{"id":14198,"date":"2015-02-05T00:21:42","date_gmt":"2015-02-04T23:21:42","guid":{"rendered":"http:\/\/alternatifs81.fr\/?p=14198"},"modified":"2015-02-05T00:21:42","modified_gmt":"2015-02-04T23:21:42","slug":"questions-sur-la-dette-grecque-par-pierre-khalfa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alternatifs81.fr\/?p=14198","title":{"rendered":"Questions sur la dette grecque, par Pierre Khalfa"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"post-header\" style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<div class=\"separator\"><a href=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/-N377Wt_U7G8\/VNHxPgvC9lI\/AAAAAAAAJiY\/SwJf4oDUYss\/s1600\/47a4fcabfdf5846909f4a32c76528.jpg\" rel=\"lightbox[14198]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignleft\" src=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/-N377Wt_U7G8\/VNHxPgvC9lI\/AAAAAAAAJiY\/SwJf4oDUYss\/s1600\/47a4fcabfdf5846909f4a32c76528.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"112\" border=\"0\" \/><\/a><b>La dette a servi de pr\u00e9texte dans tous les pays europ\u00e9ens pour mener des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 drastiques qui ont amen\u00e9 l\u2019Europe au bord de la d\u00e9flation et qui ont eu des cons\u00e9quences sociales dramatiques. La dette grecque est aujourd\u2019hui au c\u0153ur de l\u2019affrontement entre le nouveau gouvernement du pays et les institutions europ\u00e9ennes.\u00a0<\/b><\/div>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><b>1) D\u2019o\u00f9 vient-elle ?<\/b><\/span><\/p>\n<p><b>Quadruplant pendant la dictature des colonels entre 1967 et 1974, elle a continu\u00e9 \u00e0 cro\u00eetre par la suite \u00e0 cause de l\u2019importance des d\u00e9penses militaires (4% du PIB, contre 2,4% en France) dont les entreprises europ\u00e9ennes d\u2019armement ont \u00e9t\u00e9 les grandes b\u00e9n\u00e9ficiaires, des d\u00e9penses somptuaires, pour la plupart inutiles, des jeux olympiques de 2004, de la corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des classes dirigeantes et de l\u2019impossibilit\u00e9 de faire payer l\u2019imp\u00f4t aux plus riches, parmi lesquels l\u2019\u00c9glise orthodoxe et les armateurs.\u00a0<\/b><\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>La croissance de la dette depuis la crise est le produit de l\u2019effet combin\u00e9 des cures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, qui ont plong\u00e9 le pays dans la d\u00e9pression, et de la sp\u00e9culation financi\u00e8re qui fait exploser les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. En 2009, avant m\u00eame l\u2019\u00e9clatement de la crise de la dette grecque, les banques se refinan\u00e7aient aupr\u00e8s de la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) au taux de 1 % et pr\u00eataient \u00e0 la Gr\u00e8ce \u00e0 6 %, ce taux passant m\u00eame \u00e0 12 % d\u00e9but 2010.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Salu\u00e9 par la plupart des commentateurs, le retour de la Gr\u00e8ce sur les march\u00e9s financiers en avril 2014 s\u2019est traduit par un emprunt \u00e0 un taux de 4,75 % alors que le taux de refinancement des banques \u00e9tait de 0,25 %. Cons\u00e9quence : la dette est pass\u00e9e de 113 % du PIB en 2009 \u00e0 174 % aujourd\u2019hui et se monte \u00e0 319 milliards d\u2019euros et ce, malgr\u00e9 une timide restructuration en mars 2012.\u00a0<\/b><\/p>\n<p><span style=\"color: #808000;\"><b>2) Que penser de la premi\u00e8re restructuration de la dette grecque ?\u00a0<\/b><\/span><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Une restructuration d\u2019une dette consiste \u00e0 en r\u00e9duire le montant et\/ou \u00e0 en \u00e9taler le remboursement. A partir d\u2019avril 2010, la Gr\u00e8ce est soumise \u00e0 des attaques sp\u00e9culatives de la part des march\u00e9s financiers. Les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat explosent et le pays est au bord de la faillite ne pouvant plus emprunter pour refinancer sa dette.\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019Union europ\u00e9enne impose des plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 massifs et met le pays sous la tutelle de la Tro\u00efka compos\u00e9e de repr\u00e9sentants du Fonds mon\u00e9taire international (FMI), de la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) et de la Commission europ\u00e9enne. De nouveaux cr\u00e9dits sont accord\u00e9s \u00e0 la Gr\u00e8ce pour qu\u2019elle rembourse ses cr\u00e9anciers. Mais l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique s\u2019effondre et la dette continue de cro\u00eetre pour atteindre 160 % du PIB en 2012.