvoir financier. Elle lui a permis de montrer sa puissance et sa capacit\u00e9 \u00e0 humilier tous ceux qui lui r\u00e9sistent. C\u2019est un avertissement pour tous ceux qui pensent pouvoir passer outre aux oukases.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Pour autant, la guerre n\u2019est pas termin\u00e9e, ni en Gr\u00e8ce, ni ailleurs. Que peut-on d\u00e9j\u00e0 apprendre de cette bataille.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La question de la dette est la question cruciale. C\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 que se diff\u00e9rencient les choix possibles. Faut-il ou non suspendre unilat\u00e9ralement le remboursement de la dette. La question s\u2019est pos\u00e9e deux fois, \u00e0 des moments d\u00e9cisifs ; il est possible qu\u2019elle se repose \u00e0 nouveau.<\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9part, le choix de Syriza semblait aller dans ce sens. C\u2019\u00e9tait un des cinq points du programme \u00e0 partir duquel ce parti avait gagn\u00e9 les \u00e9lections. Et, l\u2019importance de la place donn\u00e9e \u00e0 la Commission pour la v\u00e9rit\u00e9 sur la dette publique paraissait le confirmer. Cette position, conforme au rejet des mesures aust\u00e9ritaires, n\u00e9cessitait un programme radical qui comprenait notamment la nationalisation des banques et une r\u00e9forme fiscale de grande ampleur, la r\u00e9quisition de la banque centrale pour couper sa subordination \u00e0 la Banque Centrale Europ\u00e9enne.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le gouvernement grec n\u2019a pas suivi ce plan. Il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ouvrir la n\u00e9gociation sur des m\u00e9morandums (nouveaux cr\u00e9dits contre r\u00e9formes aust\u00e9ritaires) plut\u00f4t que de l\u2019ouvrir sur un moratoire de ren\u00e9gociation des dettes. Le gouvernement a estim\u00e9 que les risques \u00e9taient trop grands compte tenu de la violence des r\u00e9actions de l\u2019Eurogroupe.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le deuxi\u00e8me moment d\u00e9cisif a \u00e9t\u00e9 juste apr\u00e8s le succ\u00e8s du non au r\u00e9f\u00e9rendum. Une nouvelle fen\u00eatre d\u2019opportunit\u00e9 avec la l\u00e9gitimit\u00e9 donn\u00e9e par le r\u00e9sultat aurait permis de remettre en avant le plan fond\u00e9 sur la suspension des remboursements. L\u00e0 encore le gouvernement a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la n\u00e9gociation sur les m\u00e9morandums plut\u00f4t que la rupture. L\u00e0 encore, c\u2019est l\u2019importance des risques qui a pes\u00e9 sur le choix du gouvernement.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Une troisi\u00e8me manche est possible. Car la dette n\u2019est pas seulement ill\u00e9gitime, ill\u00e9gale et odieuse, elle reste toujours insoutenable. Compte tenu de la capitulation sur les mesures aust\u00e9ritaires, elle est tr\u00e8s mal engag\u00e9e et un redressement sera tr\u00e8s difficile.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\">2. La bataille de Gr\u00e8ce est un \u00e9pisode d\u2019une guerre mondiale prolong\u00e9e.<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Nous sommes en fait dans une guerre mondiale prolong\u00e9e. Cette guerre a commenc\u00e9 avec la victoire du capitalisme financier et des politiques n\u00e9olib\u00e9rales, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70. La gestion de la crise de la dette, provoqu\u00e9e par les pouvoirs financiers et politiques, et les programmes d\u2019ajustement structurels en ont \u00e9t\u00e9 les vecteurs principaux. Les plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 en sont une des d\u00e9clinaisons.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il s\u2019agit d\u2019une offensive pour le r\u00e9tablissement de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie imp\u00e9rialiste par rapport aux succ\u00e8s de la r\u00e9volution de la d\u00e9colonisation. Elle a combin\u00e9 les coups d\u2019\u00e9tat \u00e9conomiques et financiers, les interventions militaires et de redoutables offensives id\u00e9ologiques et culturelles.<br \/>\nUn militant africain \u00e9crivait r\u00e9cemment : \u00ab ce qui arrive \u00e0 la Gr\u00e8ce est lamentable et dramatique pour le peuple grec ; peut-\u00eatre que les europ\u00e9ens comprendront un peu mieux ce que nous vivons depuis quarante ans \u00bb.