{"id":15037,"date":"2015-05-04T18:56:22","date_gmt":"2015-05-04T17:56:22","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15037"},"modified":"2015-05-04T18:56:22","modified_gmt":"2015-05-04T17:56:22","slug":"laudit-de-la-dette-grecque-une-idee-qui-a-fini-par-percer-par-amelie-poinssot-mediapart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=15037","title":{"rendered":"L&rsquo;audit de la dette grecque, une id\u00e9e qui a fini par percer, par Am\u00e9lie Poinssot (M\u00e9diapart)"},"content":{"rendered":"<div class=\"article-content entry-content\">\n<h3 class=\"separator\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/3.bp.blogspot.com\/-LMuk8srkId8\/VUcXh9GAyTI\/AAAAAAAAMYU\/ZpVaZ_bAfAQ\/s1600\/url.jpg\" rel=\"lightbox[15037]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignleft\" src=\"http:\/\/3.bp.blogspot.com\/-LMuk8srkId8\/VUcXh9GAyTI\/AAAAAAAAMYU\/ZpVaZ_bAfAQ\/s1600\/url.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"120\" border=\"0\" \/><\/a><b><strong>L&rsquo;id\u00e9e a mis du temps \u00e0 faire son chemin au sein de Syriza. Elle a finalement \u00e9t\u00e9 port\u00e9e par la pr\u00e9sidente du parlement, Zoi Konstantopoulou\u00a0: pour n\u00e9gocier une restructuration de la dette grecque avec les cr\u00e9anciers, il faut d&rsquo;abord d\u00e9terminer dans quelles proportions elle est l\u00e9gale, l\u00e9gitime, et soutenable. D\u00e9but avril, une \u00ab\u00a0commission pour la v\u00e9rit\u00e9 sur la dette grecque\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 mise sur pied\u00a0; elle commence ses travaux en ce d\u00e9but mai.<\/strong><\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>Ath\u00e8nes, de notre envoy\u00e9e sp\u00e9ciale.- Quand il rencontre pour la premi\u00e8re fois les responsables \u00e9conomiques de Syriza, en 2010, pour leur parler audit de la dette, l&rsquo;accueil est plut\u00f4t froid. Yorgos Mitralias, militant depuis toujours, membre grec du <a class=\"external\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/spip.php?rubrique3\" target=\"_blank\">CADTM<\/a> (\u00ab\u00a0Comit\u00e9 pour l&rsquo;annulation de la dette du tiers-monde\u00a0\u00bb) se trouve alors \u00e0 Berlin, pour la pr\u00e9paration du forum social europ\u00e9en. Cet ancien journaliste \u00e9conomique en est convaincu\u00a0: la totalit\u00e9 de la dette grecque n&rsquo;est pas l\u00e9gitime, et elle est insoutenable \u00e0 long terme. Yannis Dragasakis \u2013 aujourd&rsquo;hui n\u00b0\u00a02 du gouvernement \u2013 et Gabriel Sakellaridis \u2013 porte-parole de l&rsquo;ex\u00e9cutif \u2013 l&rsquo;\u00e9coutent poliment. Sa proposition ne sera pas retenue par le parti, qui si\u00e8ge alors \u00e0 Ath\u00e8nes sur les bancs de l&rsquo;opposition.\u00a0 <\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b><i>\u00ab\u00a0\u00c0 ce moment-l\u00e0, je d\u00e9couvre l&rsquo;ampleur de la dette grecque et le probl\u00e8me que cela pose \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie du pays<\/i>, se souvient Yorgos Mitralias. <i>Alors que le CADTM se concentrait par d\u00e9finition sur les dettes du tiers-monde, pour la premi\u00e8re fois il s&rsquo;agissait de restructurer la dette d&rsquo;un pays de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Pour moi, l&rsquo;instrument de l&rsquo;audit s&rsquo;av\u00e9rait en outre p\u00e9dagogique\u00a0: il pouvait conduire, s&rsquo;il \u00e9tait bien g\u00e9r\u00e9, \u00e0 la question de la d\u00e9cision politique.