{"id":14792,"date":"2015-04-07T13:16:08","date_gmt":"2015-04-07T12:16:08","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=14792"},"modified":"2015-04-07T13:16:08","modified_gmt":"2015-04-07T12:16:08","slug":"grece-lheure-des-choix-par-alexis-cukier-et-pierre-khalfa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=14792","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce, l\u2019heure des choix, par Alexis Cukier et Pierre Khalfa"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b><a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/43bb07bff44fb9697ccbb535141ad060.jpg\" rel=\"lightbox[14792]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-14434\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/43bb07bff44fb9697ccbb535141ad060.jpg\" alt=\"43bb07bff44fb9697ccbb535141ad060\" width=\"230\" height=\"230\" \/><\/a>Alexis Tsipras \u00ab doit faire atterrir ses troupes et que Syriza redescende sur terre \u00bb. Ainsi s\u2019exprime le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin . Cette phrase est un condens\u00e9 politique. Elle combine le m\u00e9pris \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Gr\u00e8ce et de Syriza. M\u00e9pris, quand le peuple grec est compar\u00e9 \u00e0 des militaires aux ordres d\u2019un chef. Incapable donc de r\u00e9fl\u00e9chir par lui-m\u00eame, il faut le faire \u00ab atterrir \u00bb. Renoncement \u00e0 tout projet de transformation sociale avec l\u2019injonction faite \u00e0 Syriza de \u00ab redescendre sur terre \u00bb. Pour ceux qui avaient l\u2019illusion que le gouvernement fran\u00e7ais pouvait avoir une attitude bienveillante envers le gouvernement grec, cette d\u00e9claration, apr\u00e8s l\u2019attitude hypocrite de la France lors des r\u00e9unions de l\u2019Eurogroupe, sonne la fin des illusions. La Gr\u00e8ce est dramatiquement seule.<\/b><b><\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">Le programme de Syriza et le premier accord avec l\u2019Eurogroupe<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La position du gouvernement grec dans les n\u00e9gociations en cours ne peut \u00eatre comprise sans rappeler trois facteurs politiques d\u00e9terminants : les d\u00e9g\u00e2ts \u00e9conomiques et sociaux caus\u00e9s par la \u00ab cure d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00bb impos\u00e9e par la Tro\u00efka, le programme de Syriza et le nouvel \u00e9quilibre des forces politiques en Gr\u00e8ce apr\u00e8s les \u00e9lections du 25 janvier 2015.<\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le mandat du gouvernement est d\u2019abord de rompre avec la logique qui a conduit \u00e0 l\u2019appauvrissement absolu de la population grecque depuis 2010 et de r\u00e9pondre \u00e0 une crise humanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent ces derni\u00e8res d\u00e9cennies en Europe.\u00a0 En moins de cinq ans, 30% des entreprises grecques ont ferm\u00e9, 150 000 postes ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s dans le secteur public, il y a eu 42% d\u2019augmentation du ch\u00f4mage, 45% de baisse des retraites, une hausse de pr\u00e8s de 100% des personnes sous le seuil de pauvret\u00e9. Le PIB a diminu\u00e9 de 25% et la dette publique est pass\u00e9e de 120% \u00e0 175% du PIB. En 2014, le taux de ch\u00f4mage atteignait 27 % \u2013 plus de 50 % pour les jeunes \u2013 et le salaire minimum \u00e9tait de 480 euros net. C\u2019est \u00e0 cette aune qu\u2019il faut mesurer l\u2019adh\u00e9sion suscit\u00e9e par le projet de Syriza d\u2019en finir avec les pratiques politiques de capitulation sans coup f\u00e9rir devant les desiderata d\u2019institutions europ\u00e9ennes envoyant leurs ordres par courrier \u00e9lectronique\u00a0 ainsi que l\u2019hostilit\u00e9 massive du peuple grec envers le plan europ\u00e9en d\u2019 \u00ab aide \u00bb financi\u00e8re dont l\u2019essentiel a servi \u00e0 renflouer les banques europ\u00e9ennes en particulier allemandes et fran\u00e7aises.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Le programme de Syriza visait pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 mettr un terme \u00e0 cette situation. Il pr\u00e9voyait quatre points : une ren\u00e9gociation des contrats de pr\u00eats et de la dette publique ; un plan national de reconstruction imm\u00e9diate : mesures pour les plus pauvres, r\u00e9tablissement du salaire minimum, r\u00e9instauration des conventions collectives ; la reconstruction d\u00e9mocratique de l\u2019\u00c9tat : lutte contre l\u2019\u00e9vasion et la fraude fiscales, contre la corruption, r\u00e9embauche des fonctionnaires licenci\u00e9s ; un plan de reconstruction productive : arr\u00eat des privatisations, industrialisation et transformation de l\u2019\u00e9conomie par des crit\u00e8res sociaux et \u00e9cologiques. C\u2019est ce programme qui a obtenu lors des \u00e9lections du 25 janvier 36,34 % des suffrages, qui a constitu\u00e9 les termes de l\u2019alliance de Syriza avec les \u00ab Grecs ind\u00e9pendants \u00bb , et qui continue de former le socle du soutien massif du peuple grec au nouveau gouvernement. Et c\u2019est \u00e0 la mise en \u0153uvre progressive de ce programme qu\u2019Alexis Tsipras s\u2019est engag\u00e9 dans son discours de politique g\u00e9n\u00e9rale et de pr\u00e9sentation du projet gouvernemental au nouveau Parlement grec le 8 f\u00e9vrier dernier .<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il s\u2019agit, on le voit, d\u2019un programme relativement mod\u00e9r\u00e9, d\u2019inspiration keyn\u00e9sienne. Pourtant, les classes dirigeantes europ\u00e9ennes ont fait bloc pour s\u2019y opposer car, m\u00eame modeste, il entre en contradiction frontale avec l\u2019ordre n\u00e9olib\u00e9ral patiemment construit depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es. Trait\u00e9 europ\u00e9en apr\u00e8s trait\u00e9 europ\u00e9en, directive apr\u00e8s directive, l\u2019Union europ\u00e9enne est devenue une machine juridique dont l\u2019objectif est d&#8217;emp\u00eacher tout d\u00e9bat d\u00e9mocratique r\u00e9el, d&rsquo;exclure de la d\u00e9cision citoyenne les politiques \u00e9conomiques et sociales et de museler ainsi la souverainet\u00e9 populaire. Les politiques \u00e9conomiques se r\u00e9duisent \u00e0 appliquer une s\u00e9rie de normes, imp\u00e9ratifs cat\u00e9goriques sur lesquels les peuples n\u2019ont rien \u00e0 dire. C\u2019est cette construction que la victoire de Syriza remet en cause et c\u2019est pourquoi il faut que ce programme soit mis en \u00e9chec. C\u2019est cela que vise la strat\u00e9gie adopt\u00e9e par les institutions dans les n\u00e9gociations en cours depuis mi-f\u00e9vrier, ce qu\u2019on appelle en Gr\u00e8ce \u00ab la parenth\u00e8se de gauche \u00bb : organiser l\u2019effondrement de Syriza dans les mois suivant son \u00e9lection.