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ce n\u2019est pas par hasard que le CADTM, Comit\u00e9 pour l\u2019Annulation de la Dette du Tiers Monde, qui lutte de mani\u00e8re remarquable et avec opini\u00e2tret\u00e9, depuis 1989, se retrouve en position centrale dans la lutte contre l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00e0 partir des outils forg\u00e9s dans ces batailles, et notamment des comit\u00e9s d\u2019audit citoyen des dettes. Rappelons qu\u2019en 1989, la campagne \u00ab \u00e7a suffat comme ci ! \u00bb mettait en avant le mot d\u2019ordre toujours actuel \u00ab Dette, apartheid, colonies ; \u00e7a suffat comme ci ! \u00bb<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">3. Le rapport de forces \u00e9crasant \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant dans cette bataille.<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Affirmer la volont\u00e9 de sortir de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 est un casus belli, une d\u00e9claration de guerre insupportable pour les pouvoirs dominants. Tous les moyens sont bons pour abattre ceux qui s\u2019y risquent, encore plus quand ils le claironnent.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 un tel rapport de forces, la d\u00e9l\u00e9gation grecque pouvait-elle gagner ? Il faut se demander : gagner quoi ? Gagner de meilleures conditions \u00e0 court terme \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 difficile. Gagner tout, c\u2019est-\u00e0-dire gagner l\u2019abandon des programmes anti-aust\u00e9ritaires, \u00e9tait beaucoup moins probable. Gagner tout, c\u2019est-\u00e0-dire obtenir la d\u00e9faite de la tro\u00efka au b\u00e9n\u00e9fice de tous, \u00e9tait encore moins probable compte tenu du rapport de forces et de la possibilit\u00e9 financi\u00e8re de d\u00e9truire la finance et l\u2019\u00e9conomie grecque.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">C\u2019est pourquoi l\u2019analyse de la d\u00e9faite en termes de : \u00ab on aurait pu gagner mais certains des chefs ont trahi \u00bb n\u2019est pas vraisemblable et n\u2019avance pas beaucoup. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la r\u00e9flexion en termes de trahison a l\u2019avantage d\u2019\u00e9viter l\u2019interrogation sur la situation et les responsabilit\u00e9s. Elle n\u2019est jamais suffisante. La d\u00e9sillusion la plus forte vient d\u2019ailleurs de ceux qui ont d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 au gouvernement grec la possibilit\u00e9 de gagner pour eux, de mettre \u00e0 bas la tro\u00efka.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le rapport de forces a jou\u00e9 doublement. Il a pes\u00e9 sur le choix du gouvernement grec pour la n\u00e9gociation sur le m\u00e9morandum. Une fois ce choix confirm\u00e9, il a r\u00e9duit \u00e0 tr\u00e8s peu de choses les marges de man\u0153uvre dans la n\u00e9gociation.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Y-a-t-il eu des erreurs et le gouvernement grec aurait-il pu obtenir plus ? Probablement oui. Pouvait-il obtenir tout ? Probablement non. Mais il aurait pu obtenir de mettre plus en \u00e9vidence la remise en cause des programmes aust\u00e9ritaires et la question de la dette. La question est surtout importante pour la suite en Gr\u00e8ce et en Europe. Pour y r\u00e9pondre, il faut se poser la question des prochaines \u00e9tapes.<br \/>\nOn arrive \u00e0 la lancinante question du plan B. Nombreux sont ceux qui pensent que Syriza a perdu parce qu\u2019il n\u2019avait pas de plan B. Bien s\u00fbr qu\u2019il faut un plan B, et m\u00eame plusieurs. Il aurait peut-\u00eatre permis de mieux n\u00e9gocier, mais il ne donnait pas l\u2019assurance de gagner. Malheureusement, il ne suffit pas d\u2019un plan B pour gagner. Un plan B n\u2019annule pas le rapport de forces ! Ceci n\u2019annule pas les critiques qui soulignent que l\u2019absence explicite d\u2019un plan B a \u00e9t\u00e9 voulue comme une preuve de bonne foi dans la n\u00e9gociation et une concession qui a certainement co\u00fbt\u00e9 cher. Si on appelle plan B le choix de la rupture, on n\u2019est plus dans un plan B de n\u00e9gociation, on est dans une orientation strat\u00e9gique alternative. La question est de savoir comment s\u2019y pr\u00e9parer pour la mener.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\">4. Si le rapport de forces \u00e9tait aussi d\u00e9favorable, fallait-il engager la bataille ?<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 un rapport de forces aussi d\u00e9favorable, fallait-il y aller ? Pour gagner les \u00e9lections, fallait-il entretenir des illusions en laissant croire qu\u2019il \u00e9tait possible d\u2019en finir avec les plans aust\u00e9ritaires ?