{"id":15188,"date":"2015-05-25T18:14:40","date_gmt":"2015-05-25T17:14:40","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15188"},"modified":"2015-05-25T18:14:40","modified_gmt":"2015-05-25T17:14:40","slug":"ce-24-mai-le-changement-a-commence-dans-letat-espagnol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15188","title":{"rendered":"Ce 24 mai, le changement a commenc\u00e9 dans l\u2019\u00c9tat espagnol"},"content":{"rendered":"<div class=\"date-posts\">\n<div class=\"post-outer\">\n<div class=\"post hentry\">\n<div id=\"post-body-7651627122979981036\" class=\"post-body entry-content\"><b><\/b><\/p>\n<div class=\"node node-article view-mode-full \"><b> <\/b><\/p>\n<div class=\"row\"><b> <\/b><\/p>\n<div class=\"col-sm-9 \">\n<div class=\"field field-name-field-image field-type-image field-label-hidden\"><\/div>\n<div class=\"field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden\">\n<div class=\"field-items\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/2.bp.blogspot.com\/-UCjCRCZJFoM\/VWNM6yMfqzI\/AAAAAAAAMnc\/p0pmzcTpMNA\/s1600\/podemos.jpg\" rel=\"lightbox[15188]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignleft\" src=\"http:\/\/2.bp.blogspot.com\/-UCjCRCZJFoM\/VWNM6yMfqzI\/AAAAAAAAMnc\/p0pmzcTpMNA\/s200\/podemos.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"100\" border=\"0\" \/><\/a><b>Le dimanche 24 mai ont eu lieu des \u00e9lections dans 9 000 municipalit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat espagnol et dans 13 r\u00e9gions autonomes (\u00e0 l\u2019exception de l\u2019Andalousie, la Galice, la Catalogne et le Pays Basque), pour les conseils d\u2019Araba, Bizkaia et Gipuzkoa (Pays basque), les conseils provinciaux dans les \u00eeles Canaries et dans les conseils des trois \u00eeles Bal\u00e9ares.<\/b><\/div>\n<div class=\"field-items\" style=\"text-align: justify;\"><b>\u00a0<\/b><\/div>\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\" style=\"text-align: justify;\"><b>La donn\u00e9e principale de la journ\u00e9e est que le Parti populaire (PP), bien qu\u2019il ait obtenu plus de 6 millions de voix (1er\u00a0parti en voix) a perdu 2,5 millions voix par rapport aux \u00e9lections municipales pr\u00e9c\u00e9dentes. Il n\u2019a battu le Parti socialiste (PSOE) que de 400 000 voix. Le PSOE lui-m\u00eame a perdu 775 000 voix par rapport aux pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9lections municipales, en d\u00e9pit d\u2019une augmentation significative de la participation.<\/b><b>Le deuxi\u00e8me fait est que le bipartisme sur lequel est bas\u00e9 le r\u00e9gime politique cr\u00e9\u00e9 en 1978 a connu un revers majeur\u00a0; ces deux partis d\u00e9passe<\/b><\/p>\n<p><b>Le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment est la forte irruption des candidatures d\u2019Unit\u00e9 populaire (Candidaturas de Unidad Popular-CUP) soutenues par Podemos qui ont obtenu d\u2019excellents r\u00e9sultats \u00e0 Barcelone et \u00e0 Madrid, mais aussi dans la ville de Cadix et plusieurs autres. De m\u00eame que les Mareas Atl\u00e1nticas dans diff\u00e9rentes populations de Galice. <\/b><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><b>Ces succ\u00e8s remettent en question le monopole de la droite conservatrice \u2013 CiU \u00e0 Barcelone, ou du PP ailleurs \u2013 des gouvernements des grandes villes.