{"id":14523,"date":"2015-03-03T08:10:48","date_gmt":"2015-03-03T07:10:48","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=14523"},"modified":"2015-03-03T08:10:48","modified_gmt":"2015-03-03T07:10:48","slug":"la-grece-resiste-au-rouleau-compresseur-de-lunion-europeenne-par-gerard-filoche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=14523","title":{"rendered":"La Gr\u00e8ce r\u00e9siste au rouleau-compresseur de l\u2019Union europ\u00e9enne, par G\u00e9rard Filoche"},"content":{"rendered":"<div id=\"post-body-2084289513069351403\" class=\"post-body entry-content\">\n<h3><a href=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/Filoche.jpg\" rel=\"lightbox[14523]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-14522 size-full\" src=\"http:\/\/alternatifs81.fr\/wp-content\/uploads\/Filoche.jpg\" alt=\"Filoche\" width=\"220\" height=\"170\" \/><\/a>La r\u00e9union de l\u2019Eurogroupe (les 19 ministres des Finances des pays de la zone euro), le 20 f\u00e9vrier, s\u2019est termin\u00e9e par un accord qui fixait les modalit\u00e9s pour que puisse se poursuivre l\u2019aide de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e0 la Gr\u00e8ce.<\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Cette aide \u00e9tait conditionn\u00e9e \u00e0 l\u2019acceptation d\u2019une liste de \u00ab\u00a0r\u00e9formes\u00a0\u00bb que le gouvernement grec devait s\u2019engager \u00e0 mettre en \u0153uvre. Cette liste devait, dans un premier temps, recevoir l\u2019aval (par t\u00e9l\u00e9conf\u00e9rence) de l\u2019Eurogroupe. Elle devait, ensuite, \u00eatre accept\u00e9e par les diff\u00e9rents parlements des \u00c9tats de la zone euro qui seront consult\u00e9s, notamment le Bundestag. Elle devait, enfin, \u00eatre accept\u00e9e, fin avril, par les diff\u00e9rentes institutions europ\u00e9ennes concern\u00e9es\u00a0: Commission, BCE, Conseil des chefs d\u2019\u00c9tats et de gouvernements.<\/b><\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b> La premi\u00e8re \u00e9tape de ce marathon impos\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 franchie, lundi 24 f\u00e9vrier. L\u2019Eurogroupe a consid\u00e9r\u00e9 que la liste fournie par la Gr\u00e8ce \u00e9tait un point de d\u00e9part acceptable m\u00eame s\u2019il s\u2019agissait\u00a0<i>\u00ab\u00a0juste d\u2019un premier pas\u00a0\u00bb<\/i> et que les mesures envisag\u00e9es doivent \u00eatre d\u00e9taill\u00e9es et chiffr\u00e9es.\u00a0L\u2019Eurogroupe a, ainsi, donn\u00e9 le feu orange \u00e0 quatre mois de financement suppl\u00e9mentaires de la Gr\u00e8ce par l\u2019Union europ\u00e9enne. Le FMI, de son c\u00f4t\u00e9, a d\u00e9clar\u00e9 que cette liste manquait d\u2019assurances claires.<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b> <\/b> <span style=\"color: #808000;\"><b>L\u2019accord du 20 f\u00e9vrier<\/b><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>La signature de cet accord a fait l\u2019objet de concessions de part et d\u2019autre, mais celles du gouvernement grec sont les plus importantes.<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><em> <span style=\"color: #808000;\"><b> &#8211; Les concessions faites par le ministre Yanis Varoufakis\u00a0:<\/b><\/span><\/em><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><br \/>\n<b>L\u2019existence d\u2019une\u00a0crise humanitaire en Gr\u00e8ce et de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019y r\u00e9pondre n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reconnue par l\u2019Eurogroupe. L\u2019UE s\u2019est donc refus\u00e9e \u00e0 financer l\u2019acc\u00e8s des plus d\u00e9munis \u00e0 l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie ou \u00e0 la sant\u00e9. La Gr\u00e8ce devra trouver le moyen d\u2019y faire face, sans augmenter pour autant son d\u00e9ficit budg\u00e9taire.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Le communiqu\u00e9 de l\u2019Eurogroupe interdit de\u00a0revenir unilat\u00e9ralement sur les mesures impos\u00e9es par la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb (augmentation de la TVA, baisse du salaire minimum, privatisations\u2026)<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><br \/>\n<b>La Gr\u00e8ce n\u2019en a pas termin\u00e9 avec\u00a0le m\u00e9morandum, m\u00eame si ce terme a fait, formellement, place \u00e0 celui d\u2019 \u00ab\u00a0arrangements actuels\u00a0\u00bb. La logique des programmes impos\u00e9s \u00e0 la Gr\u00e8ce en 2010 et 2012 est maintenue\u00a0: l\u2019objectif est d\u2019obliger la Gr\u00e8ce \u00e0 rembourser sa dette publique et \u00e0 verser les int\u00e9r\u00eats dus \u00e0 ses cr\u00e9anciers, aux dates pr\u00e9vues.