<br \/>\nL\u2019id\u00e9e qu\u2019il vaut mieux ne pas y aller quand le rapport est trop d\u00e9favorable n\u2019est pas la plus int\u00e9ressante. Les plus grandes d\u00e9faites viennent des batailles qu\u2019on ne m\u00e8ne pas.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Souvent, la bataille permet des avantages, m\u00eame avec une d\u00e9faite. Elle peut permettre d\u2019obtenir des concessions par rapport \u00e0 l\u2019acceptation du plan impos\u00e9 sans bataille. En laissant ouverte la discussion sur ce qui aurait pu \u00eatre obtenu d\u2019autre ; discussion qui n\u2019avait pas vraiment \u00e9t\u00e9 ouverte avant.<br \/>\nLa bataille a permis deux autres avanc\u00e9es. D\u2019abord, elle a montr\u00e9 la volont\u00e9 de r\u00e9sistance active. Elle a ouvert une s\u00e9quence encore incompl\u00e8te mais tr\u00e8s prometteuse : on n\u2019accepte pas, on r\u00e9siste, on veut bien n\u00e9gocier, mais on consulte le peuple. Ensuite, elle a contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9voiler la nature des politiques et la nature des institutions, de l\u2019UE et du FMI. Elle a rendu plus visible la nature du syst\u00e8me, du capitalisme europ\u00e9en et mondial sous ses diff\u00e9rentes facettes. La bataille de Gr\u00e8ce ouvre dans de meilleures conditions une nouvelle phase de la bataille de l\u2019Europe.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Pour revenir au rapport de forces d\u00e9favorable et m\u00eame \u00e9crasant, il faut tenir compte de ce rapport de forces pour d\u00e9finir les objectifs de la bataille et la mani\u00e8re de la mener. Et surtout, il faut inscrire la bataille dans une perspective strat\u00e9gique en anticipant les prochaines batailles et les prochaines \u00e9tapes.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">C\u2019est la question qui est pos\u00e9e aujourd\u2019hui \u00e0 Syriza et \u00e0 ses diff\u00e9rents courants. Avec une interrogation majeure : quelles sont les attentes et les possibilit\u00e9s d\u2019engagement du peuple grec apr\u00e8s cette premi\u00e8re bataille ? C\u2019est ce que le d\u00e9bat politique en Gr\u00e8ce va \u00e9clairer.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">5. La violence de l\u2019agression met \u00e0 jour de fortes contradictions<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La violence de l\u2019agression a \u00e9t\u00e9 croissante. Au d\u00e9part, il fallait faire rentrer la Gr\u00e8ce et la prendre comme exemple de la r\u00e8gle. Le peuple grec r\u00e9siste ! Il faut le r\u00e9duire, l\u2019obliger \u00e0 accepter la r\u00e8gle, le prendre comme exemple de l\u2019inutilit\u00e9 de r\u00e9sister, l\u2019humilier et l\u2019\u00e9craser.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mais cette violence a montr\u00e9, \u00e0 contrario, que la puissance consid\u00e9rable n\u2019\u00e9tait pas suffisante pour se faire ob\u00e9ir sans r\u00e9sistance. La menace de la table rase financi\u00e8re a d\u00e9voil\u00e9 la nature des rapports et a mis \u00e0 jour de nombreuses contradictions dans le camp des dominants.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La n\u00e9gociation avec la Gr\u00e8ce a montr\u00e9 des contradictions entre les gouvernements europ\u00e9ens et les peuples europ\u00e9ens et combien la question de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait sensible. Elle a montr\u00e9 la peur de la contagion que pouvait susciter une issue positive pour le peuple grec. Elle a montr\u00e9 les contradictions entre les capitalismes europ\u00e9ens sur la conduite de l\u2019Europe ; entre l\u2019Europe du Nord qui suit la roideur allemande, l\u2019Europe du Sud r\u00e9tive \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, l\u2019Europe de l\u2019Est qui joue les bas salaires, la Grande Bretagne occup\u00e9e \u00e0 la d\u00e9financiarisation. Elle a montr\u00e9 les contradictions entre les gouvernements europ\u00e9ens sur l\u2019avenir de l\u2019Europe. Elle a montr\u00e9 que derri\u00e8re le partage des r\u00f4les dans la n\u00e9gociation, les divergences entre la France et l\u2019Allemagne sont r\u00e9elles sur les \u00e9quilibres budg\u00e9taires. Elle a montr\u00e9 le d\u00e9saccord sur la dette entre l\u2019Allemagne et le FMI. Elle a montr\u00e9 les divergences en Allemagne sur son r\u00f4le futur. Elle a montr\u00e9 que les politiques financi\u00e8res et mon\u00e9taires ne suffisent pas \u00e0 d\u00e9finir une politique europ\u00e9enne.