<\/b><\/p>\n<p><b>Le quatri\u00e8me \u00e9l\u00e9ment est que les r\u00e9sultats de Podemos, ont \u00e9t\u00e9 bons, dans les \u00e9lections municipales comme dans les parlements r\u00e9gionaux, m\u00eame s\u2019ils restent en dessous des attentes d\u2019une partie importante de la gauche. Dans le meilleur des cas il n\u2019arrive qu\u2019\u00e0 \u00eatre la troisi\u00e8me force.<\/b><\/p>\n<p><b>De son cot\u00e9, Ciudadanos, l\u2019option pour la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration du syst\u00e8me construit depuis des conseils d\u2019administration de certaines grandes entreprises, n\u2019a pas obtenu les r\u00e9sultats escompt\u00e9s.<\/b><\/p>\n<p><b>En fin, il convient de souligner que la Gauche unie (Izquierda Unida-IU) a perdu sa repr\u00e9sentation institutionnelle dans tous les parlements des autonomies, sauf dans les Asturies\u00a0: son \u00e9lectorat a \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9 par Podemos, ce qui constitue un \u00e9chec sans pr\u00e9c\u00e9dent pour IU.<\/b><\/p>\n<p><b>En termes de pouvoir politique institutionnel, l\u2019effondrement du PP est encore plus \u00e9lev\u00e9 que ce qu\u2019on constate \u00e0 travers les suffrages exprim\u00e9s. Le PP a perdu la majorit\u00e9 absolue en Cantabrie, Castille-La Manche et les communaut\u00e9s de Valence et de Madrid\u00a0; et il perd aussi leurs gouvernements en Aragon, Estr\u00e9madure et les \u00eeles Bal\u00e9ares. Pour l\u2019instant, il ne d\u00e9tient le pouvoir qu\u2019\u00e0 La Rioja et Murcie et il n\u2019est pas s\u00fbr de le garder \u00e0 Castilla Le\u00f3n.<\/b><\/p>\n<p><b>Dans les \u00e9lections municipales \u00e0 Barcelone, Ada Colau (liste soutenue par Podemos) a obtenu 11 conseillers, CIU (droite nationaliste)\u00a0: 10, Cidadanos\u00a0: 5, et le PSC (Parti socialiste catalan) qui fait le pire score de son histoire\u00a0: 4. A Madrid, Esperanza Aguirre (PP) obtient 21 conseillers face aux 20 de Manuela Carmena (soutenue par Podemos) et 9 du PSOE. Le PP n\u2019arrivera pas \u00e0 gouverner parce que la somme des conseillers de gauche est sup\u00e9rieure \u00e0 ceux de la droite.<\/b><\/p>\n<p><b>\u00c0 Cadix, Kichi Gonz\u00e1lez, membre d\u2019Anticapitalistas, a conduit la liste qui a obtenu 8 conseillers municipaux, contre l 10 pour Teofila Martinez du PP, qui perd donc sa majorit\u00e9 absolue. Cela signifie que l\u2019ensemble de la gauche a plus de conseillers que la droite pour la premi\u00e8re fois en deux d\u00e9cennies.<\/b><\/p>\n<p><b>De la m\u00eame mani\u00e8re, dans La Corogne et Saint Jacques de Compostelle, les Mar\u00e9es de l\u2019Atlantique (Mareas Atl\u00e1nticas) mettent en question le pouvoir de Feij\u00f3, le successeur possible de Rajoy \u00e0 la t\u00eate du P P.<\/b><\/p>\n<p><b>En essayant de faire une analyse partiale, Pedro Sanchez, leader du PSOE, a d\u00e9clar\u00e9 que les r\u00e9sultats\u00a0\u00ab\u00a0sont le d\u00e9but de la fin de Mariano Rajoy en tant que Premier ministre\u00a0\u00bb. Ce que ne dit pas Sanchez est vers o\u00f9 doit changer le cap du pays. Son projet reste strictement lib\u00e9ral social. Pas \u00e9tonnant que le pr\u00e9tendant socialiste pour remplacer Rajoy ait \u00e9galement vot\u00e9 la r\u00e9forme de l\u2019article 135 de la Constitution qui donne la priorit\u00e9 au paiement de la dette sur les d\u00e9penses sociales.