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Commen\u00e7ons par rappeler le contenu des accords entre Syriza et l\u2019Eurogroupe \u00e0 ce jour. Sous la pression d\u2019un ultimatum lanc\u00e9 par l\u2019Eurogroupe le lundi 16 f\u00e9vrier, le gouvernement grec signe un accord de principe le vendredi 20 f\u00e9vrier. Le prolongement de l\u2019aide financi\u00e8re y est conditionn\u00e9 \u00e0 la validation d\u2019une liste de r\u00e9formes que le gouvernement grec a du proposer en toute h\u00e2te le lundi 23 f\u00e9vrier et qui a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 sur le principe par l\u2019Eurogroupe le mardi 24 f\u00e9vrier. On peut r\u00e9sumer ainsi le contenu de ces deux textes . Le communiqu\u00e9 de l\u2019Eurogroupe du 20 f\u00e9vrier pr\u00e9voit le prolongement provisoire du programme pr\u00e9c\u00e9dent, confirme l\u2019objectif du remboursement de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la dette ainsi que celui d\u2019un exc\u00e9dent primaire devant \u00eatre \u00ab en ligne \u00bb avec l\u2019objectif de 4,5% en 2016. Il engage le gouvernement grec \u00e0 \u00ab ne pas revenir sur des mesures et \u00e0 n\u2019effectuer aucun changement unilat\u00e9ral de politique ou de r\u00e9formes structurelles qui impacteraient n\u00e9gativement les objectifs budg\u00e9taires, la croissance \u00e9conomique et la stabilit\u00e9 financi\u00e8re. \u00bb.<\/h3>\n<h3><span style=\"color: #008000;\">La liste des r\u00e9formes envoy\u00e9e par le gouvernement grec le 23 f\u00e9vrier est organis\u00e9e autour de quatre points :\u00a0\u00a0<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>1. La r\u00e9forme des politiques fiscales : elle pr\u00e9voit la mise en place d\u2019instruments \u00e0 grande \u00e9chelle, in\u00e9dits, pour contrer la fraude fiscale et la corruption, mais aussi la poursuite de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 (notamment concernant la sant\u00e9, les salaires et les retraites) et des concessions au credo n\u00e9olib\u00e9ral (revenus et \u00e9valuation individualis\u00e9s, maximisation de la mobilit\u00e9 des ressources humaines, etc.).\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>2. La stabilit\u00e9 financi\u00e8re : elle pr\u00e9voit de d\u00e9p\u00e9naliser l\u2019endettement des personnes \u00e0 faible revenu et de ne pas exproprier les petits propri\u00e9taires endett\u00e9s de leur r\u00e9sidence principale mais aussi l\u2019engagement \u00e0 payer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la dette ainsi que l\u2019attribution des 10 milliards d\u2019euros du Fonds Hell\u00e9nique de Stabilit\u00e9 Financi\u00e8re non pas au budget de l\u2019\u00c9tat comme le d\u00e9fendait le gouvernement grec mais seulement pour la recapitalisation des banques\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>3. La promotion de la croissance : elle pr\u00e9voit des instruments de lutte contre le ch\u00f4mage et n\u2019\u00e9voque pas de nouveaux licenciements comme l\u2019exigeaient les projets initiaux de la Tro\u00efka, mais aussi la poursuite des privatisations, le report de l\u2019augmentation du salaire minimum et de la restauration des n\u00e9gociations salariales, la promotion de la comp\u00e9tition et l\u2019ouverture au capital des professions r\u00e9glement\u00e9es.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>4. La crise humanitaire : le principe de mesures d\u2019urgence (bons d\u2019alimentation, aides concernant la sant\u00e9 et l\u2019\u00e9nergie pour les m\u00e9nages aux plus faibles revenus) contre la grande pauvret\u00e9 est valid\u00e9, le projet d\u2019un revenu minimum garanti est \u00e9voqu\u00e9, mais il est stipul\u00e9 que ces mesures ne doivent pas avoir \u00ab d\u2019effet fiscal n\u00e9gatif \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles ne doivent pas avoir de co\u00fbt budg\u00e9taire.<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">De nombreuses analyses ont propos\u00e9 des \u00e9valuations imm\u00e9diates du contenu de ces accords des 20 et 24 f\u00e9vrier, en insistant tant\u00f4t sur les reculs de Syriza par rapport au programme de Thessalonique tant\u00f4t sur les reculs des institutions europ\u00e9ennes par rapport au projet de m\u00e9morandum initialement envisag\u00e9.\u00a0 Mais si la s\u00e9quence politique de cette n\u00e9gociation se d\u00e9roule \u00e0 un rythme extr\u00eamement dense et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, il ne s\u2019agissait l\u00e0 que du premier round du bras de fer opposant la strat\u00e9gie de \u00ab la parenth\u00e8se de gauche \u00bb \u00e0 ce qu\u2019on peut appeler la strat\u00e9gie de la \u00ab d\u00e9sob\u00e9issance contr\u00f4l\u00e9e \u00bb\u00a0 du gouvernement grec. En effet, aussit\u00f4t cet accord sign\u00e9, le gouvernement conduit par Alexis Tsipras comme les institutions europ\u00e9ennes ont cherch\u00e9 \u00e0 garder la main sur l\u2019interpr\u00e9tation de cet accord ainsi que sur le calendrier du bras de fer politique.