\u00a0\u00bb<\/i><\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>\u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0, la dette p\u00e8se 125\u00a0% du PIB grec. Il n&rsquo;y a pas encore eu les deux op\u00e9rations d&rsquo;effacement partiel, le <i>\u00ab\u00a0haircut\u00a0\u00bb<\/i> de f\u00e9vrier 2012, et le <i>\u00ab\u00a0buying-back\u00a0\u00bb<\/i> de novembre de la m\u00eame ann\u00e9e\u00a0: dans chaque cas, une d\u00e9cote d\u00e9guis\u00e9e sous la forme d&rsquo;un vaste \u00e9change d&rsquo;obligations de moindre valeur r\u00e9alis\u00e9 avec la bonne volont\u00e9 des cr\u00e9anciers, alors en majorit\u00e9 priv\u00e9s. Depuis, la dette grecque est pass\u00e9e dans les mains des \u00c9tats europ\u00e9ens, qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s beaucoup plus frileux devant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une nouvelle restructuration. Comble de l&rsquo;histoire, la dette grecque n&rsquo;a cess\u00e9 depuis de poursuivre une pente ascendante\u00a0: elle fr\u00f4le aujourd&rsquo;hui les 180\u00a0% du PIB\u2026<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>Pendant longtemps, l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un audit de la dette publique reste confin\u00e9e \u00e0 des cercles assez restreints de l&rsquo;extr\u00eame gauche grecque. En 2010, Yorgos Mitralias monte son site <a class=\"external\" href=\"http:\/\/www.contra-xreos.gr\/\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0Contre la dette\u00a0\u00bb<\/a>. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, il participe avec d&rsquo;autres \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un collectif citoyen, afin de mobiliser l&rsquo;opinion publique sur la question de l&rsquo;audit. <a href=\"http:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/economie\/050511\/crise-de-la-dette-lexemple-de-lequateur-peut-il-servir-en-europe\">Un s\u00e9minaire est organis\u00e9<\/a> avec de nombreux invit\u00e9s du monde entier, l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de la fac de droit d&rsquo;Ath\u00e8nes qui accueille l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement ne d\u00e9semplit pas pendant deux jours\u2026 et un mois plus tard, pendant le mouvement des \u00ab\u00a0Indign\u00e9s\u00a0\u00bb, le stand du collectif install\u00e9 au pied du parlement d&rsquo;Ath\u00e8nes est assailli par les curieux de tous bords. Mais le souffle retombe assez vite et, c\u00f4t\u00e9 politique, tr\u00e8s peu de responsables osent se frotter au sujet. Une seule d\u00e9put\u00e9e s&#8217;empare r\u00e9ellement du dossier\u00a0: Sofia Sakorafa, une ancienne socialiste qui a pris ses distances avec le Pasok un an auparavant, quand le parti a fait voter le premier m\u00e9morandum d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, et qui rejoindra plus tard Syriza\u00a0\u2013 sous l&rsquo;\u00e9tiquette duquel elle se fait \u00e9lire au parlement europ\u00e9en en mai 2014.<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b><i>\u00ab\u00a0\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, personne ne voulait parler de la dette en tant que telle<\/i>, confirme l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9e, qui ne cache pas sa joie de voir enfin son th\u00e8me de pr\u00e9dilection sur le devant de la sc\u00e8ne. <i>Faire l&rsquo;audit de la dette, comprendre comment elle s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9e, c&rsquo;est nous permettre de ne pas reproduire les erreurs qui nous ont conduits jusqu&rsquo;ici.\u00a0\u00bb<\/i><\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>C&rsquo;est \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 2013 que le parti de Tsipras se convertit \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un audit. La direction de Syriza re\u00e7oit alors Yorgos Mitralias, puis le pr\u00e9sident du CADTM, \u00c9ric Toussaint. <i>\u00ab\u00a0L&rsquo;id\u00e9e avait enfin p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 les cercles proches de Tsipras. Je pense que jusque-l\u00e0 ils \u00e9taient tout simplement ignorants sur la question de la dette\u00a0\u00bb<\/i>, l\u00e2che Yorgos Mitralias. De fait, \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, le parti de la gauche radicale construit sa strat\u00e9gie de conqu\u00eate de pouvoir. Le discours devient plus pr\u00e9cis, le programme plus concret, la pr\u00e9sence dans les m\u00e9dias plus offensive. La question d&rsquo;une restructuration de la dette, et surtout l&rsquo;organisation d&rsquo;une conf\u00e9rence internationale \u00e0 ce sujet, \u00e0 l&rsquo;image de la conf\u00e9rence de Londres de 1953 qui avait permis d&rsquo;effacer une grande partie des dettes allemandes, deviennent l&rsquo;axe central des discours d&rsquo;Alexis Tsipras. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;il d\u00e9fend, <a href=\"http:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/international\/120414\/tsipras-il-faut-retablir-la-democratie-dans-les-institutions-europeennes\">dans l&rsquo;entretien qu&rsquo;il accorde \u00e0 Mediapart en avril 2014<\/a>.<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>Arriv\u00e9 au pouvoir, en janvier, Syriza tente tant bien que mal d&rsquo;appliquer une partie de son programme. Il est surtout embarqu\u00e9 dans des n\u00e9gociations interminables avec les partenaires de la Gr\u00e8ce pour boucler les programmes d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 d\u00e9cid\u00e9s sous les gouvernements pr\u00e9c\u00e9dents, et la question de la ren\u00e9gociation de la dette est repouss\u00e9e \u00e0 plus tard. C&rsquo;est finalement la conviction et l&rsquo;obstination de la pr\u00e9sidente de l&rsquo;assembl\u00e9e, Zoi Konstantopoulou, qui permettent de ne pas enterrer le sujet. D\u00e9but avril elle annonce,<a class=\"external\" href=\"http:\/\/cadtm.org\/Grece-Conference-de-presse-sur-la\" target=\"_blank\"> au cours d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse<\/a>, la cr\u00e9ation de la \u00ab\u00a0commission pour la v\u00e9rit\u00e9 sur la dette grecque\u00a0\u00bb. Compos\u00e9e d&rsquo;une trentaine d&rsquo;experts b\u00e9n\u00e9voles, grecs et \u00e9trangers, cette commission va s&rsquo;atteler dans un premier temps \u00e0 d\u00e9crypter les dettes contract\u00e9es par le pays depuis 2010, qui repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui environ 4\/5<sup>e<\/sup> du poids total de la dette publique grecque. Elle rendra ses premiers r\u00e9sultats fin juin, avant de poursuivre l&rsquo;audit sur le reste de la dette, d&rsquo;ici \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>La plupart des membres de la commission sont des juristes, sp\u00e9cialistes en droit commercial, droit constitutionnel, droit des trait\u00e9s ou encore experts sur les questions relatives aux droits de l&rsquo;homme. La commission compte aussi des sp\u00e9cialistes des finances publiques et de l&rsquo;endettement. C\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, on y trouve <a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/patrick-saurin\">Patrick Saurin<\/a>, sp\u00e9cialiste des dettes locales et syndicaliste SUD des employ\u00e9s de banque, le juriste Renaud Vivien, ou encore l&rsquo;\u00e9conomiste Michel Husson de l\u2019Institut fran\u00e7ais pour la recherche \u00e9conomique et sociale. D&rsquo;autres experts viennent de Belgique, d&rsquo;Espagne ou de Grande-Bretagne, sont pass\u00e9s par la prestigieuse London School of Economics ou par des postes aux Nations unies, au Conseil de l&rsquo;Europe\u2026<\/b><\/h3>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>L&rsquo;exemple \u00e9quatorien<\/b><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>L&rsquo;ensemble de la commission est plac\u00e9e sous la houlette d&rsquo;\u00c9ric Toussaint, le porte-parole du CADTM. Cet analyste \u00e9conomique, auteur de nombreux ouvrages sur la probl\u00e9matique de la dette, ne veut pas conclure avant l&rsquo;heure, d&rsquo;autant que <i>\u00ab\u00a0diff\u00e9rentes expertises doivent pouvoir s&rsquo;exprimer au cours de ce travail\u00a0\u00bb<\/i> mais il rappelle que d\u00e9j\u00e0 en 2011, avec le collectif citoyen form\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes, il avait conclu \u00e0 <i>\u00ab\u00a0une tr\u00e8s large ill\u00e9gitimit\u00e9 de la dette r\u00e9clam\u00e9e \u00e0 la Gr\u00e8ce par la Tro\u00efka\u00a0\u00bb<\/i>. Le porte-parole du CADTM voit loin\u00a0: le rapport de la commission est destin\u00e9 tout autant aux Grecs qu&rsquo;aux autorit\u00e9s europ\u00e9ennes, lesquelles seront convi\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sentation des travaux.