<\/b><\/p>\n<p><b>Sanchez se trompe s\u2019il pense que la solution est une nouvelle \u00e9dition de l\u2019alternance entre les deux partis dynastiques. La d\u00e9faite du PP est l\u2019expression du rejet de la politique des coupes sociales et des remises en cause des droits et de la d\u00e9mocratie\u00a0; politiques qui ont conduit la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re et la majorit\u00e9 de la population dans une situation d\u2019appauvrissement continu tandis que les \u00e9lites se sont enrichies, avec comme r\u00e9sultat que la soci\u00e9t\u00e9 espagnole est le plus in\u00e9gale dans l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/b><\/p>\n<p><b>Dans ces \u00e9lections, Podemos et les candidatures de l\u2019Unit\u00e9 Populaire (CUP) auxquelles il a particip\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 consolid\u00e9s comme outils pour permettre au peuple et aux classes travailleuses de s\u2019exprimer. Le changement continue \u00e0 avancer. Le message des urnes est clair\u00a0: dehors le PP de toutes les institutions. Mais le d\u00e9fi pour Podemos et les CUP est d\u2019approfondir ce changement pour atteindre la rupture d\u00e9mocratique et emp\u00eacher au PSOE de mettre en place une r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration cosm\u00e9tique du vieux r\u00e9gime. Pour y arriver, Podemos et les CUP devraient d\u2019abord \u00e9viter que le PP puisse gouverner, mais surtout ils doivent d\u00e9velopper la mobilisation populaire au c\u00f4t\u00e9 des organisations sociales et approfondir la r\u00e9flexion programmatique et strat\u00e9gique avec l\u2019objectif de d\u00e9finir l\u2019avenir et de promouvoir la participation active des citoyens dans les affaires publiques, en cr\u00e9ant de nouvelles formes de d\u00e9cision populaire au niveau municipal et r\u00e9gional.<\/b><\/p>\n<p><b>Comme c\u2019est formul\u00e9 dans la d\u00e9claration d\u2019urgence des anticapitalistes apr\u00e8s le 24 mai\u00ab\u00a0le moment est venu d\u2019ouvrir un vaste d\u00e9bat d\u00e9mocratique dans le mouvement populaire pour gagner les prochaines \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales. Nous devons continuer \u00e0 d\u00e9velopper et organiser cette vague du changement, avec des assembl\u00e9es ouvertes dans tous les coins de l\u2019Etat. L\u2019unit\u00e9 populaire, une rupture radicale avec la logique de la gestion de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, un engagement clair pour impliquer les personnes dans toutes les d\u00e9cisions qui nous attendent, notamment la politique de pactes, sont le moyen de gagner.\u00a0\u00bb\u00a0Telle est la t\u00e2che principale actuelle des Anticapitalistas dans l\u2019\u00c9tat espagnol.<\/b><\/p>\n<p><b><strong>Manuel Gar\u00ed, 25\/05\/2015. Publi\u00e9 sur le site d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.europe-solidaire.org\/\">ESSF<\/a>\u00a0<\/strong><\/b><\/p>\n<div id=\"titre\">Elections r\u00e9gionales et municipales en Espagne\u00a0: s\u00e9isme politique, perc\u00e9e des \u00ab\u00a0indign\u00e9s\u00a0\u00bb<\/div>\n<div id=\"auteurs\"><a href=\"http:\/\/www.europe-solidaire.org\/spip.php?page=auteur&amp;id_auteur=12714\">MOREL Sandrine<\/a><\/div>\n<h3 id=\"outil_sommaire_0\" class=\"spip\">Elections en Espagne\u00a0: perc\u00e9e historique des \u00ab\u00a0indign\u00e9s\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>L\u2019Espagne connait un bouleversement politique dimanche 24 mai, au soir des \u00e9lections r\u00e9gionales et municipales. Le bipartisme qui organise la vie politique depuis 40 ans se voit \u00e9branl\u00e9 par la perc\u00e9e de forces politiques nouvelles, Ciudadanos (\u00ab\u00a0Citoyens\u00a0\u00bb, centre) et Podemos (\u00ab\u00a0Nous pouvons\u00a0\u00bb, gauche radicale).