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Les objectifs d\u2019\u00ab\u00a0exc\u00e9dents primaires \u00bb (exc\u00e9dent budg\u00e9taire d\u00e9gag\u00e9 avant le paiement des int\u00e9r\u00eats de la dette publique) sont rest\u00e9s les m\u00eames pour 2016\u00a0: 4,5\u00a0% du PIB alors que le gouvernement grec demandait qu\u2019ils soient limit\u00e9s \u00e0 1,5\u00a0% en 2015 et les ann\u00e9es suivantes. Ces objectifs avaient pourtant \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s au doigt mouill\u00e9, en 2012, pour continuer \u00e0 semer l\u2019illusion que la dette grecque pourrait un jour \u00eatre rembours\u00e9e et revenir \u00e0 60\u00a0% du PIB, comme l\u2019exigent les trait\u00e9s europ\u00e9ens. La Gr\u00e8ce et l\u2019Eurogroupe ont des analyses diam\u00e9tralement oppos\u00e9es de la situation. La Gr\u00e8ce veut diminuer l\u2019aust\u00e9rit\u00e9, car elle constate que l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00e9touffe la croissance et que ce d\u00e9ficit de croissance ne permet pas de d\u00e9gager d\u2019exc\u00e9dents budg\u00e9taires suffisants pour diminuer la dette publique. L\u2019Eurogroupe, veut d\u2019abord d\u00e9gager ces exc\u00e9dents, au prix de coupes dans les d\u00e9penses budg\u00e9taires, ce qui n\u2019a jamais fait qu\u2019\u00e9touffer la croissance, sans permettre de d\u00e9gager durablement de tels exc\u00e9dents. L\u2019analyse de la r\u00e9alit\u00e9 grecque, baisse du PIB de 26\u00a0% depuis 2009 et augmentation de la dette publique, durant la m\u00eame p\u00e9riode, de 113\u00a0% \u00e0 176\u00a0% du PIB, n\u2019est pas prise en consid\u00e9ration par l\u2019Eurogroupe qui continue \u00e0 s\u2019accrocher \u00e0 ses dogmes.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>La fin de la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb. Le gouvernement grec a obtenu que le terme ne soit plus employ\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par \u00ab\u00a0les institutions\u00a0\u00bb. Mais, sur le fond, ce sont toujours ces m\u00eames institutions (BCE, FMI, UE) qui d\u00e9cident des financements accord\u00e9s \u00e0 la Gr\u00e8ce en fonction des \u00ab\u00a0r\u00e9formes\u00a0\u00bb r\u00e9alis\u00e9es. Le long chemin impos\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce pour faire accepter, d\u2019ici fin avril, la liste de ces r\u00e9formes l\u2019atteste. Le gouvernement grec pouvait se pr\u00e9valoir d\u2019un changement notable\u00a0: la surveillance des \u00ab\u00a0institutions\u00a0\u00bb ne s\u2019exercerait qu\u2019\u00e0 posteriori, \u00e0 la diff\u00e9rence de celle de la Tro\u00efka qui n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 signifier par mail le d\u00e9tail des r\u00e9formes qui devaient \u00eatre mises en \u0153uvre. Les nombreux allers-retours entre la Gr\u00e8ce et l\u2019Eurogroupe, lundi 23 f\u00e9vrier, ont amen\u00e9 le gouvernement grec \u00e0 remanier plusieurs fois la liste de ses r\u00e9formes et indiquent que le contr\u00f4le a priori des \u00ab\u00a0institutions\u00a0\u00bb n\u2019a pas r\u00e9ellement pris fin. Les \u00ab\u00a0institutions\u00a0\u00bb conservent la possibilit\u00e9 qu\u2019avait la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb de geler les fonds destin\u00e9s \u00e0 la Gr\u00e8ce en se r\u00e9servant, fin avril, la possibilit\u00e9 de refuser le plan d\u2019Ath\u00e8nes et les financements attenants, une fois que la liste des r\u00e9formes propos\u00e9es par le gouvernement Tsipras aura \u00e9t\u00e9 d\u00e9taill\u00e9e. Ce sont toujours elles qui d\u00e9cideront, de nouveau, de l\u2019octroi d\u2019\u00e9ventuels nouveaux financements \u00e0 la Gr\u00e8ce, fin juin.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Yanis Varoufakis demandait que les 10,9 milliards d\u2019euros dont disposait le\u00a0Fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re hell\u00e9nique soient mis \u00e0 la disposition de la Gr\u00e8ce. L\u2019Eurogroupe n\u2019a pas accept\u00e9 la demande du ministre des Finances Allemand, Wolfgang Sch\u00e4uble, de dissoudre ce fonds mais en a r\u00e9serv\u00e9 l\u2019usage \u00e0 la seule recapitalisation des banques grecques.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><br \/>\n<b>Le gouvernement grec demandait une extension du financement de l\u2019UE pendant 6 mois. Il n\u2019a obtenu que\u00a0quatre mois de financement suppl\u00e9mentaires. Ces deux mois avaient pourtant toute leur importance puisque, en juillet et ao\u00fbt, la Gr\u00e8ce devra rembourser 6,7 milliards d\u2019euros \u00e0 la BCE.