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">Le d\u00e9but d\u2019un affrontement prolong\u00e9<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 de la Vouli, le Parlement grec, on retiendra quatre initiatives importantes. D\u2019abord, d\u00e8s les premiers jours suivant la formation du gouvernement, la vice-ministre des politiques migratoires, Tasia Christodoulopoulou, a annonc\u00e9 que le droit du sol remplacerait enfin en Gr\u00e8ce le droit du sang, permettant ainsi que 200.000 enfants d\u2019immigr\u00e9s obtiennent la nationalit\u00e9 grecque, ainsi que la fermeture de tous les centres de r\u00e9tention de migrants en Gr\u00e8ce. Rappelons que le r\u00e8glement europ\u00e9en Dublin II pr\u00e9voit que les pays du sud de l\u2019Europe, et notamment la Gr\u00e8ce, jouent le r\u00f4le de fronti\u00e8re r\u00e9pressive dans la \u00ab forteresse Europe \u00bb. Au-del\u00e0 de ces premi\u00e8res mesures, la Gr\u00e8ce devrait faire entendre dans l\u2019Union europ\u00e9enne une voix diff\u00e9rente sur les questions d\u2019immigration, en d\u00e9non\u00e7ant notamment ce r\u00e8glement et la logique de la politique migratoire qui le sous-tend.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ensuite, dans l\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s-coup des premiers accords avec l\u2019Eurogroupe, le minist\u00e8re de la lutte contre la corruption annonce la saisie de plusieurs centaines de millions d\u2019euros sur des comptes bancaires de d\u00e9posants riches ne pouvant justifier fiscalement leurs actifs, montrant ainsi sa d\u00e9termination \u00e0 mettre en \u0153uvre effectivement, \u00e0 la diff\u00e9rence des gouvernements pr\u00e9c\u00e9dents, une des exigences majeures de l\u2019Eurogroupe, qui constituait \u00e9galement une mesure phare du programme de Thessalonique. Un des principaux slogans mis en avant par le cabinet de Tsipras exprime ainsi tr\u00e8s clairement cette orientation : \u00ab Rupture avec la caste , solution avec l\u2019Europe \u00bb. Puis, le 17 mars, Zo\u00e9 Konstantopoulou, la pr\u00e9sidente du Parlement grec annonce la constitution d\u2019une commission d\u2019audit de la dette publique grecque, qui est coordonn\u00e9e par Eric Toussaint (porte parole du CADTM International)\u00a0 et dont l\u2019objectif explicite est de \u00ab d\u00e9terminer l\u2019\u00e9ventuel caract\u00e8re odieux, ill\u00e9gal ou ill\u00e9gitime des dettes publiques contract\u00e9es par le gouvernement grec \u00bb. Il s\u2019agit d\u2019un signal fort envoy\u00e9 \u00e0 la Tro\u00efka : le gouvernement est toujours d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier une annulation partielle de la dette du pays. Enfin, le 18 mars, le gouvernement fait adopter la premi\u00e8re loi de sa mandature, consacr\u00e9e \u00e0 un ensemble de mesures sociales en faveur des plus pauvres. Elle pr\u00e9voit notamment de fournir l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 gratuite et une aide au logement pour les foyers les plus d\u00e9munis, d\u2019accorder une aide alimentaire pour 300 000 personnes, ainsi qu\u2019une aide financi\u00e8re pour toutes celles et ceux qui sont priv\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 sociale par la perte de leur emploi.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Comme il \u00e9tait pr\u00e9visible, ces quatre s\u00e9ries de mesures ont suscit\u00e9 des r\u00e9actions de mauvaise foi, de m\u00e9pris et de rejet de la part de l\u2019Eurogroupe et ont contribu\u00e9 au durcissement, de part et d\u2019autre, de la tonalit\u00e9 des n\u00e9gociations ces deux derni\u00e8res semaines. La r\u00e9action des institutions europ\u00e9ennes \u00e0 l\u2019annonce des mesures de lutte contre la corruption et la fraude fiscale est r\u00e9v\u00e9latrice de leur attitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard du gouvernement grec. Plut\u00f4t que de proposer une coop\u00e9ration \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne \u2013 qu\u2019Alexis Tsipras a donc initi\u00e9, sans l\u2019appui de l\u2019Union europ\u00e9enne, avec l\u2019OCDE, institution qui n\u2019est pas particuli\u00e8rement connue pour son gauchisme, mais dont les pr\u00e9conisations insistent utilement sur l\u2019\u00e9vasion fiscale internationale \u2013 en vue de poursuivre les exil\u00e9s et d\u00e9linquants fiscaux (dont une partie se trouvait pourtant sur la \u00ab liste Lagarde \u00bb ), les institutions europ\u00e9ennes ont r\u00e9pondu par une demande accrue de contr\u00f4le des services administratifs et financiers \u00e0 Ath\u00e8nes. Il s\u2019agit notamment d\u2019\u00e9viter que soient remises en cause les pratiques de concurrence et \u00ab d\u2019optimisation \u00bb fiscales par ailleurs encourag\u00e9es par ces m\u00eames institutions ainsi que de continuer \u00e0 faire peser la responsabilit\u00e9 de cette fraude fiscale sur les contribuables grecs (dont on rappellera au passage que les imp\u00f4ts sur le revenu sont pr\u00e9lev\u00e9s \u00e0 la source\u2026).<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">D\u2019autre part, les repr\u00e9sentants des institutions europ\u00e9ennes se sont abstenus de tout commentaire sur la commission d\u2019audit de la dette publique, mais ont fait \u00e0 nouveau planer, ces derniers jours, la menace d\u2019une sortie de la Gr\u00e8ce de la zone euro. Enfin, l\u2019annonce de l\u2019adoption prochaine de la loi anti-pauvret\u00e9 \u00e0 la Vouli a valu \u00e0 Alexis Tsipras un mise en garde\u00a0 du directeur g\u00e9n\u00e9ral de la direction des affaires \u00e9conomiques et financi\u00e8res de l\u2019\u00e9quipe europ\u00e9enne en charge de la \u00ab supervision \u00bb technique des r\u00e9formes en Gr\u00e8ce, Declan Costello, au motif que cette loi constituerait une \u00ab action unilat\u00e9rale \u00bb formellement prescrite par l\u2019accord du 24 f\u00e9vrier.\u00a0 Dans un deuxi\u00e8me temps, la Commission europ\u00e9enne a finalement d\u00e9bloqu\u00e9 2 milliards d\u2019euros en soutien \u00e0 la \u00ab coh\u00e9sion sociale \u00bb en Gr\u00e8ce, tout en continuant d\u2019exiger une nouvelle liste de \u00ab r\u00e9formes structurelles \u00bb.