<\/p>\n<p>Le Parti populaire (PP, conservateur) du chef du gouvernement, Mariano Rajoy, paie ainsi le prix de quatre ann\u00e9es de politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de scandales de corruption, qui touchent aussi le Parti socialiste ouvrier (PSOE).<\/p>\n<p>Si le PP arrive en t\u00eate, juste devant le PSOE, il r\u00e9alise son pire score depuis 1991 et est en passe de perdre la majorit\u00e9 absolue dans la plupart de ses r\u00e9gions. Selon les calculs de <i>El Pais<\/i>, le PP a perdu 2,55 millions de votes par rapport aux pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9lections, en 2011.<\/p>\n<p>Le parti conservateur contr\u00f4lait 10 r\u00e9gions sur les 13 appel\u00e9es aux urnes dimanche.<\/p>\n<p>Au terme du scrutin, il et n\u2019est assur\u00e9 de rester au pouvoir que dans trois Comunidad (r\u00e9gions). Celles de Castille-et-Le\u00f3n, La Rioja et Murcie. Il a par ailleurs perdu sa majorit\u00e9 absolue dans quatre r\u00e9gions\u00a0: Cantabrie, Castille-La Manche, Valence et Madrid, et pourrait \u00eatre pouss\u00e9 dans l\u2019opposition \u2014 par la constitution de coalitions de gauche, une situation qu\u2019il n\u2019a plus connue depuis 20 ans \u2014 \u00e0 Aragnon, Estr\u00e9madure et les \u00celes Bal\u00e9ares.<\/p>\n<p>Le PSOE reste le deuxi\u00e8me parti du pays en nombre de vote, mais il a perdu 775 000 \u00e9lecteurs depuis 2011. Pedro Sanchez, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti socialiste, a estim\u00e9 dimanche que les Espagnols avaient montr\u00e9 qu\u2019ils voulaient un coup de barre \u00e0 gauche, assurant qu\u2019il appartiendra \u00e0 son mouvement de faire en sorte qu\u2019il y ait \u00ab\u00a0des gouvernements progressistes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0un changement s\u00fbr\u00a0\u00bb.<br \/>\nLes diff\u00e9rents partis entame \u00e0 pr\u00e9sent une d\u00e9licate p\u00e9riode de tractations et de compromis pour former des coalitions r\u00e9gionales.<\/p>\n<p>A Madrid, bastion conservateur depuis 1991 et berceau du mouvement des \u00ab\u00a0indign\u00e9s\u00a0\u00bb, le PP, bien qu\u2019arriv\u00e9 en t\u00eate du scrutin, pourrait perdre au profit de l\u2019alliance de gauche \u00ab\u00a0Ahora Madrid\u00a0\u00bb (Maintenant Madrid), men\u00e9e par l\u2019ex-juge Manuela Carmena et soutenue par Podemos. Si le Parti socialiste la soutient, ce qui fait peu de doute, Manuela Carmena deviendra maire de la capitale espagnole.<\/p>\n<p>A Barcelone, deuxi\u00e8me ville d\u2019Espagne, une autre alliance de gauche dirig\u00e9e par Ada Colau, fondatrice de la Plate-forme des victimes d\u2019hypoth\u00e8ques qui milite contre les expulsions immobili\u00e8res, et soutenue l\u00e0-aussi par Podemos, l\u2019a emport\u00e9 face aux partisans de l\u2019ind\u00e9pendance de la Catalogne, un coup dur pour le mouvement s\u00e9paratiste. Sa liste obtient onze si\u00e8ges, contre dix pour les nationalistes conservateurs de CiU, cinq pour le nouveau parti Ciudadanos (centre droit) et quatre pour le Parti socialiste catalan (PSE).<\/p>\n<p><strong>Le Monde.fr<\/strong><\/p>\n<p>* Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 25.05.2015 \u00e0 00h23 \u2022 Mis \u00e0 jour le 25.05.2015 \u00e0 05h56.<\/p>\n<hr class=\"spip\" \/>\n<h3 id=\"outil_sommaire_1\" class=\"spip\">S\u00e9isme politique en Espagne<\/h3>\n<p>Sur les places publiques de Madrid et de Barcelone, des centaines de personnes dansaient de joie dimanche 24 mai. Les \u00e9lections municipales et r\u00e9gionales en Espagne font figure de v\u00e9ritable s\u00e9isme politique. Elles marquent la fin du bipartisme qui articule les institutions espagnoles depuis la transition d\u00e9mocratique (1975-1982).