{"id":15826,"date":"2015-08-29T08:02:09","date_gmt":"2015-08-29T07:02:09","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15826"},"modified":"2015-08-29T08:40:28","modified_gmt":"2015-08-29T07:40:28","slug":"grece-stathis-kouvelakis-aucune-illusion-sur-le-carcan-de-leuro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15826","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce. Stathis Kouvelakis : \u00ab Aucune illusion sur le carcan de l\u2019euro \u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"overview-content\" tabindex=\"0\">\n<div class=\"article hentry  \">\n<div class=\"article-content entry-content\">\n<div class=\"field-items\">\n<h3 class=\"field-item even\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Membre de la direction d\u2019Unit\u00e9 populaire, Stathis Kouvelakis d\u00e9taille, pour l\u2019Humanit\u00e9, les grands axes programmatiques du parti cr\u00e9\u00e9 par les dissidents de Syriza en vue des \u00e9lections de septembre.<\/em><\/span><\/h3>\n<\/div>\n<div class=\"field field-name-field-news-text field-type-text-long field-label-hidden\">\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\">\n<h3 class=\"TX\" style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Ath\u00e8nes (Gr\u00e8ce), envoy\u00e9 sp\u00e9cial.\u00a0<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><strong><a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/37787.HR_.jpg\" rel=\"lightbox[15826]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-15828 size-medium\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/37787.HR_-199x300.jpg\" alt=\"37787.HR\" width=\"199\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/37787.HR_-199x300.jpg 199w, https:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/37787.HR_.jpg 332w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/a>Quel est le point de non-retour au sein de Syriza qui vous conduit aujourd&rsquo;hui \u00e0 cr\u00e9er un nouveau parti, Unit\u00e9 populaire\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis.<\/strong> C&rsquo;est \u00e0 la signature de l&rsquo;accord du 13 juillet. La fracture \u00e9tait apparue avant, quand, en l&rsquo;espace de quelques jours, le \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb du r\u00e9f\u00e9rendum a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb et quand le gouvernement grec est all\u00e9 n\u00e9gocier \u00e0 Bruxelles avec un mandat qui signifiait de fait l&rsquo;acceptation du cadre aust\u00e9ritaire. Mais c&rsquo;est la signature par Alexis Tsipras de l&rsquo;accord qui a ouvert le processus conduisant \u00e0 la scission de Syriza &#8211; il faudrait d&rsquo;ailleurs parler plut\u00f4t de d\u00e9sint\u00e9gration de Syriza. Il y a eu ensuite les deux votes au Parlement sur les deux paquets de mesures pr\u00e9liminaires \u00e0 l&rsquo;accord, puis celui sur le memorandum qui est venu sceller la rupture. Le gouvernement Tsipras a sign\u00e9 le memorandum sans jamais, \u00e0 aucun moment, obtenir l&rsquo;approbation d&rsquo;une quelconque instance de Syriza. Alexis Tsipras ne peut pas se r\u00e9clamer d&rsquo;un seul texte, d&rsquo;une seule d\u00e9cision qui l&rsquo;autorisent \u00e0 faire ce qu&rsquo;il a fait\u00a0; au contraire, les rares fois o\u00f9 le Comit\u00e9 central s&rsquo;est r\u00e9uni depuis que Syriza est au pouvoir, il a pris des d\u00e9cisions qui, toutes, allaient dans le m\u00eame sens\u00a0: en aucun cas, nous ne signerons un memorandum. \u00ab\u00a0Tout sauf \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb Et ce qui est arriv\u00e9, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui \u00e9tait en principe totalement exclu. Autant la coexistence dans un m\u00eame parti de courants, de sensibilit\u00e9s ayant des d\u00e9saccords, y compris sur la question de l&rsquo;euro, \u00e9tait possible tant que l&rsquo;objectif central du renversement des memorandums \u00e9tait maintenu, autant la coexistence dans un m\u00eame parti de tenants de la signature d&rsquo;un memorandum et d&rsquo;opposants ne l&rsquo;\u00e9tait pas. Quand Alexis Tsipras a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;accepter un memorandum, il prenait dans le m\u00eame geste la d\u00e9cision de dissoudre son parti\u00a0!