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Devant cette situation, la Tro\u00efka accepte en mars 2012 une restructuration de la dette grecque qui prend la forme d\u2019un \u00e9change des anciennes obligations contre des nouvelles obligations de valeur plus faible et de dur\u00e9e plus longue. Elle concerne les cr\u00e9anciers priv\u00e9s (banques, compagnies d\u2019assurances, fonds d\u2019investissement). Le montant de la dette grecque concern\u00e9 par cet \u00e9change atteint 206 milliards d&rsquo;euros (sur une dette publique globale de plus de 360 milliards). Les anciennes obligations grecques sont \u00e9chang\u00e9es contre des obligations \u00e9mises par le Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FESF) et contre de nouvelles obligations grecques de maturit\u00e9 plus longue.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Au total, les cr\u00e9anciers priv\u00e9s vont perdre jusqu&rsquo;\u00e0 107 des 206 milliards d&rsquo;euros de dette grecque qu&rsquo;ils d\u00e9tenaient. En fait, cette perte est toute th\u00e9orique car en mars 2012, la valeur des obligations grecques sur le march\u00e9 secondaire \u00e9tait quasi nulle car la Gr\u00e8ce \u00e9tait dans l\u2019incapacit\u00e9 de les rembourser.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Les banques et autres compagnies d\u2019assurance et fonds d\u2019investissement ont donc \u00e9chang\u00e9 des titres qui ne valaient plus rien contre des titres dont une partie est garantie par le FESF et dont l\u2019autre aurait beaucoup plus de chances d\u2019\u00eatre rembours\u00e9e par l\u2019\u00c9tat grec. Une plut\u00f4t bonne affaire donc. L&rsquo;objectif de cette restructuration \u00e9tait de r\u00e9duire le poids de la dette, de plus de 160% du PIB \u00e0 120 % en 2020. Elle s\u2019est accompagn\u00e9e de nouvelles exigences de la Tro\u00efka qui a impos\u00e9 au pays de nouveaux plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Le r\u00e9sultat est connu : apr\u00e8s une l\u00e9g\u00e8re baisse au cours de l\u2019ann\u00e9e 2012, le pays a subi une purge sociale sans pr\u00e9c\u00e9dent et le poids de la dette a continu\u00e9 \u00e0 augmenter.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><b>3) Qui la poss\u00e8de aujourd\u2019hui ?\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p><b>Avant la restructuration de mars 2012, la dette grecque \u00e9tait d\u00e9tenue \u00e0 57 % par des investisseurs priv\u00e9s. Aujourd\u2019hui, la situation est tout \u00e0 fait diff\u00e9rente. L\u2019essentiel de la dette grecque est d\u00e9tenu par des cr\u00e9anciers publics : pr\u00eats bilat\u00e9raux des \u00c9tats europ\u00e9ens 53 milliards d\u2019euros ; FESF : 141,8 milliards ; FMI : 32 milliards ; BCE : 27,7 milliards ; cr\u00e9anciers priv\u00e9s : 44 milliards d\u2019euros. La question de la dette grecque, avant d\u2019\u00eatre \u00e9conomique, est donc surtout politique.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><b>4) Que dire des exigences de la Tro\u00efka ?\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p><b>La Tro\u00efka a fix\u00e9 l\u2019objectif que la dette grecque repr\u00e9sente 120 % du PIB en 2020. Elle en repr\u00e9sente aujourd\u2019hui 174 %. Il faudrait donc que le niveau d\u2019endettement diminue de 54 points en six ans, soit 9 points par an en moyenne. Selon une \u00e9tude de Natixis (Flash Economie n\u00b0 61, 29 janvier 2015), cela \u00ab<i> supposerait de r\u00e9aliser un exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire de l\u2019ordre de 6 \u00e0 9 points par an en fonction des hypoth\u00e8ses de croissance du PIB et de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat retenues. La Gr\u00e8ce, ni aucun autre pays de la zone euro n\u2019a r\u00e9ussi \u00e0 atteindre durablement un tel exc\u00e9dent primaire au cours de 25 derni\u00e8res ann\u00e9e<\/i>s \u00bb. Il s\u2019agit donc d\u2019un objectif totalement irr\u00e9aliste et inatteignable.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>La Gr\u00e8ce a r\u00e9ussi, au prix d\u2019une d\u00e9vastation sociale sans pr\u00e9c\u00e9dent, \u00e0 d\u00e9gager un l\u00e9ger exc\u00e9dent primaire en 2014. Mais cela est totalement insuffisant pour lui permettre de payer les int\u00e9r\u00eats de la dette- ils repr\u00e9sentent entre 20 et 25 % des d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat contre 8,8 % en France &#8211; , et de rembourser les titres arriv\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9. Or, en 2015, le pays doit th\u00e9oriquement rembourser 9 milliards au FMI, dont 2,3 milliards en f\u00e9vrier\/mars, puis 6,7 milliards \u00e0 la BCE au mois de juin, et 15 milliards aux banques grecques. Il lui faudrait donc continuer \u00e0 emprunter pour rembourser cette dette. Malgr\u00e9 des efforts inou\u00efs, le peuple grec est toujours pris dans une spirale mortif\u00e8re dont il ne peut sortir.