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>La restructuration de la dette a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e et la Gr\u00e8ce a d\u00fb renoncer \u00e0 deux exigences. Elle a d\u2019abord renonc\u00e9 \u00e0 lier le remboursement de la dette \u00e0 la croissance, puis \u00e0 \u00e9changer les titres actuels de la dette publique grecque, d\u00e9tenus par la BCE, contre des titres \u00ab\u00a0perp\u00e9tuels\u00a0\u00bb dont seuls les int\u00e9r\u00eats auraient continu\u00e9 \u00e0 \u00eatre vers\u00e9s. Cette demande n\u2019avait, pourtant, rien d\u2019extraordinaire\u00a0: en principe, les titres des dettes publiques d\u2019un \u00c9tat ne sont jamais vraiment rembours\u00e9s, puisque les \u00c9tats se contentent d\u2019\u00e9mettre de nouveaux titres pour rembourser ceux qui arrivent \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance. Mais cette \u00e9mission de nouveaux emprunts est, justement, ce que ne peut pas se permettre la Gr\u00e8ce, les march\u00e9s financiers exigeant d\u2019elle des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat (plus de 10\u00a0% aujourd\u2019hui) qu\u2019aucun \u00c9tat ne pourrait assumer.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\"><em> <b>&#8211; Les concessions faites par les 18 autres ministres des Finances de l\u2019Eurogroupe<\/b><\/em><\/span><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><br \/>\n<b>Ces 18 ministres ont, d\u2019abord, accept\u00e9\u00a0quelques changements d\u2019appellations que le peuple grec ne supportait plus\u00a0: \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0m\u00e9morandum\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0surveillance a priori\u00a0\u00bb du budget et de la politique grecs.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Ils ont accept\u00e9, ensuite, que, sous conditions,\u00a0l\u2019UE continue \u00e0 financer la Gr\u00e8ce pendant 4 mois. 4,1 milliards devraient \u00eatre vers\u00e9s, fin avril, si le plan de r\u00e9formes d\u2019Ath\u00e8nes, une fois d\u00e9taill\u00e9 et pr\u00e9cis\u00e9, est accept\u00e9 par les \u00ab\u00a0institutions\u00a0\u00bb.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>Ils ont, ensuite, accept\u00e9 que soient mises en place\u00a0une r\u00e9forme fiscale visant l\u2019\u00e9vasion fiscale (600 milliards d\u2019euros ont trouv\u00e9 refuge en Suisse, plus de trois fois le PIB annuel) et la taxation des plus hauts revenus. Ce n\u2019\u00e9tait pas, loin de l\u00e0, la priorit\u00e9 de la Tro\u00efka.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Elle n\u2019avait jamais demand\u00e9 la taxation des armateurs (\u00e0 peu pr\u00e8s exon\u00e9r\u00e9s d\u2019imp\u00f4ts par la Constitution de 1975 et de multiples amendements qui leur permettaient de disposer de 58 abattements fiscaux diff\u00e9rents), ni de l\u2019Eglise orthodoxe (le plus grand propri\u00e9taire foncier du pays). La lutte contre l\u2019\u00e9vasion fiscale n\u2019est toujours pas la priorit\u00e9 d\u2019un des trois membres des \u00ab\u00a0institutions\u00a0\u00bb, la Commission europ\u00e9enne, pr\u00e9sid\u00e9e par Jean-Claude Juncker qui fut pendant 30 ans le dirigeant d\u2019un pays, le Luxembourg, v\u00e9ritable plaque tournante de cette \u00e9vasion fiscale dans l\u2019Union europ\u00e9enne. La \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb avait, par contre, impos\u00e9 la hausse de la TVA de 19 \u00e0 23\u00a0% et l\u2019instauration d\u2019un imp\u00f4t foncier particuli\u00e8rement injuste \u00e0 l\u2019\u00e9gard des moins fortun\u00e9s.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Les coupes budg\u00e9taires exig\u00e9es par la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb pour b\u00e9n\u00e9ficier du financement de l\u2019UE (une nouvelle diminution des pensions les plus basses, de nouvelles coupes dans la Fonction publique et une nouvelle hausse de la TVA) ne sont plus \u00e9voqu\u00e9es.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>L\u2019exc\u00e9dent primaire exig\u00e9 en 2015 devra tenir compte de la situation \u00e9conomique de la Gr\u00e8ce et sans doute se situer aux alentours des 1,5\u00a0% demand\u00e9s par le gouvernement grec.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>De son c\u00f4t\u00e9,\u00a0la BCE, qui avait li\u00e9 \u00e0 la signature d\u2019un compromis entre la Gr\u00e8ce et l\u2019UE, son financement des banques grecques, va de nouveau refinancer plus largement celles-ci. Elle n\u2019acceptait plus en garantie les titres de la dette grecque, sous pr\u00e9texte qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas bien not\u00e9s par les agences de notation. Cette notation n\u2019a pas chang\u00e9 mais la BCE les acceptera de nouveau. Elle va \u00e9galement relever son plafond d\u2019octroi de fonds d\u2019urgence (ELA) aux banques grecques. Il \u00e9tait temps\u00a0: depuis d\u00e9cembre, ce sont plus de 20 milliards d\u2019euros qui ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9s des banques grecques. La panique bancaire se rapprochait dangereusement.