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La crise ouverte en 2008 avec la crise financi\u00e8re commenc\u00e9e avec les subprimes a d\u00e9montr\u00e9 que le syst\u00e8me capitaliste est en crise et qu\u2019il n\u2019en est pas sorti. Apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations autour des propositions sur une r\u00e9forme du capitalisme appel\u00e9e green new deal, le capitalisme financier a repris le contr\u00f4le et raidi ses positions. Pour autant la crise n\u2019est pas r\u00e9solue et les mouvements de contestation qui se sont manifest\u00e9 \u00e0 partir de 2011 n\u2019ont pas faibli, m\u00eame s\u2019ils n\u2019ont pas encore r\u00e9ussi \u00e0 modifier le rapport de forces. Dans la bataille contre les plans aust\u00e9ritaires et les politiques n\u00e9olib\u00e9rale, la question de la dette publique est centrale au niveau mondial. Une campagne internationale pour la reconsid\u00e9ration et l\u2019annulation des dettes publiques peut trouver des formes renouvel\u00e9es.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\">6. L\u2019irruption de la question d\u00e9mocratique<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9mocratie est \u00e0 la fois un \u00e9l\u00e9ment de la bataille et une question strat\u00e9gique centrale de longue p\u00e9riode. Syriza a jou\u00e9 le jeu d\u00e9mocratique en appuyant ses demandes sur la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique des \u00e9lections et en d\u00e9cidant d\u2019organiser un r\u00e9f\u00e9rendum. Ils ont de ce point de vue marqu\u00e9 un point en d\u00e9montrant le peu de cas pour les financiers et l\u2019Union Europ\u00e9enne de toute proc\u00e9dure d\u00e9mocratique. On le savait d\u00e9j\u00e0 mais la grossi\u00e8ret\u00e9 de la r\u00e9ponse de la Commission explicitant qu\u2019il n\u2019y avait l\u00e0 pas de place pour la d\u00e9mocratie peut peser dans l\u2019avenir.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Consulter le peuple, faire appel au peuple, cette initiative de Syriza qu\u2019un gouvernement grec pr\u00e9c\u00e9dent avait menac\u00e9 de faire sans aller jusqu\u2019au bout aurait pu changer la donne. Les contradictions mises \u00e0 jour n\u2019\u00e9taient pas seulement celles des pouvoirs financiers, il y en avait aussi au niveau du peuple. Le peuple voulait deux choses contradictoires : sortir de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, ne pas sortir de l\u2019Euro. Le gouvernement voyait bien que c\u2019\u00e9tait contradictoire et que le chemin possible \u00e9tait quasiment impossible. Mais il a consult\u00e9 l\u00e0-dessus dans la continuit\u00e9 des \u00e9lections et aussi parce que poser la question de la sortie de l\u2019Euro, donnait peu de chances de gagner le r\u00e9f\u00e9rendum.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il y avait une autre opportunit\u00e9, c\u2019\u00e9tait d\u2019utiliser la l\u00e9gitimit\u00e9 du r\u00e9f\u00e9rendum pour rompre la n\u00e9gociation, quitte \u00e0 se faire imposer un grexit qui aurait peut-\u00eatre mis en difficult\u00e9 la tro\u00efka. Ce n\u2019est pas ce qui a \u00e9t\u00e9 choisi et qui a divis\u00e9 Syriza. Plusieurs raisons ont pes\u00e9 dans ce sens. D\u2019abord les risques pour le peuple grec d\u2019une guerre financi\u00e8re totale \u00e0 travers la destruction du syst\u00e8me financier et bancaire grec. Ensuite, le fait que les mesures pour faire face au grexit n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9es. La discussion sur le choix du gouvernement grec nous concerne tous. Pour l\u2019instant, cette discussion rel\u00e8ve beaucoup du d\u00e9bat politique grec.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il y a une discussion plus fondamentale sur le processus d\u00e9mocratique. Il y a eu, \u00e0 un moment, juste apr\u00e8s le r\u00e9f\u00e9rendum une opportunit\u00e9 historique, une bifurcation possible. Compte tenu de la nature contradictoire de la r\u00e9ponse au r\u00e9f\u00e9rendum, il n\u2019\u00e9tait pas ill\u00e9gitime de durcir, voire d\u2019interrompre la n\u00e9gociation plut\u00f4t que de l\u2019acc\u00e9l\u00e9rer et de capituler. Il y avait certes des risques, mais aussi des opportunit\u00e9s. Dans un moment de d\u00e9cision historique, la consultation d\u00e9mocratique, dans ses formes classiques, ne donne pas toujours une r\u00e9ponse suffisante.