<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Avez-vous rassembl\u00e9 tous les parlementaires de Syriza qui se sont prononc\u00e9s contre le nouveau memorandum\u00a0? Avec les vingt-cinq d\u00e9put\u00e9s, au d\u00e9part, d&rsquo;Unit\u00e9 populaire, le compte n&rsquo;y est pas, si\u00a0?\u00a0\u00a0 <\/strong><\/em><\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Lors du vote, il y a eu 32 \u00ab\u00a0contre\u00a0\u00bb et 17 votes \u00ab\u00a0pr\u00e9sent\u00a0\u00bb &#8211; ce qui, dans le syst\u00e8me parlementaire grec, n&rsquo;\u00e9quivaut pas exactement \u00e0 une abstention, c&rsquo;est tr\u00e8s proche d&rsquo;un vote \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb&#8230; Ceux que nous n&rsquo;avons pas encore rassembl\u00e9, c&rsquo;est Zoe Konstantopoulou, la pr\u00e9sidente du Parlement qui occupe encore ses fonctions institutionnelles, mais qui ne va pas tarder \u00e0 nous rejoindre, et trois d\u00e9put\u00e9s du courant mao\u00efste KOE de Syriza avec lesquels nous sommes en discussion. Puis il y a Yanis Varoufakis qui, lui, ne nous viendra pas car nos positions sont trop \u00e9loign\u00e9es.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">De mani\u00e8re plus large, Unit\u00e9 populaire n&rsquo;est pas un parti, c&rsquo;est un front qui rassemble une dizaine de composantes. Certaines sont issues de Syriza, d&rsquo;autres ont fait partie de Syriza dans le pass\u00e9 ou y ont collabor\u00e9, d&rsquo;autres encore viennent de l&rsquo;extr\u00eame gauche comme des courants de la coalition Antarsya. Au fond, Unit\u00e9 populaire est assez proche de ce que la coalition Syriza a \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;en 2013, avant de se fondre dans un seul parti. C&rsquo;est une formule \u00e0 laquelle nous tenons\u00a0: nous sommes un front politique, avec le pluralisme, avec le respect des diff\u00e9rences, avec l&rsquo;accent mis sur l&rsquo;auto-organisation. Notre objectif est d&rsquo;assurer la structuration politique du \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb qui s&rsquo;est exprim\u00e9 lors du r\u00e9f\u00e9rendum le 5 juillet et qui a \u00e9t\u00e9 majoritaire de fa\u00e7on \u00e9crasante dans la jeunesse comme dans les cat\u00e9gories ouvri\u00e8res et populaires. Nous voulons construire par en bas des comit\u00e9s larges et ouverts. Bien entendu, nous attendons que des militants, des individus, des personnalit\u00e9s politiques nous rejoignent \u00e9galement&#8230; On pourra ne pas \u00eatre d&rsquo;accord sur tous les points du programme, mais le c\u0153ur, c&rsquo;est bien de consid\u00e9rer que la rupture avec les m\u00e9morandums est indispensable, que \u00e7a implique une confrontation avec l&rsquo;Union europ\u00e9enne, m\u00eame si, quant aux moyens \u00e0 utiliser dans cette confrontation, il peut y avoir des points de divergence. Mais il est tr\u00e8s clair que nous tirons tous la le\u00e7on de l&rsquo;\u00e9chec strat\u00e9gique de Syriza et que nous avons une approche alternative pour ne pas aboutir \u00e0 la m\u00eame capitulation.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><strong>En tant que troisi\u00e8me groupe au Parlement grec, la Constitution grecque donne \u00e0 Unit\u00e9 populaire un \u00ab\u00a0mandat exploratoire\u00a0\u00bb pour tenter de former un gouvernement. Comment utilisez-vous cette phase qui va s&rsquo;achever ce jeudi\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Nous cherchons \u00e0 utiliser les trois jours qui nous sont donn\u00e9s pour montrer quelle est notre mani\u00e8re de concevoir la politique. Notre mot d&rsquo;ordre, c&rsquo;est la parole aux forces sociales, et nos propositions vont dans le sens d&rsquo;une d\u00e9mocratisation institutionnelle. Premi\u00e8rement, Panayiotis Lafazanis rencontre de fa\u00e7on th\u00e9matique les repr\u00e9sentants de forces sociales particuli\u00e8rement affect\u00e9es par les divers aspects du memorandum et en premi\u00e8re ligne des combats contre le memorandum et ses effets\u00a0: ce sont les syndicats de salari\u00e9s et de retrait\u00e9s lourdement affect\u00e9s par les coupes \u00e0 venir sur les pensions et par la liquidation