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b><i>\u00ab\u00a0Nous inviterons les responsables qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la Tro\u00efka, comme Dominique Strauss-Kahn, Jean-Claude Trichet et Christine Lagarde<\/i>, pr\u00e9voit-il. <i>Les banques fran\u00e7aises et allemandes, en 2010, ont cherch\u00e9 \u00e0 limiter au maximum leurs pertes. Nous allons montrer comment la Tro\u00efka a privil\u00e9gi\u00e9 les int\u00e9r\u00eats des banques au d\u00e9triment de la viabilit\u00e9 de la dette grecque en d\u00e9cidant des m\u00e9morandums d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb <\/i>Pour ce faire, la \u00ab\u00a0commission de v\u00e9rit\u00e9 sur la dette grecque\u00a0\u00bb va s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;article 472 du r\u00e8glement du parlement europ\u00e9en, lequel stipule que les autorit\u00e9s d&rsquo;un pays sous ajustement structurel doivent r\u00e9aliser un audit int\u00e9gral de leurs dettes. <i>\u00ab\u00a0Cet article nous permettra d&rsquo;exiger des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes des r\u00e9ponses \u00e0 nos questions\u00a0\u00bb<\/i>, pr\u00e9cise \u00c9ric Toussaint.<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>La commission, toutefois, n&rsquo;a aucune fonction d\u00e9cisionnaire. Son mandat est de fournir une analyse objective de la dette publique. Libre \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cutif, ensuite, de s&rsquo;en servir comme d&rsquo;un argument massue pour n\u00e9gocier un effacement\u2026<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;a fait l&rsquo;\u00c9quateur, en 2009. Une commission \u2013 dont faisait partie, d\u00e9j\u00e0, le porte-parole du CADTM\u00a0\u2013 avait planch\u00e9 pendant quinze mois sur la dette publique du pays, travaux dont s&rsquo;\u00e9tait saisi le pouvoir \u00e9quatorien pour n\u00e9gocier ensuite avec ses cr\u00e9anciers. Op\u00e9ration r\u00e9ussie\u00a0: apr\u00e8s sept mois de discussions, quelque 40\u00a0% de l&rsquo;ardoise \u00e9quatorienne avaient \u00e9t\u00e9 effac\u00e9s. Diego Borja \u00e9tait alors ministre de l&rsquo;\u00e9conomie \u00e0 Quito et se trouvait en premi\u00e8re ligne des discussions. Aujourd&rsquo;hui membre de la \u00ab\u00a0commission pour la v\u00e9rit\u00e9 sur la dette publique\u00a0\u00bb, il voit deux points communs importants entre son pays d&rsquo;Am\u00e9rique latine et la p\u00e9ninsule hell\u00e8ne. <i>\u00ab\u00a0Le premier, c&rsquo;est que tous deux fonctionnent avec une monnaie \u00e9mise hors du pays\u00a0\u2013 le dollar dans le cas de l&rsquo;\u00c9quateur, l&rsquo;euro dans le cas de la Gr\u00e8ce \u2013, ce qui a un impact sur l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle et les marges de man\u0153uvre politiques. Le deuxi\u00e8me, c&rsquo;est le ratio entre la dette et la capacit\u00e9 \u00e9conomique du pays. Pour l\u2019\u00c9quateur, le poids de la dette, avant l&rsquo;effacement, s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 35\u00a0% du PIB. Certes, ce chiffre est largement inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la Gr\u00e8ce. Mais si l&rsquo;on tient compte de la puissance \u00e9conomique \u00e9quatorienne, beaucoup plus modeste, cela revient au m\u00eame\u00a0: la dette \u00e9tait si lourde qu&rsquo;elle \u00e9tait insoutenable pour le pays.