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La discussion sur une orientation strat\u00e9gique alternative, m\u00eame si elle a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s courte, a \u00e9t\u00e9 beaucoup plus riche juste apr\u00e8s le r\u00e9f\u00e9rendum. Parmi les nombreuses propositions, retenons celles de Yannis Varoufakis (reconversion de la dette en cours par une monnaie fiscale compl\u00e9mentaire, d\u00e9cote sur les obligations d\u00e9tenues par la BCE, r\u00e9quisition de la Banque de Gr\u00e8ce) et celles, r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, de Eric Toussaint (moratoire de la dette, cr\u00e9ation d\u2019une monnaie compl\u00e9mentaire \u00e9lectronique, r\u00e9quisition de la Banque Centrale Grecque, nationalisation des banques, r\u00e9forme fiscale d\u2019ampleur, mesures sociales de relance). Ces propositions sont relay\u00e9es par Thomas Coutrot et Bruno Th\u00e9ret qui pr\u00e9cisent que pour \u00e9viter les risques de panique bancaire et de coup d\u2019\u00e9tat financier par un exode massif des capitaux, il faut une adh\u00e9sion populaire. C\u2019est sur un programme de mesures pr\u00e9cises et sur les risques de l\u2019affrontement que doivent porter les consultations d\u00e9mocratiques.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La bataille de Gr\u00e8ce ouvre aujourd\u2019hui de nouvelles possibilit\u00e9s pour d\u2019autres situations. La consultation portant sur un programme de sortie d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 en acceptant les risques de ruptures et en d\u00e9finissant les premi\u00e8res mesures d\u2019un projet de transition. Une consultation sur le refus des programmes aust\u00e9ritaires, au risque de sortir de l\u2019Euro, peut devenir beaucoup plus \u00ab entendable \u00bb dans plusieurs pays europ\u00e9ens<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">7. La crise grecque ouvre une nouvelle \u00e9tape de la crise de l\u2019Union Europ\u00e9enne<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La crise grecque ouvre une nouvelle \u00e9tape de la crise de l\u2019Union Europ\u00e9enne. Elle en d\u00e9voile les m\u00e9canismes et la nature.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">L\u2019Union Europ\u00e9enne est une partie avanc\u00e9e du n\u00e9olib\u00e9ralisme. La discussion porte sur son \u00e9volution. Laissons la discussion sur sa nature intrins\u00e8que. Son \u00e9volution est-elle le r\u00e9sultat de la r\u00e9volution n\u00e9olib\u00e9rale de la fin des ann\u00e9es 1970, ou est-elle immuable depuis sa cr\u00e9ation ? La discussion n\u2019est pas sans int\u00e9r\u00eat mais elle n\u2019est pas fondamentale. L\u2019Union Europ\u00e9enne est d\u2019une certaine mani\u00e8re la pointe avanc\u00e9e, l\u2019avant-garde institutionnelle du capitalisme financier. Celle qui r\u00e8glemente et l\u00e9gif\u00e8re dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du capitalisme financier.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">En adoptant l\u2019Euro, en corsetant la zone euro, elle a instaur\u00e9 une monnaie unique \u00e0 partir de l\u2019id\u00e9e d\u2019une monnaie commune. L\u2019Euro qui aurait pu contester ou concurrencer le dollar comme monnaie internationale est devenu le moyen de contr\u00f4ler et de mettre au pas chacun des pays europ\u00e9en. La crise \u00e9conomique et financi\u00e8re se traduit par une crise sociale majeure et se prolonge dans une crise d\u00e9mocratique.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le mouvement social europ\u00e9en n\u2019a pas jou\u00e9 un v\u00e9ritable r\u00f4le dans la crise grecque. Il y a eu des p\u00e9titions mais pas de v\u00e9ritable mobilisation. On ne peut pas parler d\u2019unit\u00e9 du mouvement social europ\u00e9en autour de la d\u00e9finition d\u2019un projet alternatif europ\u00e9en. La diff\u00e9renciation de la mondialisation entre les r\u00e9gions du monde concerne aussi l\u2019Europe. La crise europ\u00e9enne s\u2019inscrit dans la crise globale. La crise europ\u00e9enne est sp\u00e9cifique sur le plan \u00e9conomique et sur le plan g\u00e9opolitique. En Europe m\u00eame, plus largement qu\u2019au niveau de l\u2019Union Europ\u00e9enne, les situations se diff\u00e9rencient suivant les r\u00e9gions europ\u00e9ennes. La convergence au niveau du mouvement social europ\u00e9en est, de ce fait, tr\u00e8s difficile.