des droits sociaux restants, ce sont les campagnes citoyennes contre les privatisations, ce sont les agriculteurs, les p\u00e9cheurs, etc. L&rsquo;id\u00e9e, c&rsquo;est de montrer que, pour nous, la politique, ce n&rsquo;est pas simplement des conciliabules avec des repr\u00e9sentants des partis. La politique se fait avec les forces sociales, avec les mobilisations. Deuxi\u00e8mement, nous faisons des propositions institutionnelles\u00a0: pour aller dans le sens de la d\u00e9mocratisation, on veut supprimer le bonus de 50 si\u00e8ges donn\u00e9 au parti qui arrive premier lors des \u00e9lections, conform\u00e9ment \u00e0 un engagement \u00e9lectoral de Syriza \u2013 c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;une des mesures phares de Syriza, pas respect\u00e9e comme les autres -, et nous proposons d&rsquo;appuyer la discussion que Zoe Konstantopoulou tente de lancer au Parlement sur les r\u00e9parations de guerre allemandes pour permettre au Parlement de continuer son travail jusqu&rsquo;au bout.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Vous avez critiqu\u00e9 durement l&rsquo;appel aux urnes d&rsquo;Alexis Tsipras&#8230; Pour quelles raisons\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Ce que nous critiquons, c&rsquo;est le fait de faire des \u00e9lections express\u00a0! C&rsquo;est assez classique pour essayer de prendre de court ses adversaires, mais Tsipras a fait quelque chose qu&rsquo;aucun parti syst\u00e9mique n&rsquo;avait os\u00e9 faire jusque l\u00e0, c&rsquo;est aller vers des \u00e9lections en plein mois d&rsquo;ao\u00fbt, alors que, dans un pays comme la Gr\u00e8ce, les gens sont en vacances, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce moment-l\u00e0&#8230; Ce qui r\u00e9duit d&rsquo;autant plus la campagne \u00e9lectorale. Le but de la man\u0153uvre est extr\u00eamement clair\u00a0: il s&rsquo;agit d&rsquo;aller aux urnes le plus vite possible avant que les impacts concrets du memorandum ne se fassent sentir dans la population.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Quels sont les \u00e9l\u00e9ments saillants du programme d&rsquo;Unit\u00e9 populaire\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>La rupture avec le memorandum et avec les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 est d\u00e9terminante. Nous voulons annuler les memorandums, comme Syriza l&rsquo;avait promis. Nous voulons rompre avec les objectifs des exc\u00e9dents budg\u00e9taires. Nous comptons cesser imm\u00e9diatement le remboursement de la dette et n\u00e9gocier pour l&rsquo;annulation de sa plus grande partie, mais sur ces bases\u00a0! Aucun redressement n&rsquo;est possible pour la Gr\u00e8ce tant que le pays est saign\u00e9 pour rembourser cette dette. L&rsquo;une des erreurs majeures du gouvernement Syriza, c&rsquo;est qu&rsquo;il a continu\u00e9 \u00e0 rembourser la dette\u00a0: 7 milliards d&rsquo;euros se sont envol\u00e9s entre janvier et juin, les caisses publiques se sont totalement vid\u00e9es. Et puis, nous ne nous faisons aucune illusion quant \u00e0 la compatibilit\u00e9 d&rsquo;un programme de rupture dans le cadre de l&rsquo;euro. Donc, en cas d&rsquo;intransigeance des institutions, avec les restrictions de l&rsquo;acc\u00e8s aux liquidit\u00e9s d\u00e9cid\u00e9es par la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE), nous retournerons \u00e0 la monnaie nationale. La phase de transition pr\u00e9sente certes des difficult\u00e9s, mais aussi des opportunit\u00e9s importantes pour la relance et pour une politique \u00e9conomique qui aille dans le sens de la justice sociale et environnementale.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Vous \u00e9voquiez \u00ab\u00a0l&rsquo;intransigeance\u00a0\u00bb des institutions&#8230; Sur la sortie de l&rsquo;euro, \u00eates-vous tous d&rsquo;accord au sein d&rsquo;Unit\u00e9 populaire\u00a0?\u00a0<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis.<\/strong> Oui, nous pensons qu&rsquo;il faut nous pr\u00e9parer pour la sortie de l&rsquo;euro. C&rsquo;est absolument clair\u00a0! Le programme d&rsquo;Unit\u00e9 populaire est finalis\u00e9, il sera rendu public \u00e0 la fin de la semaine. La pr\u00e9paration de la sortie de l&rsquo;euro est un point fondamental. Cette question comporte plusieurs aspects. Le premier, c&rsquo;est \u00e9videmment la r\u00e9cup\u00e9ration de la souverainet\u00e9 politique dans le cadre o\u00f9 un gouvernement se retrouve confront\u00e9 \u00e0 la sainte-alliance de toutes les puissances n\u00e9olib\u00e9rales. D\u00e9pourvu de l&rsquo;outil mon\u00e9taire, on l&rsquo;a vu, nous sommes pris en otage par la BCE. Syriza l&rsquo;a subi d\u00e8s le 4 f\u00e9vrier&#8230; Deuxi\u00e8mement, c&rsquo;est un moyen pour permettre le red\u00e9marrage \u00e9conomique en assurant l&rsquo;approvisionnement en liquidit\u00e9s. Ensuite, c&rsquo;est un moyen extr\u00eamement important sur la question de la dette\u00a0: en passant par la monnaie nationale, la dette devient quasiment impayable, personne ne va accepter le remboursement d&rsquo;une dette qui se retrouve libell\u00e9e en une monnaie nationale. Cela nous place en position de force. Enfin, la d\u00e9valuation permet de relancer vigoureusement la croissance\u00a0: tous les pays qui se sont retrouv\u00e9s dans une situation de r\u00e9cession profonde n&rsquo;ont pu red\u00e9marrer \u00e9conomiquement qu&rsquo;avec une d\u00e9valuation mon\u00e9taire. Le choix est simple, en r\u00e9alit\u00e9\u00a0: c&rsquo;est soit une d\u00e9valuation mon\u00e9taire, soit la d\u00e9valuation interne, c&rsquo;est-a-dire les plans d&rsquo;ajustement structurel qui sont impos\u00e9s pour faire baisser les salaires et les retraites, et qui \u00e9crasent le co\u00fbt du travail. C&rsquo;est s\u00fbr que la d\u00e9valuation mon\u00e9taire cr\u00e9e un certain nombre de probl\u00e8mes, mais elle cr\u00e9e aussi des opportunit\u00e9s\u00a0: elle booste la production nationale, elle permet une substitution des importations par les exportations, elle rend les exportations plus comp\u00e9titives&#8230; Certes elle peut \u00eatre probl\u00e9matique l\u00e0 o\u00f9 il faut payer en devises fortes\u00a0: les carburants, l&rsquo;\u00e9nergie, certains m\u00e9dicaments qui sont n\u00e9cessairement import\u00e9s \u2013 mais pas tant que \u00e7a, par parenth\u00e8se, la production nationale peut assurer une bonne partie&#8230; Tout cela ouvre des difficult\u00e9s transitoires. Mais, en r\u00e9alit\u00e9, on le voit avec les \u00e9conomistes hostiles au n\u00e9ol-lib\u00e9ralisme, que ce soit Krugman ou Stiglitz, que ce soit Aglietta ou Lordon en France, le d\u00e9bat est tranch\u00e9\u00a0: le meilleur choix possible pour la Gr\u00e8ce, le seul viable en r\u00e9alit\u00e9, disent-ils, c&rsquo;est le retour \u00e0 une monnaie nationale, dans le cadre, bien s\u00fbr, d&rsquo;une politique progressiste de relance qui peut g\u00e9rer les probl\u00e8mes. Il y aura des pressions inflationnistes, mais un gouvernement de gauche peut prot\u00e9ger les salaires dans ce contexte&#8230;<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Dans votre programme, la Gr\u00e8ce sort de l&rsquo;euro, mais quitte-t-elle l&rsquo;Union europ\u00e9enne\u00a0?\u00a0<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis.<\/strong> Non, pas n\u00e9cessairement. La question est susceptible de se poser, mais ce n&rsquo;est pas automatique. Apr\u00e8s tout, il y a dix pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne qui ne sont pas dans l&rsquo;euro. Ce n&rsquo;est pas tranch\u00e9 pour nous&#8230; Ce que notre programme pr\u00e9voit si la confrontation devait aller plus loin, c&rsquo;est d&rsquo;aller vers un r\u00e9f\u00e9rendum. Le gouvernement britannique le pr\u00e9pare, avec une orientation politique tout \u00e0 fait \u00e9loign\u00e9e de la n\u00f4tre, mais nous ne voyons pas pourquoi on ne pourrait pas se poser la question de notre c\u00f4t\u00e9. Mais le d\u00e9part de l&rsquo;Union europ\u00e9enne ne fait pas partie des objectifs d&rsquo;Unit\u00e9 populaire.