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quatre ans au pouvoir, le Parti populaire (PP, droite), marqu\u00e9 par la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 men\u00e9e durant la crise et par une succession de scandales de corruption, s\u2019effondre. Il perd 40\u00a0% des voix par rapport \u00e0 2011, permettant au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de remporter la victoire dans de nombreuses r\u00e9gions et mairies, malgr\u00e9 une nouvelle chute de 12,5\u00a0% des voix. L\u2019entr\u00e9e en force du parti de la gauche radicale Podemos, qui ne se pr\u00e9sentait sous ce nom que pour les \u00e9lections r\u00e9gionales, et du parti de centre droit Ciudadanos, va obliger les deux grands partis \u00e0 sceller des accords avec ces nouvelles formations s\u2019ils veulent gouverner.<\/p>\n<p><br class=\"autobr\" \/><strong>Les clefs de Barcelone aux indign\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>A Barcelone, la liste citoyenne emmen\u00e9e par Ada Colau, figure de la plate-forme de lutte contre les expulsions immobili\u00e8res (PAH) et du mouvement des Indign\u00e9s, qui regroupe Podemos, les \u00e9cologistes catalans et des activistes de gauche, a remport\u00e9 la mairie avec une courte majorit\u00e9 de vingt et un conseillers municipaux, devant les nationalistes de droite de Convergence et Union (CIU, vingt conseillers). Les Indign\u00e9s devraient obtenir, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019abstention probable des autres forces politiques, les clefs de la capitale catalane, avec un programme centr\u00e9 sur la lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales et la corruption. <i>\u00ab\u00a0Sans pouvoir m\u00e9diatique, \u00e9conomique, judiciaire, nous avons d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019on peut faire les choses autrement et (\u2026) que le r\u00eave et l\u2019espoir peuvent l\u2019emporter,\u00a0\u00bb<\/i> a d\u00e9clar\u00e9, \u00e9mue, Ada Colau, en s\u00e9chant des larmes de joie devant une foule de sympathisants. La mobilisation des abstentionnistes \u00e0 Barcelone, o\u00f9 la participation a augment\u00e9 de huit points par rapport aux derni\u00e8res \u00e9lections, a \u00e9t\u00e9 la clef du scrutin.<\/p>\n<p>Avec des moyens r\u00e9duits, mais beaucoup d\u2019enthousiasme et une imagination d\u00e9bordante, la plate-forme Ahora Madrid, emmen\u00e9e par l\u2019ancienne juge de 71 ans Manuela Carmena, soutenue par Podemos, par les \u00e9cologistes d\u2019Equo et par des membres critiques du parti des \u00e9colo-communistes de la Gauche unie, est parvenue \u00e0 se hisser \u00e0 la seconde position dans la capitale, \u00e0 un si\u00e8ge du Parti populaire, qui gouvernait Madrid avec une majorit\u00e9 absolue depuis 1991. Il ne fait pas de doute qu\u2019elle sera la prochaine maire de la capitale, gr\u00e2ce au soutien attendu du PSOE, qui a besoin de Podemos pour prendre le pouvoir dans de nombreuses r\u00e9gions. C\u2019est donc en vainqueur que Manuela Carmena s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e devant une foule d\u00e9cha\u00een\u00e9e qui scandait son nom.