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\"> <b>La liste des r\u00e9formes, fournie par la Gr\u00e8ce le 24 f\u00e9vrier<\/b><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Une partie du programme de Syriza d\u2019aide aux plus d\u00e9munis a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9, permettant la mise en place de mesures \u00ab\u00a0tr\u00e8s cibl\u00e9es\u00a0\u00bb pour am\u00e9liorer la couverture sociale et l\u2019acc\u00e8s aux soins, faire face \u00e0 la p\u00e9nurie d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, de logement et de nourriture. Les emprunteurs ne parvenant plus \u00e0 rembourser leurs emprunts seront pr\u00e9serv\u00e9s des saisies bancaires. En acceptant ces r\u00e9formes, l\u2019Eurogroupe a fini par reconna\u00eetre, malgr\u00e9 leur refus de consid\u00e9rer l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence humanitaire de la Gr\u00e8ce, que le plan de r\u00e9formes de Syriza avait le droit de r\u00e9pondre \u00e0 cette urgence. Ils ont ainsi reconnu, publiquement,\u00a0les effets humains catastrophiques des politiques impos\u00e9es par la Tro\u00efka.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Le programme de Syriza pr\u00e9voyait le retour au\u00a0salaire minimum d\u2019avant le m\u00e9morandum impos\u00e9 par la Tro\u00efka, et donc une hausse de 22\u00a0%. Le compromis se traduit, dans la liste des r\u00e9formes accept\u00e9 par l\u2019Eurogroupe, par la mise en place d\u2019une consultation des partenaires sociaux et des institutions europ\u00e9ennes et internationales sur \u00ab\u00a0le calendrier et l\u2019ampleur\u00a0\u00bb de la progression de ce salaire minimum, qui se fera\u00a0<i>\u00ab\u00a0de mani\u00e8re \u00e0 pr\u00e9server la comp\u00e9titivit\u00e9 et les perspectives d\u2019emploi\u00a0\u00bb<\/i>. La question n\u2019est donc pas tranch\u00e9e puisque le gouvernement grec et l\u2019UE ont, l\u00e0 encore, des vues diam\u00e9tralement oppos\u00e9es sur la fa\u00e7on de parvenir \u00e0 atteindre ces deux objectifs.<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b>Le gouvernement grec pourra mettre en \u0153uvre un programme permettant de freiner les d\u00e9parts en pr\u00e9retraite gr\u00e2ce \u00e0 un\u00a0\u00ab\u00a0soutien cibl\u00e9\u00a0\u00bb pour les salari\u00e9s entre 50 et 65 ans.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Les privatisations d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9es ne seront pas remises en cause, pour le plus grand profit des multinationales europ\u00e9ennes ou chinoises. Celles qui sont engag\u00e9es ne pourront se poursuivre que\u00a0<i>\u00ab\u00a0conform\u00e9ment \u00e0 la loi\u00a0\u00bb<\/i>. Les appels d\u2019offre d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9s seront donc v\u00e9rifi\u00e9s \u00e0 la loupe pour s\u2019attaquer \u00e0 la corruption et aux proc\u00e9dures trop rapides qui l\u00e8sent l\u2019\u00c9tat grec. Aucun engagement n\u2019est pris pour de nouvelles privatisations, m\u00eame si celles qui \u00e9taient pr\u00e9vues devront \u00eatre<i>\u00ab\u00a0examin\u00e9es avec pour objectif de maximiser les b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 long terme pour l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb<\/i>.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>L\u2019\u00e9vasion et la fraude fiscale seront combattues. Ce n\u2019\u00e9tait pas la priorit\u00e9 de la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb, m\u00eame si aujourd\u2019hui, l\u2019Eurogroupe fait comme si cela en avait toujours \u00e9t\u00e9 une et que, en fin de compte, le gouvernement grec c\u00e9dait \u00e0 ses exigences. C\u2019est au contraire, l\u2019Eurogroupe qui est oblig\u00e9 d\u2019accepter une solution aussi \u00e9vidente mais aussi \u00e9loign\u00e9e de ses pr\u00e9occupations, sous la pression du gouvernement Tsipras. Les plus hauts revenus, que la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb avait toujours \u00e9pargn\u00e9s, devraient donc \u00eatre mis \u00e0 contribution. L\u2019oligarchie va, enfin, devoir payer. Des mesures contre la contrebande d\u2019essence (l\u00e0 encore, les armateurs semblent vis\u00e9s) ou permettant le paiement rapide d\u2019arri\u00e9r\u00e9s fiscaux seront mises en place.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Une\u00a0administration fiscale efficace et la lutte contre la\u00a0corruption et leclient\u00e9lisme seront, \u00e9galement, des priorit\u00e9s du gouvernement grec accept\u00e9es par l\u2019Eugroupe. Le moins que l\u2019on puisse dire est que ce n\u2019\u00e9tait le probl\u00e8me ni de la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb ni des deux dynasties (Papandr\u00e9ou et Caramanlis) et des deux partis (Pasok et Nouvelle d\u00e9mocratie) qui se sont partag\u00e9s le pouvoir pendant quarante ans. Ils n\u2019avaient pas, non plus, envisag\u00e9, comme le pr\u00e9voit la liste de r\u00e9formes du gouvernement grec, accept\u00e9e par l\u2019Eurogoupe, de ramener le nombre de ministres de 16 \u00e0 10 ou de remanier les grilles de la fonction publique pour r\u00e9sorber les distorsions entre les salaires les plus \u00e9lev\u00e9s et les plus bas.