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Ces derniers mois, face aux pr\u00e9tentions du gouvernement grec, les cercles n\u00e9olib\u00e9raux ont manifest\u00e9 une d\u00e9termination ph\u00e9nom\u00e9nale, ils paraissaient pr\u00eats \u00e0 d\u00e9truire totalement l&rsquo;\u00e9conomie du pays. En cas de d\u00e9valuation, par exemple, avec les effets attendus sur la dette, comment parer les foudres de tels adversaires\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>La conclusion que nous tirons de l&rsquo;exp\u00e9rience du gouvernement Syriza, qui a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 imm\u00e9diatement au blocus et \u00e0 la guerre d\u00e9clench\u00e9e par les institutions europ\u00e9ennes, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut faire preuve d&rsquo;une d\u00e9termination au moins \u00e9quivalente. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que le gouvernement Syriza a \u00e9chou\u00e9\u00a0: il n&rsquo;a pris aucune mesure d&rsquo;auto-d\u00e9fense. C&rsquo;est dans ce cadre que nous concevons le retour \u00e0 la monnaie nationale. Ce moyen va nous aider dans le cadre du remboursement de la dette car il nous place en position de force pour obtenir de la part des cr\u00e9anciers l&rsquo;annulation de la plus grande partie de la dette. Nous voulons un compromis de cette nature, comme cela s&rsquo;est pass\u00e9 dans tous les pays surendett\u00e9s, je pense \u00e0 l&rsquo;Argentine, \u00e0 l&rsquo;Equateur&#8230; Nous consid\u00e9rons qu&rsquo;il est indispensable de r\u00e9cup\u00e9rer la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire dans le cadre du r\u00e9tablissement d\u00e9mocratique de la souverainet\u00e9 populaire, et absolument pas dans une perspective de repli nationaliste&#8230; Notre d\u00e9marche est profond\u00e9ment internationaliste. Nous ne racontons pas des salades, comme l&rsquo;a fait Syriza\u00a0: nous ne disons pas que nous allons convaincre les autres Europ\u00e9ens, nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;illusions sur le fait que Hollande ou Renzi ou je ne sais qui vont nous aider dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Nous comptons sur la mobilisation du peuple grec, sur la sensibilisation de l&rsquo;opinion publique europ\u00e9enne, sur la solidarit\u00e9 internationale des mouvements sociaux. Les v\u00e9ritables alli\u00e9s pour nous sont l\u00e0\u00a0!<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Vous ne voyez aucun alli\u00e9 institutionnel en Europe\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis.<\/strong> Non, pas en Europe ! On peut en trouver ailleurs&#8230; C&rsquo;est une autre dimension.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>A ce propos, vous semblez vouloir instituer des relations fortes avec d&rsquo;autres Etats ailleurs sur la plan\u00e8te afin de couvrir les besoins de financement de la Gr\u00e8ce. Mais ce qu&rsquo;il se dit dans le gouvernement Tsipras, encore aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que ces tentatives ont \u00e9t\u00e9 faites, mais qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas pu aboutir&#8230; C&rsquo;est faux\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Alors, d&rsquo;abord, tout n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9gatif dans ce que le gouvernement Syriza a r\u00e9alis\u00e9. Le fait que, dans de larges secteurs de la population grecque, la r\u00e9alit\u00e9 de ce qu&rsquo;est l&rsquo;Union europ\u00e9enne apparaisse, c&rsquo;est le gouvernement Syriza avec sa strat\u00e9gie erron\u00e9e qui l&rsquo;a rendu possible. La bataille du r\u00e9f\u00e9rendum a permis une forte mobilisation populaire et une avanc\u00e9e d\u00e9terminante dans les termes du d\u00e9bat, c&rsquo;est aussi au gouvernement Syriza qu&rsquo;on la doit. Tout \u00e7a aboutit \u00e0 une d\u00e9faite, mais il faut bien voir le chemin qui a \u00e9t\u00e9 parcouru.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Alors, dans les tentatives que le gouvernement a faites, il y a eu effectivement des ouvertures vers certains pays, mais nous sommes rest\u00e9s bloqu\u00e9s \u00e0 mi-chemin. Vis-\u00e0-vis de la Russie, en particulier, l&rsquo;attitude a \u00e9t\u00e9 h\u00e9sitante\u00a0: des d\u00e9marches ont \u00e9t\u00e9 entreprises, mais au moment crucial, le gouvernement Syriza n&rsquo;a pas donn\u00e9 suite.