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La diff\u00e9renciation des situations p\u00e8se sur la d\u00e9finition d\u2019une position strat\u00e9gique commune des mouvements sociaux et citoyens en Europe. L\u2019ambition est de d\u00e9finir un projet europ\u00e9en alternatif qui se d\u00e9gagerait du projet europ\u00e9en dominant et de ses impasses et qui traduirait en termes politiques et culturels l\u2019unit\u00e9 du mouvement social europ\u00e9en. Pour l\u2019instant, le mouvement social europ\u00e9en est confront\u00e9 \u00e0 trois d\u00e9fis principaux : l\u2019alliance avec le pr\u00e9cariat, la rupture de l\u2019alliance entre les comp\u00e9tents et les actionnaires, la lutte contre le racisme et la x\u00e9nophobie. Il s\u2019agit de trois d\u00e9fis mondiaux qui prennent des formes sp\u00e9cifiques dans chaque r\u00e9gion du monde, notamment en Europe.<br \/>\nUne campagne europ\u00e9enne de longue dur\u00e9e pourrait adopter plusieurs d\u00e9clinaisons : Nous ne voulons pas de cette Europe l\u00e0 ! Nous voulons une Europe sociale et d\u00e9mocratique ! Nous ne voulons pas de cette Union Europ\u00e9enne ! Nous n\u2019ob\u00e9irons pas \u00e0 cette Union Europ\u00e9enne ! Nous ne voulons pas de cet Euro ! Nous voulons transformer l\u2019Euro en monnaie commune !<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\">8. La place des mouvements dans les affrontements<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La bataille de Gr\u00e8ce a vu l\u2019affrontement entre le pouvoir financier repr\u00e9sent\u00e9 par la tro\u00efka et Syriza repr\u00e9sentant le gouvernement grec. Ni les mouvements grecs, ni le mouvement europ\u00e9en n\u2019ont r\u00e9ussi \u00e0 inverser la tendance dans le court terme.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Faut-il alors consid\u00e9rer que les mouvements sociaux ne sont pas des acteurs directs du changement. Effectivement, ils ne suffiront pas \u00e0 assurer seuls, \u00e0 court terme, une rupture et la mise en \u0153uvre d\u2019une transition. Certes, les mouvements sociaux sont insuffisants ; ils ne sont acteurs du changement que quand ils s\u2019inscrivent dans un processus.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les mouvements sont les forces anti syst\u00e9miques qui combinent sous des formes diverses, les positions de classe et les alliances entre les couches sociales et les cat\u00e9gories qui composent la soci\u00e9t\u00e9. La d\u00e9marche qui caract\u00e9rise le mouvement altermondialiste est de partir des mouvements sociaux et citoyens, de leur diversit\u00e9 et de leurs convergences.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le mouvement altermondialiste est en mutation. Le processus des forums sociaux mondiaux ne le r\u00e9sume pas. Il doit d\u2019ailleurs \u00eatre repens\u00e9. Dans la derni\u00e8re p\u00e9riode, trois types de mouvements forment le processus : les mouvements traditionnels, red\u00e9finis par les ann\u00e9es 70, (mouvement ouvrier, mouvement paysan, mouvements des femmes, \u2026) ; les mouvements qui ont \u00e9t\u00e9 visibles dans le processus des forums sociaux \u00e0 partir de l\u2019\u00e9volution des anciens mouvements et des mouvements qui sont devenus plus visibles (comme les peuples indig\u00e8nes, l\u2019\u00e9cologie, l\u2019extractivisme, \u2026) ; les nouveaux mouvements \u00e0 partir de 2011 (indign\u00e9s, occupy, taksim, carr\u00e9s rouges, \u2026).<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ces mouvements renouvellent l\u2019altermondialisme. Ils montrent que la contre-offensive de l\u2019oligarchie dominante ne s\u2019est pas impos\u00e9e, m\u00eame si elle a marqu\u00e9 des points. Elle montre aussi que la seule r\u00e9ponse des peuples n\u2019est pas dans la droitisation des positions. Certes, la mont\u00e9e des courants fascistes, d\u2019extr\u00eame droite et populistes r\u00e9actionnaires est sensible. Elle prend d\u2019ailleurs des formes diff\u00e9rentes avec le n\u00e9o-conservatisme libertarien aux Etats-Unis, les diverses formes de national-socialisme en Europe, le jihadisme arm\u00e9 au Moyen-Orient, le hindouisme extr\u00eame. Dans plusieurs des nouveaux mouvements, la gauche classique est battue en br\u00e8che et des courants de droite paraissent quelquefois imposer leurs points de vue. Mais, il s\u2019agit bien de mouvements de contestation de l\u2019ordre dominant. On le retrouve dans les mots d\u2019ordre explicit\u00e9s depuis Tunis et compl\u00e9t\u00e9s par les autres mouvements. Il s\u2019agit d\u2019abord du refus de la mis\u00e8re sociale et des in\u00e9galit\u00e9s, du respect des libert\u00e9s, de la dignit\u00e9, du rejet des formes de domination, de la liaison entre urgence \u00e9cologique et urgence sociale. D\u2019un mouvement \u00e0 l\u2019autre, il y a eu des