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><b>5) Que demande le nouveau gouvernement grec ?\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p><b>Il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en finir avec l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et veut investir 12 milliards d\u2019euros pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019urgence humanitaire et faire repartir l\u2019\u00e9conomie. Somme modeste en comparaison des 1000 milliards d\u2019euros que la BCE, dans le cadre du programme LTRO avait pr\u00eat\u00e9 aux banques, \u00e0 un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u00e9risoire, sans la moindre contrepartie. Mais il est impossible au nouveau gouvernement grec de tenir \u00e0 la fois les \u00e9ch\u00e9ances de remboursement et ses engagements \u00e9lectoraux. Le pi\u00e8ge risque donc de se refermer sur lui. C\u2019est pourquoi il demande un moratoire sur le paiement des int\u00e9r\u00eats de la dette, une n\u00e9gociation sur sa restructuration qui permettrait d\u2019en annuler une partie et de conditionner le remboursement de la partie restante \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Consid\u00e9rant que la question de la dette empoisonne la vie de tous les peuples d\u2019Europe, il demande la tenue d\u2019une conf\u00e9rence europ\u00e9enne sur le sujet. De nombreux \u00e9conomistes consid\u00e8rent qu\u2019il faut aujourd\u2019hui annuler toute ou partie de la dette grecque. Ainsi l\u2019ancien directeur Europe du FMI RezaMoghadam, pass\u00e9 \u00e0 la banque Morgan Stanley, qui supervisait donc les travaux de la Tro\u00efka, estime qu\u2019il faudrait aujourd\u2019hui un all\u00e8gement de 50 % de la dette grecque.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"> <b>6) Y a-t-il eu des annulations de dette publique en Europe ?\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p><b>Le cas le plus connu est celui de l\u2019Allemagne. Lors de la Conf\u00e9rence de Londres en 1953, sa dette avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite de 62 % avec un d\u00e9lai de 30 ans pour le remboursement des cr\u00e9ances restantes. Un moratoire de cinq ans a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits et le service de la dette ne pouvait pas d\u00e9passer 5 % des revenus d\u2019exportation. Les r\u00e9parations dues par l\u2019Allemagne ont \u00e9t\u00e9 remises \u00e0 plus tard au moment de la r\u00e9unification.\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>La Gr\u00e8ce \u00e9tait directement concern\u00e9e par ce point puisque la banque centrale grecque avait \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e par les nazis lors de l\u2019occupation du pays. Ce dommage est estim\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e0 50 milliards d\u2019euros, somme que le gouvernement allemand n\u2019a jamais rembours\u00e9e. Le Royaume-Uni a aussi b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un traitement de faveur de la part des \u00c9tats-Unis au sortir de la seconde guerre mondiale.<\/b><\/p>\n<p><b>Plus r\u00e9cemment en 2013, la BCE a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e d\u2019accepter en catimini une restructuration de la dette irlandaise en \u00e9changeant des titres de l\u2019IBRC, une structure bancaire irlandaise issue de la fusion des deux plus grosses banques en faillite du pays, contre des titres \u00e9mis par l\u2019\u00c9tat irlandais, violant ainsi les trait\u00e9s europ\u00e9ens . Ce cas illustre parfaitement que le respect des trait\u00e9s est \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable et que loin d\u2019\u00eatre une question juridique, le traitement de la dette est avant tout politique.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"color: #808000;\"><b>7) Quelles seraient les cons\u00e9quences d\u2019un effacement de la dette grecque ?\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p><b>Les aides \u00e0 la Gr\u00e8ce n\u2019ont servi essentiellement qu\u2019\u00e0 payer les int\u00e9r\u00eats de la dette . Elles ont \u00e9t\u00e9 conditionn\u00e9es par l\u2019application de plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de r\u00e9formes structurelles qui ont plong\u00e9 le pays dans la d\u00e9pression. Le PIB a ainsi diminu\u00e9 de 25 % en cinq ans, ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 augmenter le ratio dette\/PIB.