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>A quel moment\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Lors du tournant critique du r\u00e9f\u00e9rendum. L&rsquo;accord pour le gazoduc, obtenu par Panayiotis Lafazanis qui \u00e9tait ministre \u00e0 ce moment-l\u00e0, est extr\u00eamement favorable. Lafazanis a eu la marge politique pour faire ce geste important, les contacts se sont poursuivis. Mais il faut savoir que les Russes ne savaient pas, au fond, ce que les Grecs voulaient. Ils \u00e9taient extr\u00eamement m\u00e9fiants car ils avaient l&rsquo;impression que ces gestes d&rsquo;ouverture de la Gr\u00e8ce \u00e9taient utilis\u00e9s comme une carte dans la n\u00e9gociation avec les institutions europ\u00e9ennes, comme un outil de com&rsquo;. Les photos avec Poutine servaient de moyens de pression, mais tout \u00e7a restait tr\u00e8s superficiel, et \u00e7a n&rsquo;allait pas, ils le sentaient, \u00eatre suivis d&rsquo;engagements concrets. Et ils n&rsquo;aiment pas qu&rsquo;on joue avec eux.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Donc, si la Gr\u00e8ce sortait de l&rsquo;euro, trouveriez-vous des financements \u00e0 la hauteur n\u00e9cessaire en dehors de l&rsquo;Union europ\u00e9enne\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis.<\/strong> Nous n&rsquo;avons pas une vision eurocentrique. L&rsquo;Europe, d&rsquo;ailleurs, ne se limite pas \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne. La Russie et la Turquie, par exemple, sont des r\u00e9alit\u00e9s europ\u00e9ennes. L&rsquo;Europe elle-m\u00eame doit sortir des attitudes imp\u00e9rialistes et n\u00e9o-coloniales vis-\u00e0-vis des autres pays du monde. Et bien entendu, nous voulons d\u00e9velopper les relations avec les gouvernements progressistes des pays du Sud, tout particuli\u00e8rement en Am\u00e9rique du Sud \u2013 c&rsquo;est un choix strat\u00e9gique d&rsquo;Unit\u00e9 populaire -, mais aussi avec des puissances comme les Brics. Tout cela, \u00e9videmment, dans des conditions qui soient favorables aux int\u00e9r\u00eats du peuple grec. D\u00e9velopper les relations avec la Russie ou avec la Chine, ce n&rsquo;est pas exactement la m\u00eame chose, par exemple\u00a0: la Chine, c&rsquo;est vraiment le business et le commerce qui les int\u00e9ressent. Nous, nous ne voulons pas des privatisations qui attirent les Chinois, mais en m\u00eame temps, ils ont fait des ouvertures au niveau de la banque des Brics&#8230; Avec la Russie, c&rsquo;est autre chose car elle a une vision essentiellement g\u00e9opolitique\u00a0: pour elle, les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques sont subordonn\u00e9s \u00e0 une vision g\u00e9opolitique. Il est clair aussi que les relations avec la Russie ne signifient en aucun cas que nous consid\u00e9rons que Poutine est politiquement ou id\u00e9ologiquement proche de nous. Ce sont des relations internationales&#8230;<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Toujours sur votre programme, comment comptez-vous arr\u00eater les privatisations\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>L&rsquo;un des points-cl\u00e9s pour nous, c&rsquo;est la nationalisation des quatre banques syst\u00e9miques. C&rsquo;est tr\u00e8s simple et c&rsquo;\u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment fort du programme de Syriza. Dans trois des quatre banques, le public est aujourd&rsquo;hui majoritaire, mais ces droits demeurent muets et passifs car ce sont les conditions de la recapitalisation impos\u00e9es par le m\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 mon\u00e9taire. Nous sommes pour la d\u00e9sob\u00e9issance par rapport \u00e0 ces r\u00e8gles et, donc, nous voulons prendre le contr\u00f4le imm\u00e9diat de ces banques\u00a0: en principe, c&rsquo;est simple, il suffit d&rsquo;activer les parts du public qui sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. L&rsquo;un des aspects les plus scandaleux du troisi\u00e8me memorandum, c&rsquo;est que 25 milliards d&rsquo;euros vont \u00eatre consacr\u00e9s \u00e0 la recapitalisation des banques et que ces 25 milliards, ce sont les premiers fonds issus de la braderie des ressources publiques grecques\u00a0! C&rsquo;est un crime que le gouvernement Syriza a accept\u00e9 de cautionner. Ces 25 milliards seront exclusivement consacr\u00e9s au remboursement des pr\u00eats pour la recapitalisation \u00e0 venir