<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Le plus singulier, sp\u00e9cial et extraordinaire de cette campagne est que notre unique monnaie pour la faire a \u00e9t\u00e9 l\u2019imagination, la joie et la cr\u00e9ativit\u00e9,\u00a0\u00bb<\/i> a-t-elle d\u00e9clar\u00e9, en r\u00e9f\u00e9rence aux multiples initiatives n\u00e9es en dehors de la plate-forme autour de sa candidature. Des graphistes ont cr\u00e9\u00e9 b\u00e9n\u00e9volement des centaines de logos \u00e0 partir de son image et les ont diffus\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux\u00a0; des artistes ont compos\u00e9 des chansons, \u00e9crit des po\u00e8mes, cr\u00e9\u00e9 des tee-shirts et des autocollants, que des chauffeurs de taxi de la capitale arboraient sur leurs v\u00e9hicules. <i>\u00ab\u00a0Cette victoire est la v\u00f4tre,\u00a0\u00bb<\/i> a-t-elle conclu, la voix couverte par les cris de joie de ses sympathisants, r\u00e9unis devant le mus\u00e9e Reina Sofia.<\/p>\n<p><strong>Changement \u00ab\u00a0irr\u00e9versible\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>La mine d\u00e9confite, Esperanza Aguirre, la candidate du Parti populaire, n\u2019a pas vraiment cherch\u00e9 \u00e0 d\u00e9mentir la victoire que s\u2019est attribu\u00e9e Manuela Carmena, se contentant de rappeler sans conviction qu\u2019<i>\u00ab\u00a0en tant que parti qui a re\u00e7u le plus de voix, nous devrions avoir la mairie si les autres partis ne scellaient pas d\u2019accord\u00a0\u00bb<\/i>.<\/p>\n<p>L\u2019ampleur de la d\u00e9b\u00e2cle du PP se mesurera plus clairement durant les prochains jours ou semaines. Bien qu\u2019il soit le parti qui a recueilli le plus de suffrages en Espagne, avec 27\u00a0% des voix, il perd les majorit\u00e9s absolues qu\u2019il avait arrach\u00e9es en 2011, et ses principaux barons devraient se retrouver dans l\u2019opposition. C\u2019est d\u2019autant plus dramatique pour le PP que les r\u00e9gions espagnoles disposent d\u2019un fort degr\u00e9 d\u2019autonomie et contr\u00f4lent par exemple les d\u00e9penses en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation et de sant\u00e9.<br \/>\nEn t\u00eate dans la r\u00e9gion de Valence, en Aragon ou en Castille-La Manche, le PP ne devrait pas pouvoir gouverner si Podemos soutient l\u2019investiture des socialistes, comme tout porte \u00e0 le croire. Dans la r\u00e9gion de Madrid, o\u00f9 il gouverne depuis 1995, c\u2019est Ciudadanos qui jouera les arbitres, comme en Murcie, dans La Rioja ou en Castille-et-L\u00e9on.<\/p>\n<p>Pour Pablo Iglesias, le chef de file de Podemos, il ne fait gu\u00e8re de doute que la victoire de la gauche dans les grandes villes augure une d\u00e9faite du PP lors des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de cet automne. <i>\u00ab\u00a0Nous aurions aim\u00e9 que l\u2019usure des vieux partis soit plus rapide,\u00a0\u00bb<\/i> a avou\u00e9 Pablo Iglesias tout en soulignant que <i>\u00ab\u00a0les grandes villes sont le moteur du changement politique\u00a0\u00bb<\/i> et que ce changement est <i>\u00ab\u00a0irr\u00e9versible\u00a0\u00bb<\/i>.<\/p>\n<p><strong>Sandrine Morel<\/strong> (Madrid, correspondance)<br class=\"autobr\" \/>Journaliste au <i>Monde<\/i><\/p>\n<p>* Le Monde.fr | 25.05.2015 \u00e0 02h52 \u2022 Mis \u00e0 jour le 25.05.2015 \u00e0 08h38.<\/p>\n<hr class=\"spip\" \/>\n<h3 id=\"outil_sommaire_2\" class=\"spip\">L\u2019indign\u00e9e Ada Colau, future maire de Barcelone\u00a0?