affinements sur la d\u00e9nonciation de la corruption ; sur la revendication d\u2019une \u00ab d\u00e9mocratie r\u00e9elle \u00bb ; sur les contraintes \u00e9cologiques, l\u2019accaparement des terres et le contr\u00f4le des mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">9. L\u2019affrontement s\u2019inscrit dans l\u2019espace des partis et des gouvernements<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La crise grecque montre que l\u2019espace national est l\u2019espace de l\u2019affrontement, mais que l\u2019affrontement ne peut s\u2019y restreindre. Il s\u2019\u00e9largit \u00e0 l\u2019espace capitaliste mondial et \u00e0 l\u2019espace de l\u2019Union Europ\u00e9enne en Europe. La discussion porte sur les rapports entre les mouvements, les partis et les gouvernements.<br \/>\nLes nouveaux mouvements sont spontan\u00e9s, radicaux, h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Certains affirment que ces mouvements ont \u00e9chou\u00e9 parce qu\u2019ils n\u2019auraient pas de perspective ou de strat\u00e9gie et qu\u2019ils ne se sont pas dot\u00e9s d\u2019organisation. Cette critique m\u00e9rite d\u2019\u00eatre approfondie. Elle n\u2019est pas suffisante quand on sait que le plus vieux de ces mouvement a quatre ans. Les mouvements ne rejettent pas toutes les formes d\u2019organisation ; ils en exp\u00e9rimentent des nouvelles. Celles-ci ont d\u00e9montr\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat dans l\u2019organisation des mobilisations, la r\u00e9activit\u00e9 aux situations et l\u2019expression de nouveaux imp\u00e9ratifs. La question des formes d\u2019organisation par rapport au pouvoir est \u00e0 l\u2019ordre du jour.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">On aurait pu esp\u00e9rer que ce qui se passe avec Syriza, Podemos ou le Parti des gens ordinaires \u00e0 New Delhi, soit le d\u00e9but d\u2019une nouvelle \u00e9tape. La mont\u00e9e en puissance d\u2019organisations politiques qui se r\u00e9f\u00e8rent aux nouveaux mouvements et qui en sont, en partie, issues. Des organisations politiques qui se donnent comme objectif d\u2019arracher le politique au financier et qui refusent l\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019alternatives. Ce ne sont pas encore compl\u00e8tement des nouvelles formes d\u2019organisation politique, mais elles assument que les partis doivent prendre leur part dans la r\u00e9invention du politique.<br \/>\nPar rapport \u00e0 Syriza, ne passons pas de l\u2019enthousiasme au grand d\u00e9couragement. Regardons ce qui est en jeu. On ne peut pas consid\u00e9rer qu\u2019il n\u2019y a donc pas besoin de partis, m\u00eame si l\u2019autonomie des mouvements par rapport aux partis est \u00e0 reconfirmer. Pas plus qu\u2019il ne para\u00eet int\u00e9ressant de consid\u00e9rer que celui-ci n\u2019\u00e9tait pas le bon et qu\u2019arrivera bien un parti d\u2019avant-garde qui lui r\u00e9ussira \u00e0 s\u2019imposer.<br \/>\nSyriza est n\u00e9 de la gauche radicale relativement classique qui a su tirer des le\u00e7ons des mouvements des indign\u00e9s. Il a su aussi lier des formes de mobilisation avec une \u00e9laboration qui a tir\u00e9 des le\u00e7ons de la chute du sovi\u00e9tisme en 1989 et de l\u2019\u00e9volution catastrophique de la social-d\u00e9mocratie existante.<br \/>\nUne prochaine bataille est possible en Espagne \u00e0 partir de Podemos. Podemos est plus directement issu du mouvement des indign\u00e9s. Il a montr\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019inscrire dans le local et \u00e0 passer des alliances assez larges. Podemos va b\u00e9n\u00e9ficier de la bataille de Gr\u00e8ce et des limites de ce premier affrontement. Essayons d\u00e9j\u00e0 de ne pas l\u2019\u00e9touffer par notre impatience, et comme certains s\u2019y essayent d\u00e9j\u00e0, \u00e0 pr\u00e9voir les futures trahisons.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il y aura d\u2019autres batailles. Il y aura possiblement et probablement d\u2019autres d\u00e9faites. Mais il y aura aussi des r\u00e9sistances et des avanc\u00e9es, \u00e0 partir des le\u00e7ons tir\u00e9es des d\u00e9faites.