des banques. Il faut mettre un terme \u00e0 ce scandale et nationaliser les banques. Nous sommes \u00e9galement favorables au retour dans la sph\u00e8re publique des infrastructures essentielles pour le pays, c&rsquo;est le cas des r\u00e9seaux d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, les ports, les t\u00e9l\u00e9communications. Pour nous, la relance passe par l&rsquo;investissement public\u00a0: tous les pays dans l&rsquo;histoire du monde \u2013 et je ne parle pas des pays en transition vers le socialisme \u2013 n&rsquo;ont pu red\u00e9marrer qu&rsquo;avec un secteur public et des investissements publics qui ont servi de locomotives. Nous ne croyons pas aux fariboles des investissements priv\u00e9s dans un pays brad\u00e9, avec des salaires de mis\u00e8re&#8230; Ce n&rsquo;est pas comme \u00e7a qu&rsquo;on va faire red\u00e9marrer l&rsquo;\u00e9conomie grecque\u00a0! Et ce n&rsquo;est surtout pas avec ces financements europ\u00e9ens, tr\u00e8s \u00e9troitement conditionn\u00e9s\u00a0: pendant les cinq ann\u00e9es de la crise, ils n&rsquo;ont absolument pas permis un quelconque red\u00e9marrage de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Tout le monde sait que les objectifs de privatisation, en l&rsquo;occurrence les 50 milliards d&rsquo;euros exig\u00e9s par les cr\u00e9anciers, sont parfaitement inatteignables et que, du coup, le pays ne pourra pas respecter de tels engagements&#8230; A quoi servent ces exigences\u00a0?\u00a0<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Cela sert \u00e0 mettre le pays en coupe r\u00e9gl\u00e9e. C&rsquo;est une v\u00e9ritable entreprise de n\u00e9o-colonisation, de liquidation de l&rsquo;Etat grec en tant qu&rsquo;Etat d\u00e9mocratique et souverain. Le fonds de privatisation de 50 milliards est directement contr\u00f4l\u00e9 par la tro\u00efka. Le conseil de politique budg\u00e9taire est compos\u00e9 de sept membres et quatre d&rsquo;entre eux sont directement nomm\u00e9s par les quatre institutions\u00a0: Fonds mon\u00e9taire international (FMI), Commission europ\u00e9enne, BCE et M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9. Ils ont le pouvoir de d\u00e9cider de coupes horizontales et automatiques en cas de d\u00e9passements budg\u00e9taires. L&rsquo;institut national de la statistique est \u00e9galement sous contr\u00f4le des institutions. Le secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral aux recettes fiscales devient une autorit\u00e9 compl\u00e8tement ind\u00e9pendante, mais en r\u00e9alit\u00e9, elle est sous la coupe des institutions, \u00e9videmment, et elle est susceptible de prendre des d\u00e9cisions qui ont valeur de d\u00e9crets minist\u00e9riels. Le gouvernement, quel qu&rsquo;il soit, n&rsquo;a aujourd&rsquo;hui plus aucun levier sous son contr\u00f4le. Ce qui signifie que l&rsquo;on va beaucoup plus loin encore avec ce troisi\u00e8me memorandum que tout ce qui avait \u00e9t\u00e9 fait jusque l\u00e0.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Comment vous expliquez cet acharnement contre le premier gouvernement de gauche radicale en Europe\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Il y a eu une dimension punitive tr\u00e8s claire. En brisant Syriza, on veut tuer toute tentative de rupture avec l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. En m\u00eame temps, il faut bien voir que la crise capitaliste actuelle n&rsquo;est pas du tout termin\u00e9e et que les classes dirigeantes semblent tout \u00e0 fait dispos\u00e9es \u00e0 aller vers un approfondissement des politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. L\u00e0, une fois de plus, la Gr\u00e8ce sert de laboratoire\u00a0: elle a \u00e9t\u00e9 le cobaye pour la premi\u00e8re \u00e9tape aust\u00e9ritaire, mais maintenant, elle devrait servir de cobaye pour la deuxi\u00e8me \u00e9tape d&rsquo;agression encore plus violente des politiques aust\u00e9ritaires. Syriza a \u00e9t\u00e9 la riposte \u00e0 la phase un de l&rsquo;exp\u00e9rimentation aust\u00e9ritaire, Unit\u00e9 populaire est la r\u00e9ponse politique \u00e0 la phase deux.