<\/h3>\n<p>Ada Colau, 41 ans, menait la liste Barcelone ensemble, alliance de plusieurs partis de gauche, int\u00e9grant notamment la jeune formation antilib\u00e9rale Podemos, port\u00e9e par le souffle du mouvement des Indign\u00e9s, qui avait occup\u00e9 les places d\u2019Espagne en 2011. Elle obtient onze si\u00e8ges contre dix pour celle du maire nationaliste conservateur sortant, cinq pour Ciudadanos (centre droit) et quatre pour le Parti socialiste catalan.<\/p>\n<p>Devant des militants euphoriques, Ada Colau, en larmes, a d\u00e9clar\u00e9 dimanche soir qu\u2019avec sa liste, c\u2019est <i>\u00ab\u00a0l\u2019espoir\u00a0\u00bb<\/i> qui a gagn\u00e9\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Le d\u00e9sir de changement a vaincu la campagne de la peur, de la r\u00e9signation, et avec \u00e7a, c\u2019est nous tous qui gagnons, surtout Barcelone.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><strong>Premier bastion des Indign\u00e9<\/strong>s<\/p>\n<p>Accus\u00e9e d\u2019\u00eatre populiste, inexp\u00e9riment\u00e9e et radicale par ses rivaux, Ada Colau a ralli\u00e9 les suffrages de plus de 176 000 \u00e9lecteurs, faisant de la deuxi\u00e8me ville la plus peupl\u00e9e d\u2019Espagne, avec 1,6 million d\u2019habitants, le premier bastion des Indign\u00e9s.<\/p>\n<p>Cheveux courts et ondul\u00e9s, son visage rond \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre dans le pays. Son travail \u00e0 la t\u00eate de la PAH, organisation luttant contre les expulsions de familles surendett\u00e9es, l\u2019a convertie en h\u00e9ro\u00efne des victimes de la crise.<\/p>\n<p>Ada Colau veut leur consacrer ses premi\u00e8res mesures une fois au pouvoir\u00a0: paralyser les expulsions dans la ville\u00a0; convertir les appartements vides en logements sociaux\u00a0; forcer les entreprises \u00e0 r\u00e9duire les prix de l\u2019eau, du gaz, de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9\u00a0; ou encore lancer un revenu mensuel minimal de 600 euros pour les familles au bord de la mis\u00e8re.<\/p>\n<p>La liste d\u2019Ada Colau n\u2019ayant pas recueilli la majorit\u00e9 absolue, des tractations vont \u00e0 pr\u00e9sent s\u2019ouvrir pour former des alliances avec les autres partis. Les chances qu\u2019elle soit renvers\u00e9e par une coalition d\u2019opposants sont minces.<\/p>\n<p><strong>Le Monde.fr<\/strong><br \/>\n* Le Monde.fr avec AFP | 25.05.2015 \u00e0 06h26 \u2022 Mis \u00e0 jour le 25.05.2015 \u00e0 07h48.<\/p>\n<hr class=\"spip\" \/>\n<h3 id=\"outil_sommaire_3\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"http:\/\/www.europe-solidaire.org\/spip.php?article35031#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>A Madrid, Manuela Carmena \u00ab\u00a0la rouge\u00a0\u00bb, a toutes les chances de l\u2019emporter<\/h3>\n<p><i>\u00ab\u00a0Je ne te comprends pas, Esperanza\u2026 Qu\u2019apr\u00e8s nous avoir fait tant de mal, tu veuilles encore gouverner.\u00a0\u00bb<\/i> C\u2019est ainsi que Manuela Carmena, une femme blonde de 71 ans au sourire en apparence doux, s\u2019est adress\u00e9e \u00e0 l\u2019une des plus redoutables femmes politiques espagnoles, la conservatrice Esperanza Aguirre, 63 ans, lors de la campagne pour les \u00e9lections municipales \u00e0 Madrid.<br \/>\nDimanche 24 mai, les Madril\u00e8nes ont donn\u00e9 vingt si\u00e8ges \u00e0 la liste de Manuela Carmena, candidate d\u2019une plate-forme comprenant des Indign\u00e9s et le parti antilib\u00e9ral Podemos, soit seulement un de moins qu\u2019\u00e0 celle d\u2019Esperanza Aguirre. Si le Parti socialiste (qui a obtenu neuf si\u00e8ges) la soutient, elle deviendra maire de la capitale espagnole, gouvern\u00e9e par la droite conservatrice depuis 1991.