\u00a0\u00bb<\/i><\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>L&rsquo;op\u00e9ration d&rsquo;effacement a pris la forme d&rsquo;un \u00e9change d&rsquo;obligations aupr\u00e8s des cr\u00e9anciers priv\u00e9s, moyennant une baisse de 70\u00a0% de leur valeur. Cela a repr\u00e9sent\u00e9 une \u00e9conomie de 8 milliards d&rsquo;euros pour le gouvernement \u00e9quatorien, et une baisse de quinze points de PIB. <i>\u00ab\u00a0Une op\u00e9ration parfaitement l\u00e9gale et l\u00e9gitime, r\u00e9alis\u00e9e avec les instruments que permet le march\u00e9<\/i>, souligne l&rsquo;ancien n\u00e9gociateur, joint par t\u00e9l\u00e9phone. <i>Le pays s&rsquo;\u00e9tait acquitt\u00e9 au pr\u00e9alable de ses dettes aupr\u00e8s du FMI, d&rsquo;un montant de 80 millions de dollars, ce qui lui a permis de rester irr\u00e9prochable au regard des institutions internationales.\u00a0\u00bb\u00a0<\/i><\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>L&rsquo;exemple \u00e9quatorien est assez parlant pour le cas grec\u00a0: l&rsquo;effacement partiel de sa dette avait permis \u00e0 Quito de d\u00e9gager de l&rsquo;argent public pour lancer une politique de grands investissements, dans les secteurs de l&rsquo;\u00e9ducation, des transports et de la sant\u00e9 notamment. Mais l&rsquo;op\u00e9ration financi\u00e8re n&rsquo;avait pas compl\u00e8tement r\u00e9solu la question de l&rsquo;endettement public, et les dettes sont revenues \u00e0 la hausse ces derni\u00e8res ann\u00e9es en raison de la conjoncture \u00e9conomique et de la baisse du prix du p\u00e9trole, principale ressource du pays.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>De plus, les sommes en jeu \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque dans le cas de l&rsquo;endettement \u00e9quatorien n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec les sommes que l\u2019\u00c9tat grec doit rembourser aujourd&rsquo;hui. Les mois de juillet et ao\u00fbt \u00e0 eux seuls attendent Ath\u00e8nes au tournant\u00a0: la p\u00e9ninsule hell\u00e8ne devra alors rembourser 6,7 milliards d&rsquo;euros \u00e0 la Banque centrale europ\u00e9enne. D&rsquo;ici l\u00e0, plusieurs \u00e9ch\u00e9ances se pr\u00e9sentent vis-\u00e0-vis du FMI, dont une le 12 mai qui s&rsquo;annonce d\u00e9j\u00e0 probl\u00e9matique\u00a0: d&rsquo;apr\u00e8s une source gouvernementale \u00e0 Ath\u00e8nes, l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;a pas la tr\u00e9sorerie n\u00e9cessaire pour r\u00e9gler les 750 millions d&rsquo;euros dus \u00e0 cette date \u00e0 l&rsquo;institution de Washington. Au total, la Gr\u00e8ce cumule actuellement une ardoise de plus de 320 milliards d&rsquo;euros\u2026<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>Pour Sofia Sakorafa, porteuse du projet d&rsquo;audit depuis 2011 et d\u00e9sormais responsable des relations de la \u00ab\u00a0commission v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb avec le parlement europ\u00e9en et les parlements nationaux, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ce travail n&rsquo;est pas seulement de fournir des arguments \u00e0 une future restructuration du fardeau de la dette. Il est aussi de modifier le rapport des Grecs \u00e0 leur administration\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Poser la question de la dette, c&rsquo;est faire \u0153uvre de transparence sur la gestion de l&rsquo;argent public\u00a0\u00bb<\/i>, estime la d\u00e9put\u00e9e europ\u00e9enne qui rappelle combien les jeux Olympiques, en 2004, avaient d\u00e9j\u00e0 sacr\u00e9ment alourdi les d\u00e9penses de l&rsquo;\u00c9tat. <i>\u00ab\u00a0Le budget des JO annonc\u00e9 au d\u00e9part \u00e9tait de 2,5 milliards d&rsquo;euros\u2026 Il a \u00e9t\u00e9 de 10,5 milliards au final\u00a0!