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Vous faites irruption dans le paysage politique grec. A quel niveau fixez-vous votre ambition pour les prochaines \u00e9lections\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Si il y a bien un aspect de Syriza que nous entendons garder, c&rsquo;est de tenir un langage compr\u00e9hensible par la population, avoir comme objectif d&rsquo;\u00eatre majoritaire sur un programme simple mais radical qui r\u00e9ponde vraiment aux urgences et aux besoins, et \u00eatre en mesure d&rsquo;offrir une alternative applicable. C&rsquo;\u00e9tait un point fondamental de Syriza\u00a0: faire de la politique de masse, pas faire de la politique de petits groupes, pas faire de la politique sectaire, pas faire de la politique cantonn\u00e9e \u00e0 la protestation.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em> <strong>Il est tout \u00e0 fait possible qu&rsquo;Alexis Tsipras et Syriza remportent les prochaines \u00e9lections. Sans faire de politique-fiction, ils pourraient toutefois ne pas atteindre la majorit\u00e9 absolue. Est-ce qu&rsquo;au cas o\u00f9, de votre c\u00f4t\u00e9, vous r\u00e9ussiriez votre perc\u00e9e \u00e9lectorale, vous pourriez encore gouverner ensemble\u00a0?<\/strong><\/em><\/h3>\n<h3 class=\"TX\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Stathis Kouvelakis. <\/strong>Les memorandums sont comme le dieu Moloch, ils demandent des sacrifices de plus en plus importants. Avant Syriza, les memorandums avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9truits deux gouvernements. Ils ont an\u00e9anti le Pasok, un parti autrement plus solide et mieux implant\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 grecque que Syriza, qu&rsquo;ils ont transform\u00e9 en groupuscule. Ils ont d\u00e9truit en bonne partie la Nouvelle d\u00e9mocratie. Le troisi\u00e8me memorandum va d\u00e9truire Syriza, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s largement en cours\u00a0: la d\u00e9mission du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, ces derniers jours, est un sympt\u00f4me \u00e9clatant, tout de m\u00eame. Donc, les gens qui pensent que l&rsquo;instabilit\u00e9 politique est termin\u00e9e en Gr\u00e8ce se trompent lourdement. Un nouveau cycle s&rsquo;ouvre gr\u00e2ce \u00e0 Unit\u00e9 populaire qui permet aux secteurs populaires et aux mouvements sociaux hostiles aux memorandums de trouver une traduction politique. De ce point de vue, notre strat\u00e9gie n&rsquo;est pas bien diff\u00e9rente de celle de Podemos. Nous voulons faire irruption, bouleverser le paysage politique et faire au fond ce que Syriza a fait entre 2012 et 2015&#8230; Je ne vois pas pourquoi nous serions plus mal plac\u00e9s qu&rsquo;eux pour le faire. Le \u00ab\u00a0eux\u00a0\u00bb, c&rsquo;est aussi en partie nous, \u00e9videmment\u00a0!<\/h3>\n<h3 class=\"TX\" style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 class=\"TX\" style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Thomas Lemahieu<\/em><\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><span class=\"date-display-single\">Jeudi, 27 Ao\u00fbt, 2015<\/span><\/em><\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"field field-name-field-news-support-original field-type-list-text field-label-hidden\">\n<div class=\"field-items\">\n<h3 class=\"field-item even\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em><\/span><\/h3>\n<h3 class=\"field-item even\" style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 class=\"field-item even\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.humanite.fr\/grece-stathis-kouvelakis-aucune-illusion-sur-le-carcan-de-leuro-582336\">\u00a0http:\/\/www.humanite.fr\/grece-stathis-kouvelakis-aucune-illusion-sur-le-carcan-de-leuro-582336<\/a><\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Membre de la direction d\u2019Unit\u00e9 populaire, Stathis Kouvelakis d\u00e9taille, pour l\u2019Humanit\u00e9, les grands axes programmatiques du parti cr\u00e9\u00e9 par les dissidents de Syriza en vue des \u00e9lections de septembre. Ath\u00e8nes (Gr\u00e8ce), envoy\u00e9 sp\u00e9cial.\u00a0 Quel est le point de non-retour au sein de Syriza qui vous conduit aujourd&rsquo;hui \u00e0 cr\u00e9er un nouveau parti, Unit\u00e9 populaire\u00a0? 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