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>La Gr\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 ainsi prise dans une spirale mortif\u00e8re. Oblig\u00e9e de faire appel de nouveau \u00e0 l\u2019aide europ\u00e9enne, elle a d\u00fb subir de nouveaux plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qui n\u2019ont fait qu\u2019aggraver la situation. Ces aides ont d\u2019ailleurs permis aux pr\u00eateurs de s\u2019enrichir sur son dos : ils ont emprunt\u00e9 sur les march\u00e9s financiers \u00e0 un taux relativement bas pour pr\u00eater \u00e0 la Gr\u00e8ce \u00e0 un taux nettement plus \u00e9lev\u00e9.\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>C\u2019est notamment le cas de la France qui poss\u00e8de aujourd\u2019hui 40 milliards de titres de la dette grecque. Bref, l\u2019aide \u00e0 la Gr\u00e8ce a surtout aid\u00e9 ses cr\u00e9anciers. Patrick Artus (Flash Natixis, n\u00b0 12, 5 janvier 2015), que l\u2019on ne peut soup\u00e7onner de complaisance vis-\u00e0-vis de Syriza, note qu\u2019un effacement total de la dette grecque \u00ab ne changerait pas significativement la solvabilit\u00e9 budg\u00e9taire des pays de la zone euro \u00bb.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>Les \u00c9tats pourraient par exemple effacer les pr\u00eats bilat\u00e9raux (53 milliards) qu\u2019ils ont accord\u00e9s \u00e0 la Gr\u00e8ce sans que cela p\u00e8se sur leur dette puisque l\u2019effet de ces pr\u00eats sur cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 comptabilis\u00e9.\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>Mais c\u2019est surtout la BCE qui peut r\u00e9soudre facilement le probl\u00e8me de la dette. Elle poss\u00e8de 27,7 milliards d\u2019euros de la dette grecque et refuse obstin\u00e9ment (pour le moment) toute annulation. Elle pourrait rayer d\u2019un trait de plume ces 27,7 milliards et pourrait aussi racheter aux institutions publiques (\u00c9tats, FESF) les titres grecs que ces derni\u00e8res poss\u00e8dent, et ce sans aucun risque \u00e9conomique. En effet, une banque centrale ne court aucun risque financier puisqu\u2019elle peut se refinancer elle-m\u00eame en cas de probl\u00e8me par cr\u00e9ation mon\u00e9taire. La BCE a d\u2019ailleurs achet\u00e9 d\u00e9j\u00e0 des titres publics sur le march\u00e9 secondaire : le SMP (Securities Markets Programme) lui avait permis d\u2019acheter 217 milliards d\u2019euros d\u2019obligations d\u2019\u00c9tat de mai 2010 au d\u00e9but 2012.Elle vient d\u2019annoncer qu\u2019elle allait acheter sur le march\u00e9 secondaire 60 milliards d\u2019euros de titres par mois (dont les deux tiers seront des obligations d\u2019\u00c9tat) de mars 2015 \u00e0 septembre 2016, soit en tout 1140 milliards. Elle pourrait donc, dans ce cadre, tout \u00e0 fait acheter de la dette grecque. Mais elle a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle n\u2019ach\u00e8terait que les emprunts publics les mieux not\u00e9s, sauf si le pays accepte un programme d\u2019aide du FMI, c\u2019est-\u00e0-dire se soumet \u00e0 la purge sociale que sont les r\u00e9formes structurelles.\u00a0<\/b><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 id=\"post-body-1812356053382925954\" class=\"post-body entry-content\" style=\"text-align: justify;\">\n<b>La BCE ne laisse le choix qu\u2019entre la ruine financi\u00e8re et la d\u00e9vastation sociale. C\u2019est \u00e9videmment la Gr\u00e8ce qui est vis\u00e9e ici. Soit, elle accepte de continuer \u00e0 se soumettre au diktat de la Tro\u00efka, soit la BCE n\u2019ach\u00e8te pas ses titres, ce qui reviendrait \u00e0 livrer la Gr\u00e8ce \u00e0 la sp\u00e9culation financi\u00e8re. On le voit, la question n\u2019est donc pas technique mais avant tout politique et renvoie \u00e0 l\u2019avenir de l\u2019Europe. <\/b><\/h3>\n<gcse:search><\/gcse:search>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La dette a servi de pr\u00e9texte dans tous les pays europ\u00e9ens pour mener des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 drastiques qui ont amen\u00e9 l\u2019Europe au bord de la d\u00e9flation et qui ont eu des cons\u00e9quences sociales dramatiques. La dette grecque est aujourd\u2019hui au c\u0153ur de l\u2019affrontement entre le nouveau gouvernement du pays et les institutions europ\u00e9ennes.\u00a0 1) D\u2019o\u00f9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[232],"tags":[117,16,205],"class_list":["post-14198","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notre-economie-et-la-leur","tag-democratie","tag-economie","tag-grece"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14198","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14198"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14198\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14198"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14198"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alternatifs81.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14198"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}