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\">La nouvelle liste des r\u00e9formes : la bataille continue<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">C\u2019est autour de cette deuxi\u00e8me liste de r\u00e9formes qu\u2019a d\u00e9sormais lieu le deuxi\u00e8me round du bras de fer entre le gouvernement grec et l\u2019Union europ\u00e9enne. Toujours sous la pression du calendrier impos\u00e9 par le feu crois\u00e9 des \u00e9ch\u00e9ances de remboursement et des ultimatums politiques de l\u2019Eurogroupe, le gouvernement grec a pr\u00e9sent\u00e9 mercredi 1er avril au \u00ab Groupe de Bruxelles \u00bb (Commission europ\u00e9enne, Fonds mon\u00e9taire international et BCE, auxquels s\u2019est d\u00e9sormais ajout\u00e9 le Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re) une nouvelle liste de r\u00e9formes que cette derni\u00e8re exige de valider avant de d\u00e9bloquer une derni\u00e8re tranche d\u2019aide du plan europ\u00e9en, soit 7,2 milliards d\u2019euros.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cette liste de r\u00e9formes pr\u00e9voit notamment une s\u00e9ries de mesures permettant d\u2019am\u00e9liorer les rentr\u00e9es fiscales de la Gr\u00e8ce (nouveau syst\u00e8me de collecte d\u2019imp\u00f4t, mesures compl\u00e9mentaires de lutte contre l\u2019\u00e9vasion fiscale), la vente de licences de radiodiffusion, un rel\u00e8vement du taux sup\u00e9rieur d\u2019imposition sur le revenu ainsi que certains taux de TVA sur les produits de luxe et les boissons alcoolis\u00e9es, ainsi que la poursuite de certaines privatisations (notamment du Port du Pir\u00e9e). Dans l\u2019ensemble, cette liste ne fait que pr\u00e9ciser et prolonger celles d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9es le 23 f\u00e9vrier, puis le 6 mars.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mais elle ne pr\u00e9voit pas les r\u00e9formes du march\u00e9 du travail et le rel\u00e8vement de l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part \u00e0 la retraite (\u00e0 67 ans) explicitement exig\u00e9s par l\u2019Eurogroupe. Or ce nouveau point d\u2019achoppement des n\u00e9gociations concerne le noyau dur de la politique \u00e9conomique qui sera men\u00e9e dans les prochaines ann\u00e9es en Gr\u00e8ce, si bien que le bras de fer s\u2019est \u00e0 nouveau durci ces derniers jours. Pour les institutions europ\u00e9ennes, il s\u2019agit de s\u2019assurer de la poursuite des \u00ab r\u00e9formes structurelles \u00bb et de faire jouer la pression des \u00e9ch\u00e9ances de remboursement afin de forcer le consentement du gouvernement aux politiques n\u00e9olib\u00e9rales refus\u00e9es par Syriza. Les termes du chantage sont assez explicites : il s\u2019agit d\u2019esp\u00e9rer que la Gr\u00e8ce soit en un d\u00e9faut de paiement lors du prochain remboursement au FMI, pr\u00e9vu le 9 avril . Le gouvernement grec \u00e9tant alors aux abois, il n\u2019aurait pas d\u2019autre choix, pour faire d\u00e9bloquer une nouvelle tranche d\u2019aide permettant ce remboursement, que d\u2019accepter les conditions pos\u00e9es par l\u2019Eurogroupe. A ce chantage, Nikos Voutsis, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et de la reconstruction administrative, vient de r\u00e9pondre de mani\u00e8re ferme : l\u2019\u00c9tat grec paiera d\u2019abord les salaires et les pensions, et ensuite seulement, si c\u2019est possible, le remboursement au FMI. Pour le gouvernement grec, il s\u2019agit de rester dans le cadre des accords de f\u00e9vrier en \u00e9vitant de d\u00e9passer les \u00ab lignes rouges \u00bb qui emp\u00eacheraient la mise en \u0153uvre d\u2019une politique \u00e9conomique alternative.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Dans cette optique, il est n\u00e9cessaire de continuer les r\u00e9formes sur le front int\u00e9rieur et de trouver des leviers politiques dans la n\u00e9gociation avec le \u00ab\u00a0Groupe de Bruxelles\u00a0\u00bb. Ainsi, le gouvernement grec a d\u00fb confirmer la privatisation du port du Pir\u00e9e au b\u00e9n\u00e9fice de la soci\u00e9t\u00e9 chinoise Cosco, ce qui a amen\u00e9 P\u00e9kin \u00e0 acheter 100 millions de bons \u00e0 court terme, appel\u00e9s T-Bills, \u00e9mis par l\u2019\u00c9tat grec (voir plus loin sur cette question). D\u2019autre part, le gouvernement grec a avanc\u00e9 une rencontre officielle avec le gouvernement russe, qui pourrait proposer \u00e0 la Gr\u00e8ce une aide \u00e9conomique en \u00e9change d\u2019un soutien g\u00e9opolitique dans son conflit avec l\u2019OTAN ainsi que pour le projet du gazoduc Turkish Stream. Cette rencontre a \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9e le 8 avril, c\u2019est-\u00e0-dire la veille de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de remboursement au FMI pr\u00e9c\u00e9demment mentionn\u00e9. En r\u00e9action, l\u2019Eurogroupe continue de jouer la montre : les derniers \u00e9chos de Bruxelles \u00e9voquent l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019un accord avant fin avril. Autrement dit, il s\u2019agit d\u2019attendre que la crise de liquidit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat grec s\u2019aggrave en esp\u00e9rant que cela soit suffisant pour faire c\u00e9der Syriza. La \u00ab guerre de position \u00bb continue, et il est fort difficile d\u2019imaginer ce qui pourra d\u00e9bloquer la situation sans aggraver le conflit politique.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette nouvelle situation de blocage, il est n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser l\u2019analyse de la strat\u00e9gie d\u2019\u00e9tranglement adopt\u00e9e par les institutions europ\u00e9ennes ainsi que du dilemme tactique qui se pose aujourd\u2019hui au gouvernement grec.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">La strat\u00e9gie de l\u2019\u00e9tranglement<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">L\u2019attitude des dirigeants europ\u00e9ens peut donc \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e de la fa\u00e7on suivante : soit l\u2019acceptation par la Gr\u00e8ce de la politique d\u00e9finie par l\u2019Eurogroupe, soit la sortie de l\u2019euro. Le moyen utilis\u00e9, c\u2019est l\u2019\u00e9tranglement financier. Rappelons-en les principaux \u00e9pisodes.