<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"> <b> <\/b> <b>Un chemin de cr\u00eate p\u00e9rilleux<\/b><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Yanis Varoufakis, Alexis Tsipras et le gouvernent grec se sont battus comme des lions et ont\u00a0r\u00e9ussi \u00e0 sauvegarder tout ce qu\u2019il \u00e9tait possible de sauvegarder, au cours du jeu de\u00a0poker qui se joue depuis un mois et qui va continuer.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><em> <b>&#8211; Les cartes de Syriza<\/b><\/em><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>La crainte des gouvernements de la zone euro d\u2019un \u00ab\u00a0Grexit \u00bb, d\u2019une sortie de la Gr\u00e8ce de la zone euro\u00a0: ce serait l\u2019aveu que l\u2019euro n\u2019est pas irr\u00e9versible et se reposerait la question de la sortie de cette zone pour chaque pays qui se trouverait confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes \u00e9quivalents \u00e0 ceux auxquels s\u2019\u00e9tait heurt\u00e9e la Gr\u00e8ce en 2010, mais aussi l\u2019Irlande et le Portugal, en 2011.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Le risque d\u2019encourager les march\u00e9s financiers \u00e0 sp\u00e9culer et de voir, ainsi, secreuser les \u00e9carts de taux des dettes publiques, entre les pays du Nord de la zone euro (dont, pour le moment, la France) et les pays p\u00e9riph\u00e9riques (du Sud et de l\u2019Est) de cette zone.<\/b><br \/>\n<b> Le risque qu\u2019une\u00a0crise bancaire en Gr\u00e8ce ne s\u2019\u00e9tende \u00e0 d\u2019autres pays de la zone euro et de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>La difficult\u00e9 qu\u2019avait l\u2019Eurogroupe \u00e0 faire croire, une fois le probl\u00e8me mis publiquement sur la table, que\u00a0la lutte contre la corruption, le client\u00e9lisme, l\u2019\u00e9vasion et la fraude fiscales ne serait pas un moyen efficace de diminuer le d\u00e9ficit public de la Gr\u00e8ce alors que, au contraire, son efficacit\u00e9 est \u00e9vidente aux yeux de tous les peuples europ\u00e9ens.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\"><em><b>&#8211; Les cartes des 18<\/b><\/em><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Les 18 autres pays de la zone euro paraissent estimer, sous la houlette de Wolfgang Sch\u00e4uble, qu\u2019un \u00ab\u00a0Grexit \u00bb n\u2019entrainerait pas de crise de l\u2019euro, de sp\u00e9culation sur les taux des dettes publiques et que le risque d\u2019extension d\u2019une crise bancaire grecque \u00e0 la zone euro serait bien moindre qu\u2019en 2012.<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><br \/>\n<b>Le risque d\u2019une\u00a0crise de l\u2019euro serait, de leur point de vue, moindre depuis l\u2019instauration du M\u00e9canisme europ\u00e9en de Stabilit\u00e9 (MES).<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>Le risque de\u00a0sp\u00e9culation sur taux des dettes publiques, serait, de leur point de vue, limit\u00e9 par la nouvelle politique de \u00ab\u00a0Quantitative Easing\u00a0\u00bb de la BCE, qui permettrait de fournir des liquidit\u00e9s aux banques qui ach\u00e8teraient (sur le march\u00e9 secondaire, en bourse et non lors de leur \u00e9mission) les titres des dettes publiques menac\u00e9s, brisant ainsi les reins des sp\u00e9culateurs.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Le risque d\u2019une extension d\u2019une\u00a0crise bancaire grecque \u00e0 d\u2019autres pays de la zone euro leur para\u00eet maintenant limit\u00e9. En 2012, les banques europ\u00e9ennes (fran\u00e7aises et allemandes, en particulier) \u00e9taient les principales cr\u00e9anci\u00e8res de la dette publique grecque. Une crise du syst\u00e8me bancaire grec aurait donc pu entra\u00eener une crise syst\u00e9mique, s\u2019\u00e9tendant \u00e0 l\u2019ensemble des banques europ\u00e9ennes. \u00c0 la suite de la restructuration de la dette grecque en 2012, les banques ont su tirer leur \u00e9pingle du jeu et, moyennant des pertes minimes, r\u00e9ussi \u00e0 transmettre leurs dettes aux institutions europ\u00e9ennes (MES, BCE, Union europ\u00e9enne et \u00c9tats europ\u00e9ens), avec l\u2019enti\u00e8re complicit\u00e9 de ces institutions.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\"><b>&#8211; Quelles autres possibilit\u00e9s avait le gouvernement grec\u00a0?<\/b><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Annuler imm\u00e9diatement et unilat\u00e9ralement sa dette publique ou, au moins, une partie de cette dette\u00a0? Cela aurait eu l\u2019avantage de ne plus avoir \u00e0 rembourser le principal ni verser d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la partie de la dette qui aurait \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e. La contrepartie aurait \u00e9t\u00e9 la fin du financement des banques grecques par la BCE, sans doute une panique bancaire, l\u2019obligation de quitter la zone euro et de revenir \u00e0 la drachme pour pouvoir recapitaliser le syst\u00e8me bancaire grec.