<br class=\"autobr\" \/>Ferveur<\/p>\n<p>Encore r\u00e9cemment, Manuela Carmena \u00e9tait inconnue du grand public et des m\u00e9dias, qui n\u2019ont pas encore pu d\u00e9cortiquer son pass\u00e9. Elle fait maintenant l\u2019objet d\u2019une v\u00e9ritable ferveur au sein de la gauche madril\u00e8ne, y compris des sympathisants du Parti socialiste.<\/p>\n<p>Issue d\u2019une famille de commer\u00e7ants madril\u00e8nes, elle est entr\u00e9e en campagne en organisant des petites r\u00e9unions de quartier au succ\u00e8s si fulgurant que les autres candidats de gauche ont rapidement disparu des radars des m\u00e9dias. Elle propose de lutter contre la corruption, de renforcer les transports en commun, d\u2019aider les plus pauvres, d\u2019ouvrir la gestion de la mairie aux citoyens et de diviser par deux son salaire, de 100 000 \u00e0 45 000 euros par an.<\/p>\n<p>Ex-militante communiste, membre d\u2019un groupe de travail sur la d\u00e9tention arbitraire aux Nations unies, elle a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e magistrate en 1981 dans une Espagne encore tr\u00e8s machiste et a gravi les \u00e9chelons, jusqu\u2019au Tribunal supr\u00eame.<\/p>\n<p><strong>Victoire quasi assur\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>En face, \u00ab\u00a0Espe\u00a0\u00bb \u2014 ex-ministre, ex-pr\u00e9sidente du S\u00e9nat, pr\u00e9sidente de la r\u00e9gion de Madrid entre 2003 et 2012 et comtesse par mariage, entr\u00e9e en politique il y a trente-deux ans \u2014 a une r\u00e9putation d\u2019indestructible en raison des nombreuses \u00e9preuves qu\u2019elle a surmont\u00e9es. Comme le cancer du sein qu\u2019elle a vaincu, ou lorsqu\u2019elle a \u00e9chapp\u00e9 en chemise de nuit et pieds nus aux attentats de Bombay qui ont frapp\u00e9 son h\u00f4tel en 2008.<\/p>\n<p>Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, l\u2019a par contre surnomm\u00e9e la <i>\u00ab\u00a0comtesse de la corruption\u00a0\u00bb<\/i>, l\u2019accusant, comme le fait Manuela Carmena, d\u2019avoir prot\u00e9g\u00e9 des responsables de son parti impliqu\u00e9s dans des affaires.<\/p>\n<p>Selon la correspondante du <i>Monde<\/i> \u00e0 Madrid, Sandrine Morel, il ne fait pas de doute que Manuela Carmena sera la prochaine maire de la capitale, gr\u00e2ce au soutien attendu du PSOE, qui a besoin de Podemos pour prendre le pouvoir dans de nombreuses r\u00e9gions.<\/p>\n<p><strong>Le Monde.fr<\/strong><\/p>\n<p>* Le Monde.fr avec AFP | 25.05.2015 \u00e0 05h46 \u2022 Mis \u00e0 jour le 25.05.2015 \u00e0 08h24.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dimanche 24 mai ont eu lieu des \u00e9lections dans 9 000 municipalit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat espagnol et dans 13 r\u00e9gions autonomes (\u00e0 l\u2019exception de l\u2019Andalousie, la Galice, la Catalogne et le Pays Basque), pour les conseils d\u2019Araba, Bizkaia et Gipuzkoa (Pays basque), les conseils provinciaux dans les \u00eeles Canaries et dans les conseils des trois [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[62,1],"tags":[117,101],"class_list":["post-15188","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-elections","category-non-classe","tag-democratie","tag-espagne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15188","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15188"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15188\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}