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">D\u00e9but f\u00e9vrier, soit quelques jours \u00e0 peine apr\u00e8s la victoire de Syriza, la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) annonce qu\u2019elle cesse d\u2019accepter les titres public grecs comme garanties (collat\u00e9raux) lors des op\u00e9rations de refinancement des banques grecques. Ces derni\u00e8res peuvent certes continuer \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019aide \u00e0 la liquidit\u00e9 d\u2019urgence (ELA), mais outre que le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat est beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 (1,55 % contre 0,05 %), cet acc\u00e8s peut \u00eatre coup\u00e9 \u00e0 tout moment par la BCE. De plus, celle-ci refuse de d\u00e9bloquer 1,9 milliard correspondant aux int\u00e9r\u00eats qu\u2019elle a engrang\u00e9s sur les titres grecs qu\u2019elle poss\u00e8de . L\u2019Eurogroupe refuse de verser \u00e0 la Gr\u00e8ce la derni\u00e8re tranche de pr\u00eats (7,2 milliards d\u2019euros) pr\u00e9vue dans le cadre de l\u2019accord du 20 f\u00e9vrier 2015, attendant que la liste des \u00ab r\u00e9formes \u00bb propos\u00e9es par le gouvernement grec le satisfasse.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Fin mars, la BCE demande aux banques grecques de ne plus acheter les titres publics \u00e9mis par l\u2019\u00c9tat grec. Or sans apport financier ext\u00e9rieur, le financement de l\u2019\u00c9tat grec ne repose aujourd\u2019hui que sur la capacit\u00e9 des banques grecques \u00e0 acheter des bons du tr\u00e9sor \u00e0 court terme (T-Bills). La BCE avait auparavant d\u00e9j\u00e0 refus\u00e9 la demande du gouvernement grec de relever le plafond d\u2019\u00e9mission des T-Bills de 15 \u00e0 25 milliards d\u2019euros. Elle veut en interdire maintenant l\u2019achat par les banques grecques. La Gr\u00e8ce est donc, de fait, priv\u00e9e de source de financement. Dans le m\u00eame temps, les directeurs du Tr\u00e9sor des pays de la zone euro ont refus\u00e9 de restituer \u00e0 la Gr\u00e8ce 1,2 milliard d\u2019euros lui revenant . La Gr\u00e8ce risque donc de se trouver en situation de cessation de paiement d\u00e8s le 20 avril.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Comble du cynisme, la BCE a commenc\u00e9, dans le cadre d\u2019une op\u00e9ration dite de Quantitative Easing (QE), \u00e0 acheter sur le march\u00e9 secondaire, c\u2019est-\u00e0-dire aux banques les poss\u00e9dant, des titres publics des \u00c9tats . Mais, elle n\u2019ach\u00e8tera que les emprunts publics les mieux not\u00e9s, sauf si le pays accepte un programme d\u2019aide du FMI, c\u2019est-\u00e0-dire se soumet \u00e0 la purge sociale que sont les r\u00e9formes structurelles. La Gr\u00e8ce, pays qui aurait pourtant le plus besoin de b\u00e9n\u00e9ficier de ces rachats d\u2019emprunts, n\u2019y aura donc pas droit sauf si elle accepte de continuer \u00e0 se soumettre au diktat des institutions europ\u00e9ennes. La BCE ne laisse le choix qu\u2019entre la ruine financi\u00e8re et la d\u00e9vastation sociale.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cette strat\u00e9gie d\u2019\u00e9tranglement vise un objectif principal : que le gouvernement grec finisse par accepter des r\u00e9formes, ou plut\u00f4t des contre-r\u00e9formes, que m\u00eame le gouvernement pr\u00e9c\u00e9dent avait refus\u00e9es, notamment en mati\u00e8re de retraite et de march\u00e9 du travail. Il s\u2019agit de faire capituler Syriza ou, en cas de refus, de forcer la Gr\u00e8ce \u00e0 sortir de l\u2019euro. Comme il est impossible juridiquement d\u2019expulser un pays de la zone euro et qu\u2019une volont\u00e9 affich\u00e9e de le faire cr\u00e9erait probablement des tensions entre les gouvernements de l\u2019Union europ\u00e9enne, il s\u2019agit, en l\u2019\u00e9tranglant, de forcer la Gr\u00e8ce \u00e0 prendre l\u2019initiative de cette sortie. Le gouvernement grec est parfaitement conscient du dilemme dans lequel le \u00ab Groupe de Bruxelles \u00bb veut l\u2019enfermer. C\u2019est pourquoi il cherche un compromis afin d\u2019essayer de briser cet \u00e9tau. Mais tout compromis renvoie aux rapports de forces entre les parties. Or le gouvernement grec n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 diviser ses adversaires et la faible mobilisation citoyenne europ\u00e9enne en sa faveur n\u2019a pas permis de peser sur les orientations des gouvernements europ\u00e9ens.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les dirigeants europ\u00e9ens pr\u00e9f\u00e8reraient \u00e9videmment que le gouvernement grec revienne sur ses engagements \u00e9lectoraux. Une telle capitulation serait utilis\u00e9e pour d\u00e9montrer aux autres peuples d\u2019Europe qu\u2019aucune alternative n\u2019est possible et que m\u00eame un gouvernement de la gauche radicale est oblig\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00ab raisonnable \u00bb. C\u2019est ce que nous avons pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9 sous la rubrique de la strat\u00e9gie de la \u00ab parenth\u00e8se de gauche \u00bb. Mais, malgr\u00e9 une situation dramatique, Syriza tient bon sur l\u2019essentiel. Continuer l\u2019\u00e9tranglement de la Gr\u00e8ce pour l\u2019obliger \u00e0 sortir de l\u2019euro reste donc une option. Ainsi, interrog\u00e9 par la t\u00e9l\u00e9vision publique autrichienne ORF sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un \u00ab Grexident \u00bb (contraction entre \u00ab Grexit \u00bb, terme renvoyant \u00e0 une sortie de la Gr\u00e8ce de la zone euro, et accident), Wolfgang Sch\u00e4uble, le ministre des finances de l&rsquo;Allemagne, a estim\u00e9 jeudi 12 mars que, \u00ab dans la mesure o\u00f9 la Gr\u00e8ce seule a la responsabilit\u00e9, la possibilit\u00e9 de d\u00e9cider ce qui se passe, et comme nous ne savons pas exactement ce que les responsables grecs font, nous ne pouvons pas l&rsquo;exclure \u00bb.