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Le\u00a0retour \u00e0 la drachme aurait signifi\u00e9 une d\u00e9valuation tr\u00e8s importante de la valeur de la drachme par rapport \u00e0 l\u2019euro sur le march\u00e9 mon\u00e9taire, et le risque de sp\u00e9culations \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition contre une monnaie aussi faible. Cette d\u00e9valuation aurait signifi\u00e9 l\u2019obligation de mener une politique de baisse des salaires pour compenser l\u2019augmentation du prix des importations (toujours libell\u00e9 en euros et en dollars) dans un pays tr\u00e8s d\u00e9pendant de ses importations.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Le gouvernement grec a donc fait le choix de ne pas utiliser imm\u00e9diatement cette carte pour respecter\u00a0son engagement de faire le maximum compatible avec ses autres engagements pour rester dans la zone euro. Il se r\u00e9serve, cependant, le droit de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019annulation de sa dette publique, comme peut le faire tout \u00c9tat souverain, si l\u2019UE et le FMI l\u2019emp\u00eachaient de mettre en \u0153uvre, la politique d\u00e9finie par sa liste de r\u00e9formes. Yanis Varouvakis a, d\u2019ailleurs, pr\u00e9venu que si la liste pr\u00e9sent\u00e9e par le gouvernement grec n\u2019\u00e9tait pas accept\u00e9e, l\u2019accord du 20 f\u00e9vrier\u00a0<i>\u00ab\u00a0\u00e9tait mort\u00a0\u00bb<\/i>. Cette annulation ne toucherait vraisemblablement pas les cr\u00e9anciers priv\u00e9s de la dette publique grecque (environ 20\u00a0% de son montant) pour se r\u00e9server la possibilit\u00e9, \u00e0 moyen terme, de revenir se financer sur les march\u00e9s financiers, mais impacterait la partie de la dette grecque dont les titres sont d\u00e9tenus par le FMI, l\u2019UE, la BCE et les \u00c9tats europ\u00e9ens.<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b> <b>Il n\u2019est pas \u00e9vident que mis devant une telle \u00e9ventualit\u00e9,\u00a0les dirigeants europ\u00e9ens ne se d\u00e9cideraient pas \u00e0 mettre de l\u2019eau dans leur vin pour \u00e9viter les risques qu\u2019ils affirment, aujourd\u2019hui, \u00e9cart\u00e9s.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Le MES n\u2019aurait absolument pas les moyens de faire face \u00e0 une crise espagnole et encore moins italienne.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>L\u2019efficacit\u00e9 du \u00ab\u00a0Quantitative Easing\u00a0\u00bb de la BCE est limit\u00e9e par l\u2019attribution des liquidit\u00e9s de la BCE en fonction de l\u2019importance \u00e9conomique des pays de l\u2019Union europ\u00e9enne. Or, ce ne sont pas les taux des titres publics de l\u2019Allemagne qui inspirent le plus de crainte aux march\u00e9s financiers.<\/b><br \/>\n<b> \u00a0<\/b><br \/>\n<b>Il n\u2019est pas \u00e9vident de savoir\u00a0o\u00f9 et quand une crise bancaire s\u2019arr\u00eate, ni quels seront ses retentissements \u00e0 moyen terme. Une crise bancaire en Gr\u00e8ce, survenant deux ans apr\u00e8s la crise chypriote qui avait vu les d\u00e9posants payer l\u2019essentiel de la note, rendrait particuli\u00e8rement nerveux, au moindre incident bancaire, les d\u00e9posants de toutes les banques europ\u00e9ennes.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><b>Les objectifs de l\u2019Eurogroupe<\/b><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Malgr\u00e9 l\u2019incroyable r\u00e9sistance des dogmes n\u00e9olib\u00e9raux \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, il para\u00eet difficile de penser que l\u2019Eurogroupe ait eu v\u00e9ritablement pour objectif la croissance ou le remboursement de la dette publique grecque.<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><br \/>\n<b>La croissance\u00a0? Le PIB de la Gr\u00e8ce a diminu\u00e9 de 26\u00a0%, en 6 ans, mais selon les derni\u00e8res pr\u00e9visions de la Commission, la croissance serait de 2,5\u00a0% en 2015 et de 3,6\u00a0% en 2016 gr\u00e2ce aux politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9e \u00e0 la Gr\u00e8ce par la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb, qui auraient fini par porter leurs fruits. Qui peut croire de tels contes de f\u00e9es, alors que l\u2019investissement est inf\u00e9rieur de 67\u00a0% \u00e0 celui de 2009 et que les pr\u00e9visions de croissance de l\u2019UE se sont toujours r\u00e9v\u00e9l\u00e9es incroyablement fausses avec, pour l\u2019ann\u00e9e 2013, par exemple, un \u00e9cart de 4,7 points entre ces pr\u00e9visions et la r\u00e9alit\u00e9\u00a0?