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\">10. Le d\u00e9bat est ouvert sur les perspectives strat\u00e9giques<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le capitalisme a marqu\u00e9 des points et d\u00e9montr\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter. Il a men\u00e9 une bataille id\u00e9ologique majeure, contre la valeur d\u2019\u00e9galit\u00e9, et a r\u00e9ussi \u00e0 accentuer une droitisation des soci\u00e9t\u00e9s et \u00e0 attiser les racismes et les x\u00e9nophobies. Il a surtout r\u00e9ussi \u00e0 mettre au service de la finance les extraordinaires d\u00e9couvertes scientifiques et technologiques, particuli\u00e8rement dans le num\u00e9rique et les biotechnologies. Il affine ses strat\u00e9gies militaires et perfectionne \u00e0 l\u2019infini les moyens qui s\u2019inscrivent dans un \u00e9tat de guerre perp\u00e9tuelle. Il gagne du temps pour pr\u00e9server les privil\u00e8ges de l\u2019oligarchie tout en pr\u00e9parant pour l\u2019avenir une mutation des rapports sociaux capitalistes.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le mouvement social aussi est en recomposition. Les mouvements affirment un refus et recherchent de nouvelles propositions. Ils n\u2019opposent pas \u00e0 la complexit\u00e9 des situations des r\u00e9ponses simplistes. Les rapports de production n\u2019ont pas chang\u00e9 de nature, mais il faut prendre en compte les mutations scientifiques et culturelles. Les modes de pens\u00e9e sont boulevers\u00e9s par la r\u00e9volution \u00e9cologique. La r\u00e9volution majeure des droits des femmes, au-del\u00e0 des r\u00e9actions violentes qui la rejettent, commence \u00e0 peine un bouleversement incroyable des soci\u00e9t\u00e9s. La g\u00e9opolitique est marqu\u00e9e par le chamboulement du monde. C\u2019est la r\u00e9invention de la d\u00e9mocratie qui est au c\u0153ur des mutations et des interrogations. La d\u00e9mocratie \u00e9conomique et sociale reste un pr\u00e9alable. Elle est \u00e0 inventer. Il est clair que la d\u00e9mocratie ne se r\u00e9sume pas au march\u00e9, mais il appara\u00eet aussi que l\u2019Etat ne suffit pas \u00e0 d\u00e9finir le contraire du march\u00e9 et \u00e0 garantir la d\u00e9mocratie. Le rejet de la corruption va au-del\u00e0 de la corruption financi\u00e8re ; il s\u2019agit de la corruption politique. Elle est visible dans les politiques impos\u00e9es et dans le m\u00e9lange des int\u00e9r\u00eats. La subordination du politique au financier annule le politique. La d\u00e9mocratie culturelle et politique n\u00e9cessite la r\u00e9invention du politique.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il y a des occasions de rupture qu\u2019il faut saisir. Mais, on ne gagne pas d\u2019un coup, par surprise. La rupture se fait dans le temps long ; le temps que s\u2019accumulent les nouveaux paradigmes. Rappelons-nous par exemple qu\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9crasement de La Commune, en 1871, il a fallu quarante ans pour que le mouvement social se recompose et inverse la tendance. Il a su tirer les le\u00e7ons de la d\u00e9faite et renouveler sa pens\u00e9e dans la Premi\u00e8re internationale. Il a su reconna\u00eetre la mont\u00e9e des ouvriers de la grande industrie. Nous sommes dans la p\u00e9riode des quarante \u00e0 cinquante ans qui suivent la r\u00e9ussite de la contre-offensive n\u00e9olib\u00e9rale. A partir de 2008, avec la confirmation de la crise ouverte de la mondialisation capitaliste et 2011, avec les nouvelles insurrections populaires, une p\u00e9riode de rupture s\u2019amorce.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Nous sommes dans une p\u00e9riode de bouleversements et de tr\u00e8s fortes contradictions. Probablement dans le temps d\u2019un changement de p\u00e9riode dans lequel cohabitent les anciennes tendances et s\u2019amorcent de nouvelles. La citation de Gramsci est d\u2019une grande actualit\u00e9 \u00ab le vieux monde se meurt ; le nouveau monde tarde \u00e0 appara\u00eetre, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres \u00bb. Il faut \u00e0 la fois lutter contre les monstres et construire le nouveau monde. Il n\u2019y a pas de fatalit\u00e9, ni dans le succ\u00e8s, ni dans l\u2019\u00e9chec.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">http:\/\/www.anti-k.org\/2015\/08\/29\/la-bataille-de-grece-un-episode-dune-guerre-mondiale-prolongee-par-gustave-massiah\/<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les d\u00e9bats sur la crise grecque et sur la crise ouverte de l\u2019Union Europ\u00e9enne ont suscit\u00e9 de tr\u00e8s nombreux commentaires et de tr\u00e8s nombreuses analyses. Ce d\u00e9bat va se prolonger d\u2019autant que l\u2019\u00e9volution, en Gr\u00e8ce et en Europe, est loin d\u2019\u00eatre achev\u00e9e. Voici dix pistes de r\u00e9flexions lapidaires sur le d\u00e9bat en cours. 1. 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