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Il a certes \u00e9t\u00e9 d\u00e9menti et les d\u00e9clarations officielles se multiplient pour affirmer que la Gr\u00e8ce doit rester dans l\u2019euro. Au-del\u00e0 des effets de communication, il y a un vrai dilemme pour le \u00ab Groupe de Bruxelles \u00bb. Les institutions et les gouvernements europ\u00e9ens ont parfaitement compris l\u2019enjeu de la situation : un succ\u00e8s de Syriza remettrait en cause 30 ans de n\u00e9olib\u00e9ralisme en Europe et risquerait d\u2019entra\u00eener une contagion dans toute l\u2019Europe \u00e0 commencer par l\u2019Espagne avec Podemos. Pour les plus extr\u00e9mistes des dirigeants europ\u00e9ens, tout, m\u00eame une sortie de la Gr\u00e8ce de l\u2019euro, serait pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 ce sc\u00e9nario catastrophe. La question peut ainsi \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e : le meilleur sc\u00e9nario de capitulation de Syriza doit-il avoir lieu en dehors ou dans le cadre de l\u2019eurozone ?<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Or les partisans d\u2019un \u00ab Grexident \u00bb peuvent en effet penser que du fait du faible poids \u00e9conomique de la Gr\u00e8ce et du fait que les banques grecques ne sont pas syst\u00e9miques, le risque de d\u00e9stabilisation de la zone euro serait r\u00e9duit, ce d\u2019autant plus que la politique de QE men\u00e9e par la BCE permettrait de limiter les risques de sp\u00e9culation financi\u00e8re sur les \u00c9tats les plus expos\u00e9s. De plus, les cr\u00e9ances de la Gr\u00e8ce \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 comptabilis\u00e9es dans les dettes publiques des \u00c9tats, un \u00e9ventuel d\u00e9faut n\u2019aurait pas de cons\u00e9quences sur le niveau des ces derni\u00e8res. Mais, en fait, il est impossible de pr\u00e9voir r\u00e9ellement les cons\u00e9quences d\u2019une sortie de la Gr\u00e8ce de l\u2019euro. En remettant en cause l\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9 de l\u2019euro, c\u2019est \u00e9galement la croyance au caract\u00e8re irr\u00e9vocable de l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire qui serait d\u00e9truit. Des interrogations in\u00e9vitables se feraient jour pour les pays les plus fragiles avec une probabilit\u00e9 d\u2019un accroissement des primes de risque pour ces pays. Enfin, le cr\u00e9dit de la BCE qui, par la voix de Mario Draghi, avait promis en juillet 2012 que \u00ab La BCE est pr\u00eate \u00e0 faire tout ce qui est n\u00e9cessaire pour pr\u00e9server l\u2019euro \u00bb serait entam\u00e9. Rien de pire pour une banque centrale !<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les dirigeants europ\u00e9ens ont fait bloc en estimant que le gouvernement grec allait c\u00e9der face \u00e0 l\u2019\u00e9tranglement financier. La prise en compte des risques de cette strat\u00e9gie provoquera-t-elle des divisions parmi les gouvernements europ\u00e9ens si, Syriza ne capitulant pas, la perspective d\u2019une sortie de l\u2019euro devient imminente ?<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808000;\">Sortir de l\u2019euro, une solution pour la Gr\u00e8ce ?<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Dans cette situation, la question d\u2019une sortie de l\u2019euro se pose \u00e9videmment pour stopper l\u2019\u00e9tranglement financier dont la Gr\u00e8ce est victime. Costas Lapavitsas, un des animateurs de l\u2019aile gauche de Syriza, plaide pour une sortie n\u00e9goci\u00e9e de l\u2019euro . Il indique ainsi : \u00ab Si on luttait pour cette option du c\u00f4t\u00e9 grec et si on indiquait notre d\u00e9sir de l\u2019accepter, je pense qu\u2019on pourrait atteindre un compromis qui serait dans l\u2019int\u00e9r\u00eat non seulement de l\u2019\u00e9lite grecque, mais \u00e9galement de la population laborieuse \u2026 Une sortie n\u00e9goci\u00e9e \u2013 n\u00e9goci\u00e9e dans le sens que l\u2019autre partie du march\u00e9 serait une annulation de la dette que l\u2019UE devrait accepter, une annulation de 50%. La sortie serait prot\u00e9g\u00e9e, ce qui est d\u00e9terminant, dans le sens o\u00f9 la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) verrait que la d\u00e9valuation de la nouvelle monnaie ne serait pas sup\u00e9rieure \u00e0 20% et que les banques y survivront \u00bb.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mais cette solution suppose en fait le probl\u00e8me r\u00e9solu. En effet pourquoi l\u2019Union europ\u00e9enne accepterait-elle ce compromis ? Si les dirigeants europ\u00e9ens voulaient un compromis, ils auraient la possibilit\u00e9 de le mettre en \u0153uvre sans plus attendre. Pourquoi, par exemple, accepteraient-ils demain une annulation de la dette qu\u2019ils refusent aujourd\u2019hui ? Leur objectif est de faire plier Syriza, pas de faciliter sa r\u00e9ussite par une sortie ordonn\u00e9e de l\u2019euro. Pire m\u00eame, ils ne peuvent permettre qu\u2019une sortie de la Gr\u00e8ce de l\u2019euro se passe bien car alors ce serait accr\u00e9diter le fait qu\u2019il y a une vie apr\u00e8s l\u2019euro. D\u00e9j\u00e0 \u00e9branl\u00e9, le dogme de l\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9 de l\u2019euro prendrait alors un coup mortel. Une sortie de la Gr\u00e8ce de l\u2019euro ne peut \u00eatre que conflictuelle.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Fr\u00e9d\u00e9ric Lordon, qui en est partisan, note que \u00ab il faut avoir l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de reconna\u00eetre qu\u2019entre difficult\u00e9s logistiques de la r\u00e9installation de la drachme, imperfections de la mise en place des contr\u00f4les de capitaux, super-d\u00e9valuation de fait, imm\u00e9diatet\u00e9 de l\u2019inflation import\u00e9e, temps de r\u00e9ponse des exportations, etc., un processus de sortie-d\u00e9faut commencera par une phase passablement chaotique, dont la stabilisation, puis la mat\u00e9rialisation des b\u00e9n\u00e9fices, demanderont au moins douze et plus probablement dix-huit mois\u00a0 \u00bb. On peut ajouter \u00e0 cette liste le fait qu\u2019une d\u00e9valuation massive de la monnaie appauvrirait encore plus les grecs et que la drachme serait imm\u00e9diatement soumise \u00e0 la sp\u00e9culation financi\u00e8re. Le risque est alors d\u2019entrer dans un cycle d\u00e9valuation-inflation-d\u00e9valuation entretenu par la sp\u00e9culation contre la monnaie.