<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Pendant 6 ans, les politiques impos\u00e9es \u00e0 la Gr\u00e8ce avaient pour objectif de\u00a0r\u00e9duire sa dette publique. Cette derni\u00e8re a, en fait, augment\u00e9 de 113\u00a0% du PIB en 2009 \u00e0 176\u00a0%, fin 2014. Aucun dirigeant europ\u00e9en ne peut croire s\u00e9rieusement que la Gr\u00e8ce pourrait consacrer 6\u00a0% de son PIB, pendant des dizaines d\u2019ann\u00e9es, au service de sa dette. Aucun pays ne le pourrait, et surtout pas la Gr\u00e8ce, dans l\u2019\u00e9tat de crise \u00e9conomique et sociale o\u00f9 l\u2019ont plong\u00e9e les politiques inflig\u00e9es par la \u00ab\u00a0Tro\u00efka\u00a0\u00bb pendant 6 ans.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>La situation humanitaire de la Gr\u00e8ce n\u2019a pas non plus \u00e9t\u00e9 leur principale pr\u00e9occupation, puisqu\u2019ils ont refus\u00e9 de reconna\u00eetre que la Gr\u00e8ce \u00e9tait en situation d\u2019urgence humanitaire avec 46\u00a0% des habitants en au-dessous du seuil de pauvret\u00e9, une augmentation de 43\u00a0% de la mortalit\u00e9 infantile depuis 2009, un taux de ch\u00f4mage de 26\u00a0%, une baisse de 33\u00a0% du salaire moyen, 25\u00a0% de la population ne disposant plus d\u2019aucune couverture sociale. Aucun pays europ\u00e9en n\u2019avait eu \u00e0 subir un tel sort depuis la fin de la seconde guerre mondiale.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>L\u2019objectif de l\u2019Eurogroupe et des dirigeants europ\u00e9ens est d\u2019emp\u00eacher que la Gr\u00e8ce puisse appliquer une politique qui pourrait r\u00e9ussir. Sa r\u00e9ussite viendrait, pr\u00e9cis\u00e9ment, de son opposition aux politiques men\u00e9es par l\u2019UE qui ont \u00e9chou\u00e9 partout. Ce serait, pour eux, la pire des catastrophes. Comment pourraient-ils justifier les sacrifices inutiles qu\u2019ils imposent, depuis des ann\u00e9es, \u00e0 leurs populations\u00a0?<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Ce n\u2019est pas un hasard si les gouvernements les plus acharn\u00e9s (avec celui d\u2019Angela Merkel) contre la politique que veut mettre en \u0153uvre Syriza sont les pays de la zone euro qui ont impos\u00e9 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 la plus dure \u00e0 leurs peuples et qui vont se retrouver, en 2015, confront\u00e9s \u00e0 des \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales d\u00e9cisives.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Les \u00e9lections l\u00e9gislatives se tiendront en novembre en\u00a0Espagne et le gouvernement de droite de Manuel Rajoy n\u2019a qu\u2019une peur\u00a0: se trouver confront\u00e9 \u00e0 un parti, Podemos, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 pr\u00e8s de 30\u00a0% dans les sondages mais qu\u2019une r\u00e9ussite de Syriza aurait toutes les chances de propulser vers la victoire. Le calendrier est d\u2019autant plus serr\u00e9 que les \u00e9lections r\u00e9gionales commenceront, en Andalousie, d\u00e8s le mois prochain.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Les gouvernements de droite en\u00a0Irlande et au\u00a0Portugal sont confront\u00e9s aux m\u00eames difficult\u00e9s avec, pour l\u2019un, la progression du Sinn F\u00e9in, pour l\u2019autre la progression d\u2019un bloc unitaire de la gauche.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Une r\u00e9ussite de Syriza poserait, \u00e9galement, probl\u00e8me\u00a0au gouvernement de Manuel Valls et \u00e0 Fran\u00e7ois Hollande. Elle serait la preuve qu\u2019un petit pays (moins de 3\u00a0% du PIB de la zone euro) peut tenir t\u00eate \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne domin\u00e9e par la droite. Comment justifier, alors, que Fran\u00e7ois Hollande, pr\u00e9sident d\u2019un pays autrement plus puissant \u00e9conomiquement et politiquement, n\u2019ait m\u00eame pas essay\u00e9 de r\u00e9sister \u00e0 la politique de la droite europ\u00e9enne et se soit empress\u00e9 de faire ratifier, sans en changer un seul mot, le trait\u00e9 Merkel-Sarkozy (le TSCG) qu\u2019il s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 \u00e0 le ren\u00e9gocier\u00a0?<\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b> \u00a0<\/b><br \/>\n<b>C\u2019est pourquoi l\u2019objectif de l\u2019Union europ\u00e9enne est de soutenir la Gr\u00e8ce comme la corde soutient le pendu. Les multiples \u00e9tapes n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019approbation du plan de r\u00e9formes du gouvernement grec, le conditionnement des financements de l\u2019UE \u00e0 la r\u00e9alisation de ces r\u00e9formes ont pour fonction d\u2019obliger la Gr\u00e8ce \u00e0 tresser elle-m\u00eame cette corde, afin de d\u00e9consid\u00e9rer son gouvernement aux yeux des populations europ\u00e9ennes et, en premier lieu, du peuple grec.