\u00a0\u00bb<\/i>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>D\u00e9cortiquer la dette, explique-t-elle, va permettre de mettre en \u00e9vidence les nombreux dessous-de-table partis \u00e0 l&rsquo;occasion de ces JO, ou encore les juteux contrats sign\u00e9s avec l&rsquo;entreprise allemande Siemens dans les ann\u00e9es 2000. Il va aussi permettre de d\u00e9terminer la part du budget militaire dans l&rsquo;envol\u00e9e des d\u00e9penses publiques. En 2010, rappelle l&rsquo;\u00e9lue Syriza, lorsque le gouvernement grec signe le premier m\u00e9morandum d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, deux pays s&rsquo;assurent que leurs contrats seront bien honor\u00e9s malgr\u00e9 le tournant de la rigueur\u00a0: la France (vente d&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8res) et l&rsquo;Allemagne (vente de sous-marins).<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>Autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui, s&rsquo;ils ressortent clairement des travaux de la commission d&rsquo;audit, permettront de regarder d&rsquo;un autre \u0153il l&rsquo;histoire de ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es\u2026 <i>\u00ab\u00a0Il ne s&rsquo;agit pas seulement de se dire la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 nous, les Grecs. Il s&rsquo;agit de dire la v\u00e9rit\u00e9 aussi aux Europ\u00e9ens sur la r\u00e9alit\u00e9 de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9. Sous quelles conditions avons-nous sign\u00e9 les m\u00e9morandums d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, que demandaient alors pr\u00e9cis\u00e9ment les institutions europ\u00e9ennes et le FMI quand ils nous pr\u00eataient de l&rsquo;argent\u2026\u00a0? Personne ne nous a pr\u00eat\u00e9 des millions par altruisme. Tous les cr\u00e9anciers en ont tir\u00e9 profit.\u00a0\u00bb<\/i> L&rsquo;Allemagne a ainsi d\u00e9j\u00e0 tir\u00e9 des sommes colossales de l&rsquo;argent pr\u00eat\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce. Les estimations varient, mais <a class=\"external\" href=\"http:\/\/www.rp-online.de\/politik\/eu\/griechenland-hat-deutschland-360-millionen-euro-zinsen-gezahlt-aid-1.4920921\" target=\"_blank\">d&rsquo;apr\u00e8s le <i>Rheinische Post <\/i>qui reprenait en mars une d\u00e9claration du ministre allemand des finances \u00e0 ce sujet<\/a>, Berlin aurait d\u00e9j\u00e0 touch\u00e9 360 millions d&rsquo;euros en taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat depuis 2010.<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b><strong>\u00a0<\/strong><\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b><strong>URL source:<\/strong> <a href=\"http:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/international\/030515\/laudit-de-la-dette-grecque-une-idee-qui-fini-par-percer\">http:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/international\/030515\/laudit-de-la-dette-grecque-une-idee-qui-fini-par-percer<\/a><\/b><\/h3>\n<\/div>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;id\u00e9e a mis du temps \u00e0 faire son chemin au sein de Syriza. Elle a finalement \u00e9t\u00e9 port\u00e9e par la pr\u00e9sidente du parlement, Zoi Konstantopoulou\u00a0: pour n\u00e9gocier une restructuration de la dette grecque avec les cr\u00e9anciers, il faut d&rsquo;abord d\u00e9terminer dans quelles proportions elle est l\u00e9gale, l\u00e9gitime, et soutenable. D\u00e9but avril, une \u00ab\u00a0commission pour la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[232],"tags":[103,16,205],"class_list":["post-15037","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notre-economie-et-la-leur","tag-demarche-citoyenne","tag-economie","tag-grece"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15037","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15037"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15037\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15037"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15037"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15037"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}