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">De plus, on assisterait au vu du \u00ab temps du r\u00e9ponse des exportations \u00bb \u00e0 un creusement du d\u00e9ficit commercial, la croissance \u00e9ventuelle des exportations ne permettant pas de compenser le rench\u00e9rissement des importations. En effet, l\u2019\u00e9quilibre actuel du commerce ext\u00e9rieur grec n\u2019a \u00e9t\u00e9 obtenu que par une baisse des importations due \u00e0 la r\u00e9cession. Si une d\u00e9valuation augmente la comp\u00e9titivit\u00e9-prix, elle ne permettra pas de r\u00e9soudre un des gros probl\u00e8mes de la Gr\u00e8ce, celui d\u2019une structure de l\u2019offre de biens et de services particuli\u00e8rement inadapt\u00e9e .<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">A l\u2019inverse, on peut noter que le retour \u00e0 la monnaie nationale redonnerait des marges de man\u0153uvre budg\u00e9taire car il serait accompagn\u00e9 d\u2019une annulation totale ou partielle de la dette. Il permettrait d\u2019autre part d\u2019utiliser la cr\u00e9ation mon\u00e9taire pour financer la remise en marche \u00e9conomique du pays. Mais le probl\u00e8me du financement du d\u00e9ficit commercial resterait entier et n\u00e9cessiterait des apports ext\u00e9rieurs en capitaux qui donnerait une arme importante aux march\u00e9s financiers. Les b\u00e9n\u00e9fices attendus d\u2019une sortie de l\u2019euro seraient en d\u00e9finitive al\u00e9atoires au vu de la situation de l\u2019\u00e9conomie grecque et n\u2019interviendraient sans doute au mieux que deux \u00e0 trois ans plus tard.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mais le probl\u00e8me est au moins autant politique qu\u2019\u00e9conomique. Syriza a gagn\u00e9 les \u00e9lections en promettant \u00e0 la fois d\u2019en finir avec l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de rester dans l\u2019euro. C\u2019est sans doute la combinaison de ces deux positions qui a fait son succ\u00e8s, une grande majorit\u00e9 de grecs \u00e9tant pour rester dans l\u2019euro malgr\u00e9 la politique de la Tro\u00efka. Il est probable \u2013 mais nous ne pouvons pas en \u00eatre s\u00fbrs \u2013 que, si Syriza avait pr\u00f4n\u00e9 une sortie de l\u2019euro, le r\u00e9sultat aurait \u00e9t\u00e9 sensiblement diff\u00e9rent. D\u2019ailleurs, la droite conservatrice et le Pasok ont essay\u00e9 de diaboliser Syriza en expliquant pendant la campagne \u00e9lectorale que sa victoire aboutirait \u00e0 une sortie de l\u2019euro. Une sortie de l\u2019euro devrait donc selon toute probabilit\u00e9 \u00eatre valid\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum par le peuple grec avec toutes les incertitudes que cela comporte.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est au niveau europ\u00e9en que le prix \u00e0 payer serait le plus important. Une sortie de l\u2019euro signifierait que, du moins dans sa politique \u00e9conomique, chaque pays est laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, que toute tentative de refondation de l\u2019Europe est in\u00e9vitablement vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec et que l\u2019alternative ne peut \u00eatre qu\u2019entre la situation actuelle et un choix hasardeux. Probablement chaotique, elle servirait de contre-exemple et affaiblirait ainsi consid\u00e9rablement les opportunit\u00e9s de victoire prochaine pour Podemos.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Que ce soit d\u2019un point de vue \u00e9conomique ou politique, une sortie de la Gr\u00e8ce de l\u2019euro serait loin d\u2019\u00eatre la solution optimale. Mais y en a-t-il une autre pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019\u00e9tranglement du pays ?<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\">La Gr\u00e8ce a des marges de man\u0153uvres<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Contrairement aux apparences, la Gr\u00e8ce n\u2019est pas d\u00e9pourvue de marges de man\u0153uvres dans son affrontement avec les dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 la condition de reprendre l\u2019initiative pour \u00e9viter de subir les rapports de forces actuels dans le cadre de n\u00e9gociations d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es. Le d\u00e9bat \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de Syriza est vif sur ce sujet et d\u00e9passe largement l\u2019affrontement traditionnel entre partisans et adversaires de la sortie de l\u2019euro. Le gouvernement grec pourrait notamment prendre un certain nombre de mesures unilat\u00e9rales sortant du cadre des n\u00e9gociations actuelles, ce qui permettrait de r\u00e9tablir un certain \u00e9quilibre entre les parties. Certes, ces initiatives unilat\u00e9rales durciraient notablement le bras de fer actuel, mais elles montreraient que la Gr\u00e8ce a un plan B et est pr\u00eate \u00e0 assumer un affrontement pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 la rupture.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ces mesures unilat\u00e9rales, pour n\u2019en rester ici qu\u2019\u00e0 la dimension \u00e9conomique, pourraient \u00eatre de plusieurs ordres. Le premier concerne la question de la dette . En g\u00e9n\u00e9ral, un \u00c9tat ne rembourse jamais vraiment sa dette : lorsque les titres arrivent \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance, il emprunte de nouveau sur les march\u00e9s financiers. Mais la Gr\u00e8ce qui n\u2019a plus acc\u00e8s aux march\u00e9s financiers est oblig\u00e9e, non seulement de payer les int\u00e9r\u00eats de sa dette, mais aussi de rembourser le principal. C\u2019est pourquoi les dirigeants europ\u00e9ens exigent que ce pays d\u00e9gage un fort exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire (hors du paiement des int\u00e9r\u00eats de la dette) pour pouvoir rembourser avec ses ressources propres tout ou partie du principal. Ainsi, pour la Tro\u00efka, la Gr\u00e8ce doit d\u00e9gager un exc\u00e9dent primaire de 3 % du PIB en 2015 (la Gr\u00e8ce a obtenu que ce chiffre soit modul\u00e9 en fonction de la situation \u00e9conomique), de 4,5 % en 2016 et 2017 et de 4,2 % jusqu\u2019en 2020. Une telle perspective entrainerait de nouvelles coupes drastiques dans les budgets