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #008000;\"> <b>Les difficult\u00e9s de Syriza en Gr\u00e8ce<\/b><\/span><br \/>\n<b> <\/b><br \/>\n<b>Le h\u00e9ros de 92 ans de la gauche grecque, qui avait d\u00e9croch\u00e9 le drapeau nazi de l\u2019Acropole en 1941, Manolis Glezos, a demand\u00e9 <i>\u00ab\u00a0au peuple grec de lui pardonner d\u2019avoir contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019illusion\u00a0\u00bb<\/i> en soutenant Syriza. Alexis Tsipras, lui a r\u00e9pondu qu\u2019il n\u2019\u00e9tait <i>\u00ab\u00a0probablement pas bien inform\u00e9 des dures n\u00e9gociations qui se poursuivaient\u00a0\u00bb<\/i>.<\/b><br \/>\n<b> <\/b> <b>Ce d\u00e9bat ne fait sans doute que commencer en Gr\u00e8ce, et risque de s\u2019accentuer en fonction des difficult\u00e9s que pourrait rencontrer le gouvernement. Il oppose, en fin de compte, la majorit\u00e9 de Syriza derri\u00e8re Tsipras \u00e0 la minorit\u00e9 qui souhaite une annulation imm\u00e9diate d\u2019une partie de la dette publique et la sortie de la Gr\u00e8ce de la zone euro.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><b>Le tragiquement isolement de la Gr\u00e8ce<\/b><\/span><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><br \/>\n<b>L\u2019isolement de la Gr\u00e8ce est terrible. Aucun pays de la zone euro ne l\u2019a soutenu.Michel Sapin a jou\u00e9 les Ponce Pilate en affirmant\u00a0<i>\u00ab\u00a0il faut respecter le vote grec et les r\u00e8gles europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb<\/i> alors que les deux sont antinomiques. Jean-Christophe Cambad\u00e9lis qui s\u2019\u00e9tait enthousiasm\u00e9 de la victoire de Syriza\u00a0<i>\u00ab\u00a0renfor\u00e7ant le camp de ceux qui veulent r\u00e9orienter la construction europ\u00e9enne et mettre d\u00e9finitivement fin \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb<\/i>, est rest\u00e9 tr\u00e8s silencieux.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Comment ne pas penser \u00e0 la politique suivie par L\u00e9on Blum lors de la guerre d\u2019Espagne\u00a0? Le gouvernement fran\u00e7ais de Front Populaire s\u2019\u00e9tait prononc\u00e9 pour la \u00ab\u00a0non intervention\u00a0\u00bb. Il avait, ainsi, permis \u00e0 Franco de l\u2019emporter et au fascisme de se renforcer dans toute l\u2019Europe. Les circonstances ne sont, \u00e9videmment, pas les m\u00eames aujourd\u2019hui. Il ne faut, cependant, pas sous-estimer les p\u00e9rils qui guetteraient la Gr\u00e8ce si Syriza \u00e9chouait. L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une nouvelle dictature des colonels, comme en 1967-1974 ou d\u2019une victoire d\u2019Aube dor\u00e9e ne serait plus \u00e0 \u00e9carter. Plus globalement, c\u2019est l\u2019extr\u00eame-droite qui progresse, partout en Europe, comme le FN en France. Comment appeler \u00e0 \u00ab\u00a0d\u00e9fendre la R\u00e9publique\u00a0\u00bb, en France, en se souciant aussi peu de la souverainet\u00e9 populaire en Gr\u00e8ce\u00a0?\u00a0Le sort de l\u2019Union europ\u00e9enne est li\u00e9 \u00e0 celui de la Gr\u00e8ce.<\/b><br \/>\n<b> <\/b><\/h3>\n<h3 class=\"entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Fran\u00e7ois Hollande doit changer, d\u2019urgence, sa politique europ\u00e9enne et <i>\u00ab\u00a0rejoindre le camp de ceux qui veulent mettre fin \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 en Europe\u00a0\u00bb<\/i> en appuyant la politique du gouvernement grec.\u00a0Ce gouvernement d\u2019un petit pays a r\u00e9ussi une chose inou\u00efe\u00a0: obliger l\u2019UE \u00e0 n\u00e9gocier\u00a0! Elle ne l\u2019avait jamais accept\u00e9 auparavant. \u00c0 la diff\u00e9rence de Fran\u00e7ois Hollande, Alexis Tsipras a compris qu\u2019il ne suffisait pas de constater les rapports de force, mais qu\u2019il fallait surtout agir pour essayer de les changer.<\/b><br \/>\n<b><br \/>\n<\/b> <b><a href=\"http:\/\/www.filoche.net\/\">www.filoche.net <\/a><\/b><\/h3>\n<\/div>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9union de l\u2019Eurogroupe (les 19 ministres des Finances des pays de la zone euro), le 20 f\u00e9vrier, s\u2019est termin\u00e9e par un accord qui fixait les modalit\u00e9s pour que puisse se poursuivre l\u2019aide de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e0 la Gr\u00e8ce. Cette aide \u00e9tait conditionn\u00e9e \u00e0 l\u2019acceptation d\u2019une liste de \u00ab\u00a0r\u00e9formes\u00a0\u00bb que le gouvernement grec devait s\u2019engager [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[126],"tags":[117,16,205,23],"class_list":["post-14523","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-gauche-de-combat","tag-democratie","tag-economie","tag-grece","tag-luttes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14523","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14523"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14523\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14523"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14523"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14523"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}