publics et serait un obstacle majeur \u00e0 toute politique publique en mati\u00e8re d\u2019investissement. Le poids de la dette est donc un obstacle \u00e0 toute politique progressiste dans le pays. Or le \u00ab Groupe de Bruxelles \u00bb refuse pour le moment toute ren\u00e9gociation de ce fardeau, alors m\u00eame que la quasi totalit\u00e9 des \u00e9conomistes, y compris ceux du FMI, pense que cette dette ne sera jamais rembours\u00e9e. Or 2015 est une ann\u00e9e o\u00f9 les remboursements seront particuli\u00e8rement importants : 8,6 milliards d\u2019euros pour le FMI, 6,7 milliards pour la BCE, 15 milliards aux banques grecques. La Gr\u00e8ce risque donc d\u2019\u00eatre totalement asphyxi\u00e9e. Dans cette situation, le gouvernement grec pourrait d\u00e9cider unilat\u00e9ralement d\u2019un moratoire sur le remboursement de tout ou partie de la dette pour l\u2019ann\u00e9e 2015, tout en indiquant qu\u2019il serait pr\u00eat \u00e0 n\u00e9gocier dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de toutes les parties.<\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">On estime que 25 milliards d\u2019euros ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9s des banques grecques entre d\u00e9cembre 2014 et f\u00e9vrier 2015 . Pour \u00e9viter une h\u00e9morragie, la question d\u2019un contr\u00f4le des capitaux doit donc se poser. M\u00eame si celui-ci est contraire aux trait\u00e9s europ\u00e9ens dont le principe de libre circulation des capitaux est un point central, la Gr\u00e8ce pourrait s\u2019appuyait sur le pr\u00e9c\u00e9dent de Chypre o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 mis en place en mars 2013 au moment de la crise financi\u00e8re qui avait touch\u00e9 ce pays (rappelons qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 totalement lev\u00e9 le 6 avril 2015). La BCE et la Commission avaient accept\u00e9 sa mise en place car le plan de sauvetage des banques chypriotes propos\u00e9 par le FMI et l\u2019Eurogroupe avait mis \u00e0 contribution les d\u00e9posants, ce qui avait entrain\u00e9 un retrait massif de la part des particuliers comme des entreprises. Ce contr\u00f4le des capitaux s\u2019\u00e9tait d\u2019autre part accompagn\u00e9 d\u2019un plan d\u2019ajustement structurel d\u2019une brutalit\u00e9 f\u00e9roce, ce qui serait inacceptable pour la Gr\u00e8ce. Il faut noter que Jeroen Dijsselbloem, pr\u00e9sident de l\u2019Eurogroupe, a lui-m\u00eame \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019un contr\u00f4le des capitaux le mercredi 18 mars sur la radio n\u00e9erlandaise BNR. Le gouvernement grec pourrait le prendre au mot et l\u2019instaurer en indiquant qu\u2019il serait pr\u00eat \u00e0 l\u2019abandonner d\u00e8s que l\u2019\u00e9tranglement du pays prendrait fin.<\/h3>\n<h3 id=\"post-body-938854243152328600\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">Un des probl\u00e8mes majeurs que rencontre aujourd\u2019hui la Gr\u00e8ce est le manque de liquidit\u00e9s. Pour faire face \u00e0 ses d\u00e9penses courantes, le gouvernement grec est oblig\u00e9 de solliciter les fonds de s\u00e9curit\u00e9 sociale pour que lui soit transf\u00e9r\u00e9es des centaines de millions d\u2019euros de liquidit\u00e9s. Cette situation est intenable. Une solution pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me de liquidit\u00e9s pourrait \u00eatre la cr\u00e9ation d\u2019un moyen de paiement compl\u00e9mentaire ou IOU (\u00ab I ow <b>e you \u00bb), une \u00ab monnaie \u00bb dont la valeur serait garantie par les recettes fiscales. Elle \u00ab permettrait de relever plusieurs d\u00e9fis de court terme : relancer l\u2019\u00e9conomie locale, financer les services publics de base et r\u00e9duire la dette de court terme (\u2018\u2018dette flottante\u2019\u2019) en ne recourant plus aux march\u00e9s financiers pour la financer \u00bb . Sa convertibilit\u00e9 au pair avec l\u2019euro \u00e9tant garantie, un tel dispositif s\u2019apparente en fait \u00e0 un pr\u00eat \u00e0 court terme que les citoyen-ne-s accordent \u00e0 leur gouvernement . Dans la situation de la Gr\u00e8ce, il s\u2019agirait alors d\u2019un geste autant politique d\u2019\u00e9conomique qui renforcerait notablement la position du pays dans les n\u00e9gociations. Il permettrait \u00e9galement de montrer au \u00ab Groupe de Bruxelles \u00bb que le gouvernement est pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une sortie contrainte de la zone euro.<br \/>\n<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-938854243152328600\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Le gouvernement grec pourrait alors tenir le discours suivant : \u00ab nous appliquerons notre programme, nous ne voulons pas sortir de l\u2019euro ; mais nous ne nous laisserons pas asphyxier et c\u2019est pourquoi nous prenons ces mesures ; nous sommes pr\u00eats \u00e0 discuter avec vous d\u2019un compromis \u00e9quilibr\u00e9 ; mais si vous voulez nous exclure de la zone euro en nous asphyxiant financi\u00e8rement, ce sera votre responsabilit\u00e9, pas la n\u00f4tre \u00bb. Poser cette alternative monterait la hauteur des enjeux, et une v\u00e9ritable strat\u00e9gie du faible au fort serait mise en \u0153uvre, au-del\u00e0 de ce qui a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 \u00e0 ce jour. Il y aurait une possibilit\u00e9 pour que ce bras de fer paye, ne serait-ce qu\u2019en produisant des divisions dans le camp adverse inquiet devant la perspective d\u2019un saut dans l\u2019inconnu. Le r\u00e9sultat serait \u00e9videmment al\u00e9atoire et pourrait aboutir \u00e0 une sortie de l\u2019euro avec toutes les cons\u00e9quences n\u00e9gatives mentionn\u00e9es plus haut. Mais, en d\u00e9finitive, une sortie de l\u2019euro est de toute fa\u00e7on pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la capitulation. Et ne pas en avoir peur est encore la meilleure fa\u00e7on de l\u2019\u00e9viter.<\/b><\/h3>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alexis Tsipras \u00ab doit faire atterrir ses troupes et que Syriza redescende sur terre \u00bb. 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